The Darkside

Chapitre 1 : The Darkside, par delà le miroir

896 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 26/04/2026 17:23

- Et le monstre, ça te soûle pas d être aussi moche ?

- Il paraît que t as perdu ta mère, pauvre tâche ?

Bang. Et ça recommençait. Un bruit mat retentit, rapidement suivi d une douleur aigu se propageant dans sa mâchoire. Le sang fusa en plusieurs giclées, tâchant son menton de liquide vermeil.

Mais bon, Ulysse avait l habitude de se faire traiter de la sorte. Il avait beau tenter de la cacher avec du fond de teint, il suffisait d un peu de soleil pour que tout le monde la remarque. Il parlait bien évidemment de la longue estafilade qui lui barrait le visage. La cause principale de toute la haine qu il recevait, de tout les coups qui lui étaient portés. Le garçon tenta de se relever, mais le coup qu il avait reçu dans le ventre lui faisait souffrir le martyre.

- Et regardez, l affreux s est relevé, lança quelqu un que le jeune homme ne reconnut pas.

Ulysse sentit soudain un étau se refermer sur sa gorge, lui comprimant la trachée, l empêchant de respirer. Autour de lui, les rires fusaient, tandis qu il se débattait en vain. Même les professeurs, les seuls adultes censés se montrer responsables, ne semblaient pas pressés d intervenir. Ulysse tenta de croiser le regard de Katrina, la belle brune qu il aimait secrètement, malgré les battements affolés de son coeur. Mais celle ci se contenta de dire:

- Qu est ce que t as à me regarder comme ça le monstre? Tu penses vraiment que je vais salir mes nouvelles chaussures pour te sauver la peau ? Rétorqua t elle, dégoûtée.

Plusieurs de ses copines se mirent à pouffer de rire, ce qui fut bientôt repris par l ensemble des élèves. La honte consuma le jeune homme, sa fierté et ses dernières onces d espoir partant en cendres. Ulysse ne souhaitait plus qu une seule chose à présent, tomber dans les vapes pour échapper à la réalité. Quand soudain, il entendit quelqu un crier:

- ARRÊTEZ, LAISSEZ LE TRANQUILLE !

Les élèves s écartèrent pour céder le passage à une jeune fille. Elle attrapa le garçon qui retenait Ulysse par le col de son t-shirt, et sans crier gare, lui envoya un coup de poing dans la figure. L étau qui enserrait le coup du jeune homme disparut brusquement, dès qu il entendit son aggresseur s effondrer sur le macadam. Des cris indignés fusèrent des bouches de plusieurs élèves. Ulysse toussa à s en écorcher la gorge, reprenant son souffle laborieusement.

- Dépêche toi de te lever pour qu on puisse filer d ici en vitesse, marmonna sa sauveuse, ses longs cheveux dorés virevoltant autour de son visage.


***


- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ? Répondit la jeune fille, une fois qu ils furent tout deux à l abris derrière une bene à ordure, les portes cadenassées de l école n ayant pas tenu longtemps face à son épingle à cheveux.

- Pourquoi tu m as sauvé? J avais pas besoin de ton aide Ariane, je me débrouillais très bien tout seul !

- Hum hum, permet moi d en douter petit frère, répondit la dénommée Ariane, une lueur amusée brillant au fond de ses yeux bleu azur.

Elle s empressa de regarder la mâchoire écorchée de son frère, là où l imbécile l avait frappé. Elle tamponna doucement la plaie avec un mouchoir imbibé d eau, pour arrêter le saignement.

- Aie, gémit Ulysse.

- Oh, arrête de faire ta chochotte petit frère, lâcha Ariane, taquine.

- Je te signale que je suis né avant toi, alors arrête de te prendre pour l aînée, tu veux ? Rétorqua Ulysse, agacé.

( En effet, ceux-ci étaient jumeaux)

- Ce que tu peux être aigri, c est pas possible ! En plus, je te rappelle que tu viens de te faire recaler devant tout le lycée, alors si j étais toi, je la mettrais un peu en sourdine et éviterais de faire le malin !

Ulysse leva les yeux au ciel, tout en passant une main dans ses cheveux blond doré et ébouriffés. Puis il lança sur un ton bougon:

- Je te signale que par ta faute, on va encore devoir changer d école parce que "mademoiselle" a voulu jouer les supers héroïnes.

- Si je n avais pas été là, tu te serais fait massacrer Ulysse.

Les jumeaux détournèrent le regard l un de l autre, furieux, la mine boudeuse.

Ce genre de dispute faisait parti de leur quotidien, ayant souvent pour cause des broutilles sans importance. Mais bon, entre frères et soeurs, rien de plus normal au fond. Lorsque leur mécontentement fut enfin retombé, Ariane reprit la parole:

- Bon cessons de nous chamailler et rentrons à la maison, d accord ? Sinon, Tante Isabelle risque de s inquiéter.

- Oui, allons y, répondit Ulysse, sur un ton plus doux, enterrant la hâche de guerre avec lassitude.

En plus, je commence à avoir faim, songea t il pour lui même, tandis que son estomac se mettait à crier famine.


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