Les confessions de l'Immortel
Chapitre 3 : Le poids des siècles
542 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 30/09/2026 07:00
La porte de l’hôpital se referma derrière Bella.
Aussitôt, la chaleur artificielle du bâtiment disparut.
La pluie de Forks l’accueillit avec sa brutalité habituelle, froide et incessante, collant ses cheveux à son visage tandis qu’elle rejoignait son vieux pick-up.
Mais elle ne ressentait presque rien.
Son esprit était encore dans ce bureau.
Dans cette pièce remplie de livres anciens et de silences trop longs.
Dans ce regard doré qui semblait avoir vu bien plus que ce qu’un homme pouvait connaître en une seule vie.
Carlisle Cullen n’était pas simplement mystérieux.
Il était ancien.
Elle ouvrit la portière et monta dans l’habitacle.
Le bruit régulier des essuie-glaces accompagna son souffle alors qu’elle essayait de reprendre ses esprits.
Puis elle s’arrêta.
Quelque chose n’allait pas.
Une odeur de forêt humide.
De froid.
Une présence.
Bella releva lentement les yeux.
Une silhouette était assise sur le siège passager.
Edward.
Ses cheveux cuivrés étaient légèrement humides, son visage habituellement parfait marqué par une tension qu’elle ne lui connaissait pas.
— Qu’est-ce que tu faisais dans le bureau de mon père ?, demanda-t-il.
Sa voix était basse.
Pas en colère.
Inquiète.
Et cette inquiétude était presque pire.
Bella referma sa main autour de ses clés.
— Je déposais des documents.
Edward la fixa.
Il n’avait pas besoin de lire dans ses pensées pour savoir qu’elle ne disait pas tout.
— À deux heures du matin ?
Le silence s’installa.
La pluie frappait le pare-brise entre eux.
— Bella... tu ne comprends pas.
Il détourna un instant le regard.
Comme s’il cherchait les bons mots.
— Carlisle passe son existence entière à protéger les autres. Il porte des choses que personne ne devrait porter.
Son expression se durcit légèrement.
— Mais certaines vérités sont dangereuses.
Bella soutint ses yeux dorés.
— Ou certaines vérités dérangent parce qu’elles obligent les gens à arrêter de se cacher.
Edward resta immobile.
Cette phrase l’atteignit plus profondément qu’il ne voulait l’admettre.
— Tu crois savoir qui il est, murmura-t-il.
Bella observa son visage.
Pour la première fois, elle ne vit pas seulement le vampire immortel.
Elle vit un fils inquiet.
— Non, Edward.
Sa voix fut plus douce.
— Je crois justement que personne ne sait réellement qui il est.
Cette réponse sembla le troubler.
Parce qu’au fond, c’était exactement ce qui le terrifiait.
Carlisle était celui qui avait toujours eu les réponses.
Celui qui avait guidé tout le monde.
Mais personne ne demandait jamais ce que lui ressentait.
Edward ouvrit la portière.
Avant de disparaître dans la brume, il ajouta :
— Fais attention, Bella.
Puis il partit.
Pas comme une menace.
Comme un avertissement.
Bella resta seule dans le silence du parking.
Elle regarda les lumières de l’hôpital disparaître derrière le rideau de pluie.
Et elle comprit quelque chose.
Le secret des Cullen n’était pas seulement ce qu’ils étaient.
C’était ce qu’ils avaient passé des siècles à cacher.
Et au centre de tout... se trouvait Carlisle.