Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 141 : Le lion et l’agneau
Il est étrange d’être de retour dans cette ville. Je l’observe par les fenêtres du train comme si je ne l’avais pas vue depuis des années, presque comme si je n’y avais jamais habité… Ma peau est bronzée, mes cheveux un peu asséchés par l’air marin, je porte un collier de petits coquillages blancs autour du cou, ma robe est légère et adaptée au climat chaud… J’ai l’impression que la seule chose qui appartient à l’ancienne Hestia est le bracelet noir à mon poignet, le bracelet qui porte son prénom écrit en rouge… le témoin que mon amour pour lui n’a jamais disparu, que je l’ai dans la peau de façon irrémédiable, peu importe les évènements de la vie.
Lorsque nous sortons de la gare, Calyouk prend joyeusement la direction de chez lui et je le laisse faire, jusqu’à ce qu’il réalise que je ne le suis pas et qu’il s’arrête.
- Va mon loulou, rentre chez toi, mais je n’y vais pas, l’informe-je en désignant la direction de chez lui.
Il a l’air étonné mais il revient en trottinant vers moi et observe autour de nous, visiblement dans l’attente de savoir où nous allons. Mon cœur se serre d’amour et je lui gratouille la tête :
- Merci… merci…, souffle-je.
Il pousse ma main de sa truffe et nous nous mettons en route pour l’hôtel que j’ai réservé, le plus proche de l’université.
*
Mon premier jour de partiel, je suis tendue des pieds à la tête. Pas à cause de mes examens, mais parce que j’ai une peur bleue qu’Hunter soit ici, puisque la date de mes partiels est largement trouvable sur tous les coins du site de l’université. Je n’ai pas simplement peur, je suis carrément angoissée, parce que je ne saurais pas comment réagir, parce que ça ficherait probablement en l’air toute ma concentration de le voir surgir et parce que je ne l’ai pas décidé comme ça.
Je rase les murs, le sol, et tout ce derrière quoi il est possible de me cacher pour gagner l’amphithéâtre où se déroule mon premier examen. Je scrute la foule pour repérer sa grande silhouette, je dévisage chaque tête que je vois en priant pour que ce ne soit pas un de ses hommes. Mon cœur bat la chamade à l’idée de me faire attraper d’une seconde à l’autre ou de lui rentrer dedans à chaque coin de couloir que j’emprunte. Mais j’arrive à bon port et je m’enfile dans mon amphithéâtre sans demander mon reste. Je réalise le même cirque le midi, lorsque je change de lieu pour mon examen de l’après-midi.
Les jours défilent, et je me détends un peu plus chaque fois, quand je constate qu’il n’est pas là à chaque nouveau matin. J’étais pourtant sûre qu’il viendrait, absolument certaine qu’il viendrait vérifier si je suis venue à mes partiels après ma disparition et je suis un peu plus choquée de découvrir que je ne le connais décidemment pas si bien que ça. Le vendredi matin, dernier jour de mes examens, je suis tellement étonnée de ne pas le voir que je profite de ma pause midi pour aller vérifier sur les emplois du temps les dates de ses partiels, pour m’assurer qu’ils n’ont pas lieu en même temps que les miens et que ce n’est pas à cause de ça qu’il n’est pas là. Mais non, je découvre que ses examens sont déjà passés et je dois donc me rendre à l’évidence : je me suis trompée. Tout ça ne me met pas du tout en confiance et je remets un peu en question mon envie de le voir pour qu’il m’explique les choses alors qu’il n’a même pas pris la peine de venir voir si j’étais là…
C’est donc plutôt surprise mais très soulagée quand même que j’entre dans l’amphithéâtre pour mon dernier examen, l’esprit léger et plein de connaissances prêtes à être étalées sur une feuille.
*
Lorsque je sors, c’est officiel, ma première année de licence est terminée et j’ai cartonné. Mes révisions sur fond de bruit de vague et de chant de cigales auront porté leurs fruits, je me suis baladée du début à la fin, j’ai surfé sur tous les sujets et j’ai désormais la certitude que j’ai rattrapé les pots cassés pour mes quelques zéros des dernières semaines. Je ne serai pas major, c’est clair, mais je sais que je serai tout de même dans le premier quart d’étudiants sans trop de difficulté puisque j’ai autant assuré que pour mon premier semestre.
Je suis toute guillerette, je sautille comme un lapin en me demandant si je ne passerais pas à la boulangerie pour partager une dernière fois des douceurs avec mon loup avant de le ramener à son propriétaire. Mais alors que je sautille, une grande silhouette attire mon attention sur la gauche et je tourne la tête en m’arrêtant net.
Il est là, en chair et en os, planté les bras croisés au milieu du trottoir que prennent les étudiants pour quitter le campus. Dans son sweat noir, son pantalon cargo, ses rangers, ses cheveux sombres… Exactement comme je l’ai laissé, aussi beau que je l’ai laissé, aussi imposant, avec une aura qui pousse tous les étudiants à s’écarter de deux bons mètres en passant autour de lui pour ne pas le déranger.
Mon cœur accélère crescendo, il atteint le rythme cardiaque d’un lapin pour de bon, mais je suis incapable de bouger ou de le quitter du regard. Il m’observe calmement, sans bouger une oreille, il reste simplement là… il est venu. Il a simplement attendu que mes partiels soient terminés pour éviter de me perturber.
Nous nous observons sans bouger pendant de longues minutes, jusqu’à ce que la foule d’étudiants se dissipe et qu’il ne reste plus que nous deux sur ce trottoir, seuls. Je ne peux toujours pas détacher mes yeux de son visage malgré la peur qui me ronge.
Il décroise finalement les bras et fait un pas dans ma direction, mais je bondis en arrière :
- Ne m’approche pas ! m’écrie-je.
Il arrête net ses mouvements pour s’immobiliser, ce qui me rassure un peu mais ne ralentit tout de même pas mon cœur, qui cogne si vite et si fort dans ma poitrine que je suis étonnée de ne pas le voir sortir de ma cage thoracique.
- Je veux juste discuter avec toi Hestia…, dit-il.
- Pas ici, pas seuls, je veux bien que nous discutions, mais dans un lieu public ! couine-je.
Il fronce les sourcils, visiblement pris de court par mes propos.
- D’accord… tu veux que je t’emmène dans un restaurant ou…
- Non ! m’exclame-je d’une voix aiguë. Je… je n’avais pas… je ne veux pas… pas ce soir !
- Quand ? souffle-t-il en affichant un air peiné.
- Demain. J’avais prévu de te voir demain, explique-je.
Il hoche lentement la tête malgré ses sourcils toujours aussi froncés.
- Je comptais aller voir Eden ce soir, lui dire de te proposer un rendez-vous demain, dis-je rapidement.
- D’accord… où ça ? Quand ? Dis-moi et j’y serai, affirme-t-il d’une voix qu’il veut rassurante.
Je réfléchis à cent à l’heure, j’essaie de trouver un lieu qui sera forcément fréquenté, un lieu qui l’est toujours, par beaucoup de monde.
- Dans un café, dis-je lentement. Le café à côté de l’université… au coin de la rue… demain matin à dix heures.
- J’y serai Hestia… Est-ce que tu peux au moins me confirmer que tu es avec Cal ? Eden est inquiet.
- Oui, il est avec moi. Je comptais le ramener ce soir, quand tu serais… au gymnase, avoue-je d’une petite voix.
Il hausse les sourcils en hochant encore la tête, visiblement abasourdi par ce que je lui dis :
- Je ne comptais pas y aller… je n’y vais plus depuis que tu es partie… c’est trop dur.
- Ça veut dire que tu seras chez toi ce soir ? couine-je avec inquiétude.
Il va de surprise en surprise vu les traits de son visage, mais comme toujours, il s’adapte à moi :
- Et bien si tu ne veux pas que je sois chez moi ce soir, alors je n’y serai pas…
- Tu es sûr ? Je peux te faire confiance ? chuchote-je.
- Mais bien sûr que oui Hestia… mais pourquoi ne le pourrais-tu pas ? De quoi as-tu peur exactement ? Quel est le problème ? demande-t-il d’une voix désespérée en faisant un nouveau pas dans ma direction.
Je refais un bond en arrière, qui l’arrête une fois de plus.
- Ne sois pas chez toi ce soir ! geins-je. Je veux ramener Calyouk et prendre les numéros de mes amies auprès d’Eden. Je t’en prie, par égard pour ce que nous avons vécu, alors ne sois pas chez toi ce soir.
Il hoche une fois de plus la tête, très peiné par ce que je lui dis et il repose finalement ses yeux sur moi :
- Nous nous verrons demain ? Ce… C’est vrai ? Ou bien tu dis ça parce que tu imagines que je te laisserai tranquille ce soir uniquement en sachant que nous nous verrons demain… ? demande-t-il.
- J’y serai, je serai au café demain à dix heures, affirme-je d’une voix fluette.
- Pourquoi je ne te crois pas… ? murmure-t-il finalement.
- Ce n’est pas moi la plus grosse menteuse ici, réplique-je en croisant les bras serrés sur ma poitrine.
Ce que je lui dis lui fait tellement de peine qu’il détourne le regard pour observer le bâtiment sur sa droite, le visage torturé.
- Je suis navré Hestia, si tu savais comme je m’en veux… si tu savais comme j’aimerais remonter le temps, comme j’aimerais t’avoir tout dit dès le début, murmure-t-il d’une voix brisée.
- Et bien tu ne l’as pas fait.
Il hoche la tête, son nouveau tic de comportement il faut croire et je recule d’un pas :
- Alors à demain… J’irai voir Eden vers vingt heures…
- A demain… D’accord et bien je serai… dehors… quelque part, répond-il tristement en agitant une main évasive.
- Bien.
- Je suis heureux que tu sois allée à tes partiels, j’avais peur que tu les rates, peur que tu aies tout abandonné à cause de mes conneries… tu n’imagines pas comme je suis soulagé, fier et heureux.
J’acquiesce simplement à ce qu’il me dit et je fais encore un petit pas pour m’éloigner :
- A demain, répète-je.
- A demain…
Je fais volte-face et je file sur le trottoir, les bras toujours croisés sur ma poitrine, avec la peur au ventre qu’il me suive.
- Hestia ? m’interpelle-t-il.
Je me retourne d’un bond, mon cœur repartant dans les tours tandis que je l’interroge du regard mais je suis un peu soulagée de voir qu’il n’a pas bougé.
- Je t’aime, je t’aime de tout mon cœur… Je voulais juste te le dire.
Je détourne la tête, je ne réponds pas, et je file sans ajouter un mot.
Je jette des dizaines de regards derrière moi, mais j’ai bien vu qu’il ne bougeait pas, qu’il me regardait simplement m’éloigner et je ne le vois pas plus dans les rues alors que je file à l’hôtel. Dès que je suis enfermée dans ma chambre, je respire mieux, mais ça ne m’empêche pas de jeter des petits coup d’œil à la fenêtre pour vérifier que son Aston n’est pas quelque part dans le secteur.
Mes coups d’œil s’espacent avec le temps, je profite de ma dernière soirée en tête à tête avec mon loup, et vers vingt heures, je prends la direction de leur appartement pour le ramener chez lui. Il est tout fou quand il comprend où je l’emmène, il court en avant, avant de revenir vers moi pour me tourner autour, il fait ça tout le chemin, comme s’il voulait me pousser à aller plus vite.
Dès qu’Eden ouvre la porte, Cal lui saute dessus sans autre forme de procès et son humain s’effondre littéralement sous le soulagement de retrouver son chien. Je constate qu’Hunter n’est pas là, déjà parce que je ne le vois pas planté dans le salon mais surtout parce que j’ai l’intelligence de regarder dans le vide poche, et je découvre que ses clés n’y sont pas.
Je me détends donc enfin et je peux profiter des belles retrouvailles entre Eden et Cal, qui pleurent autant l’un que l’autre en se câlinant avec tout leur amour. Au bout de dix bonnes minutes, Calyouk s’élance dans l’appartement pour reprendre possession des lieux et c’est maintenant moi qui me fais serrer dans les gros bras d’Eden. Je reste plutôt tendue, parce qu’il est au courant de l’activité d’Hunter, et non seulement il la cautionne, mais en plus il ne m’en a rien dit après tous ces mois d’amitié.
- Je suis tellement heureux de te revoir Titi…, chuchote-t-il.
- Je suis navrée d’avoir kidnappé ton chien, il n’a jamais voulu me laisser partir… J’ai sincèrement essayé de le renvoyer ici…, m’excuse-je.
- Oh je m’en doutais Titi… je le connais, je vous connais… je sais comme il est avec toi… Et je peux t’assurer que je suis heureux de savoir qu’il était avec toi… Où étais-tu ? Qu’as-tu fait ? Je sais que tu ne veux pas voir Hunter mais…
- Stop, non, le coupe-je vivement. Je t’en prie Eden, non.
Il doit voir à mon expression qu’il est hors de question que nous abordions le sujet, parce qu’il me relâche en hochant la tête :
- Ok… de toute façon il m’a dit que vous vous voyiez demain… tu ne vas pas le planter hein… ?
- Je ne crois pas, réponds-je.
- Qu’est-ce…
- Eden ! Je t’en prie ! couine-je. Ecoute, de toute façon je passais juste en coup de vent je… on se verra pour discuter de tout ça, peu importe ce qu’il se passe avec Hunter… Tu veux bien me donner ton numéro, celui d’Alma et celui de Julia sur un papier ?
- Bien sûr, répond-il en fronçant les sourcils.
Il s’exécute, nous discutons encore quelques minutes de futilités mais je ne veux pas m’éterniser ici et risquer de croiser Hunter dans les escaliers alors je fiche rapidement le camp. Calyouk fait un véritable scandale en voyant que je pars, il donne tout pour me suivre, et nous sommes obligés de nous y mettre à deux pour que je puisse sortir sans lui.
Dès que je m’éloigne dans le couloir, je l’entends qui gratte la porte comme un cinglé, et alors que je dévale les escaliers en pleurant, détruite de perdre mon roc de ces dernières semaines, je l’entends qui se met à hurler. Il pousse un long cri de loup, plaintif, comme s’il me suppliait de revenir le chercher. C’est trop pour mon cœur et je me vide de mes larmes tout le chemin du retour jusqu’à l’hôtel.
Le soir dans mon lit, je mets des heures à trouver le sommeil. Je me tourne dans tous les sens, encore et encore, je réfléchis à cent à l’heure, je m’inquiète pour demain matin, j’ai peur de voir Hunter autant que j’ai envie de le revoir. Mon cerveau est à deux doigts de la surchauffe, j’oscille sans cesse entre le planter et courir l’attendre dès maintenant, je ne sais plus ce que je veux, je ne sais plus ce que je veux lui dire ou lui demander, je ne sais plus rien.
Il est qui il est, c’est un fait. Mais il est venu bon sang. Il est venu alors que j’étais sûr qu’il viendrait, il s’est arrêté dès que je lui ai demandé de ne pas m’approcher, il s’est arrêté encore dès qu’il a vu que ça ne me mettait pas à l’aise, il s’est absenté de son appartement parce que je lui ai demandé, et puis… honnêtement, je suis en vie dans mon lit, ce qui est déjà la preuve qu’il ne me veut pas de mal. S’il avait eu envie de me tuer, de m’attraper ou que sais-je, alors ce serait fait depuis longtemps.
Toutes ces pensées finissent par me convaincre d’aller au rendez-vous.
*
Je suis debout bien avant mon petit réveil acheté à l’océan, les yeux grands ouverts rivés sur le plafond à attendre qu’il sonne à neuf heures. Dès que c’est fait, j’enclenche la marche avant, j’enfile une robe, un collant, mes chaussures, j’arrange mes longs cheveux, j’attrape mon sac à main et je suis dehors. Je passe rapidement acheter une carte SIM au premier point de vente que je trouve en piochant encore dans l’argent d’Hunter, puis j’entre mes quatre seuls contacts, Eden, Alma, Julia et Sélène.
Les deux premiers savent que je vais bien et que je suis rentrée, la dernière peut attendre et j’appelle Julia directement, jusqu’à ce qu’elle réponde au numéro inconnu que je suis devenue. Nous discutons tout mon trajet jusqu’au café, je lui explique très peu de choses et elle veut évidemment me voir aujourd’hui. Ça me donne l’idée de lui donner rendez-vous au café où je serai avec Hunter, à onze heures, puisque ça me laissera une sorte d’assurance, quelqu’un qui se demandera où je suis si je disparais et surtout un point de contrôle ou une porte de sortie lorsque je serai avec lui depuis une heure.
En tout cas, il est dix heures moins deux lorsque je tourne au coin de la rue du café et j’y entre le cœur battant.
Il est là. Je le repère immédiatement dans la salle, je ne vois que lui bien qu’il soit de dos, son grand corps qui dépasse tout le monde malgré le fait qu’il soit assis, son éternel sweat noir, sa nuque tatouée…
Je reste plantée devant la porte une minute ou deux, à simplement l’observer m’attendre, à m’habituer à lui, je ne sais pas exactement mais je suis poussée en avant lorsqu’un nouveau client passe la porte dans mon dos. Chaque pas qui me rapproche de lui fait accélérer mon cœur et lorsqu’il tourne la tête pour me regarder quand je passe à côté, c’est un arrêt net de mon pouls. Ses beaux yeux verts qui s’illuminent, comme s’il ne pensait pas que j’allais venir, leur douceur, leur amour… C’est dingue.
- Tu es venue…, murmure-t-il.
- Je t’avais bien dit que je serais là, réponds-je en m’installant dans la petite banquette face à lui.
Il y a deux cafés sur la table, et un gros cookie garni de tous les chocolats possibles et imaginables dans une petite assiette à ma place.
- C’est pour toi, dit-il timidement.
J’observe la douceur avec suspicion, y inventant un sédatif puissant ou du poison, et je relève finalement le nez pour le regarder dans les yeux. Il ne parle pas, nous nous observons simplement et bon sang, que c’est étrange. C’est Hunter. Hunter comme je le connais, avec le même visage que d’habitude, la même expression, le même corps, les mêmes habits, les mêmes cheveux… Je ne suis pas à l’aise, mais en même temps, c’est lui, simplement je sais désormais ce que je sais et ça change la donne. Encore que… plus je l’observe, plus je m’apaise et moins j’ai l’impression que ma vie est en danger, c’est lui.
- Hestia, je suis sincèrement désolé de t’avoir menti pour Winston, c’est simplement que…, commence-t-il.
- Non, souffle-je. Arrête, je t’en prie.
Il referme la bouche aussi sec pour m’interroger du regard et je me noie dans ses beaux yeux encore un peu. En fait, c’est exactement ce dont j’ai envie, le regarder, juste me perdre sur son visage, passer du temps avec lui, profiter de sa présence et de son aura avant qu’il ne me confirme oralement mes doutes et que tout soit potentiellement fini. Je ne sais pas ses excuses, je ne sais pas ce qui l’a poussé dans cette voie et pourquoi il y reste… Mais maintenant que je l’ai en face de moi, je réalise que je ne suis pas prête à l’entendre, parce que si ce qu’il me dit dans l’heure qui arrive ne me convient pas, je le perdrai pour toujours et je n’y suis pas prête, pas du tout. J’ai besoin de m’offrir encore un peu de temps avec lui, avec mon Hunter.
- J’aimerais qu’on parle d’autres choses Hunter, de choses futiles, je ne suis pas prête à aborder… tout ça, dis-je d’une petite voix craintive.
Il a l’air décontenancé, mais il me suit.
- Euh… D’accord, tu veux parler de quelque chose en particulier ? demande-t-il.
- Non, je ne sais pas.
Il hoche la tête en glissant les yeux autour de lui pour chercher un sujet de conversation futile, chose à laquelle il ne s’attendait clairement pas et j’observe sa petite moue en pleine réflexion.