Les confessions de l'Immortel
Chapitre 7 : L’homme derrière le monstre
593 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 30/09/2026 07:11
La nuit n'avait pas effacé les paroles d'Edward.
Elle les avait seulement rendues plus lourdes.
Elles accompagnaient Bella partout, comme une ombre silencieuse glissée derrière chacun de ses pas.
Carlisle est un prédateur.
Elle avait essayé de se convaincre que ce n'était qu'une peur d'Edward. Une manière de protéger son secret. Une réaction excessive d'un fils inquiet pour son père.
Mais quelque chose dans son regard lui avait dit le contraire.
Edward n'avait pas peur que Bella découvre le monstre.
Il avait peur qu'elle découvre l'homme qui se cachait derrière.
Le lendemain soir, lorsque les couloirs de l'hôpital se vidèrent enfin, Bella retourna dans l'aile privée de la clinique.
Cette fois, elle n'avait aucune excuse.
Aucun dossier à remettre.
Aucune raison officielle.
Seulement une question qui refusait de disparaître.
Elle poussa doucement la porte de la bibliothèque de Carlisle.
La pièce était vide.
Les étagères imposantes, les livres anciens et l'odeur du cuir vieilli donnaient l'impression d'entrer dans un lieu qui n'appartenait pas au présent.
Puis Bella remarqua une faible lumière derrière un rayonnage.
Une petite alcôve dissimulée.
Elle s'approcha lentement.
Sur un pupitre en bois sombre reposait une bible ancienne, dont la couverture était usée par le temps.
À côté, un parchemin jauni attendait, fragile comme un souvenir qu'on aurait dû oublier.
Bella baissa les yeux vers l'écriture.
Ce n'était pas un rapport médical.
Ce n'était pas une note scientifique.
C'étaient des confessions.
Des prières.
Les mots d'un jeune homme qui n'était pas encore devenu une légende.
"Mon Dieu, préservez mon âme de la colère qui grandit en moi."
"Je crains davantage ce que je pourrais devenir que les monstres que je poursuis."
"Si je dois être condamné, laissez-moi au moins mourir en protégeant les innocents."
Le souffle de Bella se bloqua.
Elle ne lisait pas l'histoire d'un vampire.
Elle lisait celle d'un garçon terrifié.
D'un homme qui avait craint de sa propre violence avant même de connaître l'éternité.
— Tu ne devrais pas lire ces pages, Isabella.
La voix derrière elle était calme.
Trop calme.
Bella se retourna.
Carlisle se tenait dans l'encadrement de la porte.
Son costume sombre contrastait avec la blancheur presque irréelle de son visage. Mais ce ne furent pas ses traits parfaits qui attirèrent son attention.
Ce furent ses yeux.
Pour la première fois, elle n'y vit pas la maîtrise absolue.
Elle y vit un souvenir.
Une blessure ancienne.
— C'est votre écriture ? demanda-t-elle doucement.
Carlisle regarda le parchemin.
Longtemps.
— Oui.
Un seul mot.
Mais il semblait peser trois siècles.
Il s'approcha lentement, récupérant la page avec une délicatesse presque religieuse.
— C'est l'écriture d'un homme qui croyait comprendre le mal parce qu'il l'observait de loin.
Sa voix resta douce.
Mais une fissure apparut dans son calme.
— Jusqu'au jour où il a découvert qu'il pouvait lui-même devenir ce qu'il combattait.
Bella resta silencieuse.
Carlisle leva les yeux vers elle.
— J'ai passé ma vie immortelle à essayer de réparer l'homme que j'étais autrefois.
Un instant, son masque parfait disparut.
— Mais certaines choses ne disparaissent jamais vraiment.
La pluie frappa les fenêtres de la bibliothèque.
Comme un rappel du monde extérieur.
— Tu cherches un monstre, Isabella, murmura-t-il. Pourtant, ce que tu as trouvé n'est qu'un homme qui a passé trois siècles à essayer de mériter son pardon.