Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 100 : Avancées

4072 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/04/2026 13:11

Chapitre 100 : Avancées


J’atterris tranquillement dans le lit, appuyée au creux de son épaule, jusqu’à ouvrir un œil presque suspicieux alors qu’il reprend son souffle tranquillement. Lorsqu’il croise mon regard, il sourit bêtement.

-         Quoi ? demande-t-il.

-         J’ai un peu de mal à croire ce qu’il vient de se passer, dis-je.

Il rit simplement en embrassant mon front.

-         Je n’ai même pas envie de savoir comment tu as acquis cette compétence…, marmonne-je sombrement.

-         Je t’aime Hestia, je n’ai jamais aimé que toi, de toute ma vie, répond-il en m’embrassant avec tendresse.

-         Voilà la seule bonne réponse qu’il fallait donner, réponds-je doucement en caressant son torse.

-         Je le sais bien mon amour, murmure-t-il.

Nous nous sourions et je mets de côté ma jalousie pour me concentrer sur nos baisers, jusqu’à ce que son portable vibre encore.

-         Réponds-lui…, soupire-je.

-         Ça y est, j’en ai l’autorisation ? s’amuse-t-il.

-         Je suppose que oui, ronchonne-je.

-         On va se doucher cette fois ? propose-t-il.

J’accepte et nous nous levons. Il décroche tandis que je récupère ma serviette mais je suis étonnée de voir qu’il me suit en direction de la salle de bain.

-         Winston ? demande-t-il d’une voix sérieuse.

-         « … »

-         Oui, j’ai eu un petit… contre-temps, répond-il en me lançant un regard rieur.

Je glousse bêtement, toute heureuse qu’il réponde devant moi pour la première fois et je me demande si le petit caprice que je viens de lui faire n’a finalement pas sonné un nouveau cap dans notre relation. Le cap où son travail devient moins secret et qu’il commence à accepter de m’y mêler avec plus de transparence.

-         Un type du secteur nord ?! s’exclame-t-il en haussant les sourcils.

-         « … »

Je lui lance un coup d’œil par-dessus mon épaule en allumant l’eau et je rougis de le voir me reluquer malgré ses sourcils froncés sous ses réflexions. J’aime me dire qu’il est en train de travailler, j’adore qu’il m’associe enfin à son travail sans courir s’enfermer dans une pièce.

-         Combien ? demande-t-il d’une voix sombre.

-         « … »

Je me glisse sous l’eau chaude, me prélassant sous le rideau de pluie alors qu’Hunter me rejoint, téléphone à la main. Il me cale sur son torse en passant un bras derrière ma nuque et je le câline en profitant de l’eau chaude qui dévale mon dos tandis qu’il caresse ma joue du bout des doigts du bras qui me serre contre lui.

-         S’il y a une avance, il y a du délai, c’est comme ça que ça marche...

-         « … »

-         Pour une aussi belle avance… Je ne sais pas… une bonne semaine ?

-         « … »

-         Je sais, nous verrons le weekend prochain.

A la mention « d’avance » et de « délai », mes pensées dérivent fatalement vers Kai et mon ventre se serre d’inquiétude pour lui. J’ai beau lui en vouloir et le détester en surface, dans le fond, j’espère de tout mon cœur que l’argent que je lui ai donné pourra lui faire gagner un peu de temps. Mais je ne veux pas réfléchir à ça, je ne veux pas gâcher mon weekend avec Hunter à m’inquiéter pour la santé de Kai alors qu’il s’est mis tout seul dans cette panade en acceptant de prendre part à ce réseau. Ce sont ses mauvais choix et j’estime l’avoir déjà suffisamment aidé en lui prêtant plus de mille euros, alors je peux bien lui faire la tête deux jours.

Hunter raccroche et pose son téléphone sur le bord de la fenêtre, au bout de la douche, avant de revenir pour me serrer dans ses bras. Je m’y sens tellement bien que ma culpabilité me rattrape férocement à l’idée d’avoir prêté son argent à un homme aussi peu fiable que Kai et je le serre dans mes bras un peu plus fort.

-         Tout va bien ? Des problèmes au travail ? demande-je.

-         Des contrariétés, je vais régler ça, ne t’en fais pas, répond-il en embrassant ma tête.

Il laisse ses lèvres sur le sommet de mon crâne pour l’embrasser plusieurs fois et je devine ses sourcils froncés ainsi que ses yeux pensifs.

-         Pourquoi serait-ce à toi de régler ce problème ? Je ne sais pas de quoi il en retourne, mais ton patron ne peut pas faire les choses par lui-même ?

-         Parce que c’est à moi de le faire, c’est tout, répond-il.

J’entends à son ton qu’il sourit et je relève le nez pour le regarder avec humour :

-         Tu bosses trop, tu n’as même pas le temps de t’occuper de moi ! Laisse donc Winston bosser un peu !

-         Je te demande pardon ?! s’offusque-t-il avec des yeux rieurs.

Il pointe un doigt en direction de la chambre en adoptant son air le plus scandalisé :

-         Tu as vu ce que tu viens de me faire ? Il me semble que tu sais très bien me demander de l’attention quand tu en veux, j’ai raccroché au nez de Winston pour tes beaux yeux !

Je glousse en me hissant sur la pointe des pieds pour attraper sa nuque et m’y pendre :

-         Heureusement… je n’aurais pas été très contente sinon… je t’aurais sans doute boudé, gazouille-je.

Il secoue la tête doucement avec un grand sourire aux lèvres :

-         Pfff… Bouder… mais quel âge as-tu pour me bouder parce que je dois travailler… ? s’amuse-t-il.

-         Et toi, quel âge as-tu pour travailler au lieu de céder à mes avances ? réplique-je.

Il plisse les yeux et je glousse un peu plus alors qu’il se penche pour m’embrasser longuement avant de plonger son regard séduit dans le mien :

-         J’y ai cédé il me semble…

*

Après notre douche, j’enfile rapidement ma petite robe de nuit noire et je vais à la cuisine pendant que Hunter rattroupe nos habits pour faire une machine. J’ouvre le frigo comme si j’étais chez moi, pour trouver un petit quelque chose à cuisiner et lorsque mes yeux tombent sur des cuisses de poulet, je suis ravie puisque je sais déjà le bon petit plat que j’ai envie de lui faire.

Je file le rejoindre à la buanderie, où je le trouve torse nu en train d’étendre des vêtements.

-         Bonjour joli garçon, auriez-vous du vin blanc ? demande-je.

-         Tu sais bien que oui, quel genre de vin ? répond-il en souriant.

-         Blanc, répète-je.

Il réprime un rire et je rougis en comprenant bien que je suis à côté de la plaque.

-         Pour cuisiner du poulet, précise-je. J’utilise le premier prix du supermarché mais…

-         Ah ! Mes oreilles ! plaisante-t-il.

-         C’est bien ce que je me disais ! glousse-je.

Il m’emmène dans la cuisine, et lorsqu’il tire un des placards, je découvre une sorte de petit frigo à température douce, rempli uniquement de bouteilles de vin.

-         Il va falloir que je surveille ta consommation, dis-je en fronçant les sourcils.

-         Pourquoi ? s’étonne-t-il.

-         Je ne sais pas… tu as un drôle de frigo rempli de vin, c’est inquiétant, réponds-je.

-         C’est une cave à vin mon cœur, ces bouteilles sont stockées là… ne va pas imaginer que je choisis une bouteille à me vider tous les soirs de la semaine avant de remplir ma cave le lundi suivant !

-         Une cave à vin ? Je voyais plutôt ça en pierre et au sous-sol… comme une cave…, dis-je avec un ton hésitant.

-         Bienvenu au vingt et unième siècle Hestia, où l’homme a créé des machineries fascinantes qui permettent aux gens de conserver du vin dans de bonnes conditions ailleurs que dans les vieilles caves en pierre, se moque-t-il.

-         Ne prends pas ce ton condescendant alors que c’est toi qui déconnes d’avoir une « cave à vin » ! le taquine-je. Sérieusement, je vais finir par douter de ton âge ! Tu me parais plus proche de la cinquantaine !

Il fronce le nez en essayant d’attraper ma joue mais je l’évite en riant et il prend une bouteille qu’il me tend :

-         Qu’est-ce que tu veux cuisiner ? demande-t-il.

-         Du poulet au vin blanc, annonce-je fièrement.

-         Et comment puis-je t’aider ?

-         En allant tranquillement t’assoir dans le canapé, pendant que je m’occupe de toi.

-         Bien sûr, avec une bière et un match de foot aussi ? répond-il en levant les yeux au ciel.

-         Exactement, et en râlant, cela va de soi ! glousse-je.

-         Navré de te le dire, mais tu n’as pas choisi le bon pour ça…, réplique-t-il en se penchant pour obtenir un bisou.

-         Alors trouve-moi donc des pâtes.

Il s’exécute et je me lance en cuisine, où il m’assiste bien évidemment.

*

Ce n’est que lorsque nous sommes à table une demi-heure plus tard face à un repas copieux que je me rends compte que je ne participe tout de même pas beaucoup à ce weekend chez lui.

-         Je te ferai des courses, ou bien je retirerai de l’argent, comme tu préfères, dis-je timidement en m’en rendant compte.

-         Hestia…, soupire-t-il.

-         Ne me réprimande pas, je suis en train de profiter de toi, je ne m’en étais même pas rendu compte ! couine-je.

-         Profiter de moi… ça y est, j’aurai définitivement tout entendu cette fois, rétorque-t-il en levant les yeux au ciel.

-         J’ai un budget course Hunter, je l’aurais dépensé chez moi…

-         Et bien moi, j’ai un budget Hestia figure-toi, déclare-t-il en posant les coudes sur la table.

-         Un budget Hestia ? pouffe-je.

-         Oui, un petit budget alloué à votre personne, pour pouvoir vous inviter comme bon me semble sans entendre des âneries pareilles.

-         Hunter…

-         Quoi ? Tu ne vas pas me dire que tu ne veux pas dépenser le budget Hestia, ça n’aurait aucun sens puisqu’il est fait pour toi.

-         Hunter ! ris-je.

-         Non ! Je ne veux rien entendre, ce budget est déjà mis en place de toute façon. Si nous ne le dépensons pas, je le perdrai, dit-il en hochant la tête gravement.

-         Hunter…, tente-je encore.

-         Chut. Laisse-moi dépenser mon budget Hestia, répond-il en souriant.

Je ris encore un peu en secouant la tête, vaincue.

-         Tu es bête… mais merci. Je t’inviterai en retour chez moi…

-         Tu as conscience qu’il est hors de question que je dorme dans ton lit une place avec toi, à quelques mètres de ta colocataire, alors que nous avons notre chambre ici ?

Mes joues rougissent automatiquement à la mention de « notre » chambre et je baisse le nez dans mon assiette pour triturer mon poulet de ma fourchette :

-         Oui…

-         Et objectivement, nous sommes un peu mieux ici, non ? demande-t-il en prenant ma main.

-         Carrément, confirme-je en observant le bel appartement. C’est même dingue pour moi de passer autant de temps ici… quand je pense à il y a quelques mois, quand je ne venais ici que pour promener Youk avec Eden le samedi… Je me souviens à quel point je vous trouvais chanceux et maintenant… j’y passe le weekend entier.

Il enlace ses doigts aux miens en me lançant un regard timide :

-         Ça se passe bien pour un premier weekend non ? Tu m’as l’air de te sentir à l’aise ici…

-         Très bien, confirme-je.

-         Et… c’est sympa de savoir que nous nous retrouvons le soir, même si nous faisons d’autres choses la journée … ?

-         Très, répète-je en souriant.

Et c’est vrai, je suis enchantée, après l’horrible après-midi que j’ai passé, rien n’aurait pu me faire plus de bien que de revenir ici le retrouver.

-         Alors qu’est-ce que tu dirais de venir tous les weekend ? Sans pression bien sûr, mais tu pourrais laisser quelques petites affaires ici et partir du principe que tu es la bienvenue tous les weekend. En semaine aussi d’ailleurs, cela va de soi, mais je sais que c’est encore un peu compliqué pour toi. En tout cas, j’adorerais savoir que la fin de semaine signe le début de deux jours avec toi, que nous rentrons ici après le cours de défense tous les deux… que je te retrouve après les matchs d’Eden… que nous dormons ensemble au moins deux nuits par semaine...

Je rougis un peu sous l’émotion, sous l’amour finalement.

-         Je t’aime Hunter, réponds-je simplement.

-         Je t’aime aussi.

Ses yeux sont pleins d’espoirs et ça me touche en plein cœur :

-         Et je serais ravie de venir ici le weekend, chuchote-je.

Il se lève pour attraper mon menton et m’embrasser malgré l’immense sourire heureux sur ses lèvres.

*

Après notre repas tardif et une digestion dans le canapé à jouer quelques parties d’échecs, nous partons nous coucher en discutant d’Eden et Alma, faisant chacun nos pronostics quant à leur mise en couple dans les jours prochains. Hunter parie sur ce soir tandis que je reste plus frileuse concernant mon amie et j’opte pour la prochaine fois qu’ils se verront.

Notre discussion est anodine, mais j’aime le contexte. J’aime avoir embrassé le museau de Calyouk pendant qu’il lançait le lave-vaisselle, que nous soyons allés nous laver les dents ensemble en papotant, que notre discussion continue alors que j’ouvre les draps pendant qu’il met son téléphone à charger… J’aime le quotidien avec lui, le naturel avec lequel nous nous sommes glissés dans la vie l’un de l’autre et le fait qu’aucun de nous deux n’ait visiblement envie que ça s’arrête.

En quelques instants, me voilà allongée contre lui, ma main enlacée à la sienne sur son ventre tandis que nous observons son plafond en discutant et en riant tous les deux. Je suis détendue par nos bêtises, bien nourrie par mon petit plat, toute propre après ma douche en sa compagnie, à me tortiller dans ses draps qui sentent bons… L’instant est parfait et me fait pousser des ailes.

-         Si je me sentais de venir dormir ici un soir de semaine…, commence-je.

-         Alors tu n’auras qu’à venir toquer mon cœur, je t’accueillerai avec plaisir. Tu n’es pas obligée de me prévenir, de prévoir la chose et d’avoir la pression… Viens simplement si l’envie t’en dis, à l’heure que tu veux… Rien ne me ferait plus plaisir.   

Je souris en observant le plafond et son pouce caresse ma main tendrement.

-         D’accord, rayonne-je. Je ne te dis pas que ce sera cette semaine, mais j’oserai venir toquer chez toi si l’envie de dormir ici me prenait d’un coup !

-         A n’importe quelle heure, répète-t-il en tournant la tête vers moi.

-         A n’importe quelle heure, gazouille-je pour lui confirmer que c’est bien compris.

Il m’embrasse tendrement, avec un beau sourire aux lèvres, et même si je ne suis pas sûre de venir cette semaine puisque j’ai deux contrôles continus important, j’ai envie de le rendre heureux :

-         Et je reviens vendredi prochain, pour sûr, souligne-je.

-         Tu n’es pas encore partie que j’ai déjà hâte que tu reviennes ! répond-il en souriant.

-         Le weekend n’est pas fini. Qu’aurais-tu envie de faire demain ? demande-je.

-         Je voulais te proposer un footing, c’est ce que j’aurais fait si tu n’étais pas là et Eden voulait m’accompagner avant d’apprendre que tu dormais ici.

-         Avec plaisir, et nous pourrions peut-être proposer à Alma de venir ? Qu’ils officialisent ce soir ou plus tard, ils seront de toute façon heureux de se voir je suppose.

-         Partons là-dessus.

-         Et nous pourrions l’inviter à manger ici demain soir, je meurs déjà d’envie de nous faire des pâtes aux truffes ! pouffe-je.

-         Notre journée est bien chargée si nous devons ajouter les courses dans la matinée… Tu ne veux pas dormir ici demain soir je suppose ? tente-t-il.

Je glousse, une réponse visiblement évidente puisqu’il rit avec moi.

-         J’exagère sans doute, je déteste imaginer que tu ne seras pas avec moi la nuit prochaine, soupire-t-il finalement.

-         Alors profite donc de celle-ci.

Et c’est ce qu’il fait, en se glissant au-dessus de moi pour m’embrasser, avec un beau sourire aux lèvres.

*

Notre dimanche se déroule comme nous l’avions imaginé.

Après quelques courses le matin, nous passons l’après-midi à rire avec Eden et Alma, puisque cette dernière traine la patte pendant notre footing. N’ayant pas la chance de se faire tirer par Calyouk, elle a bien du mal à suivre le rythme des garçons, et elle se plaint avec zèle tout du long de notre course en déclarant qu’elle ne viendra plus jamais avec nous. Le soir, Hunter et moi reproduisons nos pâtes aux truffes, et comme si cela était un rituel, Alma et Eden nous annonce leur couple en mangeant ce plat, ce qui résonne donc avec notre propre annonce.

La soirée est douce, les discussions sont faciles entre nous quatre. Je m’amuse avec Eden, Alma et Hunter discutent études, je fais des commérages avec Alma lorsque ce sont les garçons qui discutent entre eux, et nous passons la soirée à faire des jeux de société en équipe. Tout est parfait et lorsque je rentre chez moi, je ne peux plus effacer le beau sourire que j’ai aux lèvres.

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