La Malédiction du Triangle
Mulder se réveilla en sursaut et pendant quelques secondes, l'Agent du FBI fût incapable de se rappeler où il se trouvait.
Un air frais et salé lui fouettait le visage tandis que le ciel s'ouvrait au dessus de sa tête telle une étendue d'azur clair infini. Sous lui, le bois dur et humide d'un plancher grinçait doucement au rythme des vagues tandis qu'une douleur lancinante lui irradiait des épaules jusque dans ses poignets immobilisés.
Les souvenirs revinrent alors comme une marée montante et menaçante dans son esprit :
Le Queen Anne et le Triangle des Bermudes.
Le vortex de brume.
Le Black Pearl.
Barbossa.
L'îlot perdu et Jack Sparrow.
Leur fuite nocturne vers le Old Seaturtle.
Le presque Frohike, le quasi-Langly, le double-Byers.
Fox ferma brièvement les yeux. S'il avait espéré que ces derniers événements soient un simple cauchemar absurde, c'était apparemment raté.
Il était toujours bel et bien à bord d'un navire au dix-huitième siècle, retenu prisonnier par trois versions hostiles des Bandits Solitaires et avec pour seule compagnie un pirate aux capacités plus que douteuses.
Décidément, même dans ses rêves les plus étranges, l'Agent du FBI n'aurait jamais imaginé quelque chose d'aussi improbable.
Mulder se redressa légèrement, faisant par la même occasion protester chaque muscle de son corps. L'absence de mouvements derrière lui lui indiqua que Sparrow dormait toujours, probablement affalé contre le tonneau auquel ils avaient été attachés quelques heures plus tôt.
Le jour naissant dessinait peu à peu les contours du vieux rafiot et Mulder jeta un coup d'œil autour de lui. Les trois contrebandiers étaient déjà à pieds d'œuvre et s'affairaient sur le pont avec une efficacité qui démontrait des années de labeur commun : Byers tenait fermement le gouvernail, ses yeux passant de l'horizon à ses instruments de navigation. Il ajustait de temps à autre son cap, gardant un œil attentif sur les vents et la direction indiquée par son compas.
Langly, perché dans le gréement, s'activait autour des cordages, parfaitement à son aise malgré la hauteur. Le navire ne possédait en réalité qu'une grand-voile et deux petits focs, mais le blond semblait savoir en tirer le meilleur profit pour donner à la vieille tortue de mer une vitesse plus qu'honorable.
Quant à Frohike, il tirait sur une écoute tribord avec une force étonnante. Ce dernier avait abandonné son justaucorps de cuir et il manoeuvrait torse nu, dévoilant un dos couvert d'une toison grise d'une longueur impressionnante.
Une voix ensommeillée murmura soudain derrière Mulder :
-Sa mère avait les mêmes.
-Comment, sursauta Mulder.
-Les mêmes poils...
Mulder se contorsionna pour tenter d'apercevoir son compagnon d'infortune entravé derrière lui, mais en vain. Le grand brun sentit cependant les liens bouger, lui indiquant que le pirate se redressait contre le baril derrière lui.
-Du moins pas au même endroit, poursuivit Jack après un instant de réflexion. Enfin... vous voyez, hein ?
Fox ne savait pas s'il devait rire de l'absurdité de la situation ou s'inquiéter du sort que les trois hommes leur réservaient. Mais à peine cette pensée lui traversa-t-elle l'esprit qu'un cri retentit depuis le haut du mât :
-VOILES EN VUE, hurla Langly en pointant le doigt vers l'horizon.
Et l'atmosphère paisaible de l'aube bascula instantanément.
Byers abandonna son gouvernail et vint se planter derrière le bastingage, dans la direction indiquée par son complice. Il attrapa sa longue-vue et observa attentivement le large :
-Pavillon anglais, annonça-t-il finalement. C'est une frégate de la Marine Royale. Quarante-quatre canons. Ils nous ont repérés et manoeuvrent vers nous.
Frohike effectua un dernier nœud serré autour d'un cabillot puis il se tourna vers son compagnon :
-Et ils ont le vent pour eux...
Byers acquiesça lentement et son visage se rembrunit.
-Nous n'arriverons jamais à les semer dans ces conditions, conclut Langly qui venait de bondir sur le pont entre ses deux partenaires.
Mulder, qui regardait la scène en silence, sentit son estomac se nouer.
La Marine Royale.
Il ignorait encore ce que risquait un contrebandier pris en flagrant délit à cette époque mais il avait suffisamment étudié l'histoire pour savoir que les autorités britanniques n'étaient pas réputées pour leur indulgence.
Byers échangea un regard entendu avec ses compagnons, puis il retira son tricorne qu'il plaça ensuite sur sa poitrine en un geste solennel :
-Messieurs, il est temps de quitter le navire et de gagner la chaloupe. The Old Seaturtle n'est plus un endroit sûr, désormais.
Les trois hommes restèrent un instant silencieux, les yeux fermés, accusant le choc de ces paroles. Chacun semblaient saluer le navire, une main posée sur son bois ou sur un cordage, en un dernier signe d'adieu plein d'émotion.
Cette coque de bois et de chanvre avait été leur repère, leur foyer et un membre à part entière de leur entreprise de contrebande de rhum. Et ils devaient l'abandonner sans plus attendre.
-Adieu, ma belle, finit par murmurer Frohike.
Puis sans un regard en arrière, les trois trafiquants détachèrent l'unique canot de sauvetage et le mirent à l'eau. La synchronisation de leurs gestes frôlait l'extraordinaire, comme si le trio ne formait qu'un seul et même homme, et Mulder sentit son cœur se serrer à cette pensée.
-Et que va-t-on faire d'eux, demanda brusquement Langly en désignant Mulder et Sparrow du menton.
Byers, qui avait déjà enjambé le garde-corps, se tourna vers lui :
-Nous ne pouvons nous permettre de perdre plus de temps, nous sommes déjà compromis. Emmener ces prisonniers avec nous nous ralentirait...
-La justice royale se chargera d'eux, rajouta Frohike en haussant la voix depuis la chaloupe. Et elle ne sera pas plus clémente que la nôtre.... allons-y maintenant !
Quelques secondes plus tard, les trois bandits solitaires s'éloignaient en souquant ferme, profitant de la coque du Old SeaTurtle pour camoufler leur fuite aux yeux du gigantesque bâtiment qui fonçait sur eux.
-Ils nous ont laissés, finit par murmurer Mulder, sonné, lorsque le bruit des rames eut complètement disparu.
-Nous aurions de toute façon été dans de mauvaises dispositions si nous avions été pris en pareille compagnie, philosopha le forban.
Fox médita un instant sur les paroles de Jack, se demandant en revanche quelle serait la sentence d'être découvert avec un pirate dûment recherché par les autorités du Roi Georges 1er. L'Agent du FBI ne souleva cependant pas cette épineuse question à haute voix, soucieux de ne pas froisser son unique allié. Il se débattit cependant à nouveau contre les cordages de toutes ses forces, espérant pouvoir se libérer les mains. Mais les trois contrebandiers étaient autant experts en nœuds qu'en fuite furtive en plein océan et les efforts de Mulder se révélèrent vains.
Il était résolument perdu au beau milieu du dix-huitième siècle.
En pleine mer sur un rafiot en perdition.
Sur le point d'être abordé par des officiers de la Marine Royale Britannique.
Sans papiers d'identité ni preuves tangibles de son voyage temporel dans le temps.
Et en compagnie d'un pirate, qui plus est.
Fox ignorait si la situation pouvait être pire, et il se demanda ce que l'esprit rationnel de Scully ferait si elle était à ses côtés aujourd'hui. La pensée de sa collègue alourdit encore le cœur du jeune homme, qui se tourna alors en direction du forban (autant qu'il le put compte tenu de ses liens) :
-Jack... auriez-vous un nouveau plan ?
-J'en avais un... jusqu'à présent, Maître Renard. C'est à votre tour d'en trouver un nouveau, maintenant !
***
L'immense silhouette de la frégate avala le ciel lorsqu'elle stoppa sa course contre le petit rafiot en perdition.
Un fracas de voiles, de cordages et de voix parvint jusqu'aux oreilles de Mulder puis un raclement de bois lui indiqua qu'une passerelle d'abordage venait d'être déployée entre les deux bâtiments.
Le pont du Old Seaturtle trembla alors sous les pas d'une dizaine de soldats qui débarquèrent à bord, baïonnette au poing.
-Il n'y a personne ici, déclara l'un des hommes en se dirigeant vers le gouvernail.
-Là, regardez ! Des prisonniers, hurla un autre en les apercevant.
-Conduisez-les à bord du Starbuck, et brûlez cette coque de noix ! Exécution !
Dans une bousculade et une agitation extrême, Jack et Fox furent détachés de leur tonneau. Mais les cordages qui leur sciaient les poignets depuis la veille furent seulement remplacés par la poigne impitoyable des soldats de la Marine Royale.
-Avancez ! Dépêchez-vous !
Mulder chancela lorsque deux hommes le forcèrent à se relever sans ménagement : ses jambes engourdies et ses muscles tétanisés protestèrent, mais le grand brun accueillit presque avec soulagement la possibilité de se tenir à nouveau debout. À côté de lui, Jack Sparrow se faisait traîner de la même manière par deux autres soldats à l'allure patibulaire.
-Faites un peu attention, protesta le forban à grand renfort de gestes et de moulinets. Je suis un être doté d'une grande sensibilité, pas un sac de riz !
Mais personne ne sembla l'écouter et quelques instants plus tard, Jack et Fox foulèrent le pont de la frégate royale Starbuck.
Mulder ne put à cet instant que contempler, bouche bée, l'immensité du bâtiment. Au-dessus de lui se dressait une véritable forêt de mâts, de vergues, de cordages et de voiles qui semblaient s'élever à une trentaine de mètres vers le ciel. Une centaine d'hommes s'y activaient dans une parfaite coordination, sous les ordres stricts de leurs officiers.
Le soleil avait désormais dépassé l'horizon et projetait des ombres mouvantes sur le bois soigneusement entretenu du pont.
Mais Mulder n'eut pas le loisir d'admirer davantage le navire : deux pointes de baïonnettes vinrent se ficher de part et d'autre de ses côtes, l'intimant à stopper net sa progression. Sur sa gauche, Jack s'immobilisa à son tour, lui aussi menacé par les mêmes armes affûtées.
Deux hommes descendirent alors prestement de la passerelle de commandement, alertés par l'agitation et la présence des deux prisonniers après l'abordage du bateau de fortune. Leurs uniformes crème et marine à multiples galons et leurs bicornes ne laissaient guère de doute quant à leur rang. Chaque marin qu'ils croisaient s'écartait d'ailleurs sur leur passage en les saluant avec respect et Mulder comprit immédiatement qu'il devait s'agir du Capitaine de frégate et de son Second.
Nous y sommes, pensa l'Agent du FBI en se préparant mentalement aux explications qu'il allait sans doute devoir fournir.
Le Capitaine s'arrêta en effet juste devant Fox et le toisa d'un regard bleu glacier sévère qui le transperça. L'homme était de taille plutôt moyenne, avec un visage rougis par le soleil et des favoris roux qui dépassaient de son couvre-chef.
Un pas derrière lui se tenait son Second, dont la carrure impressionnante contrastait avec celle de son supérieur. Sa chemise blanche était tendue sur une poitrine musculeuse et sa veste accentuait encore la largeur de ses épaules. Mais rien n'aurait pu préparer Mulder à la vue de son visage sévère, de son regard brun perçant et de son crâne dégarni, à peine dissimulé par son bicorne noir et or.
-Walter... Walter Skinner, balbutia Mulder, en proie à un nouvel ébranlement.
Le Second jeta un bref coup d'œil à son supérieur avant de reporter son attention sur l'Agent du FBI.
-J'ignore qui vous êtes, bien que vous sembliez connaître mon nom. En revanche... (Le regard sombre de Skinner se tourna vers Jack)... je crois que nous avons pris dans nos filets un pirate bien connu des Caraïbes.
Mêlant le geste à la parole, le grand homme chauve s'avança vers le forban et lui releva la manche droite d'un coup sec. Un P marqué au fer rouge apparaissait sur l'avant-bras de Jack, juste sous le tatouage d'un oiseau prenant son envol.
-Jack Sparrow, jubila Walter Skinner.
-Capitaine... Le Capitaine Jack Sparrow, protesta le flibustier d'un air exaspéré.
-Excellent travail, Monsieur Skinner, approuva le Capitaine de frégate d'une voix grave. Le gouverneur Swann sera sans doute ravi de constater que nous avons arrêté un dangereux criminel avant même notre prise de fonction à Port Royal. (Il désigna ensuite Mulder du menton). Quant à celui-ci, pousuivit-il, il doit sans doute être son complice, bien que son apparence soit pour le moins... déroutante.
-Non... Attendez, se justifia Mulder. C'est une terrible erreur. Nous étions prisonniers à bord du navire dans lequel vous nous avez trouvés. Et je ne suis pas un pirate. Je suis un Agent Fédéral et je viens du futu...
-C'est vrai ça, s'exclama soudain Jack avec ravissement. Nous étions prisonniers et retenus contre notre gré. Nous ne sommes que les malheureuses victimes de...
-Assez, tonna le Second Skinner en réduisant aussitôt le pirate au silence.
Le Commandant de la frégate s'apprêtait à reprendre la parole lorsqu'une voix douce et féminine s'éleva depuis le pont supérieur :
-Père ? Pourquoi avons-nous dévié de notre route ?
Mulder se figea.
S'il avait cru défaillir à la vue des Bandits Solitaires et de Walter Skinner dans cette temporalité, il n'avait pourtant encore rien vu.
Une jeune femme vêtue d'une élégante robe vert foncé descendait en effet les marches de la passerelle de commandement dans leur direction. Son opulente chevelure rousse était savamment relevée sur sa nuque grâce à de nombreux rubans en satin, et quelques mèches rebelles s'en échappaient pour venir frôler ses pâles épaules. Son teint de porcelaine contrastait avec ses lèvres délicatement ourlées de rouge, qui étaient pour le moment figées dans une moue interrogatrice. Ses yeux d'un bleu glacier, le même bleu que ceux du Capitaine, balayèrent la scène, s'arrêtant brièvement sur Mulder puis sur Sparrow. L'Agent du FBI remarqua alors que ses bras entouraient tendrement une boule de fourrure noire et blanche, comme si elle berçait contre son sein un petit animal endormi.
Et pour la énième fois en quelques heures, Fox crut que son coeur s'arrêtait de battre. Il eut l'impression de chuter à nouveau, comme s'il tombait sans fin dans le vortex qui l'avait arraché à son époque. Comme s'il dégringolait du haut du Black Pearl, encore et encore.
Scully.
C'était impossible.
C'était...
-Père, interrogea à nouveau la jeune femme avec un haussement de sourcils accompagné d'un tourbillon de tissus émeraude.
Le tumulte de pensées qui faisait rage dans l'esprit de Mulder s'intensifia encore, lui rendant toute réflexion quasi impossible. Il avait tant besoin de voir sa partenaire, de la sentir près de lui, d'entendre sa voix et son discours rationnel qui l'exaspérait tant habituellement. Une partie de lui savait pertinemment que la jeune femme debout devant lui n'était pas sa Scully mais l'épuisement et les chocs successifs avaient brouillé son discernement et, avant même d'avoir pu réfléchir, le grand brun sentit ses jambes avancer toutes seules :
-Scully... Dana, bafouilla Fox en tendant une main tremblante vers elle.
La jeune femme recula immédiatement :
-N'avancez pas ! Je vous interdis de me toucher, haleta-t-elle en le fusillant du regard.
Tout se passa ensuite très vite : le Capitaine, hors de lui, hurla des ordres et plusieurs soldats resserrèrent leur surveillance autour du captif. Mulder sentit les pointes de leurs armes lui piquer les flancs, mais le danger ne vint pas de cette menace évidente.
Dès lors que le grand brun se fut approché un peu trop près de la jeune femme aux cheveux roux, la boule de fourrure qu'elle tenait dans ses bras s’étira soudainement.
Un éclair noir et blanc bondit alors sur Mulder et l'animal, que Fox identifia comme un raton-laveur, s'agrippa aux mailles de son pull. La bestiole entreprit ensuite de lui mordre furieusement l'avant-bras gauche jusqu'au sang.
-Aïe !
Surpris et déstabilisé, Mulder recula et alla heurter la rangée de gardes armés derrière lui tout en agitant son membre malmené.
Mais le valeureux raton ne lâcha pas prise. Il continuait au contraire à entamer sa chair à l'aide de ses petits crocs pointus, visiblement décidé à défendre sa maîtresse contre cet étrange individu qui avait eu l'audace de s'approcher d'elle.
-Crapule, arrête ! Viens ici !
À ces mots et comme par enchantement, la bestiole finit par abandonner sa victime et retourna aussitôt dans les bras de sa maîtresse. Cette dernière serra affectueusement le raton-laveur contre elle avant de reculer de plusieurs pas, l'œil méfiant devant cet intriguant prisonnier.
Sur le pont, l'agitation était désormais à son comble et le Capitaine Scully, manifestement furieux qu'un malfaiteur ait osé s'approcher de sa fille, tonna :
-Qu'il en soit ainsi ! Mettez ces hommes aux fers. Leur sort sera scellé dès notre arrivée à Port Royal, où ils seront remis à la justice de la Couronne !
Et sans autre forme de procès, Sparrow et Mulder furent traînés dans le fond de cale du Starbuck, sous les yeux écarquillés de l'équipage et de la demoiselle aux cheveux roux.
L'obscure cellule dans laquelle ils furent poussés était étroite et confinée, et les seuls rayons de lumière qui filtraient provenaient des petites fissures dans la coque de la frégate. La grille rongée par le sel et l'humidité grinça lorsqu'elle se referma sur eux, puis ce fut le silence total.
Mulder s'aggrippa aux barreaux de la petites geôle, pressant le métal froid contre son front, encore sous le choc de ses dernières rencontres.
Frohike.
Langly.
Byers.
Skinner.
Et maintenant, Scully...
Totalement indifférent à quelques pas de lui, Jack trouva un coin à même le sol qui lui semblait suffisamment confortable pour s'allonger. Le pirate s'y installa sans la moindre gêne, bascula son tricorne sur son visage et ne bougea plus, comme s'il s'apprêtait à profiter d'un instant de détente dans un endroit particulièrement agréable.
-Mais quelle mouche vous a piqué, demanda soudain le forban, la voix étouffée par son couvre-chef. Approcher la fille du Capitaine... Je croyais que les Renards étaient malins ! Vous la connaissez vraiment ?
-À vrai dire, oui, murmura Fox en se tournant lentement vers lui. Dans une autre vie.
Un silence flotta entre les deux hommes, chacun semblant assimiler les paroles qui venaient d'être prononcées. Devant le mutisme prolongé de Sparrow, Mulder se demanda un instant si ce dernier le croyait vraiment, et s'il comprenait la complexité de la situation.
L'Agent du FBI devait absolument trouver une solution pour se sortir de ce mauvais pas et retrouver le chemin vers son époque. Mais bien des obstacles se dressaient entre lui et la liberté, sans compter qu'il n'avait aucune idée de comment procéder.
Pour l'instant résigné, le grand brun finit par s'asseoir dans le coin opposé de la cellule humide et soupira :
-Je crois que je n'ai jamais été aussi souvent fait prisonnier que depuis ces dernières ving-quatre heures.
Jack souleva son tricorne d'un doigt et fixa Mulder d'un regard amusé :
-Et encore... on ne se connaît que depuis hier. Attendez de voir ce qu'il se passera d'ici demain !