Le parfum du mensonge

Chapitre 7 : Le Port des Supplices

560 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/12/2025 02:01

Le silence s’est abattu après la détonation finale.

Juste le vent. Et l’odeur du sang, collée à mes fringues comme un souvenir dont je n’avais pas envie.


Je restai là un moment.

Calme.

Trop calme.


Mon cœur ne battait même plus droit. Il faisait juste… des échos. Comme si autre chose avait pris la place. Quelque chose de plus froid. De plus ancien.


Mais Fleur de Lotus…

Elle était toujours en vie. Et chaque seconde que je perdais à respirer était une seconde de trop. Elle n’avait plus le luxe de m’attendre.


Je regardai les deux corps au sol.

Un tas de viande. Inutile.


Puis mon regard glissa vers la berline encore garée, moteur ronronnant.

Le chauffeur ? Mort ou parti pisser.

Mauvais timing, mec.


Je montai dedans et claquai la portière. Une main sur le volant, l’autre fouillant la boîte à gants.

GPS intégré. Et bingo.

Dernier itinéraire affiché : Port 43. Dock Sud. Entrepôt 7.


Merci les Yakuza. Toujours efficaces, même dans la mort.


Je fis crisser les pneus et fonçai sur la route comme un fantôme pressé.


La ville défilait dans un flou de néons et d’asphalte. Mon reflet dans le rétro me fixait. Les yeux rouges s’étaient presque calmés. Presque.

Mais mon aura, elle, vibrait encore. Comme une bête prête à remordre.


Dans ma tête, un seul objectif : reprendre Fleur de Lotus.


Je passai un feu rouge sans ralentir. Klaxons. Cris.

Rien ne m’atteignait.


Les souvenirs de ses mains tremblantes, de ses murmures dans la pièce de massage, de son baiser… tout revenait par flashs. Et ça faisait mal. Putain, oui.

Mais c’était ça qui me maintenait debout.


Elle avait encore une chance.

Et j’étais son dernier joker.


PORT 43

L’air du port était plus dense que partout ailleurs. Il puait le gasoil, le sel et les secrets étouffés dans des conteneurs trop bien fermés.


Je planquai la voiture dans une ruelle entre deux entrepôts. Sortis doucement. Arme au poing.


À cette heure, seul un certain type d’activité existait ici. Le genre qui se fait loin des papiers, loin des regards, loin des secours.


Je longeais les containers. Chacun était un tombeau potentiel. Mais je gardai le cap. Entrepôt 7.


J’aperçus des silhouettes. Des hommes postés devant une double porte en acier.

L’un fumait. L’autre regardait son téléphone.


Deux.

Peut-être trois.


Je ralentis. Me fondis dans l’ombre.


— T’as entendu pour la fille ? dit l’un d’eux.

— Ouais. L’autre conne s’est tirée. Le boss est furax.

— Il va la faire parler. Comme les autres. Puis elle finira au large. On ne retrouvera même pas ses os.


Je serrai la mâchoire.


Pas ce soir, les gars.


Je m’approchai dans l’ombre. Rapide.

Un à gauche.

Un à droite.


Deux impacts secs.

Définitifs.


Ils tombèrent sans un son.


Je récupérai leurs badges.

La porte s’ouvrit avec un bip discret.


L’intérieur était sombre.

Mais je la sentais.


Fleur de Lotus.


Et celle de l’homme qui croyait encore tout contrôler.


Je m’avançai lentement, comme une prédatrice. Le flingue à la main. Le cœur à vif.


J’arrivais.



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