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Chapitre 43 : Les Cauchemars

607 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/07/2026 20:29

La maison dormait. Rose aussi — du moins en apparence. Son souffle était court, haché, comme si chaque inspiration lui coûtait.

Jonathan dormait à ses côtés, épuisé. Jusqu’à ce que quelque chose déchire la nuit.

Une onde. Une peur étrangère. Un vertige qui n’était pas le sien.

L’obscurité l’engloutit.

Puis les images commencèrent.


Le TARDIS orange

Rose, allongée sur le lit. Pâle. En sueur. Le corail pulse faiblement au-dessus d’elle. Rory s’agite, flou, lointain. Jonathan tend la main — Rose disparaît.


L’étang

La pluie. Le froid. Rose allongée au bord de l’eau. Sa peau est bleue. Ses yeux perdus dans le noir du lac. Jonathan fait un pas — Elle s’efface comme un reflet.


Le champ d’énergie

Rose suspendue dans la lumière blanche. Ses yeux sont noirs. Sa voix n’est plus la sienne : un grondement venu d’ailleurs. Jonathan l’appelle — Elle se dissout dans un éclat aveuglant.


Le Void

Rose pend au-dessus du néant. Ses doigts glissent. Le vent noir hurle. Jonathan court, hurle, tend la main — Elle lâche prise. Elle tombe. Elle disparaît.

Jonathan tombe à genoux dans le noir.


Puis une lumière arrive.

Elle fend l’obscurité. Elle repousse les images. Elle pulse, familière, chaude, presque vivante.

La lumière prend forme. Rose — mais dorée, baignée d’énergie, les yeux brillants du vortex.

La même apparition que dans la cave. La même présence.

— Toi…

— Tu te souviens de moi, dit la voix.

Jonathan ferme les yeux, bouleversé.

— Bad Wolf…

La silhouette dorée s’approche, douce, familière.

— Je reviens parce que tu te perds.

Jonathan tremble.

— J’ai cru la perdre… tant de fois. Et cette nuit… j’ai tout revécu. L’étang… sa voix absente… son regard vide…

La lumière vibre, comme une caresse.

— Le Cauchemar fouille tes blessures. Il te montre ce que tu redoutes. Mais il ne peut rien contre ce que tu choisis.

Jonathan relève les yeux.

— Alors… qu’est-ce que je dois faire ?

La silhouette dorée s’approche encore, jusqu’à ce que sa voix résonne directement dans son esprit.

— Tu sais à quel point la vie est fragile… et donc aussi belle.

La lumière poursuit, plus douce encore :

— Tu n’es pas défini par ce que tu crains. Mais par ce que tu aimes et par ce que tu choisis de protéger.

Jonathan sent une chaleur envahir sa poitrine.

— Le lien… il revient ?

La lumière pulse.

— Il n’a jamais disparu. Il s’est endormi. Mais cette nuit… vous l’avez réveillé.

La silhouette dorée recule doucement.

— Réveille-toi. Elle a besoin de toi. Et toi d’elle. N’aie plus peur de vivre.

Puis la lumière s’éteint.


Jonathan ouvrit les yeux dans la pénombre. Le cri silencieux de son cauchemar mourait encore dans sa gorge, mais la chaleur dorée du Bad Wolf, elle, ne le quittait pas.

À côté de lui, Rose bougea. Son souffle, autrefois haché, s'apaisait peu à peu, comme si elle aussi avait ressenti le passage de la lumière.

Il ne se contenta pas de la regarder. Il tendit la main, ses doigts effleurant la peau chaude de son épaule. Ce n'était plus le froid de l'étang, ni le vide du Void. C'était elle. Vivante.

Et pour la première fois depuis des années, il ne ferma pas son esprit. Il laissa la porte ouverte, envoyant une pensée, simple, pure, dépouillée de toute guerre et de tout secret :

“Je suis là.”



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