Là où s'éteignent les mondes
La salle de briefing vibrait d’une tension électrique. Le ronronnement des générateurs, les cliquetis des projections holographiques et l’odeur persistante de café froid donnaient l’impression d’un lieu suspendu entre veille et combat. Les néons blafards projetaient une lumière dure sur les trois pilotes alignés au premier rang : Lee, droit comme un pilier, les bras croisés contre son torse ; Mia, légèrement en appui sur l’épaule de son amie, le visage fermé mais les yeux d’une netteté glaciale ; Kara, mâchoire serrée, un sourire insolent accroché aux lèvres malgré la fatigue. Adama se tenait devant eux, silhouette massive, presque immobile, donnant à la pièce une gravité supplémentaire. Sur l’écran, la carte tactique holographique pulsait comme un cœur mécanique.
« C’est une raffinerie, » dit-il d’une voix basse, rauque.
Son doigt glissa sur la représentation de la structure Cylon, gigantesque, tentaculaire.
« L’une des plus grosses de leur flotte. Si on détruit ça… on leur coupe l’essence. »
Les ombres dansaient sur le visage de Kara. Son sourire s’étira.
« J’aime déjà ce plan. »
Mia plissa les yeux, un pli de concentration barrant son front. La lumière bleutée du projecteur se reflétait dans son regard.
« Ils vont nous attendre, » dit-elle calmement. « Ils savent que c’est exactement ce qu’on ferait. »
Un silence bref suivit. Adama tourna la tête vers elle, la fixant comme s’il évaluait son mental, ses blessures, son endurance.
« C’est pour ça que ce sera avec vous trois. »
Son regard se posa tour à tour sur Lee, Kara, Mia.
« Lee. Kara. Mia. »
Le nom de Mia prononcé avec autant de gravité fit vibrer un fil invisible entre eux. Kara haussa un sourcil, l’expression mi-amusée, mi-exaspérée.
« Une mission suicide, donc. »
Adama eut un sourire rare, presque imperceptible, mais il éclaira son visage comme un éclair étrange dans la pénombre.
« Une mission… efficace. »
Roslin, jusqu’ici restée légèrement en retrait, avança d’un pas. La lumière douce des éclairages muraux glissa sur ses lunettes. Elle posa une main délicate sur le bras d’Adama. Un geste discret, mais pas assez pour passer inaperçu.
« Je crois en vous. Tous les trois, » dit-elle avec une chaleur qui contrastait violemment avec la froideur du plan qu’on venait de leur annoncer.
Kara se pencha vers Mia, sans lâcher des yeux le duo Roslin–Adama.
« Ils flirtent, » murmura-t-elle, expression horrifiée. « Je vais vomir. »
Mia se mordit la lèvre pour étouffer un rire. Un de ces rires nerveux qui naissent juste avant une mission où l’on sait qu’on peut mourir. L’hologramme continuait de pulser devant eux, lumineux, implacable. La guerre, elle, ne leur laissait pas le choix.
Le hangar vibrait comme un cœur d’acier. Des Vipers alignés en rang serré, leurs coques encore tièdes du dernier entretien. Des mécanos couraient d’un appareil à l’autre, silhouettes nerveuses dans la lumière blanche et crue des projecteurs suspendus. Au centre de ce chaos organisé, Tyrol trônait comme un général sur son champ de bataille. La clef anglaise dans une main, un datapad dans l’autre, la sueur lui collant les cheveux au front.
« Je veux ces Vipers en parfait état ! » tonna-t-il. « Si quelqu’un a oublié de serrer une vis, je le fais passer à la friteuse ! »
Un jeune mécano se ratatina, levant timidement la main.
« Chef… euh… Ellen Tigh dit que... »
La clef anglaise vola, rebondissant contre une cloison métallique avec un bruit retentissant.
« Je m’en fous de ce que dit Ellen Tigh ! On bosse ! On BOSSE ! »
À cet instant, Kara entra dans le hangar, son casque sous le bras, sourcil insolent levé vers le plafond comme si elle évaluait la gravité du drame Ellen.
« Chef, t’es sexy quand t’es énervé. »
Tyrol, déjà au bord de l’explosion, fit un arrêt net. Un sourire involontaire arracha un coin de sa joue.
« Ouais, ouais… baratine pas. Toi, tu reviens en un seul morceau, compris ? »
Kara tapa son épaule du bout des doigts.
« Je reviens pour toi. »
Une seconde suspendue. Une vérité qui passe trop vite. Puis elle s’éloigna, boitillant légèrement, son odeur de carburant et de café froid flottant encore autour. Tyrol la suivit du regard, les entrailles serrées. Mia, arrivée derrière lui, regarda la scène, les yeux pétillant d’amusement.
« Vous deux… c’est quelque chose, » lança-t-elle.
Tyrol se retourna, exaspéré.
« Toi, Serak, tu vas arrêter de faire des théories, hein ? On a déjà assez de Cylons à bord. »
Mia croisa les bras, faussement sérieuse.
« Très bien. Alors parlons plutôt du vrai mystère du jour. »
Tyrol grogna.
« J’ai peur de demander… »
Elle se pencha un peu, dramatique :
« Où est Ellen ? Parce que personne ne l’a revue depuis son “test”, et ça commence à sentir la catastrophe. »
Tyrol soupira.
« Pas mon problème. Avec un peu de chance, elle est allée se saouler dans un coin et... »
Une voix s’éleva derrière eux :
« En fait… on l’a retrouvée. »
Kara, revenue comme un mauvais présage, croisa les bras, l’air dégoûté. Mia s’attendait au pire. Elle ne fut pas déçue. Kara pinça les lèvres, réprimant un rire incrédule.
« Dans la cabine de Baltar. »
Mia cligna des yeux.
« …surprise ? »
« À moitié nue, étalée sur son lit, » ajouta Kara, le visage figé dans une expression traumatisée. « Attendant son retour. Genre… sirène de l’apocalypse. »
Mia porta une main à sa bouche, suffoquant d’un fou rire qui dérapa vite.
« NON. »
« Oh, si. Presque une peinture classique. Il paraît que Baltar a hurlé. Un vrai cri du cœur. »
Mia éclata franchement de rire.
« Mais… pourquoi Baltar ?! »
Kara haussa les épaules.
« Je sais pas. Peut-être que Tigh ne suffisait plus ? Peut-être qu’elle voulait tester son détecteur elle-même ? Ou peut-être... »
Tyrol coupa, désespéré :
« S’il vous plaît. J’ai déjà vu trop d’horreurs aujourd’hui. »
Mia, toujours hilare :
« Je comprends mieux pourquoi elle a disparu. Moi aussi, j’aurais honte. »
Kara tapa son épaule.
« Allez, Bloodstar. On va sauver la flotte. Et peut-être… la dignité de Baltar. »
Mia essuya ses larmes de rire.
« Trop tard pour ça. »
Les deux femmes s’éloignèrent, unies dans un humour grinçant qui faisait presque oublier la mission suicide à venir. Tyrol, seul au milieu du hangar, secoua la tête.
« Par les dieux… on va tous mourir. »
La salle de briefing bourdonnait d’une tension électrique. Les parois métalliques vibraient légèrement sous le ronronnement continu des moteurs du Galactica, et la grande table holographique projetait des formes bleutées sur les visages concentrés. Gaeta fit pivoter un schéma complet de la raffinerie Cylon. Les lignes lumineuses dessinaient des anneaux d’énergie, des conduits externes, et deux énormes réservoirs pulsants.
« La raffinerie possède deux points faibles principaux », annonça-t-il en agrandissant la vue.
Son doigt glissa dans l’air, traçant un cercle lumineux autour d’une structure fragile.
« Mais le meilleur angle d’approche… est impossible sans diversion. Les défenses ici et ici... » un second cercle apparut « … créeraient un mur de feu. Aucun Viper ne tiendrait. »
Lee se pencha, bras tendus sur la table, le regard durci par la concentration. La lumière bleutée accentuait les cernes sous ses yeux.
« Alors on crée une diversion. » dit-il. « Massivement. »
Mia, en face, croisa lentement les bras. Sa respiration se calma, ses pupilles s’aiguisèrent. C’était son terrain : le calcul, la stratégie, l’instinct affuté du pilote.
« Je peux porter la fausse attaque avec Kara, » proposa-t-elle avec assurance. « On fonce dans le paquet en première ligne, on les fait réagir, on déclenche leur contre-feu… et Lee passe derrière, invisible dans leur angle mort. »
L’hologramme se reconfigura autour de ses paroles, comme si le système approuvait son plan. Gaeta releva les yeux, impressionné, hochant la tête avec énergie.
« Exactement ça. C’est risqué mais… c’est la seule option viable. »
Kara, appuyée nonchalamment contre le mur, fit un pas vers Mia et lui claqua l’épaule d’un geste sonore.
« Voilà pourquoi je t’adore, Bloodstar. »
Son sourire était franc, presque tendre.
« T’es née dans un simulateur de bataille. Même pas besoin de te brancher pour que ton cerveau enclenche les scénarios. »
Mia eut un sourire qui éclaira ses traits fatigués. Une lueur de fierté, discrète mais réelle. Autour d’eux, le hologramme baignait tout en bleu, respirant comme un cœur artificiel prêt à être brisé. Lee, lui, l’observait. Pas un mot. Pas une expression trop évidente. Mais dans la façon dont ses épaules s’étaient légèrement détendues, dans la chaleur nouvelle dans son regard… On voyait clairement qu’il pensait exactement la même chose que Kara. Mia était brillante. Et indispensable.
Le hangar vibrait d’un grondement continu. Des mécanos couraient entre les Vipers, des outils tintaient, des câbles pendaient encore des réacteurs en maintenance. Les lampes industrielles projetaient une lumière froide, presque clinique, où chaque poussière semblait danser au-dessus du sol métallique. Au centre de ce chaos parfaitement orchestré, Mia ajustait ses gants. Ses doigts tremblaient légèrement. Pas assez pour être visibles à distance, mais assez pour qu’elle le sente. Excitation. Peur. Adrénaline pure qui lui chauffait les veines. Elle prit une inspiration.
« Mia. »
La voix la fit sursauter. Lee venait d’atterrir derrière elle, silencieux malgré sa combinaison lourde. Ses yeux bleu-gris brillaient sous les néons, mélange de tension et de détermination. Il s’approcha, doucement, comme s’il avait peur de trop brusquer l’instant. Elle se retourna. Et son cœur manqua un battement.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il, les sourcils légèrement plissés.
Elle tenta un sourire qui trahissait son propre trouble.
« Un peu nerveuse. » avoua-t-elle. « On fonce quand même dans une raffinerie Cylon, Lee. Si t’es pas nerveux… tu mens. »
Une étincelle amusée passa dans son regard. Il fit un pas de plus. Presque trop près.
« J’ai confiance en toi. » dit-il, d’une voix basse et sincère qui aurait pu briser n’importe quelle défense.
Mia baissa les yeux, soudain incapable de soutenir son regard.
« Merci. » murmura-t-elle, la gorge un peu serrée.
Un silence se forma entre eux. Dense. Chargé. Puis...
« ON PEUT ARRÊTER LES ÉCHANGES DE PHÉROMONES ? »
Kara surgit derrière eux comme une explosion en plein hangar. Casque sous le bras, béquille dans l’autre, mauvaise humeur réglée sur « chronique ». Mia et Lee bondirent chacun d’un pas dans des directions opposées, rouges jusqu’aux oreilles. Kara les dépassa en roulant des yeux.
« Sérieux. On a une bataille à gagner, pas une télénovela à tourner. Bougez-vous. »
Elle continua sa route sans attendre de réponse, laissant derrière elle un Lee désemparé… et une Mia en feu sous son uniforme. Le hangar, lui, continuait de vibrer. Mais maintenant, deux cœurs battaient plus vite que les moteurs.
Les trois Vipers étaient alignés sur la piste d’envol, silhouettes fuselées prêtes à fendre le vide. Le sol vibrait sous leurs trains d’atterrissage, caressé par les vibrations des réacteurs en préchauffage. Au-dessus d’eux, les passerelles du hangar étaient baignées d’une lumière blanche et crue, flottant dans une brume légère d’huile chaude et de poussière en suspension. Lee s’avança le premier vers son appareil, sa combinaison reflétant les néons du plafond. Il posa une main sur le fuselage, un geste presque rituel.
« Apollo. » dit-il en se hissant dans son cockpit, voix calme mais ferme.
À sa gauche, Kara remontait la passerelle d’accès avec son allure nonchalante habituelle, malgré la douleur qu’elle portait encore dans la jambe. Elle se retourna vers lui, un sourire carnassier accroché aux lèvres.
« Starbuck. »
À droite, Mia ajustait son casque, concentrée, le regard fixé sur les étoiles qu’elle s’apprêtait à rejoindre. Les lumières bleutées du hangar se reflétaient dans ses yeux, leur donnant une intensité presque surnaturelle.
« Bloodstar. » lança-t-elle, la voix assurée, malgré le battement nerveux sous sa peau.
Tyrol, les mains encore noires de graisse, s’approcha du Viper de Kara. Il posa le plat de sa main contre le flanc du cockpit, un geste fort, chargé d’une protection silencieuse.
« Reviens-moi, Kara. »
Elle lui tira la langue avec insolence. Puis, juste avant de refermer sa verrière, son expression se radoucit. Un bref sourire, intime, sincère.
« Toujours. »
Lee referma son cockpit dans un claquement net, les vitres filtrant la lumière du hangar. Il inspira profondément, le visage fermé par la concentration.
« Escadrille : décollage. On y va. »
Un à un, les moteurs s’illuminèrent, rouges, puis blancs, puis bleus, le rugissement des propulseurs avalant presque tout autre son. Le hangar entier vibrait sous la puissance libérée, les mécanos protégeant leurs visages du souffle brûlant. Un signal lumineux clignota. Passerelle dégagée. Couloir libre. Dans un grondement presque animal, Apollo, Starbuck et Bloodstar s’élancèrent ensemble. Leurs Vipers quittèrent le sol comme des flèches d’acier, avalant la piste avant de disparaître dans le noir profond de l’espace. Trois ombres. Trois feux. Trois destins alignés.
Le CIC vibrait d’une énergie tranchante, chaque console illuminant les visages crispés des officiers. Les écrans pulsaient de rouge et d’orange, silhouettes mécaniques en mouvement rapide. Gaeta ajusta ses lunettes, les doigts glissant frénétiquement sur le tableau tactique.
« Flotte Cylon détectée. » annonça-t-il, la voix tendue. « Ils se déploient ! »
Un frisson parcourut la pièce. Adama se redressa dans son fauteuil, les mains agrippées aux accoudoirs métalliques, l’expression fermée comme un verrou.
« Lee, c’est à toi. »
Dans son Viper, Lee sentit son cœur cogner contre sa combinaison. Il activa son micro, la voix basse mais stable.
« On active le plan. Starbuck, Bloodstar : vous prenez la droite. »
Le bruit du vent spatial filtrait dans le cockpit, un sifflement léger mais anxiogène.
« On est dessus, Capitaine. » répondit Kara, son sourire audible dans le ton.
Elle vira brusquement, ses propulseurs décrivant un arc lumineux bleu. Mia ajusta sa formation, ses mains crispées sur le manche, ses yeux bleu lagon fixés droit devant, prêts à affronter l’enfer.
« Lee… reste en vie, d’accord ? »
Sa voix trembla juste un peu. Juste assez pour que Lee l’entende. Juste assez pour lui traverser la poitrine comme une lame douce. Un silence. Un battement suspendu entre deux explosions. Puis :
« Promis. »
Un mot simple. Un serment brûlant. Les trois Vipers synchronisèrent leurs trajectoires, formant une pointe de flèche parfaite. Les étoiles tournoyèrent autour d’eux, avalées par les traînées des Raiders qui jaillissaient en ligne serrée. Kara cria :
« Accrochez-vous ! »
Mia verrouilla sa cible. Lee ouvrit la voie. Ils plongèrent ensemble dans la mêlée, comme trois éclairs déchirant le vide.
Les Raiders jaillirent du vide comme une nuée d’insectes métalliques, leurs silhouettes effilées avalant la lumière des étoiles. Ils plongeaient, remontaient, tourbillonnaient en formation serrée. Un essaim meurtrier. Kara fut la première à les percuter. Ses moteurs rugirent, traçant une gerbe bleutée dans le noir. D’un geste sec, elle fit pivoter son Viper, verrouilla trois cibles à la vitesse de l’éclair et tira. Trois explosions en séquence illuminèrent la verrière de son cockpit. Elle éclata de rire, un rire sauvage.
« HAH ! Allez, venez, les grille-pains ! »
Mia n’eut pas le luxe de savourer l’entrée spectaculaire de Kara. Deux Raiders s’étaient verrouillés à ses six heures, leurs tirs frôlant son aile droite en gerbes rouges. Elle plongea, spirala, son souffle court à chaque oscillation de son Viper. Les alarmes stridulaient, un chœur mécanique qui martelait ses tempes. Dans son oreillette, la voix de Lee fendit le chaos :
« Mia, derrière toi ! »
Elle jeta un regard rapide derrière elle. Les deux Raiders se rapprochaient comme des prédateurs. Mia serra les dents, tira brusquement sur le manche et fit pivoter son Viper en un virage serré qui plaqua son dos au siège. Elle verrouilla les deux cibles. Son doigt appuya. Double impact. Double explosion. Les débris lumineux dérivèrent dans son sillage. Mia haleta, l’adrénaline encore brûlante dans sa gorge.
« J’ai appris avec la meilleure. »
Kara répondit instantanément, outrée pour la forme :
« Tu veux dire moi ? »
« Oui, toi. » admit Mia, un sourire audible dans le micro malgré le chaos.
Kara gloussa, presque tendre malgré la bataille.
« Comme c’est mignon. Mais concentre-toi, Bloodstar. On n’est qu’au début. »
Autour d’elles, le vide s’embrasait de lasers rouges et de traînées de fumée, la bataille ne faisant que commencer.
Par le flanc gauche de la mêlée, un Raptor fendit soudain le chaos. Ses moteurs vibraient d’une lueur bleutée, sa silhouette trapue contrastant avec l’élégance effilée des Vipers. La voix de Boomer éclata dans les communications, tendue mais déterminée :
« Ici Boomer ! Je vois une ouverture… je prends le tir ! »
Dans le CIC, tous les regards se tournèrent vers l’écran tactique. Un Raider lourd, bardé de conduites externes, zigzaguait entre les tirs ennemis : un avion-réacteur, la pièce maîtresse de la raffinerie. Un tir mal placé et toute la zone deviendrait un enfer. Gaeta se pencha sur sa console, les doigts crispés sur le clavier.
« Attention, Boomer ! Trop près du réacteur… »
Mais Boomer avait déjà verrouillé sa cible. Son Raptor vibra d’un coup sec. Une lumière blanche jaillit sous sa verrière. La torpille fila droit vers le cœur métallique du Raider. Pendant un instant, le vide sembla retenir son souffle. Puis, une explosion colossale déchira l’obscurité. Un soleil miniature illumina les flancs du Raptor et projeta des reflets brûlants sur les cockpits de tous les Vipers. Les Raiders proches furent soufflés comme des feuilles dans un ouragan. Dans le CIC, Gaeta resta bouche bée, les yeux écarquillés.
« Elle l’a eu… elle l’a VRAIMENT eu ! »
Même Adama eut un sourire incrédule, presque fier.
« Bon travail, Lieutenant. »
Le silence tomba une demi-seconde dans le Raptor. Puis la voix de Boomer revint, tremblante… trop tremblante.
« Merci… commandant. »
Un frisson passa dans les transmissions. Dans son cockpit, Mia fronça les sourcils. Un réflexe instinctif, animal. Ce qu’elle venait d’entendre dans la voix de Boomer… ce n’était pas comme d’habitude. La première fois, quand Sharon lui avait parlé de ses flashs, Mia avait eu peur. Une peur franche, brute, celle qu’on ressent devant quelque chose qu’on ne comprend pas. La deuxième fois, ça l’avait inquiétée. Vraiment. Et pourtant… cela les avait rapprochées. Deux esprits cabossés trouvant l’une dans l’autre un écho inattendu. Mais là, cette intonation, ce tremblement, cette façon de dire « Merci… commandant »… Ce n’était pas de la peur. Ce n’était pas du doute. Ce n’était même pas humain. Les poils des bras de Mia se hérissèrent sous la combinaison, comme si son corps comprenait avant son esprit que quelque chose n’allait pas. Une alarme muette, organique. Un instinct de pilote. Un instinct de survivante. Elle déglutit, les yeux fixés sur l’espace qui se refermait autour d’eux. Quelque chose clochait. Vraiment. Terriblement. Et pour la première fois… Mia eut l’impression que Boomer lui échappait. Glissant dans un endroit où elle ne pouvait plus la suivre.
Deux Raiders surgissaient comme des ombres acérées, jaillissant de l’angle mort de Lee. Leurs coques sombres scintillaient sous les éclats de la bataille, silhouettes de métal prêtes à fondre sur leur proie. Le verrouillage sonore retentit dans le casque de Mia : bip-bip-bip, strident, urgent. Son sang se glace.
« LEE ! PIQUE À GAUCHE ! » hurla-t-elle, la voix brisée par l’adrénaline.
Mia vit son Viper hésiter une fraction de seconde, si brève qu’elle aurait pu passer inaperçue. Mais elle la ressentit comme une éternité. Une respiration suspendue. Un battement de cœur de trop. Puis Lee obéit. Son appareil plongea brusquement à gauche, les propulseurs hurlant lorsqu’il coupa la trajectoire des Raiders. L’espace se tordit autour d’eux dans un tourbillon de lumière et de flammes.
Le premier Raider tira. Son rayon frôla le cockpit de Lee et fila droit dans le vide. Le second, surpris par la manœuvre, percuta la traînée d’explosion d’un Viper voisin et se désintégra dans une boule de feu blanche. La détonation illumina leurs cockpits. Le souffle vibra contre leurs coques. Lee respira enfin, un halètement court, proche du choc.
« Merci, Mia… » souffla-t-il, la voix tremblante malgré lui. « Tu viens de me sauver. Encore. »
Dans son cockpit, Mia relâcha la pression sur les commandes. Ses paumes étaient moites. Son cœur battait trop vite. Elle sourit. Un sourire nerveux, tendu, mais vrai.
« Ça commence à devenir une habitude. »
Son Viper glissa près du sien, à portée de regard. Elle ne voyait pas son visage, mais dans le silence de la radio, elle sentit qu’il souriait aussi. Une seconde de répit, suspendue entre deux explosions. Juste assez pour se souvenir qu’ils étaient vivants. Kara, essoufflée, virevoltant encore entre deux débris enflammés, ouvrit la fréquence :
« Bon… Apollo… c’est maintenant ou jamais. On doit les attirer. Tu le sens ? »
Sa voix n’avait rien de léger cette fois. Elle tremblait un peu. D’excitation, ou de peur, difficile à dire. Dans son cockpit, Lee scruta la carte holographique bleutée projetée devant lui. Les vecteurs. Les estimations de tir. Les couloirs impossibles. Puis il leva les yeux vers la raffinerie : un monstre de métal, hérissé de conduites sous pression, saturé de tourelles, un mur infranchissable. Il déglutit. Ses doigts se resserrèrent sur le manche.
« Ouais. Je le sens. »
Sur le Galactica, Adama se pencha en avant, crispé sur ses accoudoirs.
« Lee ? Qu’est-ce que tu fais ? »
Lee inspira profondément.
« Je fonce droit dans l’axe principal. »
Un silence tomba, violent, incrédule. Gaeta se retourna, les yeux agrandis par la panique.
« C’est impossible ! Trop d’obstacles, trop d’angles morts, trop... »
Il ne finit jamais. Lee activa brutalement son accélération. Son Viper rugit, se muant en comète blanche filant vers la gueule du dragon.
« On y va. »
Kara retint son souffle, bouche entrouverte.
« Par les dieux… »
Mia ferma les yeux une seule seconde. Une prière, un espoir, ou juste la peur brute qui lui tordait la poitrine. Les Raiders sentirent le mouvement. Comme des prédateurs attirés par le sang. Ils convergèrent, des dizaines puis des centaines, se jetant à sa poursuite dans un torrent d’acier et de lumière. L’alarme stridente remplit le cockpit de Lee. La chaleur des propulseurs fit vibrer la verrière. Puis, juste avant le mur de métal, à un souffle de la collision, il leva la main, verrouilla la cible et appuya sur la gâchette. Un seul missile. Kara hurla :
« C’est complètement taré ! »
Mia s’exclama, la voix brisée :
« C’est brillant ! »
Le missile s’engouffra dans une cavité plus étroite qu’un hangar, glissa entre deux conduites sous pression et disparut dans un coude impossible. Un battement de cœur. Puis l’enfer s’ouvrit. La raffinerie implosa d’abord, avalant ses propres structures, puis explosa dans une sphère incandescente. Un soleil artificiel qui dévora Raiders, débris et silence spatial. La lumière envahit tous les écrans. Le souffle secoua leurs Vipers. Dans le CIC, Adama demeura immobile, la bouche entrouverte.
« Mon dieu… » murmura-t-il. « …c’est un miracle. »
À côté de lui, Roslin le regarda vraiment. Encore secoué, il leva les yeux vers elle. Elle tendit la main. Cette fois, il ne la repoussa pas. Il la prit. Et autour d’eux, le CIC respira enfin.
L’escadrille jaillit hors de la boule de feu comme si elle venait d’être recrachée par une étoile mourante. Les Vipers traversèrent les ondes de choc, secoués comme des feuilles prises dans une tempête solaire. Dans son cockpit, Mia sentit tout son corps vibrer. Son souffle tremblait, court, saccadé, incapable de suivre le rythme furieux de son cœur. La lumière orangée de l’explosion se reflétait sur sa visière, découpant son visage en éclats de feu et d’ombre. À sa gauche, Kara éclata d’un rire nerveux. Un rire trop aigu, trop fragile, trop désespéré pour être réellement joyeux.
« PUTAIN, LEE ! Tu veux ma mort ou quoi ?! »
Sa voix dérailla presque. On y entendait ce mélange dangereux d’hystérie, de soulagement… et de panique qu’elle refusait toujours d’admettre. Lee répondit, haletant, la gorge serrée comme s’il venait de courir un marathon dans le vide.
« J’ai… j’ai suivi mon instinct. »
Son Viper tangua légèrement, signe qu’il tremblait encore malgré ses efforts pour garder le contrôle. Dans leurs cockpits, les voyants d’alerte rouges clignotèrent une dernière fois avant de s’éteindre un à un, comme des battements de cœur enfin apaisés. Mia rouvrit les yeux, avala difficilement sa salive. Sa voix sortit presque en un souffle :
« Tu nous as sauvés. »
Ce n’étaient que quelques mots, mais ils traversèrent la fréquence radio avec la force d’un serment. Le silence qui suivit ne fut pas un vide. Il fut dense, vibrant, saturé de tout ce qu’ils n’osaient pas encore dire. Devant eux, les flammes de la raffinerie continuaient de brûler, jetant une lueur rouge sur les trois Vipers qui s’éloignaient, vivants, contre toute logique. Et derrière eux… un champ de ruines stellaires étendu comme une cicatrice sur l’espace noir. Une cicatrice qu’aucun d’eux n’oublierait jamais.
Kara sauta hors de son Viper avant même que l’échelle ne touche complètement le sol. Elle retomba lourdement, les genoux légèrement fléchis, encore parcourue de secousses d’adrénaline. Ses bottes claquèrent contre le métal brûlant du hangar, qui vibrait encore du grondement des moteurs. Tyrol ne lui laissa pas une seule seconde pour reprendre son souffle. Il franchit la distance en deux grandes enjambées, le visage durci par une inquiétude mal contenue, et la saisit d’un geste brutal, presque sauvage, pour l’écraser contre lui. Ses bras se refermèrent autour de ses épaules avec une force démesurée, comme s’il craignait qu’elle se dissolve en poussière s’il la lâchait. Il enfouit son visage contre son cou, respirant comme un homme qui revient d’un cauchemar. Comme s’il voulait s’assurer que la chaleur qu’il sentait sous ses doigts était bien réelle. Bien vivante. Kara ferma les yeux. Ses mains s’agrippèrent à l’arrière de sa combinaison comme à une ancre. Pas de sarcasme. Pas de bravade. Pas même un sourire. Juste ce contact brut, urgent, presque désespéré, qui disait tout ce qu’ils ne savaient pas, ou ne voulaient pas, mettre en mots. Autour d’eux, le hangar grondait d’une vie frénétique. Les moteurs des Vipers crachaient encore des gémissements métalliques en refroidissant. Les mécanos couraient dans tous les sens, gueulant des ordres, trébuchant sur des caisses de pièces. Des alarmes résiduelles lançaient des bips aigus, fantômes d’une bataille qui n’était même pas encore totalement terminée dans leurs têtes. L’odeur épaisse de carburant brûlé se mêlait à celle plus âcre de l’ozone. Une odeur de victoire, oui… mais une victoire qui laissait un goût de métal sur la langue. Dans cette étreinte, pourtant, il n’y avait plus rien de ce chaos. Juste eux deux. Et la peur brute qu’ils venaient de traverser. Et de survivre. Un peu plus loin, la rampe d’un Raptor s’abaissa dans un grincement sourd. Boomer en descendit la première. Ou plutôt… elle tenta. Ses jambes la soutinrent avec une hésitation étrange, comme si elles obéissaient à retardement. Son regard flottait légèrement, glissant d’un point à un autre sans véritablement se fixer. De minuscules éclats de suie tachaient sa peau et ses cheveux, donnant l’impression qu’elle sortait d’un incendie intérieur. Gaeta accourut vers elle, soulagé, presque rayonnant.
« Tu as été incroyable, Sharon. » lança-t-il avec un enthousiasme sincère. « Ce tir sur la raffinerie… personne n’aurait pu le réussir comme ça. »
Boomer cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Trop lentement. Comme quelqu’un qui émerge d’un rêve dont il ne se souvient pas… ou d’un cauchemar qu’il ne veut pas reconnaître. Son expression passa du vide à une confusion trouble.
« …Ah. Oui. Je… j’ai fait de mon mieux. »
Sa voix trembla. Pas beaucoup. Mais assez. Assez pour qu’une oreille attentive l’entende. Assez pour que Mia, encore perchée sur le bord de son cockpit ouvert, sente un frisson glacé glisser sous sa peau. Elle observa la scène sans bouger, sa ceinture encore pendante autour de sa taille. Elle avait entendu Boomer parler de « flashs » auparavant. Mais là… ce n’était pas ça. Ce n’était pas un souvenir éclaté. Pas une angoisse mal formulée. Pas cette vulnérabilité troublante qu’elles avaient partagée dans une coursive. Non. Mia sentit les poils de ses avant-bras se dresser brutalement. Une alerte instinctive. Primitive. Un avertissement brûlant qu’elle ne pouvait pas ignorer. Ce qu’elle voyait maintenant dans les yeux de Boomer… Ce n’était plus Sharon Valerii. Et Mia comprit, au fond d’elle, que ce n’était que le début du problème.
Dans une zone un peu à l’écart du hangar, là où les échos des moteurs se transformaient en un grondement sourd plutôt qu’en vacarme assourdissant, Mia retira lentement son casque. Ses doigts tremblaient encore. Pas assez pour qu’on le voie à distance, mais suffisamment pour qu’elle le sente dans ses os. La sueur qui glissait le long de sa tempe collait quelques mèches de cheveux à sa peau. L’air autour d’elle vibrait encore de chaleur : carburant brûlé, métal chauffé, ozone. Une odeur de fin de bataille. Elle inspira. Une fois. Deux fois. Mais son souffle restait instable. Des pas rapides résonnèrent sur le sol métallique. Lee. Il traversa les dernières caisses et câbles du hangar, encore en combinaison, le visage marqué par le stress et l’explosion récente. Lorsqu’il la vit, debout, casque en main, encore tremblante, quelque chose en lui se dénoua.
« Mia… » souffla-t-il.
Elle leva les yeux vers lui. Dans son regard, il vit tout : la peur sourde, la fatigue écrasante, le soulagement brutal de simplement être en vie. Elle tenta un sourire, mais sa voix resta à peine un souffle :
« Tu m’as fait peur… »
Lee s’arrêta juste devant elle. Il hésita une demi-seconde. Juste le temps d’une respiration. Puis posa une main sur sa joue. Une caresse, légère comme un souffle. Ses doigts étaient encore tremblants, eux aussi.
« C’est toi qui m’as fait peur. » admit-il, la voix étranglée. « J’ai cru… j’ai vraiment cru que… »
Il n’arriva pas à finir. Le poids des mots se coinça dans sa gorge. Elle s’approcha. D’un pas. Puis d’un autre. Très lentement, comme si le moindre geste trop brusque pouvait briser le moment.
« Lee… » murmura-t-elle.
Ils n’étaient plus qu’à quelques centimètres. Leurs respirations se mêlaient dans ce petit espace suspendu entre deux battements de cœur. Les yeux de Mia brillaient, reflétant les néons pâles du hangar. Lee inclina légèrement la tête. Elle entrouvrit les lèvres. Le monde devint minuscule. Juste eux. Juste cette seconde parfaite. Inévitable. Jusqu’à...
« OH BORDEL PAS DANS LE HANGAR ! »
Kara surgit comme une explosion, bras levés en l’air, expression outrée… et franchement amusée. Lee et Mia bondirent en arrière comme deux cadets pris en faute, rouge vif, presque synchrones. Kara continua, théâtrale :
« Sérieux ? Là ? Devant les Vipers ?! J’ai même pas eu le temps de parier avec Chef ! »
Mia étouffa un rire nerveux, une main pressée contre sa bouche. Lee ferma les yeux une seconde, consterné, avant de marmonner quelque chose qui ressemblait beaucoup à :
« Par les dieux… tues-moi tout de suite… »
Kara tapa dans ses mains, ravie.
« Allez, les tourtereaux, on range les hormones et on débriefe ! »
Mia et Lee échangèrent un regard, gêné, tendre, brûlant malgré tout avant de la suivre. Le moment était brisé. Mais il n’était pas perdu. Juste… reporté.
Dans le CIC, l’air vibrait encore des dernières transmissions, saturé d’électricité statique et de voix mécaniques. Les écrans holographiques affichaient les Vipers rentrant un à un dans le hangar, silhouettes noires glissant dans la lumière blanche des projecteurs. Baltar, penché sur une console, essuyait la sueur de son front avec un mouchoir froissé, les mains tremblantes. Il jeta un regard nerveux vers les images diffusées depuis le hangar. C’est là que Six apparut dans un souffle, comme si elle avait toujours été là.
« Regarde, Gaius… »
Sa voix glissa derrière lui, chaude, veloutée, dangereuse. Baltar sursauta, manquant de renverser un panneau de données. Six posa une main légère sur son épaule, inclinant la tête vers les écrans.
« Ce que tu vois là… n’est pas qu’un retour de mission. »
Elle fit un geste du menton, et les caméras se recentrèrent sur une première scène dans le hangar. Kara venait de quitter son Viper ; Tyrol, les bras encore lourds de fatigue, l’attrapait par la taille pour la soulever d’un demi-tour, comme un réflexe impulsif, brut, instinctif. Elle riait. Un rire rare, franc et lui grognait quelque chose qu’on n’entendait pas mais qu’on devinait tendre derrière la rudesse. Ils se chamaillèrent, presque comme deux ados pris dans une bulle intime : elle lui donna une tape sur l’épaule, il la saisit brièvement par la nuque, leurs fronts se frôlèrent un instant. Un lien solide. Brûlant. Indestructible. Six murmura :
« Ceux-là… sont le feu et le marteau. Deux âmes brisées qui se réparent l’une l’autre. »
Baltar déglutit.
« Je… je ne suis pas sûr de comprendre ce que… ce que cela signifie… »
Six sourit, un sourire qui n’était pas humain.
« Ce n’est pas à toi de comprendre. Pas encore. »
Puis elle tourna légèrement la tête, indiquant un autre angle de caméra. À l’autre bout du hangar, Mia et Lee sortaient par deux portes différentes, comme s’ils avaient secrètement décidé d’éviter tout contact pour ne pas exploser à nouveau sous la pression de leurs émotions. Leurs trajectoires se croisèrent malgré tout, à quelques mètres seulement. Lee ralentit. Mia ralentit aussi. Ils ne se parlèrent pas. Mais le silence devint dense autour d’eux. Leurs regards se frôlèrent, juste assez pour faire naître une tension vibrante dans l’air. Une respiration de trop pouvait tout dévoiler. Puis ils se détournèrent vivement, chacun de son côté. Six soupira, ravie.
« Et eux… Ils sont le fil et la lame. La peur et le courage. Le choix et le sacrifice. »
Elle effleura la joue de Baltar du bout de ses doigts impeccables.
« Ce n’était pas seulement une mission brillante, Gaius. Ce qu’ils ont accompli… ce qu’ils représentent… Ils sont liés. Par la guerre. Par le destin. Par quelque chose… de beaucoup plus grand que vous tous. »
Baltar devint livide.
« Vous voulez dire qu’ils sont… importants ? Vraiment… importants ? »
Six se pencha, ses lèvres frôlant presque son oreille.
« Essentiels. Et toi, Gaius… tu feras partie de leur histoire. Que tu le veuilles ou non. »
Baltar lâcha son mouchoir. Ses jambes flanchèrent. Il vacilla, chercha une console du bout des doigts… Et s’évanouit presque sur place. Six observa la scène en souriant, l’air parfaitement satisfaite.