Voyages en Absurdistan
Ce chapitre contribue au Défi Lettre abandonnée de Kurohana (une lettre qui révèle à quelqu’un ce qu’il a sur l’âme, lettre qui ne sera jamais envoyée)
Fandom Contes et légendes Russes
Lettre au tsar
7 mai 1571,
Moscou du Vingt-Septième Royaume, non loin (et très loin) de Moscou, Royaume de Russie
Grand Souverain, Tzar et Grand-Prince Ivan Vassilievitch, Autocrate de toutes les Russies, de Vladimir, de Moscou, de Novgorod, Tzar de Kazan, d'Astrakhan, Souverain de Pskov, Grand-Prince de Smolensk, de Tver, d'Ougor, de Perm, de Viatka, de Bulgarie et d'autres encore, je vous salue humblement. La main tremblante, je prends cette plume et j’écris ces mots. Daignez bien lire cette lettre jusqu’à la fin.
Je ne sais par où commencer. Je ne sais même si je puis vous écrire directement, ne serait-ce pas audacieux ? Comment vous dire ce que je ne peux mettre en mots ? Comment transmettre mes sentiments ? Comment vous faire comprendre cette joie en mon âme ?
Vous êtes mon soleil, la lueur et l’espoir de mes jours. Vous réchauffez mon cœur et mettez mes veines en ébullition. Je me languis de vous. Que l’attente est longue depuis la demeure maternelle ! Il ne passe pas un jour sans que je ne prenne de vos nouvelles dans l’assiette d’argent en interrogeant la pomme d’or. Ce fruit de la jeunesse que je désire ardemment vous donner à manger.
Je péris à petit feu de ne pas vous avoir à mes côtés. Mais je brille tellement de fierté lorsque votre armée, pour défendre votre Royaume, vainc victorieusement les Tatars de Crimée. Que la Russie soit encore plus grande et plus forte ! Et moi, je demeurais dans votre ombre. Il est impossible de se rapprocher du soleil sans brûler.
Votre fidèle amie,
Maria,
Fille de Baba Yaga du Vingt-Septième Royaume
Et la jeune femme versa quelques larmes. Elle se tourna vers le feu qui brillait au centre de l’âtre et jeta la lettre. Scrutant la combustion du message, Maria soupira et prépara la prochaine lettre dont elle connaissait déjà le destin.