Shinigamis et Shinas, la nouvelle histoire
Chapitre 13 : Le capitaine Hitsugaya captif
4137 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 22/04/2026 14:45
-Vous étiez sur le point de tuer le seul être qui puisse répondre à nos questions...
Roka était fou d erage. Il était encore hanté par le combat qu’ils avaient livré contre les démons,et n’avait pas retrouvé toute sa raison. Ses yeux étaient emplis de sang, ses mains tremblaient.
-Je ne fais que mon travail, Shinas, répondit Wamura, qui n’était pas très à l’aise.
Le Shinigami de la deuxième division se demandait qui étaient ce jeune homme qui lui était tombé dessus au beau milieu de la forêt. Et Roka, qui l’interrogeait avec un regard peu amène, était particulièrement impressionnant : il était couvert de sang de la tête aux pieds.
-Je suis Shinigami de la deuxième division, ajouta Wamura.
-Merci, ironisa Roka, je sais que vous êtes un Shinigami...
Le jeune homme essaya de sa calmer. Il devait reprendre le contrôle de lui-même.
-Comment vous appelez-vous ? demanda-t-il.
-Wamura Piko de la deuxième division.
-Très bien. Wamura, vous êtes un excellent Shinigami. Le premier, je crois, qui ait eu l’occasion de voir Kenchiki Yu et de vouloir le tuer. Malheureusement pour vous, ou heureusement, d’ailleurs, c’était la dernière fois que vous l’attaquerai.
Le Shinigami haussa les sourcils.
-Vraiment ? Et pourquoi ?
-Parce que vous allez me le promettre tout de suite, si vous ne voulez pas que je vous réduise en morceaux.
Taro ne put s’empêcher de rire derrière eux.
-Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? s’exclama le soldat de la deuxième division, qui commençait à se dire qu’il était tombé sur un fou furieux.
Roka soupira. Il était épuisé. Et il n’avait pas envie de discuter.
Après tout, ce Shinigami n’avait pas l’air d’être un mauvais homme.
-Allons, prince Roka ! intervint Rukia en venant le prendre par le bras. Laisse ce Shinigami, nous lui expliquerons tout ça plus tard... Tu as besoin de te reposer. Nous avons tous besoin de nous reposer.
Roka ne résista pas, il se laissa entraîner par la jeune femme.
-Mais... Mais, balbutia Wamura derrière eux, je ne vais pas rester ici, moi... Je...
Il se tut immédiatement en voyant le regard de Roka qui venait de se retourner. La lueur dans les yeux du jeune homme en disait long sur son état de fatigue et sur la rage tapie derrière, encore prête à exploser.
-Wamura, dit Ichigo en s’approchant du Shinigami, pour le moment, tu vas rester avec nous. Demain, nous verrons.
Le Shinigami de la deuxième division hocha lentement la tête, bien convaincu cette fois que ses Shinas n’avaient plus leur raison.
-Eh bien moi, dit Taro, je vais faire un bon feu, et je suggère que nous mangions tous ensemble car nous en avons grand besoin. Ainsi que de bien dormir.
Et l’albinos s’exécuta aussitôt.
Au fur et à mesure que la soirée avançait, ils retrouvèrent tous un peu de calme. Le silence régna longuement, s’imposant de lui-même comme pour apaiser les esprits, puis les langues se délièrent pendant le repas, petit à petit. On oublia un peu le vacarme et le sang.
D’abord, Taro expliqua comment Rukia avait réussi à convaincre le commandant Yamamoto d’envoyer une garnison de Shinigamis à la poursuite des démons.
Roka les remercia d’un sourire. Il était heureux, lui aussi, de les revoir. Après tout, ils étaient sa seule attache avec le passé. Il présenta Ichigo à Taro.
Wamura, qui n’osait toujours pas parler, mais qui avait partagé leur repas, commençait vaguement à comprendre qui pouvaient bien être ces deux Shinas, et à faire le lien avec les discussions qu’il avait entendues ces derniers temps au sujet du prince des Shinas.
Les amis fermèrent les yeux les uns après les autres. Roka trouva enfin la paix e s’assoupit en espérant que les Shinigamis des divisions avaient rattrapé les Shinas renégats.
Car la bataille n’était pas encore finie.
C’est moi qui ait décidé de venir ici. Je crois. Je ne dors pas vraiment. Et pour la première fois je ne sens pas sa présence. Il n’est pas là. Darkness.
Non. Je ne dois pas dire son nom. Ne pas attirer son attention. Profiter de son absence.
Mais il y a autre chose. Pas une présence. Un vieux fantôme bien veillant. Qui connaît ce monde mieux que moi. King of the Underworld ? Non. Ce n’est pas lui. C’est autre chose. Quelqu’un d’autre.
-Roka.
Je me retourne. Rien. Juste une lumière étrange.
-Je suis là Roka, mais tu ne peux pas me voir.
Cette voix ! Il est ici, Zenkichi Yu.
-Pourtant, tout à l’heure, je vous ai vue.
-Oui.
-Comment faites-vous pour être dans mon âme ?
-Mon pouvoir à cette capacité, Roka ! Pourquoi désires-tu tant me voir ?
-Vous ne le savez pas encore ?
-Peut-être. Mais toi, en es-tu certain ?
-Oui.
-Tu veux sauver ton peuple ? Sauver ton monde ?
-Ne le sentez-vous pas ?
Je devine son sourire.
-Je t’attendais depuis longtemps, Roka. Hachiro et Sei étaient tes parents. Ton père avait promis ta venue. Tu es l’enfant du Grand Prêtre et de la Reine des démons.
-Je ne le fais pas pour mes parents, Yu. Je le fais pour mon peuple.
-Pour la Grande Prêtresse Eria qui t’a élevé ?
-Oui. Et pour les autres. Pour tous les Shinas.
-Pourquoi ?
-Parce que les Shinas ne doivent pas disparaître. Et parce que je veux croire qu’il y a un monde où la paix peut régner.
-Et pour les démons ? Les Yokai ? Veux-tu défendre aussi ceux-là ?
-Je veux défendre l’idée qu’ils peuvent changer.
-Tu as le cœur bon, Roka. Trop bon, peut-être. Et je ne sais pas si ces doux rêves pourront se réaliser. Je ne sais si tu pourras nous sauver.
-Nous ?
-Je suis comme toi, Roka, moitié Shinas et moitié Yokai. Voilà pourquoi j’ai été banni par les membres du Conseil.
-Je ne suis pas Yokai.
-Oui, tu es moitié Shinas par ton père et moitié vampire par ta mère.
-Je dois bien pouvoir faire quelque chose pour vous sauver ! Mon père ne vous aurait pas annoncé ma venue s’il n’y avait rien que l’on puisse faire !
-Je croyais que ta venue n’avait rien à voir avec lui...
-Je suis venu de mon plein gré, Yu. J’ai toujours voulu venir, au fond de moi.
-Tu suis ta propre voie ?
-J’essaie en tout cas. Ce que je sais, c’est que je veux aider les Shinas et les autres, Yu. C’est le seul sens que je trouve à ma vie, aujourd’hui. Dites-moi ce que je peux faire...
Il se tait. On dirait qu’il m’observe.
-Il y a un endroit...
-Oui ?
-Un endroit où le temps s’arrête. Où plus rien ne naît, et où plus rien de meurt.
-Où est-ce ?
-Dans le cœur de la terre. Un monde oublié qu’on appelait Wapix
-Wapix ? Je ne connais pas cet endroit. Mais je le trouverai pour vous, s’il le faut.
-Cela ne sera pas si simple, Roka. Je ne sais pas s’il est encore ouvert. Toutes les portes que je connaissais se sont refermées.
-J’en trouverai une autre ! Je vous ai bien trouvé, vous !
Il sourit.
-Oui, Roka. Je crois que tu en es capable.
-Je ferai tout mon possible, Yu.
-Alors trouve la porte de Wapix, Roka, et emmène-moi là-bas.
-Mais quand je l’aurais trouvée, comment vous emmener ?
-Il faudra suivre ma voix, Roka.
-Je ne suis pas sûr de comprendre...
-Tu comprendras. Tu comprendras, Roka. Mais avant tout, écoute ton instinct, écoute tes souvenirs, n’oublie jamais que tu es l’enfant d’un Shinas et d’un vampire et trouve la porte de Wapix. Et je te dirais tout sur tes origines et sur tes parents.
Il parle de façon si mystérieuse ! Que veu-il dire ?
Je dois lui faire confiance. Et je dois le rassurer.
-Je vous le promets, Yu.
La lumière vacille, Kenchiki Yu va partir, je le sens. Je voudrais le retenir. Mais il n’est plus ici. Déjà. Partie comme un souffle de vent.
Demain, nous partirons pour la Soul Society. Dès l’aube. Car les Shinigamis renégats ne sont plus loin. Ils sont à nouveau sur mes traces.
Ils ont tué les jeunes Shinas. Tué Hamano. Je le sens. Encore des vies perdues en mon nom, encore des sacrifices pour protéger ma route. Et il y en aura d’autres, je le sais maintenant. Mais je dois l’assumer. C’est le choix que je dois faire. Nous tomberons pour sauver d’autres vies. Nous périrons pour sauver le monde de demain.
Demain, Taro, Ichigo et Rukia partiront avec moi. Nous y arriverons ensemble.
Et Wamura ? Que faire de lui ? C’est un Shinigami qui n’a pas l’air d’apprécier les Shinas. Mais néanmoins un honnête jeune homme. Il pourra m’aider.
La flèche était entré dans son flanc gauche et s’était brisée à l’intérieur. La mâchoire crispée, les yeux fermés, il tentait de contenir la douleur et de ne pas hurler. Allongé dans le sous-toit d’un bâtiment en flammes, Tôshirô Hitsugaya sentait les gouttes de sueur couler le long de sa tempe. Il inspira profondément en essayant de ne pas faire du bruit. Il pouvait les entendre, là, en bas, si près de lui. Il referma ses deux poings sur le bout cassé de la flèche, serra les dents et tira dessus. Il fut aussitôt secoué d’un spasme de douleur si violent qu’il lâcha instinctivement la hampe. Impossible à l’enlever. Cela lui faisait trop mal. La pointe lui déchirait le ventre. Il porta les mains à sa bouche et se mordit les doigts pour détourner sa souffrance.
Combien de temps allait-il pouvoir rester ici ? Il faisait si chaud ! il tourna lentement la tête. De la fumée sortait d’entre les lattes du plancher. Le sous-toit tout entier n’allait pas tarder à brûler lui aussi, et à s’écrouler sans doute. Dans la rue, on entendait les ordres d’une personne, le crépitement des flammes et le cri des autres Shinigamis qui se faisaient massacrer...
Il devait s’enfuir.
Il se tourna sur le côté droit, ramena ses genoux vers sa poitrine et essaya de se redresser. Chaque mouvement lui faisait atrocement mal, mais il n’avait pas le choix. S’il restait ici, il allait mourir brûlé ou écrasé dans les décombres. Il posa une main sur le mur de pierre à côté de lui, planta ses ongles dans les interstices et parvint enfin à se lever. Il baissa les yeux. Le sang avait coulé abondamment sur ses vêtements et sur le sol. Il souffla, reprit a respiration puis fit quelques pas vers la petite lucarne qui donnait sur la rue principale. Il se recula aussiôt. Ils étaient encore là, juste en dessous. Il avait tout juste eu le temps de voir leurs uniformes. Et les cadavres à leurs pieds, éparpillés sur la chaussée.
Le capitaine de la dixième division comprit que plus il attendait, plus ses chances de s’en sortir s’amenuisaient. Quand il aperçut les premières flammes de l’autre côté du sous-toit, il fit volte-face et partit vers le mur opposé. Il y avait là une ouverture, par laquelle on faisait monter les vivres. En bas, une ruelle déserte. Il s’assit sur le rebord, rassembla ses dernières forces et se laissa tomber dans le vide.
Ils étaient entrés dans la ville de Yedo au petit matin, dans le monde des Shinas, quelques instants avant que le soleil n’éclaire d’une seule grâce les hauts remparts orangés. Ils avaient traversé la ville au pas de course, les uns derrière les autres, comme une colonie d’insectes remonte la fourmilière. Leurs uniformes de Shinigami. Puis tout s’était tu, un bref instant. Le silence pesant qui sépare l’éclair de l’orage. Debout, ils avaient attendu en cercle tout autour du quartier de la tour nord, là où Tôshirô avait été envoyé en mission. Les flammes crépitaient au bout de leurs flambeaux, grondaient à chaque sursaut de la tramontane. Mais leurs mains ne tremblaient pas.
Il avait suffi d’un regard, et la cité s’était embrasée. A l’instant précis où les premiers rayons du soleil avaient allumé la grande ville de pierre.
Ils avaient d’abord mis le feu à la haute tour du nord. Puis les flammes avaient gagné les maison avoisinantes, sans distinction. Quand les premiers hurlements retentirent, l’incendie avait déjà atteint le sommet de la tour et l’on vit des hommes et des femmes se jeter dans le vide.
Encerclant le secteur, ils les avaient empêchés de sortir, coupant la tête de certains qui s’enfuyaient, renvoyant les autres vers les flammes. Les sabres s’étaient abattues sans pitié, réfléchissant la lumière jaune de l’immense incendie avant de trancher les membres dans de grandes gerbes de sang. Quelques flèches avaient volé puis disparu dans la fumée noire. La tuerie ne faisait que commencer.
Avant le milieu de la journée, le quartier tout entier n’était plus qu’un charnier couvert de ruines. L’odeur infâme des corps brûlés empestait déjà l’air de la ville et la fumée dans les ruelles cachait la couleur du ciel. On ne pouvait dire s’il faisait encore jour. Les derniers murs de pierre, toujours debout au milieu des vapeurs, se drapaient du noir endeuillé de la suie.
Quelques survivants incrédules sanglotaient au milieu des décombres. Leurs larmes laissaient de longues traînées sur leurs joues, comme des traces de sang noir. Ils restaient immobiles et silencieux, à genoux, les épaules résignées, attendant peut-être leur tour.
On ne saura jamais combien périrent ce jour-là dans les flammes. Plusieurs centaines sans doute. Peut-être un millier. Des familles entières, des enfants...
Une silhouette apparut de l’autre côté des flammes, sur la grande place de Yedo. L’homme avait traversé l’esplanade et observait ce spectacle, perché sur un muret en pierre. Il resta un long moment à évaluer la scène qui se jouait encore sous ses yeux, puis, lentement, il se retourna vers les quelques hommes qui attendaient derrière lui.
-Trouvez un survivant parmi les Shinigamis venus aider ces Shinas, et amenez-le moi !
Le visage de Gaku Koike semblait chaque jour un peu plus dur, sans la moindre trace de pitié. Ses cicatrices et ses traits burinés témoignaient du nombre de ses combats passés. Il était encore un guerrier robuste, résistant et assuré, et le désir de vaincre n’avait quitté ni son cœur ni son regard. Il traversa le champ de ruines enfumé sans adresser un seul regard aux derniers survivants qui le virent s’éloigner vers le cœur de la ville.
Tôshirô Hitsugaya roula sur le petit chemin de terre en criant de douleur. Il resta un moment recroquevillé, les mains pressées contre son flanc gauche. Quand il parvint à surmonter sa souffrance, il ouvrit les yeux et jeta un rapide coup d’oeil des deux côtés de la ruelle. Personne... pour le moment.
La fumée qui avait envahi la ville semblait danser au gré du vent léger et se glisser malicieusement dans le passage. A droite comme à gauche s’élevaient de hautes flammes. Par terre, du bois brûlé, des gravats. Le Shinigami se frotta le visage d’un revers de manche. Il se leva péniblement, hésita un instant, puis partit vers le sud. Fuir. Il ne pouvait rien faire d’autre.
Le dos courbé, il marchait vite, courait presque, les mains baignées de sang, croisées sur sa plaie. Chaque fois que ses pieds heurtaient le sol, le choc remontait jusqu’à sa blessure et réveillait la douleur. Ce n’était plus la chaleur de l’incendie qui portait à son front des gouttes de sueur, mais la souffrance pure, la torture que lui infligeait ce petit bout de bois niché dans ses entrailles. Les murs défilaient à côté de lui. Il courait sans réfléchir, espérant seulement que la délivrance serait là, au bout du chemin.
Soudain, il vit une silhouette par-delà la fumée. Il se précipita sur le côté de la ruelle et se cacha dans un renfoncement. Un Shinigami mais ennemi ! Hitsugaya pencha la tête pour jeter à nouveau un coup d’oeil. L’ennemi avançait vers lui à présent. Rapidement. Il avait dû le voir.
Le blessé n’attendit pas un seul instant. Il fit demi-tour et partit en courant dans l’autre sens. Il grimaça. La douleur devenait insupportable. Mais il fallait courir. Il ne pouvait pas se battre.
Il entendit bientôt les pas du Shinigami derrière lui, plus rapides, bien sûr. Tôshirô pesta. Ses jambes lui semblaient de plus en plus lourdes, ses pieds traînaient dans la terre ocre. Il perdait toujours beaucoup de sang, et sa vue se troublait encore davantage. Il se demandait s’il n’allait pas perdre connaissance avant même que le Shinigami ne le rattrape. Non, il fallait résister. Le bout de la ruelle n’était plus très loin. Il avait encore une chance de se cacher. Peut-être pourrait-il escalader une tour et monter sur remparts de la ville. En aurait-il vraiment la force ?
Mais, avant même d’atteindre le bout de la ruelle, il fut interrompu dans sa course par l’apparition soudaine d’un second Shinigami ennemi. Encore plus proche, celui-ci ; droit devant lui.et il n’y avait pas d’autre issue. Aucune ouverture, aucune brèche. Les deux ennemis l’avaient cerné et fonçaient sur lui comme deux chiens en chasse.
Il ne pouvait plus rien faire. À part utiliser, avec le peu de force qu’il lui restait, son Shikai.
-Enroule-toi sur les cieux gelés, Hyôrinmaru !
Son Zanpakutô s’agrandit et une lame en forme de croissant était attachée à sa poignée par une longue chaîne en métal.
-Ryôjin Hyôheki !
Le capitaine de la dixième division créa un mur de glace en tissant plusieurs fines couches de glace les unes sur les autres afin de se protéger. Mais l’un des ennemis utilisa un kidô et brisa le mur.
Inutile de résister. Le capitaine Hitsugaya se laissa tomber sur les genoux. Il savait à présent qu’il allait mourir.
Il ferma les yeux et sourit. Attendant le coup fatal. Le tranchant de la lame. Comme une libération. Mais le coup ne vint pas. Il sentit soudain une main se poser sur son épaule.
-Debout ! lâcha l’un des deux Shinigamis, la voix pleine de mépris. Le capitaine veut vous voir !
Tôshirô Hitsugaya ouvrit les yeux, perplexe. Il vit le visage des deux hommes au-dessus de lui. Leurs regards. Ils semblaient déçus de ne pas le tuer sur place. Si seulement ils savaient qu’il aurait préféré, lui aussi, en finir ici, maintenant.
-Capitaine Tôshirô Hitsugaya, je vous prie de bien ouvrir ouvrir cette porte dimensionnelle.
Les Shinigamis renégats avaient quitté les lieux le jour même de son assaut, abandonnant le cœur dévasté de la cité de Yedo sans se préoccuper des suites de l’incendie. Les Dieux de la mort étaient déjà loin quand les dernières flammes s’éteignirent au milieu des corps et des décombres. Sans remords, ils avaient laissé s’évanouir derrière eux l’écho des pleurs et des douleurs.
Installé depuis plusieurs jours dans un vieux bâtiment, le capitaine Koike avait essayé en vain de tirer des aveux du jeune homme qu’il avait fait prisonnier sur le prince des Shinas.
-Et si je ne répondais pas favorablement... répondit une voix au fond de la geôle obscure.
Un visage sortit lentement de l’ombre, tuméfié, barré de plaies humides, un oeil fermé. L’homme respirait péniblement, recroquevillé contre le mur de pierre froid. On avait rapidement soigné la blessure à son flanc gauche, mais il avait été roué de coups et souffrait sans doute plus encore.
-Si vous n’ouvrez pas cette porte, j’ai bien peur de devoir recouvrir à d’autres moyens.
Le jeune capitaine aux cheveux blancs toussota. On ne pouvait dire si c’était un rire cynique qui se coinçait dans sa gorge ou un râle de douleur.
-Vous m’avez tant frappé que, même si je l’avais voulu, je n’aurais rien pu vous dire!
-Cela ne change rien. Je sais que vous savez où se trouve le prince Roka et ce qu’il recherche !
-Vos compagnons ne sont pas venus nombreux pour vous sauver, n’est-ce pas ? ajouta Gaku Koike, moqueur. Les divisions ne favorise guère une grande fraternité...
-Nous ne croyons pas à la violence comme moyen de résoudre nos problèmes. Et de toute façon, il serait inutile de lutter contre des gens comme vous...
-Je suis content de vous l’entendre dire.
-Vous pouvez nous tuer, nous enlever la vie, mais vous ne nous enlèverez jamais notre courage...
Le capitaine Koike éclata de rire.
-Quel beau discours ! railla-t-il. C’est émouvant. Toutefois, quand vous aurez tous péri, je ne suis pas certain que votre prétendu courage aura la moindre importance... Allons, assez discuté.
Le capitaine Koike referma la grille derrière lui et s’éloigna d’un pas rapide.
Tôshirô Hitsugaya poussa un long soupir et essaya de s’endormir. Il ne pouvait rien faire de mieux, en attendant la mort. Attendre, et espérer que son âme trouve une vie meilleure.
Ce matin-là, pendant que les Shinigamis renégats préparaient l’exécution à Yedo, Gaku Koike était dans la bibliothèque en attendant l’exécution de Tôshirô Hitsugaya.
Pensif et grave, assis devant une petit table de la grande pièce emplie de livres, les coudes posés devant lui, il regardait dans le vide, les poings serrés sous le menton. Il n’y avait pas un seul bruit dans la grande salle. La plupart de ses hommes étaient partis et ce silence était apaisant. Le capitaine Koike avait besoin de calme. Il voulait prendre du recul pour analyser les choses, comment elles avaient évolué.
Les réponses à ses questions tardaient à venir, malgré le silence propice à la réflexion. Sans doute n’arrivait-il pas à s’extraire de ce qui l’attendait aujourd’hui. La journée serait longue. Et il allait bientôt devoir quitter Yedo.
Il avait ordonné que Tôshirô Hitsugaya soit exécuté sur la grande place de Yedo. Il voulait que son exécution serve d’exemple, pour prouver la détermination de Koike. Yedo ne s’était pas encore remise de l’assaut qu’avait mené contre elle le capitaine Gaku Koike.
Après l’échec de la capture du jeune prince Roka, Gaku Koike tenait à refaire la preuve de son zèle et de sa valeur. Non seulement Arata Bando avait été déçu par la défaite du Shinigami, mais des critiques étaient apparues au sein même de ses hommes. Après la rébellion d’Hamano, que Koike avait été obligé de tuer de ses propres mains, plusieurs Shinigamis s’étaient permis de désapprouver ouvertement le capitaine Koike. Cela ne se reproduirait pas. Gaku Koike s’en était assuré. Il avait durci son discours.
Gaku Koike en était là de ses pensées quand un SHinigami entra soudain dans la bibliothèque. Le Capitaine sursauta. Il avait demandé qu’on ne le dérange pas avant la fin de la matinée.
-Que se passe-t-il ? grogna-t-il en se levant.
-Capitaine Koike, répondit le Shinigami en saluant son supérieur, Tôshirô Hitsugaya a disparu.