L’Archer de Cuir : Abdominaux et Incohérences
L’endroit ne figurait sur aucune carte immobilière de Starling City, et pour cause. Il se situait dans la "Zone Glauque", là où même les livreurs de pizza refusent de s'aventurer après 18 heures. Le quartier général d'Oliver Queen n’avait absolument rien d'un loft design à la Tony Stark. Pas de baies vitrées donnant sur l'horizon, pas de parquets en chêne clair, et surtout pas d'intelligence artificielle avec un accent britannique sarcastique. C’était une ancienne fonderie abandonnée, un vestige squelettique de l’ère industrielle qui semblait tenir debout par la seule force de l’habitude. L’air y était épais, chargé d’une odeur persistante de fer froid, de poussière centenaire et de graisse de moteur figée. Le silence n'y était jamais total ; on entendait toujours le gémissement d'une canalisation rouillée ou le grattement suspect d'un rat qui avait probablement muté à force de renifler des résidus de métaux lourds. C’était le genre de lieu où l’on s’attendait, à chaque pas, à contracter le tétanos simplement en respirant, ou à croiser le fantôme d’un ouvrier de 1920 venu réclamer ses heures supplémentaires. Pourtant, c’est au cœur de ce chaos de briques rouges effritées et de poutres métalliques corrodées qu’Oliver avait décidé d’installer le centre névralgique de sa justice personnelle. Au milieu de l’obscurité, une zone délimitée par des néons blafards qui grésillaient en rythme avec l'angoisse ambiante créait une oasis de haute technologie. Le contraste était brutal. D’un côté, le coin « Muscles et Sueur » s’articule autour d’un tapis de sol usé, entouré de mannequins d’entraînement balafrés par des milliers de coups et d’un râtelier d’armes dont les lames brillent d’un éclat froid sous la lumière crue. À l'opposé, l’espace « Geek et Complots » expose une table en métal massif croulant sous des serveurs informatiques dernier cri, où des diodes bleues et vertes clignotent furieusement en jetant des reflets de science-fiction sur les murs moisis. Le tout baigne dans une ambiance où la température oscille entre le frigo industriel et la cave humide, offrant un climat idéal pour conserver le cuir vert et la détermination sombre d’Oliver, mais s’avérant beaucoup moins clément pour le confort lombaire du pauvre Diggle. Oliver s'y déplaçait comme une ombre parmi les ombres. Dans ce décor de fin du monde, son arc composite posé sur un établi couvert de taches de graisse ressemblait à un artefact sacré égaré dans une décharge. Ici, il n'était pas l'héritier d'un empire ; il était l'artisan d'une vengeance qui se forgeait dans le bruit des ventilateurs d'ordinateurs et le craquement du béton froid sous ses bottes. Diggle se tenait au centre de ce chaos industriel, les pieds incrustés dans le béton comme s'il attendait un impact. Ses bras étaient croisés sur son torse qui, rappelons-le pour la postérité esthétique, faisait la largeur exacte d'une porte de coffre-fort de la Banque Centrale. Il observait Oliver avec une fascination mêlée d'une profonde fatigue psychologique. Le spectacle était, il faut l'avouer, assez déconcertant. Oliver, torse nu (évidemment, car le tissu est une entrave à la destinée), effectuait des pompes sur deux doigts seulement. À chaque poussée, les cicatrices de son dos se tordaient comme des serpents de chair. Pour pimenter cet exercice déjà absurde, un lanceur automatique de balles de tennis, bricolé à partir d'un moteur de tondeuse, crachait des projectiles à une vitesse supersonique. Oliver, entre deux pompes, décochait des flèches avec une main libre, clouant chaque balle sur un mur de liège déjà réduit en charpie.
« Monsieur Queen, » commença Diggle, sa voix de basse faisant vibrer les quelques vitres encore intactes.
« Appelle-moi Oliver, Diggle, » répondit l'archer sans s'arrêter de monter et descendre. « On est partenaires maintenant. On partage le secret, la sueur et les factures d'électricité de ce trou à rats. »
« Très bien, Oliver. Explique-moi la stratégie logistique globale. Pourquoi sommes-nous terrés dans un sous-sol humide où le tétanos semble être la décoration principale, alors que vous possédez, à quelques rues d'ici, un gratte-ciel climatisé avec des fauteuils en cuir qui ne sentent pas le moisi ? »
Diggle désigna d'un geste large les serveurs informatiques qui vrombissaient dans un coin, leurs diodes clignotant furieusement dans la pénombre.
« Et surtout, pourquoi avez-vous besoin de 400 kilos de matériel informatique de pointe, capable de simuler le climat mondial, juste pour attraper des types dont les noms sont griffonnés dans un carnet de notes que vous avez récupéré dans une épave ? »
Oliver se redressa d'un bond, une souplesse de félin qui fit craquer ses articulations. Sa peau, luisante d'une sueur qui reflétait les néons blafards, semblait irradier une énergie inquiétante. Il ramassa une serviette grise (qui avait probablement servi à nettoyer un moteur en 1992) et s'essuya le visage d'un geste brusque.
« Parce que la justice est plus efficace quand elle bénéficie d'un accès haut débit, Diggle. L'île m'a appris à chasser avec des bâtons, mais Starling City est une jungle de silicium et de fibres optiques. Le crime ne se cache plus seulement dans les ruelles, il se cache derrière des pare-feu et des transactions cryptées. »
Il s'approcha d'un immense écran noir où des flux de données défilaient comme une cascade de chiffres.
« Ce carnet me donne les cibles, Diggle. C’est ma boussole. Mais il ne me donne pas les codes d'accès des ascenseurs privés, les schémas des caméras de surveillance thermiques ou les numéros de comptes offshore planqués aux îles Caïmans. Pour transformer ces noms en détenus, j'ai besoin de plus que d'un arc et de bonnes intentions. »
Il fixa un point invisible dans l'ombre du plafond, son regard s'assombrissant.
« J'ai besoin de quelqu'un capable de faire parler les machines aussi bien que je fais parler les traîtres. J'ai besoin d'elle. »
Diggle soupira, jetant un coup d'œil aux écrans saturés d'algorithmes.
« La blonde avec les lunettes roses qui parle plus vite que son ombre ? Je commence à comprendre. Vous avez les muscles, elle a le cerveau, et moi j'ai la trousse de secours. C'est un plan d'affaires classique, Monsieur Queen. Très classique. »
C’est à ce moment précis que Felicity fit son entrée, descendant l’escalier en fer forgé avec une prudence de chat sur un toit brûlant. Le métal grinçait sous ses pas, chaque marche résonnant dans le silence de la fonderie comme un gong. Elle portait une robe cintrée d’un bleu électrique qui jurait violemment avec le rouge brique des murs, et des talons hauts dont le cliquetis sec semblait insulter ce sol couvert de poussière de métal et de résidus d'huile. Elle serrait son ordinateur portable contre sa poitrine comme s’il s’agissait du Saint Graal ou de la dernière boîte de chocolats sur Terre. Arrivée en bas, elle s'arrêta net. Ses lunettes glissèrent légèrement sur son nez alors qu'elle balayait la pièce du regard, passant d'Oliver, dont la musculature luisante sous les néons semblait avoir été dessinée par un fanatique d'anatomie, à Diggle, qui se tenait là, immobile et massif, tel un garde du corps de divinité grecque en plein service.
« Oh. Je suis... dans une cave. Une véritable cave secrète, » murmura-t-elle, la voix oscillant entre la panique et l'admiration technique. « Avec des hommes musclés. C’est un peu comme dans certains de mes rêves, mais avec beaucoup moins de licornes et beaucoup plus de risques d'infection pulmonaire imminente. Je suis Felicity, au fait. Enfin, vous le savez. Je suis celle qui répare les disques durs que vous torturez avec du café à 5 000 degrés. »
Elle fit un pas hésitant, ses talons s'enfonçant dans une fissure du béton, tout en essayant de ne pas fixer les cicatrices d'Oliver avec trop d'insistance. Diggle, de son côté, ne bougeait pas d'un cil, se contentant de lever un sourcil avec une lenteur calculée qui exprimait à elle seule tout son scepticisme.
« Elle fait partie du plan ? » demanda Diggle, sa voix de basse faisant vibrer les tasses à café vides sur l'établi.
« Elle est le plan, » répondit Oliver d'un ton monocorde, tout en enfilant un t-shirt gris si ajusté qu'on aurait dit une seconde peau trois tailles trop petite.
Il désigna d'un geste sec un coin de la pièce où s'entassaient des caisses en bois marquées d'un sceau gouvernemental.
« Felicity, je t'ai fait livrer six serveurs militaires et un écran de 80 pouces. Installe-toi à côté de la fuite d'eau, là-bas, près du tuyau qui siffle. C'est là que le signal est le meilleur, ne me demande pas pourquoi. C’est sans doute une question d’interférences avec les fantômes de la fonderie. »
Felicity regarda la flaque d'eau suspecte, puis son matériel de pointe, et soupira dans un mélange de résignation et d'excitation numérique.
« Super. De la moisissure et de la fibre optique. Mon combo préféré. Je vais juste poser mon sac ici... ou peut-être le garder sur mon dos pour éviter qu'il ne fusionne avec le sol. »
Felicity s'installa sur une vieille table en bois dont le vernis écaillé semblait avoir été témoin de la Grande Dépression. Elle y posa ses mains avec une grimace, repoussant du bout des doigts un vieux boulon rouillé et une tache de graisse suspecte avant d'y déployer son arsenal technologique. Elle brancha trois câbles Ethernet avec la dextérité d'une chirurgienne, tapa une commande mystérieuse, probablement un script de type sudo, et l'écran géant de 80 pouces s'alluma, inondant la cave d'une lumière bleutée et électrique qui fit reculer les ombres de la fonderie.
« Bon, j'ai piraté le réseau de surveillance de la ville, le compte Instagram du commissaire (il poste beaucoup trop de photos de ses muffins, soit dit en passant) et le thermostat intelligent de la mairie. On cherche qui aujourd'hui ? » demanda-t-elle en réajustant ses lunettes, ses yeux reflétant déjà des colonnes de code binaire.
Oliver s'approcha, sa silhouette massive bloquant une partie de la lumière de l'écran. Il dégageait cette odeur caractéristique de cuir froid et de détermination sans faille.
« Le Baron de la Logistique, » dit-il d'un ton si sombre qu'on aurait dit qu'il parlait depuis le fond d'un puits. « Il détourne les cargaisons de vitamines pour les enfants de l'hôpital général pour les revendre sur le marché noir des compléments alimentaires pour bodybuilders en manque de définition musculaire. »
« C'est dégoûtant, » s'indigna Felicity, ses doigts commençant à danser un ballet frénétique sur son clavier mécanique. « Je déteste les gens qui volent des vitamines. Et les bodybuilders. Enfin, pas tous les bodybuilders, certains sont... très bien proportionnés. Mais le vol, c'est mal. Je vais localiser son entrepôt en traçant ses pics de consommation d'électricité et ses factures de serveurs cloud. »
Le silence de la cave ne fut plus troublé que par le clic-clic frénétique du clavier et le sifflement de la fuite d'eau voisine. Soudain, une carte satellite de Starling City apparut à l'écran, zoomant avec précision sur la zone portuaire.
« Ah, voilà ! Il est au Port 14. C'est l'entrepôt qui possède, et de loin, le plus gros taux de consommation de climatisation au monde. Apparemment, ses abdos ont besoin d'être conservés à une température constante de 18°C pour ne pas perdre leur éclat. C’est soit un criminel, soit il cache un élevage de pingouins illégaux. »
Oliver hocha la tête, vérifiant déjà la tension de la corde de son arc.
« C’est l’entrepôt, Diggle, prépare le van. On part dans cinq minutes. »
L’air de la fonderie sembla se figer lorsque Oliver commença son rituel de métamorphose. Le crissement du cuir vert forêt, rigide et froid, résonna contre les murs de briques tandis qu’il ajustait ses brassards. Diggle, immobile comme une sentinelle de bronze, lui tendit son arc composite, une merveille d'ingénierie noire mate qui semblait absorber la faible lumière des néons.
« Je vous couvre de l'extérieur, » dit Diggle d’une voix sourde, vérifiant le chargeur de son arme. « Je reste en liaison radio sur le périmètre. Si ça tourne mal, je fonce dans le tas avec la voiture blindée et je redécore leur hall d'entrée avec mon pare-chocs. »
« Et moi, j'écoute dans vos oreilles ! » ajouta Felicity, sa voix pétillant d'une nervosité électrique derrière ses écrans. « Enfin, je veux dire, je surveille vos constantes et les fréquences radio. Si je sens que vous allez vous faire tirer dessus, je ferai un bruit de bip très fort pour vous prévenir. Ou je ferai une blague gênante pour détendre l'atmosphère. Ce qui, techniquement, pourrait aussi vous faire mourir de honte, mais c’est un risque à prendre. »
Oliver enfonça son oreillette, sentant le contact froid du métal contre sa peau. Pour la première fois depuis son retour de Lian Yu, le silence oppressant de sa solitude était brisé par le souffle de ses alliés. Il n'était plus seul dans sa tête ; il était le bras armé d'un étrange triumvirat. Sans un mot, il s'élança par la lucarne, disparaissant dans la nuit poisseuse et iodée de Starling City. L'infiltration au Port 14 fut un chef-d'œuvre de travail d'équipe, une danse macabre entre l'ombre et la technologie. L’entrepôt était un labyrinthe de métal froid, baigné dans une brume artificielle générée par la climatisation industrielle poussée au maximum.
« Oliver, à gauche ! Trois gardes derrière les caisses de fer rouge ! » chuchota la voix de Felicity, tandis que sur son écran, elle voyait les silhouettes thermiques s'agiter.
« Je les vois, » répondit-il.
Il exécuta une roulade silencieuse sur un conteneur de vitamines C, le cuir frottant contre l'acier avec un sifflement imperceptible.
« Ils ont des fusils d'assaut et un sérieux manque de discipline, » nota Diggle depuis le toit d'en face.
L’ancien militaire observait la scène à travers la lunette de son fusil de précision, le doigt effleurant la gâchette. Son arme était chargée de balles en caoutchouc haute densité, parce qu'ils étaient les "gentils", ou du moins la version la plus musclée et la moins létale de la justice. Oliver neutralisa les sentinelles avec une efficacité terrifiante, utilisant des flèches à impulsion électromagnétique qui éteignaient les projecteurs au passage, plongeant chaque zone dans un noir d'encre dès qu'il y pénétrait. Il finit par surgir dans le bureau panoramique, renversant la porte d'un coup de botte magistral. Le Baron de la Logistique, un homme dont le cou était plus large que sa propre tête, se figea.
« Tu as trahi cette ville ! » rugit Oliver, sa voix déformée par l'ombre de sa capuche. « Et tu as ruiné la croissance osseuse de milliers d'enfants pour des pectoraux de foire ! »
Le Baron ne répondit pas. Il était trop occupé à fixer avec une incompréhension totale le réseau d'alarmes laser censé protéger son bureau. Derrière ses écrans à la fonderie, Felicity venait de pirater le système, transformant les faisceaux de sécurité mortels en un spectacle de lumières disco multicolores qui balayaient la pièce sur un rythme de techno imaginaire.
De retour à la cave, l'obscurité autrefois hostile de la fonderie semblait s'être adoucie. Les néons ne grésillaient plus avec la même mélancolie et l'odeur de fer froid était désormais masquée par un effluve beaucoup plus réconfortant. Celui de la mozzarella fondue et de la pâte chaude. Ce n'était plus un tombeau industriel voué à la souffrance, c'était devenu un foyer. Un foyer étrange, certes, peuplé d'arcs composites, de serveurs vrombissants et d'ordinateurs quantiques, mais un foyer où l'on n'avait plus besoin de surveiller ses arrières. Oliver s'approcha de l'établi, les gestes plus lents, et entreprit d'enlever son masque de raton-laveur à l'aide d'une lingette démaquillante que Felicity avait discrètement posée à côté de ses flèches.
« On a réussi, » dit-il, sa voix retrouvant enfin son timbre naturel, débarrassé du grognement caverneux du Justicier.
« On a surtout évité que vous finissiez en passoire de luxe, » corrigea Diggle.
L'ancien militaire était en train de nettoyer son arme avec un calme olympien, assis sur une caisse de munitions, mais l'ombre d'un soulagement passait dans son regard d'acier.
« Et j'ai commandé des pizzas ! » s'exclama Felicity en faisant pivoter son fauteuil de bureau à 360 degrés.
Elle brandit une boîte en carton encore fumante comme s'il s'agissait d'un trophée de guerre. Ses lunettes étaient un peu de travers et elle avait une tache d'encre sur la joue, mais elle rayonnait.
« Le livreur a eu un peu peur de l'entrée « trappe secrète dissimulée derrière la benne à ordures qui fuit », et j'ai dû lui expliquer que nous étions un club de lecture très exclusif et très souterrain, mais je lui ai laissé un bon pourboire. Un très bon pourboire. Genre, « oublie-notre-existence-ou-je-supprime-ton-historique-de-crédit » bon pourboire. »
Oliver regarda ses deux nouveaux complices. Il resta planté là, au milieu du béton et des fils rouges, observant Diggle qui rangeait soigneusement ses compresses et Felicity qui se battait avec une part de pizza au pepperoni. Il ne sourit pas, n'exagérons rien, les muscles de son visage auraient probablement besoin d'un permis spécial pour une telle activité, mais ses pectoraux se décontractèrent d'au moins deux millimètres. Pour la première fois depuis qu'il avait quitté Lian Yu, le poids de la liste ne semblait plus écraser ses épaules seul. La Team était complète, et Starling City n'avait aucune idée de ce qui l'attendait.
La cave n’était plus ce désert de béton pétrifié dans le silence ; elle vibrait désormais d’un bourdonnement technologique. C’était une symphonie mécanique où le sifflement aigu des ventilateurs de serveurs, tournant à plein régime pour refroidir des processeurs surchauffés, servait de métronome à la respiration lourde et cadencée de Diggle. Dans la pénombre du coin « Muscles et Sueur », le colosse enchaînait les tractions sur une conduite de vapeur rouillée, chaque muscle de son dos saillant sous son t-shirt trempé, témoignant d'une discipline que même l'humidité ambiante ne pouvait entamer. L’atmosphère olfactive de la fonderie était devenue un cocktail d’un genre nouveau, un mélange hétéroclite qui défiait toute logique. L’odeur âcre de la poudre noire et de la graisse d'arc se heurtait aux effluves gras et rassurants de la pizza au pepperoni posée sur l’établi, le tout enveloppé par une note subtile et décalée : le parfum floral et léger de Felicity, qui flottait autour de son îlot de haute technologie comme un rappel qu'il existait encore une vie normale au-dessus de leurs têtes. C’était un écosystème absurde, une bulle de résistance nichée dans les entrailles de Starling City. Un soldat d'élite au pragmatisme d'acier, une hackeuse de génie capable de faire chanter les satellites et un naufragé aux yeux hantés, unis par une haine viscérale des riches malhonnêtes et une affection commune pour les vêtements sombres et fonctionnels. Sur le mur de briques, le réseau de fils rouges s'était densifié, mais plusieurs noms étaient désormais barrés d'un trait noir définitif. La liste diminuait, grignotée par leur sainte trinité de la vengeance. Pourtant, Oliver restait immobile devant la carte de la ville, son regard bleu acier fixé sur les zones d'ombre où les fils ne menaient nulle part. Il le sentait dans l'air, plus lourd que la pollution de Starling. Le nom le plus important, celui qui tirait les ficelles de cette toile de corruption et dirigeait le chaos depuis un bureau de verre introuvable, n'était pas encore apparu. Il ramassa une flèche cassée sur l'établi, faisant rouler le bois brisé entre ses doigts calleux. Le bois craqua, un bruit sec dans le ronronnement des machines. Le combat continuait.
La Team Arrow était enfin réunie, transformant une cave insalubre en centre de commandement où l'on pirate le Pentagone entre deux parts de pizza. On a maintenant le muscle, le cerveau et la capuche. La seule chose qui manque à ce trio pour être crédible, c'est sans doute un abonnement à l'électricité qui ne soit pas suspecté par le fisc.