Dragon Ball - Next Journey

Chapitre 29 : Vegeta se déchaine !!

3631 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/03/2026 22:04

Dans le laboratoire central de Sadala, les appareils tournaient encore comme si le monde avait eu la politesse de ne pas s’effondrer.

 

Les lumières des consoles jetaient sur les paillasses des éclats froids, bleus et verts, qui contrastaient presque cruellement avec le chaos étouffé du dehors. Ici, l’on continuait de centrifuger, filtrer, extraire, mesurer. Ici, l’espoir avait encore la forme d’un protocole.

 

Bra ouvrit la centrifugeuse avec des gestes rapides, précis, si économes qu’on eût dit qu’elle calculait aussi l’air déplacé par ses mains.

 

A l’intérieur, deux cartouches transparentes reposaient dans leurs logements, chacune renfermant un liquide clair à peine nacré, si calme qu’il en paraissait presque irréel.

 

Deux doses.

 

Tout le travail, toutes les heures, toutes les hypothèses, toutes les équations griffonnées puis barrées, tout cela avait fini par accoucher de deux pauvres promesses rangées dans une machine trop propre.

 

Bra les observa une demi-seconde, les mâchoires serrées. Elle les prit avec une prudence presque respectueuse et les glissa dans un étui rigide posé à côté d’elle.

 

Un bruit de verre fendu la fit se retourner.

 

Ruba venait de heurter du coude un plateau d’instruments.

Le vieux scientifique était debout à quelques pas, plus voûté qu’à l’ordinaire, la respiration lourde. Son crâne chauve, barré par cette cicatrice béante qui lui traversait le haut du front jusqu’à l’arrière du crâne, brillait sous les néons. D’ordinaire, son regard avait quelque chose de sec mais de vif, le regard d’un homme qui détestait perdre du temps mais aimait comprendre. Là, il n’y avait plus cette précision. Seulement une tension malsaine.

 

A côté de lui, Serori tremblait légèrement.

Jeune, brillante, promise à un très bel avenir si l’avenir avait encore eu la décence d’exister longtemps, elle serrait le bord d’une table comme pour ne pas tomber. Son visage était contracté. Ses pupilles semblaient trop fixes.

 

Bra sentit aussitôt que quelque chose n’allait pas.

 

— Ruba ? Serori ? fit-elle.

 

Les deux Saiyens avancèrent d’un pas brusque.

Leurs mouvements n’avaient rien de technique. Rien de martial. Rien de vraiment maîtrisé. C’étaient les gestes que leur propre corps était en train de trahir.

 

Bra se mit aussitôt de profil.

 

— Ne m’obligez pas à...

 

Ruba poussa un grognement sourd et bondit vers elle avec une violence complètement étrangère à son âge.

 

Bra l’esquiva presque sans y penser.

Son avant-bras glissa sous le bras du vieil homme, elle pivota, lui prit l’équilibre et le rabattit sèchement contre le sol. La table voisine trembla.

 

Serori attaqua à son tour dans le même instant, plus rapide, plus désordonnée.

Bra bloqua son poignet, la retint d’une main par l’épaule et, d’un coup de hanche net, l’envoya heurter une armoire métallique.

 

Les fioles à l’intérieur vibrèrent.

 

Pendant une seconde, le laboratoire se remplit seulement du bruit des respirations. Puis Ruba se releva déjà.

 

Bra recula d’un pas.

 

Et malgré elle, son esprit flasha.

Ruba, le premier jour, fronçant les sourcils devant sa façon de noter directement les variantes de coûts à côté des formules.

 

Ruba, trois jours plus tard, l’observant travailler en silence avant de lâcher d’un ton bourru :

« C’est agaçant. C’est trop malin pour être ignoré ».

 

Serori, fascinée par la première longue blouse blanche que Bra avait improvisée à partir de matériaux du labo.

 

— Une tenue de travail exprès ? avait-elle demandé, les yeux brillants.

— Oui, avait répondu Bra. C’est plus pratique, plus hygiénique, et franchement, ça donne l’air sérieux.

— On a déjà l’air sérieux.

— Non. Vous avez l’air compétents. C’est différent.

 

Serori avait ri. Ruba avait prétendu ne pas trouver ça drôle. Deux jours plus tard, il portait pourtant lui aussi une blouse.

 

Le souvenir éclata comme une bulle fragile.

 

Serori revint sur elle dans un cri étranglé. Bra l’intercepta plus durement cette fois.

Elle lui attrapa les deux poignets, les tordit juste assez pour casser l’élan, puis l’assomma d’un coup sec de l’avant-bras à la nuque. La jeune scientifique s’effondra sur le flanc.

 

Ruba chargea encore.

 

— Arrêtez ! lança Bra.

 

Le vieux scientifique la frappa d’un geste maladroit. Elle bloqua. Son regard croisa celui de l’homme, et pendant un battement de cœur, elle crut y revoir quelque chose de lui. Une résistance. Une honte. Ou peut-être n’était-ce que son imagination qui refusait encore de le classer parmi les perdus.

 

Elle serra les dents, lui saisit le poignet et le projeta sur une paillasse. Le métal geignit. Le souffle quitta les poumons du vieil homme. Avant qu’il ne puisse repartir, elle le cloua au sol d’un genou sur le torse.

 

— Désolée, murmura-t-elle.

 

Puis elle l’assomma à son tour.

 

Le silence retomba.

 

Les machines continuaient de tourner.

Bra resta une seconde immobile, une main posée sur la poitrine des deux assaillants pour vérifier qu’ils respiraient encore.

 

Elle ferma brièvement les yeux.

 

— Super, dit-elle à voix basse. Génial. Vraiment génial.

— Bra !

 

Caulifla venait d’entrer comme une bourrasque.

 

Elle s’arrêta net sur le seuil.

Les paillasses étaient déplacées. Le verre, cassé. Les deux scientifiques, à terre. Bra au milieu du désordre avec un étui rigide serré contre elle.

 

La Saiyenne balaya la scène d’un seul regard et comprit aussitôt.

Son visage se referma.

 

— C’est l’heure de partir.

 

Bra redressa la tête.

 

— Oui.

 

Aucune d’elles n’ajouta rien. Le labo avait parlé à leur place. Elles sortirent presque en même temps.

 

Dans le couloir, l’air paraissait plus chaud, plus sale. Dehors, le ciel portait cette lumière de fin de jour qui rend tout plus tranchant, comme si le monde avait choisi de bien montrer ce qu’il s’apprêtait à perdre.

 

Bra déboucha sur l’esplanade devant les bâtiments scientifiques et aperçut aussitôt Marron qui arrivait en courant. Runya la suivait de près, plus droite malgré la fatigue, plus tendue aussi.

 

— Bra ! cria Marron. Qu’est-ce qu’il se passe ?

— Je t’expliquerai en chemin, dit Bra sans ralentir. Il faut prévenir mon père.

 

Runya ouvrit la bouche pour poser une autre question.

 

Une détonation la coupa.

L’air entier sembla plier.

Toutes trois levèrent la tête.

 

Très haut dans le ciel, Cabba tournoyait sur lui-même en Super Saiyen 2, projeté comme une pierre vivante à travers l’espace. Il enchaîna plusieurs saltos involontaires, puis reprit enfin son axe et se stabilisa en plein vol, entouré d’éclairs bleuâtres.

 

En face de lui, Vegeta fondait déjà sur lui.

Ses cheveux bleus découpaient le ciel comme une lame d’azur trop vive pour appartenir à la fin du jour. Son aura divine, fine et terrible, ne grondait pas comme une puissance ordinaire. Elle semblait au contraire brûler sans chaleur, avec une pureté froide presque insoutenable. Il n’y avait rien de lourd en elle. Rien de sauvage au sens habituel. C’était pire. Une violence nette. Une flamme céleste tenue par une volonté qui n’avait plus toute sa santé.

 

Dans sa main, une sphère d’énergie bleutée se resserra, puis il la projeta presque aussitôt en une vague courte.

 

Cabba se vrilla sur le côté juste à temps.

Le trait le frôla, traversa le ciel derrière lui et alla éventrer un bâtiment au loin dans une explosion de pierre et de feu.

 

— Qu’est-ce que...

 

Marron ne termina pas sa phrase. Caulifla surgit en trombe depuis la zone des tentes médicales, Kale inconsciente sur l’épaule.

 

— On y va ? lança-t-elle.

 

Personne ne répondit.

Caulifla suivit leur regard, leva le nez, vit la scène... et son expression se vida d’un coup de sa désinvolture.

 

Dans les airs, Cabba concentra son énergie entre ses mains.

 

Il rugit et relâcha une vague gigantesque qui déchira le ciel droit vers Vegeta. Le prince divin ne l’esquiva pas complètement. Le rayon l’emporta en oblique et alla l’écraser contre un bâtiment dont la façade se pulvérisa dans une gerbe de flammes.

 

Cabba se tourna alors vers l’esplanade. Même de loin, sa voix leur arriva avec une netteté terrible.

 

— QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ENCORE LÀ ?! BARREZ-VOUS !!

 

Runya montra déjà l’extérieur de la ville.

Et le groupe s’envola.

 

Une seconde plus tard, Cabba s'élança vers elles et se plaça en tête du groupe sans même ralentir.

 

— Ne vous arrêtez pas ! lança-t-il.

 

Derrière eux, au milieu des débris fumants, une lumière bleue se ralluma déjà.

 

* * * * * * *

 

Ils n’avaient pas parcouru une grande distance que le ciel derrière eux se déchira de nouveau.

 

Vegeta ressortit des ruines comme une comète bleue.

 

Sa trajectoire était droite, fulgurante, implacable. Sous sa forme divine, il ne poursuivait pas comme un guerrier emporté par la colère. Il poursuivait comme une décision déjà prise. Son aura bleue fendait le crépuscule avec une pureté effrayante, presque élégante, et c’était justement ce qui la rendait si monstrueuse.

 

Cabba serra les dents.

 

— Il nous rattrape trop vite...

 

Plus bas, plusieurs Saiyens de Sadala levèrent la tête et montèrent à sa rencontre. Des soldats. Des volontaires.

 

Le premier hurla quelque chose que le vent emporta.

Vegeta le traversa d’un seul coup. Pas un combat. Pas même un échange. Juste un éclair bleu, puis un corps rejeté dans le vide.

 

Le second tenta de le prendre par le flanc.

Vegeta l’abattit d’une vague sèche qui le coupa net dans son élan.

 

Le troisième s’approcha encore.

Une simple pichenette d’énergie lui perfora le torse.

 

Marron blêmit.

 

— Oh non...

 

Runya détourna à peine les yeux, mais sa douleur de perdre des sujets était grande. Bra, elle, serra plus fort contre elle l’étui des doses. Caulifla gardait Kale sur l’épaule avec une crispation croissante.

 

Le soleil était presque couché. L’horizon baignait maintenant dans les dernières couleurs du soir, et l’aura bleue de Vegeta y traçait une blessure lumineuse si pure qu’elle paraissait étrangère au ciel lui-même.

 

Cabba tourna légèrement la tête vers les filles. Son sourire n’avait rien de joyeux.

 

— Je vais devoir le retenir. Cachez-vous le plus loin possible. Ne revenez pas. Même si vous sentez mon énergie baisser.

— Pas question ! lança Caulifla. Je suis plus forte que toi !

 

Le jeune Saiyen ne répondit pas, et pila net dans les airs. Les autres continuèrent encore quelques mètres, presque malgré elles.

 

Cabba se retourna. Vegeta arrivait déjà.

Le disciple inspira, abaissa ses épaules, puis fonça droit vers son maître.

Leur collision éclata au milieu du ciel dans une gerbe de lumière bleue et or.

 

Et pendant que deux silhouettes se heurtaient derrière elles avec la violence des choses qui n’auraient jamais dû se battre ainsi, les filles s’enfoncèrent plus loin vers les reliefs sombres.

 

* * * * * * *

 

La nuit était tombée quand elles trouvèrent enfin un endroit où reprendre haleine.

 

Un renfoncement rocheux, à demi dissimulé par une avancée naturelle, leur offrait un abri relatif. Le vent passait moins fort ici. Au loin, le ciel ne montrait plus qu’occasionnellement de brèves pulsations bleues derrière les crêtes, trop rares pour dire si le combat continuait encore ou si la roche gardait seulement la mémoire des derniers chocs.

 

Caulifla déposa Kale avec plus de douceur qu’elle n’aurait jamais accepté qu’on le remarque.

Kale reposait contre la pierre, toujours inconsciente, les traits pâles, le souffle régulier mais trop lourd. Même ainsi, même immobile, elle donnait l’impression de contenir quelque chose de plus grand que son propre corps.

 

Caulifla croisa les bras.

 

— Cabba est vraiment un imbécile.

 

Marron, assise contre la paroi, tourna la tête vers elle.

 

— Parce qu’il est resté ?

— Parce qu’il parle comme s’il était le seul à pouvoir faire quelque chose, répliqua Caulifla.

 

Runya, debout un peu à l’écart, observait Kale.

Quand elle répondit, sa voix resta calme.

 

— Peut-être. Mais toi, tu avais quelqu’un à protéger.

— Tch, fit-elle en grimaçant comme si la phrase l’avait touchée pile dans un endroit qu’elle n’avait pas l’intention d’admettre.

 

Bra s’accroupit et ouvrit enfin l’étui rigide.

Les deux cartouches luisaient faiblement dans l’ombre.

Toutes les autres se tournèrent vers elles.

 

— Je n’ai réussi à sauver que deux doses, dit-elle.

 

Le silence qui suivit fut petit, lourd, net.

 

— Elles seront prêtes à l’emploi dans la matinée, ajouta Bra. Il faut encore stabiliser le conditionnement, mais le principe fonctionne.

 

Runya baissa les yeux vers l’étui.

 

— Deux doses...

— C’est mieux que rien, dit Marron.

 

Bra hocha la tête.

 

— Oui. Mais pas assez pour arrêter la propagation à grande échelle.

 

Caulifla regardait déjà sa protégée.

 

— Alors on les injecte à Kale.

 

Runya acquiesça presque immédiatement.

 

— Oui.

 

Bra leva les yeux vers elles.

 

— Je suis d’accord. Mais je préfère être honnête : pour son métabolisme, ça risque de ne pas suffire.

 

Caulifla serra la mâchoire.

 

— Tu veux dire quoi par « risque » ?

— Je veux dire que Kale n’est pas un cas standard. Rien dans son organisme n’est standard. Si le vaccin agit comme prévu, on peut espérer une réponse. Si son corps brûle le produit trop vite, deux doses ne feront peut-être que ralentir le processus.

 

La nuit sembla se resserrer légèrement autour d’elles.

 

Runya s’agenouilla près de Kale et écarta une mèche de ses cheveux.

 

— Alors on essaiera quand même.

 

Bra referma l’étui.

 

— Oui. On essaiera quand même.

 

Caulifla détourna brusquement le visage, comme si elle regardait les ténèbres plutôt que l’expression de Kale.

 

— De toute façon, dit-elle, si ça ne marche pas, je trouverai autre chose.

 

Marron eut un sourire fatigué.

 

— Tu comptes l’insulter jusqu’à ce qu’elle guérisse ?

— Si besoin.

 

Un très léger souffle passa entre elles.

Puis Marron releva la tête.

 

— J’ai vu quelqu’un.

 

Les autres se tournèrent vers elle.

 

— Quand ? demanda Bra.

— Juste avant qu’on se cache ici. Il était debout, là-bas, sur une crête... ou entre deux rochers, je ne sais pas. Je n’ai pas bien vu.

— Un soldat ? demanda Runya.

 

Marron secoua la tête.

 

— Non. Enfin... je ne crois pas. Il semblait ne pas avoir de nez. Et il avait des espèces de tubes sur la tête.

 

Caulifla fronça les sourcils.

 

— Des tubes ?

— Oui. Comme... je ne sais pas. Comme si on lui avait planté des trucs autour du crâne.

 

Bra échangea un regard avec Runya.

Quelque chose de plus circulait donc encore sur Sadala. Quelque chose qui n’était ni un simple malade, ni un soldat ordinaire.

 

Caulifla se redressa.

 

— Dès qu’il fera jour, j’explorerai les environs.

— Pas seule, dit Runya.

— On verra.

— Non. On ne verra pas, on décidera, ensemble.

 

Caulifla leva les yeux au ciel, ce qui, dans la nuit, revenait surtout à regarder un plafond d’étoiles indifférentes.

 

— Vous les princesses, vous adorez vraiment donner des ordres.

 

Runya soutint son regard.

 

— Et toi, tu adores faire comme si tu n’écoutais jamais.

— C’est parce que j’écoute très bien. Je trie juste.

 

Marron souffla du nez.

 

Bra reposa l’étui contre elle, les jambes repliées.

 

Très loin derrière les montagnes, une lueur bleue monta puis s’éteignit. Personne ne parla pendant quelques secondes.

 

Chacune pensait à la même chose avec des mots différents.

Cabba.

Vegeta.

Le temps qu’il leur restait.

 

* * * * * * *

 

Très loin de là, dans un vaisseau filant à travers l’espace, l’ambiance était incomparablement moins tragique.

 

Le salon du module principal baignait dans une lumière douce. La table centrale, au milieu des canapés, avait repris sa place initiale : au plafond. Une pile de vaisselle propre séchait près du coin cuisine. Dehors, à travers les panneaux transparents, les étoiles glissaient dans un calme insolent.

 

Pan était installée sur le canapé, comme si elle avait fini par s’y tordre naturellement à force d’y traîner des heures. Une jambe repliée, l’autre détendue, le dos un peu de biais contre le dossier, elle portait une tenue simple et légère qui accentuait encore le contraste entre le calme du vaisseau et tout ce qu’ils avaient traversé ces derniers jours.

 

En face d’elle, Oob s’était assis à l’envers sur une chaise, les bras croisés sur le dossier, comme s’il avait trouvé que c’était la meilleure façon d’avoir l’air à la fois détendu et sérieux.

 

Ce qui, honnêtement, marchait plutôt bien.

 

— Tu crois qu’on en a pris assez ? demanda Pan en regardant les étoiles plus qu’Oob.

— Pour Bra ?

— Oui.

 

Oob haussa légèrement les épaules.

 

— J’espère. Avec elle, j’ai l’impression que même quand on lui apporte quelque chose d’impossible, elle arrive encore à dire qu’il lui manque juste un détail.

— C’est vrai, répondit-elle avec un petit sourire.

 

Un silence confortable passa entre eux. Puis Oob reprit, un peu plus bas :

 

— Toi, ça t’inquiète encore.

 

Pan ramena une mèche derrière son oreille.

 

— Un peu.

— « Un peu », chez toi, ça veut dire beaucoup.

 

Elle tourna enfin les yeux vers lui.

 

— Et toi, tu fais toujours semblant d’être calme quand tu t’inquiètes ?

 

Oob baissa brièvement les yeux vers le dossier de sa chaise.

 

— Peut-être.

 

Pan eut un souffle amusé.

 

— C’est nul comme technique.

— Je sais.

 

Cette fois, elle sourit franchement.

 

Et c’est précisément à cet instant que Goku apparut devant le canapé... entièrement nu.

 

Il venait manifestement de finir sa douche. Des gouttes d’eau tombaient encore de ses cheveux et roulaient le long de ses épaules avec l’insouciance totale des catastrophes domestiques.

 

— Pan, tu sais où est mon dogi ?

 

Le cerveau de Pan cessa toute activité utile. Puis il redémarra dans la panique.

 

— PAPI !!

 

Elle plaqua aussitôt ses avant-bras devant ses yeux, recroquevillée de gêne sur le canapé.

 

— Mais couvre-toi !!

 

Oob se raidit sur sa chaise, détourna la tête, puis trouva quand même la force de parler.

 

— Maître... normalement, on évite ce genre de... d’apparition devant une fille.

 

Goku pencha la tête.

 

— Hein ? Pourquoi ?

 

Pan faillit s’étrangler.

 

— Parce que c’est... parce que c’est... MAIS PARCE QUE C’EST COMME ÇA !!

 

Goku, parfaitement tranquille, regarda autour de lui comme si la vraie urgence restait purement textile.

 

— J’ai cherché partout.

 

Pan, toujours les yeux cachés, pointa férocement un doigt vers le fond du couloir.

 

— La machine à laver ! J’ai lavé ton dogi parce qu’il sentait mauvais !

— Ah bon ? fit Goku. Pourtant moi je trouvais que ça allait.

 

Pan resta une seconde figée, toujours rouge jusqu’aux oreilles. Puis elle lâcha, au bord de la rupture :

 

— Je vais le dire à mamie !

 

Oob se racla la gorge, toujours sans oser regarder franchement son maître.

 

— Vous pourriez au moins mettre... quelque chose. Une serviette, par exemple.

 

Goku baissa les yeux sur lui-même, comme s’il vérifiait soudain l’existence du concept de nudité.

 

— Ah, oui.

 

Il repartit aussitôt dans le couloir avec la même décontraction absolue.

 

Pan essayait toujours de retrouver une respiration normale pendant qu’Oob, les oreilles un peu chaudes lui aussi, faisait semblant de s’intéresser énormément au dossier de sa chaise.

 

Le trio ignoraient encore tout de la crise qui gagnait déjà Sadala, pendant que les étoiles continuaient de défiler comme si de rien n’était.

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