Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 116 : Le bonheur sans nuage
Nous nous sommes couchés tôt hier soir pour essayer de nous recaler sur le bon rythme. Pour cela, nous avons utilisé une technique fort agréable, deux fois de suite, qui nous a détendu si intensément et profondément que nous avons réussi notre pari de dormir avant minuit.
Nous nous levons donc vers neufs heures ce lundi, en pleine forme alors que nous nous étirons dans le lit.
- Ça m’inquiète de manquer les cours, gémis-je.
- Tu n’as que des cours magistraux aujourd’hui, tu ne risques rien mon chat… et je pense qu’il est drôlement plus important que tu révises pour tes examens de ce soir, me rassure-t-il.
- Surtout que tu as promis de m’aider, souligne-je.
- Parfaitement… mais là maintenant… je recommencerais bien ce que nous avons fait hier soir…, réplique-t-il avec ses yeux les plus taquins.
- Vous êtes infatigable Monsieur Grimmal…, susurre-je en me tournant contre son flanc pour l’enlacer avec des yeux séducteurs.
- Je suis surtout insatiable de votre personne… surtout après trois longues semaines sans vous…
Je souris en plongeant sur ses lèvres avec ardeur, finalement plus qu’heureuse d’avoir décidé de manquer les cours.
*
Après un câlin, une petite sieste bienheureuse d’une vingtaine de minutes et une douche vivifiante, nous voilà tout propres et habillés à l’îlot de la cuisine. Hunter boit un café en faisant quelques mails tandis que je sors ma carte SIM de mon téléphone cassé pour la mettre dans le nouveau. Lorsqu’il lève les yeux de son ordinateur et qu’il voit mon portable à clapet, il hausse un sourcil :
- Dis-moi que cette horreur n’est pas ton nouveau téléphone ? demande-t-il.
- Bien sûr que si, si tu imagines que j’ai les moyens de m’en acheter un de meilleure qualité, c’est que tu ne m’as pas écouté avec beaucoup d’attention, l’embête-je.
- Je t’écoute toujours avec toute mon attention mon cœur, répond-il en pianotant sur son clavier.
J’ai soudain un petit recul sur la situation et j’en reste un peu figée. Quand je pense que ça fait trois longues semaines que je l’ignore, que j’ai disparu de la circulation sans un mot… et me voilà assise dans son appartement, à discuter avec lui, comme si rien ne s’était passé…
- J’ai vraiment de la chance de t’avoir Hunter, je…, commence-je.
- Stop, arrête de te prendre la tête…
- Non, c’était horrible de ma part, peu importe à quel point tu me comprends ou à quel point je peux agir bizarrement… Tu ne mérites pas qu’on te fasse une chose pareille, tu es la meilleure personne que je connaisse et je t’ai traité d’une façon odieuse. Je ne mérite pas ta gentillesse, je ne t’ai jamais mérité et je ne te mériterai sans doute jamais.
- Hestia, arrête de dire n’importe quoi. Je t’aime, tout est dit… Ce n’était pas très cool de ta part, en effet, mais je t’aime. Ces mots ne signifient pas rien, je ne les ai jamais prononcé, jamais ressenti… Je ne sais pas, peu importe les épreuves que nous traversons, tant que nous nous aimons, nous ferons front.
Je n’y tiens plus et je saute de ma chaise haute pour contourner l’îlot. Il recule sa chaise pour m’accueillir, puisqu’il a très bien compris que je venais m’assoir sur lui, et je m’installe sur ses cuisses en enlaçant sa nuque d’un bras tout en rallumant mon nouveau téléphone de l’autre. Je cale mes lèvres contre sa gorge tandis que mon portable pédale dans la semoule pour s’allumer, et je m’occupe en posant des petits baisers doux contre sa jugulaire en profitant du petit sourire en coin que ça déclenche sur ses lèvres.
- Je suis la pire petite-amie du monde, murmure-je.
- Tu es la meilleure, tu as simplement fait une bêtise, ça arrive. Et puis ce n’était même pas de ta faute dans le fond, je préfère largement accuser ton « frère » qui t’a emporté avec lui vers les abîmes.
- Ne le juge pas, chuchote-je d’une voix douce.
- Je le juge assurément, mais je ne te juge pas toi… surtout en considérant qu’il y a encore des secrets entre nous… Comment pourrais-je te juger de m’avoir menti en considérant que je n’ai toujours pas eu le courage de discuter avec toi de mon travail… ? Il est drôlement facile de pardonner les mensonges de l’amour de sa vie lorsqu’on lui ment nous-même… C’est pour ça Hestia, je te le répète encore, comme depuis des semaines maintenant : Tant que nous nous aimons et que nous nous respectons, alors tout ira bien… Je préfère me rattacher à ça… Tu m’as menti, tu t’es expliqué, j’ai compris la situation… Ce sera pareil pour mon travail, je te mens, je t’expliquerai tout de A à Z comme tu l’as fait et tu comprendras.
- Tu n’as pas envie de m’en parler maintenant ? Ça serait assurément vingt-quatre heures drôlement pourries dans notre relation, mais nous partirions sur de nouvelles bases… ?
- Un combat après l’autre mon amour… Laisse-nous atterrir de la crise qui vient d’arriver, répond-il en me souriant.
Je l’embrasse pour toute réponse et je savoure le regard amoureux que nous partageons après ça.
- J’ai vraiment trop de chance Hunter, je t’aime.
- Je t’aime bien plus.
Toute ragaillardie, je pose ma tête contre son cou en fixant mon téléphone qui s’allume enfin. Les notifications pleuvent sur mon écran et j’ouvre évidemment la conversation de Kai, puisque je l’ai laissé en plan au milieu de la nuit tout de même.
K : « Où es-tu ? C’est à cause de notre dispute ? »
K : « Tu es chez toi ? »
K : « Bébé, je m’inquiète là. Je peux comprendre que tu me fasses la gueule après notre dispute, mais je veux juste savoir que tu es chez toi en sécurité. »
He : « Je vais très bien et je suis en sécurité. »
K : « Merci de m’avoir répondu, je suis désolé, j’ai été un vrai con hier soir, ne me déteste pas trop longtemps. »
He : « Oui, un vrai con. Comment s’est passé ta première nuit chez toi ? »
K : « On s’en tape, comment tu vas ? »
He : « Je ne m’en tape pas ! Je vais bien, je viens de te le dire. Tu te sens bien ? Tu n’as pas eu de mauvaises pensées ? »
K : « J’ai toujours de mauvaises pensées quand tu n’es pas là, mais je tiens bon. J’ai eu l’agence intérim, je prends ton poste à 13h. »
He : « Félicitation ! Travaille bien, c’est une seconde chance qui s’offre à toi. »
K : « C’est grâce à toi bébé, tout le bien qui m’arrive est toujours grâce à toi. Tu me manques déjà tellement, putain je crois que tu ne peux pas imaginer. »
Hunter soupire, et ce n’est qu’alors que je remarque qu’il lit la conversation en direct avec moi.
- Bon sang, j’ai horreur qu’il t’appelle « bébé » … C’est pratiquement insupportable pour moi, se plaint-il.
- Pardon, geins-je avec tristesse.
Il m’embrasse dans la seconde, un baiser si ardent pour le contexte que je ne doute pas qu’il marque son territoire pour son propre ego et je me fais un plaisir de lui rendre avec tout mon amour pour le rassurer.
- C’est moi qui ai les baisers… alors je suppose que je m’en remettrai…, souffle-t-il contre mes lèvres.
- Tu m’as toute entière Hunter, confirme-je.
Il est visiblement ravi par ce que je lui dis et j’ouvre donc la suite de mes conversations. Julia me laisse tranquille puisqu’elle me pense chez Hunter, où je suis enfin, mais Alma et Eden m’avaient renvoyé des messages inquiets avant de nous trouver hier soir.
- Bon sang, je ne sais pas comment je vais pouvoir justifier tout ça auprès d’Alma et Eden, m’inquiète-je.
- Tu ne veux pas leur parler de Kai j’imagine ?
- Je préfèrerais éviter, mais je ne vois pas bien ce que je pourrais leur dire, surtout vu ce qu’ils ont interrompu cette nuit… et puis pourquoi sont-ils rentrés si tard samedi ? Où sont-ils ? Eden n’a pas dormi ici hier soir alors qu’il a cours… ?
- Ils étaient à la fête d’après match d’Eden, il avait dormi chez elle vendredi soir parce que sa coloc n’était pas là. Ils ont dû passer prendre Youk chez Alma avant de revenir ici…
- Mais où sont-ils maintenant ?
- Je leur paye un hôtel pour qu’on soit tranquilles.
- Tu te moques de moi ?
- Non, quand je lui ai dit de dégager samedi soir, ils étaient choqués tu penses bien… Ils sont retournés dans la voiture pour patienter, ils ne savaient pas quoi faire puisqu’Alma n’habite pas tout près non plus et ils ne savaient pas combien de temps notre dispute durerait. Eden m’a envoyé un message, que j’ai vu quand je t’ai envoyé te coucher, où il me disait de les prévenir quand ils pourraient remonter. Je n’avais pas franchement envie de les savoir ici alors que nous étions en pleine crise, que nous n’avions pas fini de parler, ni de nous retrouver… Alors j’ai dit à Eden d’aller dans l’hôtel qu’il voulait, avec les options qu’il voulait, et que j’alignerais évidemment les billets pour le remercier.
- Hunter…
Il me lance un regard plus que blasé et je referme la bouche, puisque j’avais promis de ne plus l’embêter avec sa façon de dépenser. Ça le fait sourire et il pose un petit baiser tendre sur mes lèvres pour me remercier avant de reprendre :
- Ça me fait plaisir, ils sont au top apparemment, c’est un hôtel luxueux plutôt proche de la fac… Et puis je pense que ça nous convient très bien à tous les deux. Je n’ai pas envie qu’ils soient là, j’ai envie d’être juste avec toi, rien que tous les deux, à faire ce dont nous avons envie sans nous soucier des coloc indésirables… Ça me fait un bien fou d’être juste avec toi Hestia.
- Honnêtement, moi aussi… J’ai beau adorer Eden et Alma, habiter juste avec toi pour quelques jours est un rêve, surtout après ce que nous venons de traverser, admets-je.
- Habiter ? Je dois en déduire que tu ne comptes pas rentrer chez toi ce soir alors que nous sommes en semaine ?!
Il est aussi étonné que joyeux, ses yeux débordent d’une joie si vibrante que mon cœur se serre. Je suis tellement loin des petits problèmes que j’avais avant…
- Tu sais Hunter, je viens de passer trois semaines à sevrer Kai, à rater les cours, à travailler, à foutre en l’air du jour au lendemain tout le petit plan bien tracé que j’avais pour moi… Ça n’a pas été facile, ça m’a mise dans un état plus que catastrophique, ça m’a perturbé jusqu’au trognon mais… en un sens, ça m’a permis de me « détendre ». Comme tu le sais, j’ai énormément de mal avec tout ce qui sort de mon petit train-train … Mais de me retrouver dans cette situation, dans cette… tempête, dans ce tourbillon de … je n’ai même pas les mots… En tout cas ça m’aura changé, et crois-moi, je ne considère plus que dormir chez toi en semaine représente un bouleversement après ce que je viens de vivre. C’est même une bénédiction à ce stade…, avoue-je.
- Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le veux mon cœur, tu peux même ne plus jamais repartir si c’est ce que tu veux…, murmure-t-il.
Je rougis furieusement en baissant le nez, pour fuir ses beaux yeux qui me chamboulent alors qu’il me repropose plus ou moins d’habiter avec lui. Je n’ai pas envie de lui répondre, parce qu’il est clair que je ne veux plus quitter cet appartement, mais je ne veux pas non plus m’imposer chez lui pour une durée indéterminée malgré sa proposition.
- On verra au jour le jour Hestia, un pas après l’autre, tu rentreras chez toi quand tu en auras envie, si tu en as envie, conclut-il.
- Merci, pour l’instant, je ne bouge pas, arrive-je à souffler d’une petite voix. Surtout tant que nous sommes seuls, tu crois qu’ils vont rester à l’hôtel longtemps ?
- Avec Youk, c’est compliqué. Le loulou a ses habitudes et je crois que nous avons tous compris que tu lui manquais terriblement lorsqu’il a failli casser sa laisse samedi soir… En revanche, je crois qu’Eden et Alma sont aussi heureux que nous de profiter d’un petit temps en tête à tête sans coloc et sans payer un sou. Depuis qu’ils sont ensemble, ils ne se quittent plus, et ils doivent donc composer avec la coloc d’Alma et moi… Ils ont passé la majeure partie du temps ici, parce que tu imagines bien que je me suis plongé dans le travail pour surmonter ton absence et je ne passais donc pas trop de temps à la maison… Tout ça devient compliqué, je n’avais pas prévu qu’Eden et moi nous trouverions des copines en même temps aussi vite…
- Qu’est-ce que ça aurait changé ? m’amuse-je.
- J’aurais pris un appart beaucoup plus grand, pour avoir plus d’intimité ! rit-il.
- Tu peux toujours déménager, le taquine-je.
Il fronce le nez en souriant :
- J’adore cet appart… Et puis c’est là que nous nous sommes rencontrés, que nous avons tissé des liens… je n’ai pas envie de changer… Je foutrai Eden à la porte bien avant de déménager !
- Quoi ?! couine-je avec inquiétude.
- Il est évident que nous garderions Calyouk, ajoute-t-il avec un air entendu.
Je glousse comme une bécasse en rougissant, parce qu’il me connait par cœur et que je dois bien admettre que j’ai couiné à l’idée de ne plus voir mon loup préféré plus que son maitre. J’ai beau adorer Eden, il a sa vie et sa petite amie, alors que Youk est pratiquement comme mon chien.
- Alors fichons-le dehors, gardons Youk et achetons enfin ce beau piano pour le mettre dans sa chambre ! m’exclame-je en levant les bras avec entrain.
Hunter éclate évidemment de rire, avant de se jeter sur mes lèvres pour m’embrasser un très long moment en rayonnant de bonheur.
Après ça, nous passons en coup de vent chez moi pour que je puisse prendre mes affaires de cours et changer la garde-robe de mon gros sac de sport, puisque je passe de mes tenues : usine/sevrage ; à mes vêtements : université/batifolage, et que ce n’est clairement pas la même ambiance.
Puis comme promis, nous passons tout le reste de l’après-midi et le début de soirée le nez plongé dans mes cours, à me faire rattraper mon retard dans les matières où j’ai les examens de rattrapage dans la soirée. Hunter est un tuteur extraordinaire, il m’aide avec une efficacité remarquable en m’expliquant tout ce que je ne saisis pas entièrement, comme mes professeurs l’auraient fait si j’avais pu leur poser mes questions pendant les cours que j’ai manqué. Son téléphone vibre en continu toute l’après-midi dans sa poche, mais il ne s’en préoccupe pas une seule seconde, il se concentre sur moi et mes examens, comme si son travail pouvait attendre, comme si mes bonnes notes étaient plus importantes que tout le reste, et ça me touche.
*
Un peu avant vingt et une heure, nous entrons sur le campus dans la voiture d’Hunter, puisqu’il a tenu à m’emmener passer mes examens. Il se gare devant le bâtiment où ils auront lieu et je me tourne vers lui :
- Je rentre à pied ou tu reviens me chercher ?
- Je ne rentre pas, je t’attends ici.
- Tu ne vas pas attendre deux heures Hunter…
- Mais si, j’ai des appels à passer, tranche-t-il. Il est hors de question que tu rentres toute seule à vingt-trois heures et je n’ai pas non plus envie de te faire attendre le temps que j’arrive quand tu seras sortie.
- Tu habites à cinq minutes…, réponds-je en caressant sa mâchoire.
- Ce sont cinq minutes de trop à attendre pour ma princesse, rétorque-t-il avec un sourire en coin.
Je secoue la tête en souriant, décidemment bien mieux traitée que je ne le mériterais. J’attrape mon sac à mes pieds et lorsque j’ouvre la portière, il m’arrête en posant une main sur ma cuisse :
- Avant de passer mes appels, j’ai quand même besoin de savoir ce que tu aurais envie de faire demain soir… ? demande-t-il avec des yeux interrogateurs.
- Euh… je ne sais pas, c’est une drôle de question. Tu as envie de faire quelque chose en particulier ?
Il fronce très légèrement les sourcils, comme s’il était surpris par ma réponse et je me rassois dans mon dossier pour l’observer, sans comprendre.
- Si tu veux aller au sport ou que tu dois travailler il n’y a aucun souci, je peux largement rentrer chez moi ou t’attendre chez toi, j’ai de toute façon des tonnes d’autres cours à rattraper… Je ne veux pas que le fait que je dorme chez toi plusieurs jours de suite ne perturbe ton programme…, m’angoisse-je.
- Non, non, rien à voir… Pas du tout, répond-il d’une drôle de voix.
Son visage est indéchiffrable, mais le connaissant, j’ai tout de même l’impression de voir un drôle d’étonnement au fond de ses yeux, comme s’il attendait que je lui dise que je plaisante…
- Tu es sûr ? Tu es bizarre…, m’inquiète-je.
Il revient enfin à lui et cette fois, la surprise est très clairement lisible sur ses traits :
- Pas du tout ! Je suis étonné mais drôlement ravi en fait… j’ai bien du mal à croire ce qu’il se passe, mais je trouve ça génial !
- Quoi ?! Je ne comprends rien ! m’esclaffe-je en voyant sa petite moue devenue adorable.
- Rien mon cœur ! Concentre-toi sur tes exams ! Tu aimerais sortir demain soir ou rester à la maison ? C’est surtout ça ma question…, précise-t-il en se penchant au-dessus de mes cuisses pour rouvrir la portière que j’avais fermée.
- Rester à la maison, quelle question !
- Parce que tu ne veux pas que je te paie le restaurant ou parce que tu en as envie ? demande-t-il en plissant les yeux.
- A tout à l’heure ! pouffe-je en l’embrassant avant de filer en direction du bâtiment.
- Ce sera restaurant alors ! crie-t-il par la fenêtre qu’il vient d’ouvrir.
Je me retourne une seconde pour lui lancer mon regard le plus heureux et il rit encore.
*
Mes examens se passent extraordinairement bien, je roule complétement sur les sujets et je suis à peu près sûre que j’ai excellé aussi brillamment que d’habitude, ce qui va assurément remonter ma moyenne au sommet du classement. Je sors du bâtiment en sautillant de bonheur avec un bon quart d’heure d’avance face à mes camarades qui passaient ces rattrapages avec moi, alors je suis bien heureuse finalement de voir Hunter qui marche autour de sa voiture, téléphone à l’oreille.
Quand il voit ma petite démarche heureuse, un immense sourire éclate sur son visage et il raccroche pratiquement au nez de son interlocuteur pour me tendre les bras. Je m’y précipite et comme d’habitude, il célèbre avec entrain ma réussite comme si je venais de craquer les codes nucléaires. Il ne cesse de vanter mon sérieux lorsque nous avons travaillé cet après-midi, avant de faire mousser mon intelligence naturelle pratiquement inégalable selon lui, ce qui me fait glousser tout le trajet du retour.
Dès que nous sommes chez lui, il retourne téléphoner sur le balcon, puisqu’il avait tout interrompu pour le retour de princesse Hestia. Je vais me doucher et me mettre en pyjama pour patienter, mais il est toujours dehors quand je termine, avec sa tête la plus sérieuse et concentrée. Je connais cette tête-là, et ça signifie qu’il y en a encore pour un moment alors je prépare le diner pour patienter.
Après un repas rapide en tête à tête, il file sous la douche et je me retrouve seule dans le lit, les yeux grands ouverts à fixer le plafond pendant de longues minutes, jusqu’à ce qu’il me sorte de ma transe en me rejoignant.
- Ça va ? demande-t-il en voyant ma tête.
- Ça va, je suis juste toute stressée de retourner en cours demain. J’ai peur que tout le monde me regarde en se demandant où j’étais passée, que les professeurs ne veuillent plus répondre à mes questions, de ne rien comprendre, de ne…
Il me coupe en m’embrassant avec douceur, et je me rends vite compte que c’est exactement ce qu’il me fallait. Ses baisers me rassurent, me portent même, me rappellent qu’il m’aime et qu’il est là pour moi… que je me fiche de mes camarades tant que je l’ai lui, que je me fiche que mes profs ne me répondent pas ou que je ne comprenne rien tant qu’il est là pour tout m’expliquer…
En fait, c’est une généralité : tant qu’il est là, tout ira bien.