[Devil May Cry x Gintama] REBELLION
CHAPITRE 5
Le Voile fissuré
© sueyeonie
À quelques étages plus bas, le garage s’étendait comme une caverne de métal et de poussière. Partout, des véhicules rafistolés, motos et 4x4 cabossés, alignés en rangs désordonnés comme des soldats brisés. Les murs étaient tapissés de plans de réparation jaunis, d’outils rouillés suspendus à des crochets et d’étagères croulant sous les pièces détachées. Les néons grésillants diffusaient une lumière blafarde, oscillant entre clarté et pénombre, projetant des ombres mouvantes sur le sol maculé d’huile et de cartons.
Un vieil homme surgit de sous un 4x4, allongé sur une planche roulante qui grinça en se déplaçant. Son crâne dégarni ne laissait subsister que quelques mèches grises rebelles, et une cicatrice grossièrement recousue traversait son cuir chevelu. Sa barbe épaisse, couleur de cendres, lui dévorait le visage jusqu’au menton. Ses lunettes de protection à verres rouges reflétaient les néons, leur lueur donnant à son regard un éclat diabolique. Malgré son allure fatiguée, il arborait un large sourire édenté en apercevant Suzuki.
— Ah, ma jolie Suzuki ! Tu tombes à pic, lança-t-il d’une voix rocailleuse. J’ai réparé ce bijou aussi vite que tu me l’as demandé.
— Merci, Gengai. On repart. Des démons grouillent et ne vont pas tarder à arriver jusqu’ici. Monte te mettre à l’abri au cas où avant qu’ils arrivent jusqu’à là.
— Et abandonner mes trésors ? Tu plaisantes !
Il éclata d’un rire grave et saisit la main de la brune avec une familiarité tendre.
— Je te fais confiance. Toi et les garçons, vous allez les réduire en charpie.
Suzuki ne broncha pas.
— Je ne plaisante pas, Gengai.
— Moi non plus, ma petite fleur épineuse, répondit-il avec un clin d’œil.
Dante et Delsin sourirent. Ce vieil homme était bien le seul ici présent à pouvoir tenir tête à cette femme aux sourcils constamment froncés.
— Oh ! Des nouvelles têtes ? fit-il en découvrant Ringo et Gintoki qui descendaient l’escalier métallique grinçant.
Suzuki soupira, lasse.
— Je t’enverrai du saké d’Hinowa quand ce sera fini.
— Vraiment ? Voilà qui n’est pas de refus, hahaha ! Le meilleur saké de Limbo City ! Tiens Dante, ton cadeau du jour ! Je l’ai un peu rafistolé, tu seras bien content de passer certaines vitesses !
— Oh putain, vieux croulant, t’es le meilleur !
Dante embrassa le haut du crâne de Gengai et sauta sur une moto rouge flambant neuve – la seule véritable perle dans cet océan de carcasses. Il enfila une longue veste en cuir noir bordée de rouge, tandis que Suzuki rangeait Blue Rose dans son étui, sur sa ceinture arrière. Sa tenue ajustée, col roulé en crop top sombre et cargo rouge à motifs militaires, contrastait avec l’élégance de son armement doré et en cuir. Ses bottines noires à talon crampé martelèrent le sol d’un bruit sec lorsqu’elle monta à l’arrière de la moto.
— Delsin, tu prends la voiture avec les deux autres. Tiens, dit-elle en lui tendant une oreillette qu’elle sortit de la boîte de sa poche. Pas besoin de régler, Eugène s’en est déjà chargé. On communique en continu. Compris ?
— À vos ordres, commandante, répondit-il en lui volant un sourire avant de prendre le volant du 4x4 retapé par Gengai. Je suppose que je suis responsable de ces deux-là, ajouta-t-il en désignant Gintoki et Ringo qui grimpaient à bord.
Gintoki serra les dents. Et puis quoi encore ? Lui qui aurait préféré siroter un verre à Fortuna devant une série se retrouvait à enchaîner les combats dans les bas-fonds de Limbo City.
À l’arrière, Ringo serrait Kokuryu contre elle. Le sabre vibrait encore, reflet de son propre tumulte intérieur. Perturbée, elle caressait la garde sombre. Avait-il su ? Était-il conscient que cette arme était une relique capable de repousser les démons ? L’avait-il guidée vers cette vérité cachée ? Et Toshiro… était-il complice de ce destin qu’elle n’avait pas choisi ?
Gintoki, à l’avant, la fixa du coin de l’œil à travers le rétroviseur. Elle s’était plongée dans son téléphone de service, mais aucun message, aucun signe de son supérieur. L’inquiétude la traversa un instant, vite balayée par la détermination. Peu importait Fortuna ou Limbo City, un humain restait un humain. Son devoir était de les protéger face au danger, démon ou non.
Delsin fit ronronner bruyamment le moteur, provocant Dante à travers la fenêtre baissée.
— Dernier arrivé paye sa tournée !
— Concentrez-vous, bande d’idiots, trancha Suzuki. Si on crashe ici et que les démons débarquent, je vous tue moi-même.
— Oui, cheffe ! firent Dante et Delsin à l’unisson, hilares.
— Bonne chance, les jeunes ! tonna Gengai en riant, abaissant le levier d’ouverture.
La porte du garage se leva dans un fracas métallique. Les moteurs rugirent à plein régime, l’air se chargea d’essence et de poussière. Les véhicules s’élancèrent aussitôt, avalant le couloir sombre. Les phares balayèrent les murs humides où des rongeurs et des insectes détalaient, fuyant la lumière.
— C’est parti ! S’exclama Delsin, en riant, écrasant l’accélérateur.
— Pourquoi y’a pas de ceinture ?! gueula Gintoki, agrippé à la poignée.
La pente raide remontait vers la surface, montrant à quel point ils étaient profondément enfoncés dans les entrailles de Limbo City. Dante slalomait entre les virages serrés, la moto glissant avec une aisance presque animale, tandis que Delsin suivait de près. Les deux amis de Fortuna se sentaient comme écrasés dans leur siège.
Dans les oreillettes, la voix d’Eugène crépitait, nerveuse.
— Suzuki ? J’ai un problème. Deux masses d’énergie détectées. Secteur 6, près de l’entrepôt abandonné comme tu avais prévu, et à la frontière du Secteur 6 et 5. Le premier est saturé, il y a plus de démons, et… une source d’énergie plus dense.
Suzuki serra la mâchoire.
— Tch… Delsin, tu m’entends ? Changement de plan. Il faut qu’on se sépare. Fais passer la reloue avec Dante, je prends sa place.
— Quoi ? Mais…
— Ne discute pas. Sa relique est instable, elle ne tiendra pas sans Dante ou moi. Et toi, tu as besoin d’un porteur pour couvrir tes arrières.
— Reçu cinq sur cinq, capitaine.
Dans la voiture, Ringo et Gintoki échangèrent un regard surpris. Être séparés n’arrangeait rien, mais impossible de tenir à trois sur une moto, et il était hors de question de se retrouver seuls avec une tigresse. Dante se rapprocha du 4x4 en maintenant l’allure, d’un geste précis, Suzuki passa par la fenêtre en mouvement et atterrit avec souplesse sur le siège passager. Ringo, crispée, lui rendit son regard froid avant de se hisser par la fenêtre opposée, sautant sur la moto qui avait fait le tour du véhicule. Manœuvre risquée, mais aucun ralentissement n’était permis.
— Ne t’avise pas de crever, Dante, prévint Suzuki en chargeant Blue Rose, ou je te ramènerai des enfers juste pour te buter de mes balles. Tu prends la frontière.
— Tss, tu parles à ton meilleur ami et à ton meilleur élément ! Si je crève, tu seras trop triste, répliqua-t-il avec un rictus. Allez, ciao les nazes !
La pluie battait encore la chaussée dans cette nuit noire tandis que les véhicules jaillissaient enfin à la surface, se séparant aussitôt.
— Putain, ex-aequo, murmura Delsin en regardant dans le rétroviseur central en souriant.
Sous les indications d’Eugène, Dante et Ringo foncèrent vers la frontière entre les secteurs 6 et 5, là où « Colère » et « Envie » s’entremêlaient.
— Eh, poupée, lança le Néphilim, sa voix presque couverte par le rugissement de la moto. Tu devrais te détendre, parce que Rébellion n’arrête pas de vibrer dans mon dos. Ton Kokuryu doit être aussi nerveux que toi.
— Rébellion ? Mais elle n’est pas là… ? fit Ringo en se redressant légèrement derrière lui.
Dante eut un rire bref.
— Si, si. Elle est bien là. Tu ne peux la voir que depuis les Limbes.
Ringo haussa un sourcil, confuse.
— Sérieusement ? Donc vos armes existent sur deux plans à la fois ? Génial… encore un truc que votre folle de "commandante" aurait pu mentionner avant de me jeter là-dedans !
— Non, juste la mienne. Une particularité de ma chère Rébellion. Pour Blue Rose, elle a une tête un peu différente dans les Limbes, mais tu l’as bien vu dans la main de Suzuki tout à l’heure.
Ringo grogna entre ses dents en pensant à cette femme.
— Elle est insupportable… Elle cache volontairement des informations pour me rendre dingue, et c’est moi qu’on accuse pour ces apparitions démoniaques ?!
— Techniquement, ouais, c’est toi, répondit Dante, amusé. Ta lame attire les démons parce qu’elle résonne trop fort. Ce n’est pas le cas de Blue Rose, qui reste presque muette. Et pourtant, t’as vu la furie qui la manie, non ?
Il rit encore, esquivant d’un dérapage maîtrisé une rangée de poubelles renversées.
— Suzuki a ses raisons, poursuivit-il. Si elle ne te dit pas tout, c’est qu’elle pense que tu finiras par le comprendre seule.
Ringo fronça les sourcils, agacée.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Que tu dois apprendre à contrôler ton arme, répondit Dante, le ton plus grave. Les émotions débridées créent une énergie négative que ta relique absorbe et renvoie. Cette énergie, les démons la flairent comme un festin. Alors, respire un bon coup… et détends-toi.
La rose serra les dents. Facile à dire.
— Ah, j’y pense. Tu parlais du Voile tout à l’heure.
Un souffle de soulagement traversa la rose.
— Donc je ne suis pas folle… ce Voile bizarre, tu le vois aussi ?
— Bien sûr. Seuls les porteurs de reliques peuvent le percevoir. Les autres, au mieux, ressentent les perturbations. Ton pote, par exemple, il capte les ondes sans les voir. Plutôt rare, ça.
La moto écarlate filait entre les buildings éventrés. La pluie crépitait sur leur peau, glaciale. Aucun casque, juste le vent et la vitesse. Si Toshiro avait vue son bras-droit, il lui aurait passé un savon. Mais, accrochée à Dante, Ringo sentait une force brute, une liberté presque insolente.
— Le Voile, reprit-il, c’est comme une membrane entre les Limbes et notre monde. Tant qu’il reste stable, les démons ne peuvent pas creuser de portail. Ils ne voient même pas les rifts, ces points faibles où la barrière se déforme. Et nous non plus.
Il marqua une pause, un virage serré, les pneus glissant sur la boue. La jeune femme eut un déclic et plusieurs images s'emboitèrent dans sa tête. Elle comprenait enfin le sens de cette seconde appellation de Limbo City.
— Mais quand le Voile est perturbé, les rifts deviennent visibles. Et là, les démons s’y engouffrent pour ouvrir un portail.
— Et si on se fait avaler dans les Limbes ? demanda Ringo, la voix plus basse. Comme… tout à l’heure ?
— Ça arrive, répondit Dante d’un ton presque désinvolte. C’est même assez courant pour moi. Le truc, c’est de survivre assez longtemps pour forcer une sortie. Quand tu tues un démon, surtout un costaud comme un supérieur, son énergie libère une onde violente qui déstabilise le Voile. Si t’as de la chance, ça fait apparaître un rift, et tu peux le forcer à s’ouvrir avant qu’il se referme.
Il haussa les épaules.
— Mais faut être rapide. Le Voile cherche toujours à se réparer tout seul. Trop lent, et t’es coincée là-bas à discuter philosophie avec les damnés.
Ringo serra un peu plus ses bras autour de lui.
— Charmant tableau. Et s’il est trop déchiré ?
— Là, c’est une autre histoire. Quand la brèche est ouverte par un démon moyen ou supérieur, le Voile n’a plus assez d’énergie pour se refermer seul. Dans ce cas…
Il leva une main de sa poitrine, où brillait une faible lueur rouge.
— … il faut une clé. Cette amulette.
— Et c’est toi qui l’as. Évidemment.
— Faut bien que quelqu’un referme la porte derrière vous, non ? lança-t-il avec un sourire en coin.
Il observa Kokuryu d’un air faussement admiratif.
— Enfin, si ton sabre ne daigne pas foutre le bordel avant, bien sûr. Quel katana emmerdant !
— Répète ça et je te plante Kokuryu dans le torse, prévint-elle avec un sourire mauvais en le cognant doucement sur le dos.
Elle paraissait légèrement plus détendue, Dante ricana. Elle avait bien retenu la leçon, parce qu’il n’aurait probablement pas survécu à un second coup de relique. Il replaça les mains de la rose autour de sa taille comme pour lui éviter un autre coup.
— Dante ? fit la voix d’Eugène dans l’oreillette.
— J’écoute.
— Tourne à dix heures. Plus que deux kilomètres et vous y êtes. Préparez-vous : il y a plus de démons que prévu. Suzuki, Delsin et le mec aux cheveux argenté ont déjà engagé le combat.
— Bien reçu. Et tiens-moi au courant si quelque chose leur arrive.
— Et… fais attention à ce que tu révèles à la fille du Shinsengumi. C’est un ordre de Suzuki.
Dante plissa les yeux. C’était un peu trop tard pour lui faire la remarque.
Les roues de la moto crissèrent dans une gerbe d’eau stagnante. Dante et Ringo débouchèrent au carrefour délabré qui séparait le secteur 6 du 5. Là, le paysage ressemblait à une énorme cicatrice : des immeubles éventrés aux façades crevassées s’effondraient comme des squelettes de béton, et au centre, un vortex mi-bleuté mi-rougit palpitait entre deux tours calcinées. La pluie battait toujours, martelant les flaques noires où se reflétaient les arcs électriques du portail instable déchirant le Voile.
Ringo inspira profondément. Kokuryu vibra contre sa hanche, émettant une plainte métallique. Mais ce fut la voix de Dante qui brisa ce silence saturé de tension :
— Accroche-toi, poupée. La fête commence.
À quelques mètres, la rose aperçut l’horreur qui lui glaça le sang : des corps humains jonchaient le bitume et les gravats. Les visages, figés dans une expression de terreur absolue, étaient maculés de sang. Certains avaient été dévorés, ne laissant que des restes irréguliers, tandis que d’autres gisaient, mutilés, témoins silencieux de la fureur du portail.
— Putain…, jura Dante en appuyant sur son oreillette. On a des pertes et des blessés humains de note côté.
— Tans pis, fit Suzuki de l’autre côté, c’est trop tard pour eux.
Une ombre surgit aussitôt d’une ruelle adjacente, puis une dizaine, et maintenant une vingtaine. Des Styxiens déboulèrent en meute, silhouettes tordues et mécaniques. Leurs scies et leurs massues à clous raclaient l’asphalte humide, leur souffle rauque s’accordait avec les grondements du ciel.
Dante bondit de la moto, Ebony et Ivory, ses deux revolvers adorés, dégainés dans un mouvement fluide. Les tirs claquèrent comme des coups de tonnerre, chacun repoussant les créatures dans un ballet macabre. Ses balles déchiraient les membres de ces bêtes, ralentissant leur charge.
— À toi de jouer, bubble-gum ! lança-t-il en reculant d’un pas, un sourire carnassier aux lèvres.
— Ne m’appelle pas comme ça, enfoiré !
Elle dégaina ses deux lames jumelles et fonça sur la première bête, Kokuryu traçant un sillon noir dans l’air. Le katana trancha net l’abomination en deux, se répercutant sur trois autres dans l’élan, leur hurlement se réverbérant dans les carcasses d’immeubles. Le sang noirâtre éclaboussa sa joue, mais Hakuryu se referma autour d’elle comme une aura protectrice, amortissant l’impact des griffes qui tentaient de la happer.
Eugène intervint, sa voix résonnant dans leurs oreillettes :
— Gardez vos positions ! Le portail s’élargit, ça attire des renforts. Si vous ne stabilisez pas le portail rapidement, le secteur sera envahi !
— Tch, grommela Dante. Pas le temps de rigoler un peu.
Il rengaina ses revolvers pour dégainer Rébellion. L’épée vibra entre ses mains, libérant une onde d’énergie qui faucha la moitié du groupe de démons en une seule frappe circulaire. Le sol se fissura sous l’impact, l’onde de choc renvoyant les survivants dans le décor.
— On va se faire absorber par les Limbes, songea Dante. Je dois faire vite.
Ringo, haletante, resserra sa prise sur ses katanas. Chaque coup qu’elle portait était précis mais imprégné de rage. Dante, qui observait d’un coin de l’œil, intervint brusquement :
— Tu frappes comme si tu voulais exorciser tes démons intérieurs. Mais ce n’est pas eux qui sont devant toi. Reste concentrée.
— Occupe-toi des tiens et laisse-moi tranquille ! répliqua-t-elle, essuyant son visage d’un revers de manche.
Malgré tout, elle cala sa respiration sur la sienne, ajustant son rythme. Dante avançait tel un mur de muscles, absorbant les assauts, tandis qu’elle frappait dans son sillage, plus rapide, plus précise. Ensemble, ils trouvaient un équilibre fragile.
De l’autre côté du secteur 6, Suzuki, Delsin et Gintoki affrontaient leur propre horde. Là, le portail pulsait avec violence, chaque battement faisant vibrer les vitres brisées des immeubles alentours. L’air empestait le soufre et la cendre.
Suzuki, perchée sur un amas de gravats, tirait avec Blue Rose. Les détonations de son Smith & Wesson résonnaient comme des coups de canon, chaque balle fendant le crâne d’un démon inférieur à distance. Précis. Aucune balle perdue inutilement. Elle rechargea, tira à nouveau. C'était une tireuse d’élite, et Gintoki siffla.
Lorsqu’un groupe parvint trop près, elle fit jaillir sa lance rétractable dans un mouvement sec. Elle embrocha deux créatures d’un seul coup, les rejetant au sol sans un regard et finit par les abattre d’une balle chacun. Aucune ouverture n'était possible, de loin comme de près, Suzuki savait autant attaquer que se défendre.
— Delsin, gauche ! aboya-t-elle.
L’intéressé fit claquer sa chaîne, l’acier sifflant dans l’air avant de s’enrouler autour d’un démon. Il tira d’un coup sec, fracassant le corps contre un mur. La sueur perlait sur son front, mais il tenait bon.
À ses côtés, Gintoki maniait son katana en bois avec une fluidité surprenante. Chaque coup fracassait des crânes, repoussait des assauts, neutralisait les plus faibles. Il en avait éliminé autant que Delsin. Son souffle se faisait court, mais ses yeux écarlates restaient fixés sur le chaos.
— Bordel, souffla-t-il, je ne signe plus jamais de mission de surveillance.
— T’es plutôt bon comme combattant en fait ! se réjouit Delsin en tuant un Styxien derrière Gintoki.
— J’aurai dû être nul, tiens ! Ça m’aurait évité d’être là ! Se plaignit-il.
Un rugissement déchira l’air. Un Styxien de classe moyenne surgit du portail, une silhouette haute de trois mètres, ses deux bras bardés de griffes dont l’une terminée par une tronçonneuse aussi gigantesque que meurtrière. La créature se jeta vers eux, une furie mécanique et organique mêlée.
— Ravager confirmé côté Suzuki ! lança Eugène dans le canal, la panique dissimulée derrière sa voix hachée.
— C’est pas le moment ! Pesta Suzuki.
Elle bondit au sol entre les deux hommes, sa lance rétractée, puis, planta Blue Rose dans son étui, sortit un talisman de sa ceinture et l’écrasa contre le sol. Une lumière dorée jaillit, traçant des runes éclatantes qui formèrent un cercle sous ses pieds. L’air vibra aussitôt, et ses longs cheveux d’ébène se soulevèrent, balayés par le flux d’énergie.
— Couvrez-moi ! ordonna-t-elle, son ton ne laissant place à aucune objection.
Delsin se plaça devant elle, chaîne tourbillonnante, tandis que Gintoki, malgré son air blasé, se mit en garde avec son katana en bois, repoussant les assauts secondaires.
— On n’a pas le luxe de perdre du temps avec un Ravager, grogna Delsin, en parant un coup de tronçonneuse qui fit jaillir une gerbe d’étincelles.
Il jeta un regard à Gintoki, haletant :
— Tant que Dante n’a pas activé son amulette de l’autre côté, on est foutus. Ces portails sont liés… et Suzuki seule ne peut pas les maintenir fermés.
Gintoki soupira, exaspéré par la tournure des événements, mais son katana en bois fendit l’air, frappant deux Styxiens inférieurs qui tentaient de passer.
— Génial… encore un joyeux massacre, ironisa-t-il.
Mais il avait déjà compris : protéger Suzuki n’était pas seulement protéger une alliée provisoire, c’était empêcher une brèche incontrôlable. S’ils la laissaient tomber, Fortuna et Limbo City s’effondreraient sous une marée démoniaque.
Les cadavres de démons inférieurs s’entassaient, fumants sous la pluie. Mais plus ils en abattaient, plus d’autres surgissaient du vortex. Ringo, essoufflée, sentit ses bras trembler. Dante posa une main rapide dans son dos pour la stabiliser, ses yeux croisant les siens un instant.
— Tu tiens encore ?
— Toujours.
Leurs regards s’accrochèrent une fraction de seconde de trop avant que Dante ne se détourne, Rébellion jaillissant de son dos dans un vrombissement métallique.
Le ciel se mit soudain à onduler, comme si la réalité elle-même se tordait. La pluie sembla remonter un instant avant de s’abattre de nouveau en diagonale. Le sol vibra, l’air se distordit, et un éclat écarlate fendit la ruelle.
— Merde… souffla Dante.
Ringo leva les yeux. Le ciel n’était plus noir, mais teinté d’un rouge sombre.
— C’est le Voile, murmura-t-elle.
— Ouais. Et il vient de nous aspirer dans les Limbes.
Une onde de choc les traversa, et le décor se déforma. Les murs se pliaient comme du papier, les ombres s’étiraient jusqu’à se dissoudre. En un battement de cœur, la ville morte devint un cauchemar de ruines flottantes et de poussière rougeoyante.
Dans l’oreillette, la voix d’Eugène grésilla avant de reprendre, saturée mais intelligible :
— Dante, tu m’entends ?
— On est passés de l’autre côté, confirma-t-il en serrant la garde de son épée. Pas prévu, mais je gère.
— Restez connectés. Les oreillettes ne devraient pas lâcher. Delsin et Suzuki ont intégré des fragments runiques dans le circuit, ça maintient le lien à travers le Voile.
— Pratique, marmonna Dante. Et combien de temps avant que ça crame ?
— Tant que le portail reste ouvert. Si le passage se referme, la communication saute… et vous serez livrés aux Limbes.
— Parfait, grogna Dante. J’adore les délais serrés.
Autour d’eux, les silhouettes des démons se reformaient déjà, attirées par la brèche. Dante fit tournoyer Rébellion, son aura flamboyant d’un rouge incandescent.
— Ringo, reste près de moi. Plus on en abat, plus on crée de l’énergie pour rouvrir la sortie.
Elle hocha la tête, l’étincelle revenue dans ses yeux.
Le Voile hurlait. Et les Limbes s’ouvraient devant eux.
Eugène reprit, sa voix plus grave que jamais :
— Dépêche-toi, Dante. Suzuki a commencé la stabilisation. Elle ne pourra pas contenir le portail longtemps sans toi… et quelque chose d’énorme est en train de se frayer un chemin.
— Un démon supérieur ? S’inquiéta Dante, mâchoires crispées. De quel côté ?
Le sol trembla sous leurs pieds. Derrière le rideau d’eau battante, une masse colossale émergea, projetant une ombre monstrueuse à travers les Limbes. La créature se redressa, masse difforme hérissée d’excroissances osseuses, ses crocs jaillissant d’un crâne qui rappelait un porc-épic cauchemardesque. Ses yeux, deux gouffres éteints, fixèrent les vivants sans voir, mais avec l’instinct d’un prédateur. Chaque pas enfonçait ses griffes comme des serres dans la terre, qui éclatait en gerbes de poussière et de débris. Sa longue queue de rat s’abattit comme un fouet, réduisant un pan de béton en éclats.
Le démon poussa un cri guttural qui fit vibrer l’air, un rugissement de faim insatiable qui vibra dans les Limbes, résonnant jusqu’au portail vers le monde humain.
Dante serra Rébellion à deux mains, le souffle court.
— Bien sûr… il fallait que ça tombe sur nous, grinça-t-il.
— Démon supérieur confirmé côté Dante ! C’est un Rage Sanguinaire, annonça Eugène d’une voix tendue mais contrôlée. Et il essaie de passer le portail. S’il sort dans le monde humain, tout part en vrille !
— Tu te fous de moi ?! D’abord un Limier et ensuite un Rage Sanguinaire ? Deux supérieurs dans la même soirée ! hurla Delsin dans le canal, la panique perçant dans sa voix.
— Suzuki, garde ton portail stable, fit Eugène. Vous n’avez pas droit à l’erreur.
— Évidemment, répondit la voix glaciale de Suzuki, une goutte de sueur lui perlant sur le front. Tenez-le occupé. Si vous tombez, vous nous condamnez tous.
Dante échangea un regard avec Ringo, déjà en alerte.
— On ne va pas le laisser faire, souffla-t-il. Accroche-toi.
D’un mouvement brutal, il frappa le sol avec Rébellion, créant une onde qui distordit l’air autour de la créature. Ringo canalisa son énergie négative, l’attirant vers eux. Le démon rugit, surpris par la traction inversée. Ses pas vers le portail furent freinés, comme si les Limbes elles-mêmes refusaient de le laisser passer.
— Vas-y, pousse-le plus loin dans les Limbes ! cria Dante. Chaque seconde compte !
Le Rage Sanguinaire grogna et tenta de s’extirper, mais l’énergie combinée de Dante et de Ringo le maintenait prisonnier des Limbes.
Le combat prenait une autre dimension : plus question de simplement abattre des démons. Ils devaient maintenir l’équilibre entre les plans, tirer la créature dans les Limbes avant qu’elle ne percute le monde des humains. Chaque mouvement comptait, chaque frappe de Rébellion résonnait dans l’espace instable.
Le démon se jeta en avant. Son regard se fixa immédiatement sur Kokuryu, puis sur le Néphilim, comme si ses instincts l’avaient guidé vers les deux sources d’énergie qui troublaient l’équilibre du monde.
— Fils de Sparda… susurra le Rage Sanguinaire.
Ringo sentit son katana noir vibrer à lui briser les doigts. Une migraine fulgurante l’assaillit, comme si Kokuryu cherchait à s’affranchir de son contrôle.
— Ringo !
Dante l’agrippa brutalement par le poignet.
— Reste avec moi ! Si tu perds le contrôle, ce truc te dévorera en premier !
Il bondit en avant pour détourner l’attention du monstre. Rébellion trancha l’air dans un éclat argenté, mais le démon para une attaque d’un revers monstrueux. Le choc fit voler Dante plusieurs mètres plus loin, roulant dans les flaques boueuses. Il se redressa péniblement, le souffle sifflant, sa blessure précédente se rouvrant.
La rose accourut, Hakuryu brandi. Ses coups rapides fendillaient la cuirasse du démon, mais chaque assaut manquait de puissance pour percer complètement sa chair épaisse. Le monstre semblait plus puissant que le Limier, mais Ringo comprit qu'elle commençait à s'épuiser. La bataille précédente ne l'avait pas épargné. La bête la repoussa d’un revers de griffe, la projetant contre un lampadaire tordu. Elle cracha du sang, son corps protestant sous l’impact, mais ses yeux brûlaient d’une détermination farouche.
Dante, haletant, ricana malgré la douleur :
— Pas mal, poupée. Mais si on ne veut pas crever ici, va falloir être plus synchro.
Elle lâcha un sourire, hocha la tête, leurs regards se croisant encore une seconde de trop. Alors ils se lancèrent ensemble, Ringo frappant à la vitesse de l’éclair avec ses lames, Dante encaissant les coups en tank et ripostant avec Rébellion. Une chorégraphie sauvage prit forme, leurs mouvements se complétant malgré la violence du chaos, tuant les Styxiens qui les empêchaient d’atteindre le Rage Sanguinaire.
Sans réfléchir, Dante planta Rébellion dans le flanc de la bête, la retenant de toute sa force brute, tandis que Ringo, dans un cri rageur, enfonça Kokuryu sous son aisselle. Le démon hurla, son sang noir jaillissant comme une pluie visqueuse.
Le prix fut immédiat : Dante fut balayé d’un coup d’excroissance osseuse, projeté contre un mur qui s’effondra sous l’impact. Ringo fut happée par la longue queue du monstre et écrasée au sol. Son souffle se coupa net, la douleur l’aveuglant un instant.
— Debout ! rugit Dante, en titubant, sa voix plus puissante que la douleur. Si tu restes couchée, c’est terminé !
La rose, tremblante, planta Hakuryu dans le sol pour se relever, chaque muscle hurlant.
— Comme si… j’allais le laisser repartir… ce satané porc-épic de merde.
Ils se relancèrent, donnant des coups rapides mais nets aux démons inférieurs qui se jetaient sur eux. Dante, cette fois, saisit son collier, la pierre s’illuminant d’une lueur rouge éclatante. Il concentra son énergie pour stabiliser le portail, Rébellion vibrant à l’unisson. Dans une frappe verticale, il fendit le démon de l’épaule à la hanche, ouvrant une plaie gigantesque.
— Maintenant ! Hurla le Néphilim.
Ringo bondit, Kokuryu s’embrasant d’une aura sombre. Dans un hurlement, elle enfonça sa lame jusqu’au cœur du monstre. Celui-ci convulsa, ses yeux s’éteignant dans un dernier râle, avant de s’effondrer dans un fracas qui fit trembler tout le carrefour.
Le collier de Dante pulsa avec une intensité inhabituelle. Le vortex vacilla, ses arcs d’éclairs se rétractant peu à peu, mais le lien avec les Limbes l’alertait : la brèche était instable. Il devait sortir, passer par le portail déjà ouvert par le démon de par un rift visible, afin de synchroniser l’amulette avec les flux du Voile et le talisman de Suzuki. Le temps pressait.
Un Styxien bondit sur la jambe de la jeune policière, ses griffes s’enfonçant dans le tissu de son uniforme. Elle hurla sous la douleur, mais Dante fut déjà là, tranchant la créature d’un coup net, la jetant à quelques mètres. Il la saisit par la main et l’attira vers le portail instable.
La pluie et les éclairs des Limbes se mélangeaient à l’énergie étincelante du rift, le passage vers le monde humain vacillant sous l’instabilité du Voile. Ringo se jeta à travers, suivie de Dante, leur chute traversant un éclat de lumière rouge avant d’atterrir sur le béton trempé du carrefour.
— Dante est revenu des Limbes ! Informa Eugène dans l’oreillette. Dépêche-toi, Dante ! Il faut fermer les portails !
Dante plia un genou à terre, crispant sa main autour de son collier. La gemme vibrait, ses pulsations se calant sur les flux dorés de Suzuki. Il força son énergie à rester stable, le souffle court.
La jeune policière compris que le brun avait besoin d’un instant. Elle fit tournoyer ses katanas dans un arc menaçant. Trois Styxiens jaillirent, attirés par leur sortie, prêt à exploiter la brèche. Elle esquiva le premier d’un pas vif et trancha net son torse. Le second frappa de sa griffe, mais elle la détourna en pivotant, parant avec Hakuryu, puis lui perça la gorge d’un coup avec Kokuryu. Le dernier la heurta de plein fouet, la repoussant contre les débris d’une voiture. Le métal grinça, elle étouffa un gémissement mais planta sa lame noire dans le crâne du démon avant qu’il ne la déchiquette.
Devant elle, Dante maintenait l’énergie. Deux flux opposés s’harmonisant pour sceller la brèche. Le portail hurla, ses arcs électriques se contractant.
La jeune policière, haletante mais déterminée, pulvérisa les Styxiens qui tentaient de s’approcher, créant une zone sécurisée autour du Néphilim.
— Le portail n’est pas encore scellé ! cria Dante, concentré, ressentant la résonance de son amulette se mêlant à celle de Suzuki. Il nous faut plus de puissance !
Du côté de Suzuki, la situation était tout aussi critique. Delsin et Gintoki tenaient la ligne, mais le démon avançait inexorablement, ses bras frappant comme des marteaux.
— Le frisé, à droite ! Delsin, bloque sa gauche ! Je veux une ouverture dans dix secondes !
Sa voix frappait comme un ordre militaire. Gintoki esquiva un coup titanesque, son katana de bois vola contre une griffe. Sans hésiter, il ramassa un débris de poutre pour continuer le combat.
— Sérieusement ?! pesta-t-il.
Delsin fit claquer sa chaîne autour d’un bras du démon, l’enserrant avec un crissement métallique. Ses muscles se bandèrent à s’en rompre, ses veines gonflées par l’effort, mais l’autre bras du monstre fondit sur lui comme une masse vivante. Avant qu’il ne soit écrasé, Gintoki s’interposa, encaissant l’assaut de plein fouet. Son corps vola et s’écrasa contre une pile de gravats, le souffle coupé. Il roula sur le côté, crachant de la poussière et du sang, mais son regard brûlait encore de rage.
Dix secondes. Suzuki, implacable, sortit Blue Rose. La silhouette du démon emplissait son champ de vision, les flammes, la fumée et les éclairs du portail diffractant ses contours mécaniques. Elle inspira, visa l’unique ouverture. Son index pressa la gâchette, une balle tonitruante siffla.
BANG.
La détonation fendit l’air comme un tonnerre. La balle traversa l’œil du démon, éclatant son crâne dans une pluie d’éclats sanglants et provoquant une explosion d’énergie. Le colosse s’écroula, secoué de convulsions.
À l’instant même où la bête s’effondra, le cercle runique de Suzuki pulsa d’une lumière dorée. Le talisman réagit : une vibration sourde, comme un battement de cœur. La puissance libérée du Ravager mort renforça la synchronisation entre le talisman et l’amulette de Dante.
Chaque Styxien abattu par Ringo ajoutait une fraction d’énergie pour compenser la force du démon moyen. Les flux dorés du talisman et les pulsations rouges de l’amulette s’harmonisaient progressivement, rétablissant un équilibre dans le Voile. Le vortex se contracta, ses parois d’énergie se froissèrent comme une toile déchirée qui tentait de se recoudre.
L’air lui-même vibrait, saturé de particules lumineuses. Les éclairs bleutés et rougeâtres qui lacéraient le ciel furent aspirés vers le centre, happés par une force invisible. Le portail se rétracta dans une implosion silencieuse, aspirant les derniers lambeaux d’énergie démoniaque. Puis, dans un grondement étouffé, la brèche disparut, comme avalée par le néant.
Le silence retomba enfin. Un silence étrange, presque sacré, seulement brisé par le crépitement des néons fracassés et les respirations haletantes des survivants.
La pluie continuait de tomber, lavant les flaques de sang noir. Dante, blessé mais debout, reprit son souffle, ses mains encore engourdies par la résonance du portail. Ringo, elle, fixait Kokuryu avec effroi. L’arme vibrait toujours, son aura sombre refusant de s’apaiser.
Suzuki, dans l’oreillette, reprit la parole d’une voix glaciale :
— Mission accomplie. Mais écoute-moi bien, Lame du Shinsengumi. Tant que tu ne maîtriseras pas cette relique, tu mettras tout le monde en danger. Souviens-toi-en.
Dante leva la tête vers Ringo. Elle serra les dents, le cœur battant encore trop vite. Pour la première fois, elle sentit qu’elle n’était pas seulement une combattante… mais peut-être aussi une menace.
La fracture était ouverte.
Et le souffle de la bataille s’était enfin éteint des deux côtés.
Autour d’eux, le sol fumait encore là où les Styxiens s’étaient volatilisés. Des volutes d’énergie sombre s’élevaient dans l’air saturé d’ozone, mêlées à la pluie et à l’odeur du chaos.
Eugène surgit dans l’oreillette, son ton saccadé mais ferme :
— Dante, il faut partir tout de suite. Si vous restez, les poumons de la fille du Shinsengumi ne tiendront pas dix minutes.
Ringo leva un regard inquiet vers Dante, remarquant le sang qui coulait au torse.
— Tu peux marcher ?
Il eut un sourire en coin, malgré la douleur qui lui pliait l’échine.
— Pour toi, je peux même courir, plaisanta-t-il.
— T'es emmerdant. Je vais te casser la figure.
— J’ai connu pire. Retrouvons ma jolie bécane rouge dans tout ce bordel.
Elle fronça les sourcils face à son attitude, mais n’insista pas. Ensemble, ils se détournèrent du charnier, leurs pas éclaboussant la boue mêlée au sang noir. Kokuryu vibrait toujours dans la main de Ringo comme s’il refusait de se rendormir. Elle serra la garde et le rangea dans son fourreau, déterminée à ne rien montrer malgré l’inquiétude qui lui vrillait le ventre.
Prêt de l’entrepôt abandonné, Suzuki ramassait ses douilles une à une et le talisman brisé au sol. Le corps du Ravager se disloquait lentement, exhalant lui aussi une brume irrespirable. Delsin, le bras en écharpe, étouffa une quinte de toux.
— Ça pique les yeux et la gorge. On se tire ?
Suzuki acquiesça en rangeant ses cartouches et glissa Blue Rose dans son étui. Gintoki soupira, sa silhouette fatiguée se dessinant sous la pluie battante. Il récupéra son sabre en bois, trempé, pourtant toujours intact.
— Vous vivez vraiment dans un monde pourri.
La brune ne répondit pas. Elle réajusta sa ceinture de munitions autour de sa taille et fit signe à Delsin d’avancer.
To be continued...
© sueyeonie
SUEYEONIE'S TALK : J'ai relu les précédents chapitres aujourd'hui et je dois vous annoncer qu'il y avait des petites erreurs – erreurs que j'ai corrigé, désolée ! Si vous aviez déjà téléchargé les chapitres, je suis vraiment navrée. Comme quoi, on a beau relire plusieurs fois, même les petits détails sautent (purée, je suis sûre qu'il y en a encore...). Pour vous dire la vérité, il ne me reste plus que deux chapitres – déjà rédigés depuis l'an dernier – à poster. Après cela, ne vous étonnez pas s'il n'y a pas de chapitre 8 avant longtemps. J'ai mon storyboard mais je mets des plombs à écrire (et à me rerererelire), on va tenter de le sortir avant la fin du mois hein...