Les Survivants - Saison 2

Chapitre 2 : Death cruise

1235 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 19/05/2026 22:20

Jensen trancha la jambe d'Alain avec difficulté, malgré les hurlements de l'homme qui l'insultait de tous les noms et l'accusait d'essayer de le tuer. Le soldat fit un garrot avec un vieil élastique qui traînait puis tenta d'aider son patient à se relever. Pas reconnaissant pour un sou, celui-ci se débattit mollement.


— Vous allez devoir me porter, je ne peux pas marcher !


Le soldat poussa un lourd soupir et le jeta nonchalamment au-dessus de son épaule. Rendu fou par la douleur et la colère, Alain commença immédiatement à se débattre de toutes ses forces en beuglant comme un possédant, attirant le regard de tous les monstres à la ronde. Nerveux, les survivants commencèrent à se demander si l'abandonner aux mains des morts n'était finalement pas une si mauvaise idée que ça.


— Mais attention ! s'énerva-t-il. Vous ne voyez pas que vous me faites mal !


Canigou aboya non loin de là, attirant l'attention sur lui et vers l'écoutille, que Billy maintenait tant bien que mal. William et Gérard le rejoignirent pour l'aider. Partout autour d'eux, les fenêtres explosaient sous les mouvements du bateau. Jensen, à la traîne, s'accrocha tant bien que mal, cognant plusieurs fois Alain contre les poteaux.


— On va s'en sortir, Alain, entendirent dire les autres. On va s'en sortir !


— Oui ! Bah pas si vous avancez aussi lentement ! répondit son passager colérique.


Gérard leva les yeux au ciel avant de se décider à agir. Ils devaient encore atteindre le toit du navire. À bout de bras, il attrapa le chien sous le ventre et le poussa sur le niveau supérieur. Il grimpa à son tour, puis tendit la main à William, plus vieux, qui éprouva quelques difficultés à se hisser. Récupérer Alain fut un peu plus complexe, l'homme ne cessant de se plaindre et de leur dire de faire attention. Jensen et Billy furent les derniers à les rejoindre, aidés par les autres.


— Bon écoute, biloute, grogna Gérard. Maintenant tu vas la fermer ou je te lâche.


Alain déglutit et décida de finalement se laisser faire. Les survivants arrivèrent au sommet. La surface en plastique semblait assez solide. A l'autre bout de l'immense cercle, une échelle descendait vers le côté est du navire. Ils purent ainsi faire un point sur la situation. L'endroit où ils devaient se rendre n'était plus très loin, mais une brume épaisse les empêchait de voir exactement ce qu'ils pouvaient rencontrer sur le chemin. A l'horizon, en revanche, ils distinguèrent clairement les falaises qui, elles, pour le coup, se rapprochaient dangereusement.


Derrière eux, en revanche, ils se rendirent vite compte qu'il n'y avait plus grand-chose à sauver. Des cadavres, morts ou vivants, erraient en masse. Les communautés des îles avaient été entièrement éradiquées. Il ne restait plus rien à sauver. Désormais, ils allaient devoir se débrouiller par eux-mêmes. Au milieu de la foule, ils reconnurent une survivante qu'ils avaient côtoyée par le passé. Il s'agissait d'une ancienne criminelle de guerre, Jessica, qui avait été très utile dans certaines situations, mais aussi connue pour avoir été capable du pire en s'en prenant parfois mortellement aux personnages qu'elle n'aimait pas. Perchée sur une antenne, elle tirait sur les morts en contrebas. Son regard croisa celui des survivants et son visage se déforma de colère.


— Mais qu'est-ce que vous foutez encore là, vous ? Rejoignez l'avant du bateau ! Vous devez trouver Lily-Rose !


Lily-Rose était la plus jeune des recrues de leur groupe. Elle avait été trimballée de groupe en groupe, vécut le pire et risquait la mort de nombreuses fois. Jessica s'était liée d'amitié très vite avec elle, et cette dernière avait été la seule à vraiment être capable de calmer ses pulsions meurtrières.


— Où est-elle ? hurla-t-elle de plus belle. Elle est en lieu sûr ?


— Euh... Je ne sais pas, mais on a le chien, répondit Gérard.


— Vous déconnez là ?


— On a aussi sauvé Alain, répondit William d'un ton beaucoup moins enthousiaste.


— Ouais, et vous, vous allez mourir, intervint l'intéressé, toujours sur l'épaule de Jensen.


Elle lui lança un regard meurtrier, avant de serrer les dents.


— Jurez-moi que vous allez la protéger ! S'il arrive quelque chose à Lily-Rose, je trouverais le moyen de quitter l'enfer pour vous retrouver tous et tous vous tuer de mes propres mains !


Elle tira une nouvelle salve tout autour d'elle en poussant un cri de guerre. Alain la regarda faire, puis sourit.


— Vous savez, vous n'aurez pas assez de munitions pour faire ça.


La nuque de la dame craque lorsqu'elle posa ses yeux de vipère sur lui. Il déglutit difficilement et décida finalement de faire profil bas. Les survivants la laissèrent et s'approchèrent de l'échelle pour continuer leur chemin. Jessica avait au moins raison sur un point : ils devaient vraiment regagner l'avant du bateau avant que la situation ne tourne au désastre. Avant de descendre, ils prirent le temps de vérifier que tout était sécurisé en bas. Mis à part une machine à côté d'eux qui surchauffait un début d'incendie plus loin sur leur trajet, tout était sécurisé pour le moment.


Gérard fit monter Canigou sur ses épaules et entama la descente, rapidement suivi par William. Jensen eut un peu plus de mal à trimballer Alain, toujours aussi insupportable, jusqu'au niveau inférieur. En bas, la situation se compliqua lorsque le système mis au point par William sauta, déversant les morts sur le pont. Canigou, paniqué, se mit à aboyer et traça sa route sans se retourner, ce qui permit une diversion suffisante pour permettre aux autres de trouver un plan B. Les zombies tentèrent de le saisir au passage, en vain.


Les autres décidèrent de passer par une petite fosse en contrebas, moins risquée pour traverser. Gérard descendit le premier, puis aida William à en faire de même. Billy le rejoignit d'un bond. Il ne resta plus que Jensen. Il s'engagea difficilement, mais Alain s'alarma en apercevant les zombies et commença à gigoter.


— Alain ! Enfin, mais aidez-moi, se plaignit-il.


— Oh, mais vous pouvez pas être plus compétent ? râla le blessé. Vous êtes militaire ou pâtissier ?


— Faites quelque chose !


— Quoi ? Vous m'avez coupé la jambe, idiot !


Concentrés sur les malheurs de Jensen, Gérard et William ne s'aperçurent à la dernière seconde de la présence d'un zombie avec eux dans la cale. Le mort se dégagea d'un tas de tonneaux et se jeta sur eux. William se fit tirer en arrière par Gérard, évitant de peu le coup de dent. Dans le même temps, Alain, désormais aidé par Jensen et Billy, décida de se rendre utile (à moins que ce ne soit la fièvre ?) et attrapa son fusil. Il pointa le zombie tant bien que mal et fit feu. La balle rata largement le cadavre.


Dans un dernier effort, Alain arriva enfin dans la cale avec les autres, à bout de souffle. Jensen sortit une arme pour abattre le mort toujours en liberté quand une gigantesque explosion retentit au-dessus d'eux. Canigou fut violemment soufflé par l'explosion et, alors que Jensen tirait enfin, le chien s'écrasa au milieu du groupe, les poils partiellement roussis.


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