Le lit d’appoint.
Chapitre 1 : Le lit d’appoint.
769 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 25/01/2026 18:51
INT. COOL VIEW MOTEL – SOIR (Première nuit)
Mulder se dirige vers le lit d’appoint. Il le déplie, un grincement strident résonne.
Il replace les couvertures sommairement, s’assoit et teste le matelas, qui proteste sous son poids dans un concert de craquements.
Il esquisse un sourire amusé et, d’un mouvement exagéré, fait encore crisser le lit.
Scully, prête à se glisser sous ses couvertures, s’immobilise.
Elle le fixe d’un regard las.
SCULLY
(Agacée)
Bien sûr…
Elle s’installe et tire les couvertures sur elle avec un soupir.
CUT TO:
INT. COOL VIEW MOTEL – PLUS TARD
Dans l’obscurité, Mulder, allongé sur le lit d’appoint, repousse doucement les couvertures.
Il tente de ne pas bouger, soucieux de ne pas déranger Scully.
Elle garde les yeux fermés, immobile, mais il sait qu’elle ne dort pas.
Il remue légèrement.
Le sommier grince malgré lui.
Un silence tendu s’installe.
Puis, las, il bouge exagérément.
Le sommier grince encore plus fort.
SCULLY
Mulder!
MULDER
(Moqueur)
Tu pourrais gémir, Scully. Le motel est complet, j’aurais l’air d’un vrai Don Juan.
Elle ouvre les yeux. Sans répondre, elle lui lance un regard exaspéré mais amusé.
Mulder se redresse, enlève le matelas du sommier, plie la structure métallique dans un claquement sec et sort le tout à l’extérieur.
Il inspire l’air nocturne, puis revient installer les couvertures sur le matelas, directement sur le sol, à côté du lit de Scully.
Scully se soulève, appuie sa tête contre son bras et l’observe un instant.
Ses cheveux ébouriffés et son sourire à moitié endormi lui donnent une fragilité presque enfantine.
Mulder la regarde avec une tendresse involontaire.
Gênée, elle s’allonge sur le dos et fixe le plafond.
MULDER
(Timide)
J’ai vu la jeune Dana… Désolé.
SCULLY
(Murmure)
Dors bien, Mulder… sur le sol.
MULDER
(Taquin)
C’est une invitation ?
SCULLY
(Sourit)
La jeune Dana a un père militaire…
Mulder étouffe un rire, trouve enfin une position confortable et laisse échapper un long soupir.
CUT TO
INT. COOL VIEW MOTEL – NUIT (Deuxième nuit)
Mulder est allongé sur son matelas, à même le sol, près du lit de Scully.
Il tourne parfois la tête vers elle.
Sa respiration est régulière, mais il sait qu’elle ne dort pas.
MULDER
(Chuchote)
Tu n’arrives pas à dormir, toi non plus ?
SCULLY
(Voix basse, lasse)
Je dors, Mulder…
(Soupire)
Comment…
MULDER
(L’interrompt, malicieux)
Tu ne ronfles pas.
Scully ouvre les yeux et pivote sur le dos.
SCULLY
(Calmement)
Cette enquête me trotte dans la tête…
MULDER
Tu ne crois toujours pas que Holman peut contrôler la météo ?
SCULLY
Non. Je pensais plutôt à Holman et Sheila…
Tu crois que ça peut fonctionner, tous les deux ?
Mulder réfléchit, regarde le plafond.
MULDER
Qui sait…
SCULLY
Je ne doute pas de l’amour de Holman pour Sheila.
Mais Sheila paraît… plus instable.
D’abord Daryl, puis toi…
MULDER
(Rit)
Sheila a des goûts douteux.
SCULLY
Non, je veux dire…
Crois-tu que la prise de conscience des bouleversements météorologiques provoqués par l'amour de Holman l’a aidé à mieux comprendre ses propres sentiments ?
MULDER
Se sentir aimé par quelqu'un peut animer des sentiments semblables, je crois...
Un long silence s’installe. Ils réfléchissent.
MULDER
(Poursuit)
On les a vraiment aidés. On est géniaux, Scully.
J’ai donné du courage à Holman, et tu as aidé Sheila à voir qu’il est plus qu’un ami.
SCULLY
(Sarcastique)
Contactez-nous pour de bons conseils.
MULDER
À propos de conseils…
On devrait essayer, un jour…
Mulder tourne la tête vers Scully.
Elle sent son regard, mais ne bouge pas.
Après un instant, elle entrouvre un œil, un sourire au coin des lèvres.
SCULLY
(Murmure)
… Un jour... Oui.
Mulder rit doucement, puis devient plus sérieux.
MULDER
(Hésitant)
Pourquoi tu es seule, Scully ?
Scully rit doucement, balayant la question, mais Mulder continue de la regarder.
MULDER
(Plus bas)
Non, sérieusement.
Elle inspire profondément.
SCULLY
Le travail.
MULDER
(Sérieux)
N’importe quoi!
SCULLY
(Soupire)
J’aurais du mal à justifier pourquoi je partage ma chambre avec mon collègue masculin…
MULDER
À cause d’une vache volante, Scully.
SCULLY
(Sourit)
Qui pourrait croire cette histoire ?
Mulder lui sourit. Un éclat complice dans les yeux.
Scully soutient son regard, son expression adoucie.
Ils savent que personne ne peut vraiment comprendre ce qu’ils partagent.
Cette danse silencieuse qui n’appartient qu’à eux.