La vie d'une Reine

Chapitre 1 : Les derniers instants d’une vie de princesse

4460 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/02/2021 10:57

La vie d’une Reine


Chapitre I : Les derniers instants d’une vie de princesse


           J’entends le bruissement des feuilles poussées par la brise matinale. Sur ma peau de porcelaine, je peux sentir la chaleur des rayons du soleil. Je sens l’odeur de la terre, des fleurs, et j’entends le chant des animaux qui m’entourent. Sous mes doigts, je peux sentir l’herbe encore fraiche dû à la rosée qui recouvre chaque matin toute notre royaume boisé.

-      Dame Elizabeth ! Dame Elizabeth ! S’écrit soudain une voix qui vient rompre la quiétude dans laquelle je me trouve.

Lorsque j’ouvre les yeux, l’immensité d’un ciel bleu aux lueurs roses et rouges du matin se dessine devant moi. Allongée dans l’herbe, le visage tourné vers les cieux, je profite de mes derniers instants de liberté. Machinalement, mes doigts fins quittent la terre pour se poser sur le doux pelage de mon petit compagnon à quatre pattes blottit contre moi.

-      Oh ! Dame Elizabeth, vous voilà ! S’exclame la voix qui s’approche de moi d’un pas pressé.

Je pousse un long soupir d’exaspération. Je n’ai guère envie de quitter cet endroit idyllique.

-      Oh, mais vous pouvez soupirer ! S’énerve ma dame de compagnie. Vous devez vous préparer pour votre départ ! Oh bon sang !!

Paniquée, la femme d’une bonne trentaine d’année s’approche de moi et me redresse de force pour examiner mes longs cheveux ébènes dans lesquels sont logés des feuilles mortes, de l’herbe et sans doute quelques insectes.

-      Qu’avez-vous fait à vos cheveux ?!! Ils sont dans un état… déplorable !

Sans le moindre intérêt, je les regarde sans réellement comprendre où est le problème. Après tout, ne va-t-elle pas laver mes cheveux afin qu’ils soient propres pour mon futur époux ?

-      Levez-vous vite, nous devons nous dépêcher !

Cette fois, je me lève, mais non sans emporter mon chat avec moi. Car, s’il y a bien une chose que l’on ne m’enlèvera pas, c’est mon petit félin. Je l’ai depuis mes dix ans et il s’agit de mon animal préféré parmi tous mes petits compagnons qui m’entourent. Ayant grandi dans un environnement assez sauvage, j’ai toujours été entourée par des tonnes de petits et grands animaux. Au royaume de Magnolia, nous vivons en harmonie avec la nature et dans notre pays nous avons basés notre relation avec notre peuple sur la confiance et le respect mutuel. Mon Père, le Roi, et ma Mère, la Reine sont des souverains aimés par leurs sujets. En grande partie parce qu’ils ont su diriger notre pays avec dignité et charité. Les paysans peuvent vivre de leurs cultures et ne sont pas ensevelis sous les impôts. Le seul problème de notre royaume si paisible est sa petite taille, et surtout notre armée royale qui n’est pas suffisante pour nous défendre en cas d’invasion. Sans alliance, nous ne tiendrons pas face aux conflits qui agitent les pays alentours. En effet, depuis quelques années, plusieurs royaumes sont en guerre pour étendre leur territoire et ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne s’intéressent au royaume de Magnolia. Aussi, pour assurer nos arrières, nous avons convenus d’une alliance avec le royaume le plus puissants des alentours. Le royaume des Lys, dont le souverain est décédé l’année passée, et dont le jeune fils, en âge de se marier, a repris le trône il y a quelques mois. Cette opportunité était si belle que mes parents ont proposés un mariage arrangé afin de sceller l’alliance entre nos deux pays. Qui fut, bien sûr, acceptée par le souverain du royaume des Lys. Quant à moi ? Et bien, je vais me marier avec le roi du pays voisin. Que je n’ai jamais vue. Me plaira-t-il ? Me traitera-t-il bien ? Je n’ai aucune idée. La seule chose que je sais de lui, c’est que depuis qu’il a repris le royaume des Lys l’année passée, il le dirige d’une main de fer. Mais sans le gant de velours. Une philosophie que nous ne pratiquons pas vraiment par ici.


Toutefois, je n’ai guère le temps de songer plus longtemps à mon futur de reine, car j’arrive enfin dans ma chambre et ma dame de compagnie, Adèle, me prépare sans ménagement.

-      Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez, ma dame. Vous allez épousez un Roi. Et vous, vous vous roulez dans la boue. Dit-elle en me frottant le dos dans mon bain avec énergie.

-      J’aurais préféré rester ici et épousez mon palefrenier ! Grogne-je.

-      Une dame de votre rang mérite bien mieux ! Souffle-t-elle.

-      Une dame de mon rang aimerait choisir avec son cœur… Murmure-je tandis que les larmes me montèrent aux yeux.

Depuis que je suis enfant, j’ai pour habitude de trainer dans les écuries. J’ai toujours aimé la compagnie des animaux, et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Tristan. Il n’est qu’un simple écuyer du palais, mais nous avions pris l’habitude de jouer ensemble. Et avec le temps, nous nous sommes rapprochés, sans jamais devenir intime pour autant. Mais à ses côtés, je me sens moi-même, et j’ai l’impression de ne pas avoir besoin de jouer de rôle et je peux lui dire tout ce qui me passe par la tête. Mes rêves, mes désirs, mes peurs et mes angoisses. Il est devenu un confident précieux. Et j’aurais aimé qu’il devienne mon mari… Mais le destin d’une princesse n’est pas d’épouser l’homme de son cœur. Mais d’épouser un roi ou un prince.

Mes paroles et mon état de trouble semblent avoir ému Adèle qui se penche vers moi d’un air compatissant :

-      Ma dame, laissez-moi vous dire que vous aurez une vie bien plus confortable au royaume des Lys, en compagnie du Roi Louis XI qu’ici avec Tristan. C’est un homme bon, mais il n’aurait jamais pu vous offrir la vie que vous méritez.

-      Adèle, vous me connaissez, vous savez que je n’ai pas besoin de grand-chose pour être heureuse.

-      Vous dites cela uniquement parce que vous avez toujours tout eu. Vous ne connaissez pas le manque, alors, oui, vous savez vous contentez des plaisirs simples de la vie, mais vous ne connaissez pas la contrainte.

-      Je me sens contrainte à me marier… Contre-argumente-je.

-      Certes, mais vous savez, nombreuses sont les jeunes femmes sans le sou qui sont également contraintes de se marier à des hommes qui n’ont pas une meilleure situation qu’elles.

-      Je le sais bien, Adèle… Je sais que j’ai une vie de privilégiée… Mais, j’aurais aimé choisir avec mon cœur l’homme que je vais épouser, et pas me marier pour des raisons politiques.

-      Je le sais ma Dame, je le sais.

Sans rien ajouter de plus, elle reprend ce qu’elle était en train de faire avec une douceur nouvelle. Sans doute a-t-elle de la peine pour moi et pour ma situation. Toutefois, je ne renie pas la chance que j’ai d’être née princesse d’un royaume tel que Magnolia. Je n’ai qu’à regarder ma chambre pour savoir tout ce que je possède de plus que nos paysans. Je suis certaine que la plupart des familles n’ont même pas une maison de la taille de ma chambre à coucher. Ne possède pas de lit aussi moelleux, ni de draps en soie. Ils n’ont pas non plus des repas chauds avec de la viande à volonté tous les jours que Dieu fait. Ils n’ont pas non plus de bijoux et de vêtements somptueux. Ni de bon bain chaud avec des parfums à base de fleurs pour se laver et sentir bon. Aussi, je sais que je suis privilégiée et que si j’avais épousée Tristan, j’aurais eu une vie toute autre. Toutefois, une vie sans amour vaut-elle tous ces biens ? Je ne sais pas et je ne le saurais jamais.


Une bonne heure plus tard, Adèle est en train de finir de me vêtir et elle m’aide à enfiler mon corset.

-      Je déteste ces corsets qui nous serrent l’estomac… Me plaigne-je.

-      Ma fille, tu es pourtant si belle lorsque tu es bien apprêtée. S’exclame une voix dans mon dos.

Je tourne la tête et je vois ma mère, la reine Marie, qui se tient dans l’encablure de la porte. Heureuse, je descends du marchepied pour me précipiter dans ses bras.

-      Mère !

-      Elizabeth, tu es si belle coiffée ainsi. Dit-elle en regardant l’immense perruque fixée sur mes cheveux.

-      Je déteste ces perruques… Grogne-je. Je préfère mes cheveux au naturel.

-      Aujourd’hui, tu vas rencontrer le Roi Louis XI, tu dois lui faire une forte impression.

-      Ma Reine, il sera ébloui par la beauté de la princesse Elizabeth à n’en pas douter, intervient ma dame de compagnie.

-      Vous avez raison, vous êtes si belle ma fille… Dit-elle en me regardant avec un air nostalgique peint sur le visage.

Je plonge mon regard dans celui de ma mère. Je peux ressentir sa peur à l’idée de me laisser partir avec un inconnu. Même s’il s’agit d’un Roi. J’ai toujours eu une relation très fusionnelle avec mes deux parents, que ce soit mon Père, Le Roi Édouard IV ou ma Mère, la Reine Marie. Mais, avec ma Mère, j’ai aussi une grande ressemblance physique. Surtout lorsqu’elle était plus jeune. Nous avons toutes les deux une peau porcelaine, des cheveux aussi noirs que la nuit et des yeux à la couleur des cieux. Une bouche pulpeuse, bien que la mienne soit un peu plus dessinée que la sienne, ainsi qu’un nez fin et droit. Le tout sur un visage arrondie d’un bambin ce qui nous donne un air juvénile. Et, il est vrai que l’on nous compare régulièrement à des poupées de porcelaine.

-      Tu seras magnifique le jour de ton mariage, ma chère et tendre fille. Je suis si fière de toi. Déclare-t-elle en posant délicatement ses mains sur mes épaules.

-      Merci Mère. J’espère être à la hauteur du Royaume des Lys… Leurs coutumes sont si différentes des nôtres.

-      Je le sais ma chère fille, mais leur château est magnifique là-bas. Tu seras heureuse et tu produiras des héritiers magnifiques.

-      Mère… Puis-je vous posez une question ?

-      Bien sûr ma chère fille, approuve-t-elle.

-      Quand êtes-vous tombée amoureuse de Père ?

La surprise se lit sur le visage de ma Mère lorsque je lui pose la question. Pourtant, l’amour entre eux est une évidence. Mon Père la traite avec bienveillance et respect, et on peut voir entre une forme de tendresse qui fait rêver la petite fille qui sommeille en moi. Pourtant, je sais qu’ils ont été promis l’un à l’autre de la même manière que moi à mon futur époux.

-      Je ne saurais te dire ma fille, tout ce que je sais, c’est que notre relation s’est bâtie dans le respect mutuel dès notre rencontre. Et ton Père a toujours été un homme à la hauteur de son statut de roi, d’époux et de Père.

-      Je le sais, dis-je avec une émotion qui m’étreint soudainement la voix.

-      Ma fille chérie, je t’en prie, contient tes émotions. Je ne veux pas que ton Père te vois ainsi, tu lui briserais le cœur.

-      Je sais…

Mon Père a toujours été très proche de moi. Sans doute parce que je suis sa seule fille parmi ses quatre enfants. Ou peut-être parce que nous avons le même esprit libre et sauvage. Combien de fois sommes-nous partis ensemble nous balader dans les montagnes après avoir faussé compagnie à nos gardes ? Combien de fois nous retrouvions nous dans les écuries pour prendre soin de nos bêtes ? J’aime mon Père pour tout ce qu’il m’a donné dans ma vie. Et cela va bien plus loin que le simple confort vanté par Adèle, ou l’excellente éducation que j’ai reçue. Il m’a appris que la vie vaut la peine d’être vécue pour tous les petits plaisirs qui pimente le quotidien. Et la dernière chose que je souhaite dans ce monde est de lui faire de la peine. Aussi, je me ressaisie et je me redresse vers ma Mère :

-      Je vous ferais honneur à Père et à toi.

-      Je le sais ma fille, tu fais déjà notre fierté.

-      Merci, Mère.

Puis, elle me laisse finir de me préparer. Et ce n’est qu’une bonne demi-heure plus tard que je suis enfin prête. La perruque qui recouvre mes cheveux à une belle couleur poivre et sel, et sont coiffés en hauteur. Ils sont si haut qu’ils défient la gravité. Sur celle-ci, est installé une petite coiffe de fleurs rouges et roses ornée de plume et de perle. Quant à ma robe, le haut est un tailleur blanc avec des petits boutons rouges et des froufrous sur les côtés. En dessous, on retrouve une robe bouffante bleue ciel avec de la dentelle blanche qui s’arrête au niveau de mes chevilles laissant ainsi découvrir mes petits souliers bleu et blanc. Enfin, pour égayer ma tenue, j’ai des boucles d’oreille rouge en forme de magnolia, ainsi qu’un collier et un bracelet de perle[1]. Il est vrai que vêtue ainsi, du haut de mes dix-huit ans, je ressemble à une grande dame de ce monde. J’ai l’air presque aussi élégante que ma chère Mère.

-      Vous êtes si belle, Princesse Elizabeth, s’exclame Adèle émue.

-      Merci. Répondis-je avec honnête.

Je dois avouer que je n’ai pas l’habitude de me voir aussi apprêtée. Certes, j’ai déjà porté de belles robes, et des perruques magnifiques par le passé. Mais cette fois-ci, je trouve que les vêtements sont encore plus somptueux qu’auparavant.


La tête haute, je marche en direction de la salle du trône dans laquelle je vais rejoindre mes parents en attendant l’arrivée du Roi des Lys. Lorsque nous avons arrangé le mariage, il a été convenu qu’il aurait lieu dans mon royaume afin que tout ma famille puisse y participer. Et la seule condition apposée par le Roi Louis XI était que nous le financions à cent pourcent. Une exigence que nous avons bien entendu accepté en guise de dote.

Lorsque j’arrive dans la salle principale du palais, tous les regards se tournent vers moi. Mon Père, un homme robuste et grand à la peau blanche et aux cheveux bruns dissimulés sous une perruque blanche, s’avance vers moi. Une fois à ma hauteur, il me serre dans ses bras avec émotion.

-      Ma fille, tu es… magnifique. Le Roi ne pourra que succomber face à ta beauté. Tout comme ta mère, tu es un ange tombé du ciel sans aucun doute.

-      Vous êtes aussi très élégant mon père. Dis-je avec émotion.

Je regarde mon père qui a revêtu l’un de ses plus beaux costumes. Le tissu est d’une couleur vert émeraude sur lequel est brodé en fil d’or le symbole de notre pays. Je le trouve si beau ainsi. Surtout avec sa grosse barbe hirsute qui lui donne un véritable air viril.

-      Petite sœur, tu es éblouissante, me complimente mon frère aîné Philippe III.

-      Merci, mon cher frère.

Et les compliments ne s’arrêtèrent pas là, puisque mes deux autres frères n’ont, également, pas tari d’éloges sur ma tenue du jour. En tout cas, me voilà rassurée sur mon apparence et la seule chose que j’espère c’est qu’elle sera à la hauteur des attentes du roi des Lys. Je sais que dans son pays, le standing n’est pas le même que chez nous et que les nobles là-bas sont toujours tiré à quatre épingles. Ils ont tous des tenues plus extravagantes les unes que les autres. Ce qui n’est, en général, pas mon cas. Moi qui préfère être naturelle… Je sens que je vais devoir faire un effort là-bas. Et ma tenue du jour risque d’être le minimum exigé là-bas.


Les heures passent, et c’est dans une angoisse montante que j’attends l’arrivée du souverain du pays voisin. En l’attendant, nous nous occupions comme nous le pouvions. Jusqu’au moment fatidique où l’un de nos serviteurs arrive en courant pour nous prévenir de l’arrivé de Sa Majesté. A ce moment-là, mon cœur se met à tambouriner dans ma poitrine et j’ai l’impression d’avoir le souffle court. Je me lève avec autant de prestance que possible et je suis mes parents jusqu’à la cour pour accueillir mon futur époux.

Une fois à l’extérieur, j’aperçois une dizaine de carrosses richement décoré qui s’arrêtent au milieu de la cours. Et l’un d’eux, le plus gros et le plus imposant, s’arrête devant les marches du palais. Le cochet descend pour ouvrir la porte qui découvre très probablement le roi. De la calèche sort un homme grand et fin à la peau blanche. Son visage est assez harmonieux dans l’ensemble, mais il parait fort juvénile. Sans doute est-ce liée à l’absence totale de barbe puisqu’il est rasé de près. Quant à ses cheveux, ils sont parfaitement dissimulés sous une perruque blanche impeccablement coiffé. Les yeux foncés, presque noir, lui donne un air sévère qui est accentué par sa bouche dont les lèvres sont particulièrement fines. Enfin, je ne peux m’empêcher de remarquer son nez, droit, mais dont l’arrête est un peu large ce qui tranche un peu avec ses traits fins. Particulièrement élégant, notamment grâce à sa tenue raffinée. Il possède une chemise blanche avec des manches desquelles dépassent de la dentelle anglaise par-dessus lequel on retrouve une veste bleue sur lesquelles sont brodés des lys blancs, symbole de son royaume. Autour de son coup, il a un petit foulard blanc, et sur sa belle veste se trouve accroché une magnifique étoile en argent et en cuivre. Enfin, il a un pantalon blanc coupé à hauteur du genou par des chaussettes blanches égayé par des chaussures bleue et rouge. Le jeune roi s’approche de nous et nous salue avec une forme de bienveillance :

-      Bonjour Votre Majesté, dit-il en faisant la révérence.

-      Bienvenue, Votre Majesté, répondent mes parents en lui retournant la politesse.

Sans perdre un instant, le regard du Roi se fixe sur moi. Je sens mes joues s’empourprées et je m’empresse de faire une révérence tout en le saluant avec tout le respect que je lui dois. Toutefois, il se met à ma hauteur et m’interrompt dans mon geste :

-      Ma Dame, ce n’est pas à vous de vous inclinez. Dit-il en me baisant la main. Vous êtes encore plus ravissante que ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Je suis ravi de faire votre connaissance.

-      Merci, Votre Majesté. Me contente-je de répondre.

Puis, il retourne son attention vers mes parents et il ne manque pas de les remercier de l’accueillir aussi chaleureusement dans leur royaume pour fêter cette union. Et tandis qu’ils échangent des mondanités, je les suis jusqu’à la salle du trône. Pendant ce temps, je peux voir que les nobles avec lesquels est venu mon futur époux sortent également des calèches et sont pris en charge par nos serviteurs.


Une fois installé dans la salle du trône, nous échangeons sur l’organisation de la journée de demain. Sur notre mariage, et surtout sur notre départ vers le royaume des Lys le jour suivant. Que des éléments qui me mettent mal à l’aise, et très sincèrement, je n’ai guère envie d’écouter tout cela… Je ne me sens pas prête à devenir reine… à devenir une épouse… ni à quitter mon pays et ma famille… Mais je n’ai pas le choix… J’ai dû accepter mon destin… Et aujourd’hui, il est en train de se réaliser. Et tandis qu’ils sont en train d’échanger sur tous les détails, je ne me sens pas très bien. Et je demande à m’éclipser pour aller « me repoudrer le nez ». Une demande qui est acceptée sans bronchée par ma famille et par le Roi des Lys.


Je retourne dans ma chambre, et je m’isole sur le balcon. Je regarde pour la dernière fois ce paysage arboré. Je profite du soleil, du chant des oiseaux, du bruissement des feuilles, du bruit des fontaines… De toutes ces choses que j’affectionne… et que je vais quitter… Et tandis que des larmes me montent aux yeux, je sens mon petit chat venir se frotter contre moi. Je l’attrape dans mes bras, et je lui déclare :

-      Moustache, nous allons tout quitter ici… Nous allons vivre avec le Roi Louis XI… J’espère que tout se passera bien… Il a l’air… gentil…

Il est vrai qu’il a l’air sympathique et très respectueux de l’étiquette. Cependant, il m’est impossible de savoir qui il est vraiment derrière ce masque. Est-il aussi gentil qu’il en a l’air ? Ou joue-t-il un rôle ? Je ne sais pas mais je le découvrirais dans les prochains jours… En espérant qu’il soit aussi agréable qu’il en a l’air.

-      Dame Elizabeth, Sa Majesté votre Père vous demande. Me déclare Adèle en entrant doucement dans ma chambre.

-      J’arrive. Déclare-je.

Je reprends mon souffle, et je retourne affronter mon destin. A partir de demain, je ne serais plus une princesse. Je serais une reine et il est tant que je commence à me comporter comme telle. Je quitte ma chambre prête à affronter ma nouvelle malgré toutes mes questions et mes angoisses.


A suivre

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Bonjour, Bonsoir,


J’espère que ce premier chapitre vous aura plus ! Si tel est le cas, n’hésitez pas à me le dire en commentaire cela fait toujours plaisir d’avoir des retours sur son travail.


Cette histoire m’a été très grandement inspirée par le jeu mobile « Dress Up time Princess » qui retrace l’histoire de la Reine Marie-Antoinette. N’étant pas très calée en histoire, j’ai préféré créer mes propres personnages et mon propre monde imaginaire pour écrire ce que je souhaite sans anachronisme et sans erreur manifeste sur les us et coutumes de l’époque !


En tout cas, j’espère que vous appréciez la jeune Elizabeth ! Nous découvrirons un peu plus la personnalité du Roi Louis XI dans les prochains chapitres, et vous verrez que leur relation sera amenée à grandement évoluer à travers les chapitres !


Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée et une bonne lecture.


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[1] Cette tenue est la tenue de « Reine Marie » du jeu vidéo mobile « Dress Up Time Princess » dont je me suis largement inspirée pour créer cette histoire.

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