Prologus α
Chapitre 9 : Prologus α-9
3738 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 13/09/2026 10:27
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Une foule de questions se pressèrent dans l’esprit du Magos : Qu’est-ce que ce Desolator pouvait bien faire là ? Depuis combien de temps était-il enfoui ? Avait-il été construit sur place ? Pourquoi les registres ne parlaient-ils pas de ce navire spatial ? Pourquoi le fil d’or l’avait mené, lui, jusque-là ? Quel était le lien avec le fil d’or ? Il les repoussa d’un geste que les drones de reconnaissance imitèrent stupidement. À travers l’image tridimensionnelle qu’ils renvoyaient, il reconnut la forme d’un sas. « C’est là que nous devons aller. » Il se mit en marche.
Comme l’explorateur enfonçait une mécadendrite dans le panneau de contrôle pour le pirater, la porte s’ouvrit d’elle-même, laissant échapper un peu d’air. Le fil d’or flottait dans le sas. Il s’avança donc et pénétra dans la structure avec circonspection, suivi de sa petite troupe. Un chuintement de plus en plus distinct démontra que de l’atmosphère pénétrait le sas. il y eut un tintement et l’autre porte s’ouvrit sur la pénombre d’un couloir. Le fil d’or partait sur la gauche, comme un fil de guidage. La noosphère de l’endroit s’activa et des flots de données se mirent à fluer sur les murs. + L’atmosphère est respirable. + annonça Tez-Lar. + ça peut être un piège. + répondit Gaïus.
Le Technoprêtre toujours en tête avançait d’un pas décidé. Un léger frou-frou derrière eux le fit se stopper net.
+ Nous avons de la compagnie. +
Il envoya les drones en arrière. Le bruit se fit plus intense comme si quelques créatures de petite taille fuyaient et les drones eurent à peine le temps de voir une image flou de l’une d’entre elles refermer une trappe de quelques centimètres.
+ Attention! cria-t-il. J’ai cru reconnaitre des Scarabées Canopteks! +
+ Des nécrons dans un monde de ce genre? Que viennent-ils chercher ici? +
+ On le saura bien assez vite. En attendant, on observe une formation d’avance prudente: un Kastelan et le Vorax à l’avant en reconnaissance, un kastelan et le Castellax à l’arrière avec TO-Dulus. Gaïus, passez juste devant moi, Tez-Lar, tu restes à mes côtés. Les Ferriculi Mortis vont se séparer en deux essaims en avant et en arrière. Messieurs, armes à la main! +
TO-Dulus chargea les programmes adéquats dans les Kastelans, les autres ayant déjà des programmes assez vastes pour ce genre de mission. Chacun prit place et l’avance prudente continua dans les couloirs déserts où seuls les pas de la troupe résonnaient. Tout semblait mort depuis bien longtemps et seule la lueur bleutée des données de la noosphère animait l’endroit. Le fil d’or se perdait au loin dans le couloir. Le jeune Magos essayait de faire en sorte que sa respiration ne s’entende pas, inconscient qu’il était largement couvert par le boucan des pas lourds des robots de la Cybernetica. Chaque porte qu’ils ouvraient donnait sur des locaux vides, des dortoirs fantômes sans la moindre trace de vie présente ou passée, des cantines où tout était soigneusement rangé, des hangars de stockage aux caisses poussiéreuses alignées. Ils progressaient en direction de l’arrière du bâtiment.
Le fil tourna brusquement vers un couloir sur la droite. L’explorateur dirigea donc sa troupe dans la direction indiquée. Un léger froissement crissait dans les murs autour d’eux, sous le sol et sur le plafond, comme si des millions de pattes marchaient tout autour d’eux. + On dirait qu’on se rapproche! + + Oui votre Sainteté + + Ils arrivent! + subitement de partout de petites trappes s’ouvrirent et des milliers de petits crustacés métalliques envahirent les surfaces du couloir. + On va voir s’ils supportent une décharge volkite ! + le Vorax de son bras équipé d’un incinérateur à Volkite envoya un long jet de flamme droit devant lui, illuminant d’une flamme bleue toute la scène. De l’autre côté du groupe, le Kastelan faisait de même avec son crémateur incendine. L’explorateur put avoir une vue détaillée de leurs assaillants : ce n’étaient pas des Scarabées Canopteks, mais plutôt des sortes de crustacés à comme des crabes à 10 pattes équipés de dards. l’atmosphère s’emplit de l’agréable odeur d’un barbecue au bord de la plage, l’âcreté du volkite en plus. Les créatures mourraient bien, leurs carapaces métalliques cuisant les chairs à l’intérieur. Réagissant comme un banc de crabes, elles semblaient avoir l’intelligence collective et elles se replièrent dans les trous d’où elles étaient sorties. TO-Dulus en avait attrapé une qui se débattait en essayant vainement de piquer le bras mécanique. + Vous plairait-il de l’examiner vivant, Votre Sainteté ? + + Merci TO-Dulus, vous pouvez le stocker dans une boite de stase pour que je l’observe tranquillement une fois de retour à bord. + Le compilateur tendit la bestiole en direction de Tez-Lar qui sortit une boîte de son havresac et fourra l’animal à l’intérieur. La boîte s’agita de quelques soubresauts puis Tez-Lar la replaça dans son backpack.
La troupe reprit sa progression. Le bruissement des pattes se faisait toujours entendre, mais beaucoup plus lointain. Le fil d’Ariane les menait à un ascenseur flanqué d’une porte présentant sans équivoque un escalier. Par prudence, la troupe choisit l’escalier: elle devait peser plusieurs dizaines de tonnes et risquait de mettre à mal une machine antique dont la solidité n’était pas démontrée. Les volées de marches succédèrent interminablement aux volées de marches. Le fil d’or avait rectifié son itinéraire et les mena vers une grande porte. L’escalier semblait poursuivre indéfiniment vers le haut. Après un craquement sinistre, la porte s’ouvrit dans un grincement antique, sur un autre couloir. Ce dédale semblait sans fin. Ils s’avancèrent, toujours sur leurs gardes. Le bruissement avait cessé : leurs poursuivants avaient dû abandonner leurs proies ou avaient peut-être eu peur de quelque chose. + Le niveau d’activité énergétique est en hausse dans ce secteur. + annonça Tez-Lar.
L’ambiance était différente dans ce couloir: la Noosphère transportait beaucoup plus d’informations, des formules mathématiques bleues sur des murs peints en blanc, et l’atmosphère était plus froide, un peu comme dans un couloir d’hôpital. Les semelles grinçaient sur le sol de plastacier. Le Magos sentait de légères vibrations sous ses pieds. Quelque machine fonctionnait donc encore, le vaisseau n’était pas mort. Les portes enchâssées dans les parois étaient toutes semblables avec des bords arrondis, à côté de chacune d’elle un panneau de contrôle. Le fil s’enfonçait dans la fissure de l’une d’elles. Son panneau de contrôle était allumé et indiquait des constantes vitales. Le Magos, fasciné, ficha une mécadendrite dans l’orifice prévu à cet effet et la porte s’ouvrit. À l’intérieur de la pièce, l’atmosphère était froide et sombre. Une cuve cylindrique énorme, en plastacier transparent, suait une lueur blafarde de couleur verdâtre sur les murs et le plafond. à l’intérieur des bulles grosses comme des yeux de Grox remontaient lentement dans un fluide épais et turbide au centre de laquelle flottait la silhouette d’une créature humaine reliée à une multitude de fils et de tuyaux. Le fil d’or entrait dans la cuve et semblait émaner du front de la créature. Tous furent pétrifiés par cette vision.
Une lumière jaune se mit à pulser de plus en plus fort sur le front de la silhouette qui se rapprocha de la paroi de la cuve, devenant ainsi plus visible. Le jeune Magos s’avança. Ses compagnons tant mécaniques que de chair restaient pétrifiés. À la vision qu’il eut, tous ses membres se glacèrent d’effroi : il était en face d’un cauchemar d’homme, un corps difforme et nu. Ses bras et ses jambes torsadés formaient des vrilles anormales, ses muscles atrophiés semblant s’enrouler autour de ses os suppliciés. Des excroissances abjectes lui tourmentaient la colonne vertébrale lui créant une bosse pointue sur le flanc gauche.
Le regard du Magos s’arrêta avec effroi sur ce qui aurait dû être son visage. Il eut un hoquet de dégoût en le voyant : ce n’était qu’une caricature déformé par les mutations, son front protubérant et rond, fendu de part en part d’une longue cicatrice suintante, lui imprima un profond sentiment de répugnance. Fasciné comme une proie face au serpent qui va l’engloutir, il s’avança encore, presque à toucher la cuve. La cicatrice du front se fissura et s’ouvrit comme une bouche muette, laissant place à un troisième œil, gigantesque et gluant, gros comme le poing d’un homme. Il en suppurait une matière noire opaque, collante, dégoûtante et dégoulinante qui refusait de se mêler aux fluides dans lesquels baignait le corps du mourant et qui retombait en gouttes sphériques denses et vibrantes s’accumulant au fond de la cuve comme des boules d’effroi pur. Le fil d’or crevant cet oeil dont il émanait, se tortillait sur lui-même comme le fil d’un éclair sur le fuseau de la chair sanguinolente, formait progressivement un écheveau qui commença à y prendre forme.
Le vox de la gorge nouée du Magos par cette vision d’horreur refusa d’émettre les sons que voulaient lui imprimer son cerveau: « Un Navigator! Et… il est vivant! Depuis combien de temps est-il là ? » La mandibule inférieure du non-mort se mit à trembler, donnant l’impression de chercher à former des mots qui ne venaient pas, il semblait lutter dans des spasmes pour ne pas être entièrement possédé par le tourbillon d’or qui lui vrillait le cerveau à travers son troisième œil quasiment exorbité :
- Tu es.. Tu es… terme de ce périple… jeune arrogant… Ta destination… moi.. SON messager. Longtemps depuis… je t’attend, IL m’a chargé… J’ai une… une mission… Non, toi… J’ai vu SON esprit… dans le Warp. IL a un message pour toi… IL voit ton destin… IL t’a… parlé… avant que tu naisses. Les mots déformaient son visage, révélant une souffrance indicible. Durant un instant les mots du Navigator firent écho dans l’esprit du Magos et il fut celui de Sedayne : il vivait une scène (dans le passé ?) où Il l’appelait d’un nom qui n’existait pas encore, un nom inconnu. Le Navigator, dans un effort surhumain qui le contorsionnait murmura : « Tu sais… Tu vois… de quoi… JE, NOUS parlons. IL, JE… mission… douleur… tête explose… » L’oeil se mit à cracher des torrents de ténèbres dorés éblouissants.
Tous ses systèmes en alarme, bravant douleurs et convulsions, dans un ultime effort il lança une séquence d’auto-analyse d’urgence, puis il sentit LA voix forcer, violer son esprit, brutale, grave, toute-puissante, semblant venir du fond des âges et des univers :
+ L’avenir de toute l’humanité est entre tes mains.+ Les occulaires du Magos prostré se mirent à émettre des grésillements inquiétants, puis des gerbes d’étincelles jaillirent de toutes parts de ses systèmes surchargés, une odeur âcre de métal surchauffé venant de son corps envahit l’atmosphère.
+ JE t’ai appelé ! + des failles WARP s’ouvraient et se refermaient tout autour de lui.
+ MES fils ont failli. + Le vertige s’accentuait, il cherchait à lutter pour ne pas être pris dans une faille, mais son corps de chair et de métal n’existait déjà plus.
+ Tu as la Connaissance de nombreux secrets interdits (l’as-tu déjà ou bien est-ce une vision du futur ?). +
+ JE possède MOI aussi LA connaissance. +
+ Depuis tout le temps que je t’observe, (ou bien est-ce l’inverse ?). + L’oeil du Navigateur prenait une forme oblongue, semblant tournoyer. Flou, incertitude. Il se vit, dans la cuve à chair qui l’avait vu naître, son maître était en face de lui, mais ce n’était déjà plus son maître : c’était une version plus âgée de lui-même.
+ Ces secrets, s’ils étaient placés entre de mauvaises mains, mènent à la démence et au Chaos. +
+ JE te laisse ce vaisseau, l’Alta-Scientia, la science profonde, la connaissance ultime. + Les voix semblaient se répondre l’une à l’autre, toutes semblables, toutes différentes. La cuve transformée en espace vide où tournoyaient des esprits tourmentés, la folie s’incarnait autour de lui comme une tornade sombre, dorée. « Je dois lutter contre ces hallucinations, elles viennent du WARP ». Tandis qu’il se débattait désespérément pour reprendre conscience de son corps, le vide poursuivit, vibrant:
+ Tu dois rester éternellement dans l’ombre et te disséminer. +
+ Oui, tu comprends le vrai sens de la connaissance. JE les ai déclarés hérétiques. +
+ Connais-tu l’hérésie ? + La définition de l’hérésie se mit à défiler devant lui : « L’hérésie n’est point une simple déviation de pensée, ni une erreur bénigne dans les dogmes de l’Empereur-Dieu. L’hérésie est un cancer rampant, une corruption insidieuse de l’âme et de l’esprit, une souillure invisible qui ronge les fondations mêmes de l’Imperium. »
+ Tu dois rester éternellement dans l’ombre et te disséminer. + La litanie se poursuivait dans ses souvenirs (mais étaient-ce bien les siens ?) : « Elle prend racine dans le doute, s’épanouit dans la complaisance, et porte fruit dans la rébellion. Là où l’hérétique ose remettre en question la Vérité impériale, il ouvre grand les portes au Chaos, à la xéno-hérésie, aux abominations technologiques interdites. Aux yeux de l’Inquisition, il n’existe nulle distinction entre pensée hérétique et action hérétique, car penser à l’encontre de l’Empereur, c’est déjà LE trahir. L’hérésie est une maladie qui ne connaît qu’un seul remède : la purification par le feu, le plomb, ou l’oubli éternel. » les mots étaient formés de runes au sens oublié depuis les millénaires.
+ Tu dois disséminer tes connaissances dans l’univers. +
+ Mes fils ont failli. +
+ Combien d’âmes pour maintenir ma vie ? +
+ Je te connais depuis tant de millénaires, mais tu n’existais pas encore.
+ Qu’est-ce que le temps ? +
+ Les cacher : l’humanité doit savoir mais n’est pas en mesure de savoir utiliser. Le savoir mène à la folie. + Dix millénaires de guerre suivant l’hérésie d’Horus défilèrent dans sa mémoire, le poids de ces années passées lui parut soudain si lourd. Qui parlait ? Le vortex doré qui sortait de « l’Ever-Watching Eye » torturait chacun de ses sens dans un tourbillon de symboles ésotériques de souffrance démente à l’état pur. JE veillerai sur toi.
+ Elles la mèneraient au Chaos. +
+ Pour mener à bien tes expériences, tu auras la connaissance : il a échappé aux forces de corruption. + Il était maintenant un vieillard-foetus dans le ventre de sa mère de lumière sombre, incapable de maîtriser les fils d’or de son destin qui dessinaient une tapisserie de violence éternelle sur lesquels les runes s’imprimaient en hurlements délirants. Mes fils ont trahi ma confiance.
+ JE lutte éternellement et pour l’Éternité. +
+ Tu vas être appelé pour ressusciter MON fils. +
+ Tu dois éparpiller cette connaissance, la disséminer. +
+ Combien de morts ? +
+ Il te protègera et te redoutera. +
+ Fais évoluer la race des humains. +
+ Il sera ton plus fidèle allié et ton plus dangereux ennemi. Les trois dimensions du temps ne laissant plus de place à l’espace, il n’existait à présent plus que sous la forme d’une singularité, étincelle vibrante de luminosité noire dans un vortex de métal précieux intarissable et de la multitude de l’œil-qui-voit-tout, sombre, brûlant, scrutant, rayonnant. Suffocation extrême, douce violence, hérésie, sagesse de la déraison insane. Les mots-lumière-son continuaient, d’une folie-mort-vie insatiable:
+ Qu’elle domine la galaxie par l’amélioration et par la mécanique. +
+ Mène à bien MON plan (ton plan ?) à travers les millénaires. +
+ JE suis réduit à l’état de fantôme et combien de vies pour maintenir la mienne. +
+ NOUS SOMMES L’ÉLU. TU es MON héri… +
Aussi brutalement que tout avait commencé, le tourbillon d’or se réduisit à l’état de fil et disparut complètement. Un long silence s’installa, il entendait comme un résidu, un sifflement aigü et persistant, comme un acouphène, qu’il entendait-voyait-sentait par tous ses sens surchargés de tant de vide.
« Est-ce que je suis encore dans la vision ? Est-ce que c’est bien réel ? Que disait le tourbillon ? Il parlait d’une connaissance, de la disséminer, tout cela avait un lien avec l’hérésie, mais pourquoi voudrait-il que je devienne hérétique ? Pourquoi mes compagnons ne bougent-ils pas ? Suis-je vraiment sorti de la vision ? Qui était derrière cette voix ? L’Empereur ? Une autre puissance du WARP ? » Ses oculaires lui renvoyaient une vision floue de ce qui l’entourait. Face à lui, son reflet dans le miroir était étrangement déformé. Une voix interne annonçant « auto-analyse terminée, tous les systèmes sont opérationnels. » le fit sursauter : il était donc bien revenu dans le monde réel. Le reflet qu’il avait cru voir de lui-même n’était que le visage distordu du Navigator. L’œil se recroquevilla dans son front, sa lourde paupière se referma lentement, puis il ouvrit ses deux yeux « normaux », intégralement blancs : l’iris et la pupille étaient complètement opacifiés par l’âge et la cataracte.
Sa bouche se fendit, s’ouvrit, se tordit et des mots sortirent d’un vox, étonnamment fluides, mais trahissant une lassitude intense :
« C’est tout… J’ai délivré SON message. Maintenant, c’est à toi de me rendre un service : je souffre, je vais mourir si tu n’interviens pas... J’ai un âge qu’il n’est pas décent de mentionner… Je suis seul avec l’esprit de cette machine depuis tellement de siècles et même de millénaires ! Mais toi, tu vivras plus encore. Je suis conscient que c’est contre toutes les lois naturelles, mais je dois rester connecté à l’esprit de ce vaisseau pour rester en vie. Je sais qu’IL t’a parlé et je veux savoir ce qu’IL fera de toi à travers les millénaires. Je suis le dernier de ma noble lignée de Navigators martiens, elle est maintenant éteinte depuis si longtemps qu’elle est tombée dans l’oubli. Débarrasse-moi de ce corps de chair qui n’est plus que putréfaction et souffrance, fusionne mon esprit à celui de cette machine, Mais il te faut te décider rapidement, je sens que tes amis vont s’éveiller et le temps qu’il me reste est court. Cette transe m’a littéralement épuisé. Si tu ne fais rien, ma fin est proche. Si tu m’accordes ta grâce, je t’offrirai un pouvoir immense et unique… » Le Magos regardait, interloqué, hébété, incrédule, ce non-mort lui parler à travers la machine. Tandis qu’il restait ainsi, il sentit un mouvement à sa droite. « Tes amis se réveillent, prends ta décision ! »
–––––♦–––––
Lors de son retour à bord de l’Atropos Fulmen, le commandant suprême de la mission ne se souvenait plus de ce qu’il avait trouvé sur cette planète, ni de ce qu’était le fil d’or. Avait-il rêvé ? Pourtant, il lui semblait vaguement que cette information était disponible quelque part dans une mémoire secondaire, encapsulée par l’auto-hypnose et lui reviendrait en temps utile. Gaïus, Tez-Lar et TO-Dulus semblaient eux-aussi se poser des questions, mais n’abordèrent jamais le sujet. La mission de fourrage fut un franc succès, le jeune Magos négociant les meilleurs prix, et, une fois rentrée sur Mars, la Myriade fut honorée pour la prise du Clipper désormais nommé « Atropos Fulmen αω XLII ». La Legio XLII adopta le nouvel étendard du Magos aux épis d’ors et le vieux Maréchal Lucius Claudius Magnus fut jusqu’à la fin de ses jours un appuis fidèle à ce jeune Magos qu’il avait cru imbu de sa personne.
Pendant de nombreux siècles, l’Alta-Scientia resterait endormi, oublié de tous dans le vide spatial d’une planète abandonnée et déserte.
Prologus α
- Un roman de Archante de Moravec -
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