Le sorceleur spécial
Chapitre 41 : Le laboratoire de Philippa et l'arrivé d'Aiden a Aretuza
2843 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 25/09/2026 20:25
POV Tissaia
Je restai silencieuse après qu'il eut dit cela, mais je souris et dis : « Et pourquoi te le dirais-je, Vilgefortz ? Pense ce que tu veux. »
Puis je commençai à l'attaquer on n'avait pas besoin de discuter, surtout avec quelqu'un qui avait accepté un tel pouvoir.
Il commença à attaquer en envoyant une magie de pure destruction. Je ripostai aisément en tissant un mur de vent électrifié, nos magies s'entrechoquant sans réel vainqueur.
Nous nous affrontâmes ainsi de longues minutes, chacun cherchant la faille de l'autre sans jamais la trouver : je frappais avec précision, forte de mes nombreuses années d'expérience même si j'avais rarement eu l'occasion de me battre, je n'étais pas encore rouillée pour autant, calculant chaque éclair pour qu'il tombe exactement où il le fallait.
Lui répondait avec une puissance brute et purement destructrice ; parfois même les tables ou les murs se déformaient, comme si le Chaos cherchait à s'en échapper, m'obligeant à refermer ce genre de mini-brèches.
Une de mes décharges lui arracha un cri, la peau de son avant-bras se craquelant davantage sous la brûlure, mais des tentacules s'enroulèrent autour de son bras comme pour bloquer ma magie. En retour, une lame d'ombre me frôla l'épaule, laissant une entaille froide qui me força à électrifier tout mon corps pour empêcher le Chaos de s'y répandre.
Nous étions à bout de souffle, tous les deux, et je compris avec une amère certitude que ni lui ni moi n'arriverions à porter le coup final.
J'avais beau puiser ma magie dans la bénédiction de Tuilë, déesse du printemps, et lui dans un pouvoir plus sombre que l'obscurité elle-même, il y avait en contrepartie un prix à payer : ce pouvoir semblait le consumer à mesure qu'il l'utilisait, son corps de plus en plus craquelé, de plus en plus étranger à lui-même.
Et moi, malgré tout, je sentais mes réserves de magie s'épuiser bien plus vite que je ne l'aurais souhaité cette tempête que je maintenais me coûtait cher, mais c'était nécessaire, car les tentacules absorbaient jusqu'aux moindres particules de magie présentes dans l'air.
Ce fut finalement lui qui recula le premier, essuyant le sang à sa bouche d'un revers de main presque théâtral.
« Une autre fois, Tissaia c'est ce que je t'aurais dit si je n'avais pas besoin d'aller chercher Ciri d'abord », dit-il, la voix redevenue presque humaine, presque amusée, et faussement triste. « Après tout, j'ai encore beaucoup de questions pour toi, et j'aurais préféré te les poser. Mais on dirait que c'est terminé. »
Puis un sifflement me fit frissonner de peur, et instinctivement, je frappai en direction du bruit mais malgré le choc, le sifflement continua. Je le vis alors : un démon de pur Chaos s'approchait derrière Vilgefortz, et dit : « Vilgefortz. Tu connais les termes du contrat. »
Vilgefortz hocha la tête, amusé : « Bien sûr que je les connais, Gaunter. Ne t'inquiète pas, j'ai plusieurs clones avec des bouts de mon âme qui t'attendent. »
Gaunter ne répondit pas immédiatement, fixant son regard sur Vilgefortz, puis sourit : « Tu as raison. Le paiement a déjà été fait. »
Vilgefortz me regarda alors en souriant, s'inclina, et dit : « Pardonne-moi, ma chère Tissaia, mais Cirilla m'attend. Cela dit, comme je suis généreux, je te laisse en compagnie de cet ami. Ne t'inquiète pas : grâce à lui, tu pourras bientôt revoir tes chères amies mages dans l'au-delà, une fois qu'il en aura fini avec toi. » Puis Vilgefortz disparut dans les ombres.
Je regardai alors cet homme qui me fit trembler de peur des pieds à la tête. Ce que représentait Gaunter, je ne le savais que trop bien j'avais entendu parler de ce qu'il avait fait à Aiden et Philippa, réunis, et j'étais seule.
Je mordis mes lèvres et soupirai, pesant si je devais vraiment y recourir. J'entendis alors une voix douce dans ma tête : « Tu es sûre, Tissaia ? »
Hochant la tête, je répondis en pensée : « Oui, déesse. Vous m'avez déjà donné la possibilité d'avoir une magie si pure grâce à votre bénédiction, même si j'avais découvert votre orbe lors de mes voyages, et que, malgré ma cupidité envers cet orbe dans ma jeunesse, vous ne m'aviez jamais voulue comme héritière et pourtant, vous avez tout de même béni ma magie. »
La déesse du printemps ne répondit pas immédiatement, puis dit doucement dans ma tête : « Tu as toujours regretté de n'être pas digne de cet orbe, n'est-ce pas ? »
Je ne répondis pas tout de suite, mais elle sentit car c'était vrai ce seul regret de n'avoir jamais été l'héritière de cet orbe, déjà destiné à une autre. Je repris enfin : « Faites-le, déesse. Je dois repousser ce démon, même si je dois y laisser la vie. »
Je sentis la déesse s'attrister, mais l'instant d'après, mes réserves de magie remontèrent jusqu'à un niveau extrêmement élevé, ma tempête se faisant de plus en plus violente.
Regardant Gaunter, qui souriait depuis le début, il dit : « Intéressant. Tu n'es pas la porteuse de l'orbe, et pourtant tu as été bénie par la déesse Tuilë. Je suis maintenant curieux de toi, magicienne. Bonne chance. »
Puis le combat entre lui et moi un démon bien plus fort que moi, à des niveaux que je ne pouvais qu'à peine concevoir commença.
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POV Aiden
Dissipant la magie de glace aisément après avoir esquivé les pièges de boules de feu, j'entendis Vesemir soupirer : « Franchement, avec tout ce bruit, si on n'a pas alerté les gardes, je ne comprends pas. »
Je souris légèrement et dis : « Ne t'inquiète pas, je sens que les murs de ce laboratoire sont faits d'une sorte de magie du silence », continuant à marcher tranquillement dans le couloir, tandis que nous nous protégions aisément, à deux, des pièges de Philippa.
Vesemir marcha à côté de moi et dit : « Que vas-tu lui demander, à Philippa, si elle se trouve là ? Parce que, d'après ce que tu m'as raconté sur Roggeven pendant notre voyage, elle avait bien l'air de te manipuler. »
Je hochai la tête en bouchant une fuite de gaz d'une boule d'air comprimé et dis : « Je le sais. Philippa dira toujours de fausses vérités, tout en disant ce que nous voulons entendre. Mais je suis sûr d'une chose : elle tient à sa vie plus qu'à tout. Si je dois la menacer pour qu'elle me donne les informations que je veux, je le ferai sans hésiter. »
Vesemir hocha simplement la tête, et après quelques minutes, nous arrivâmes dans un laboratoire impressionnant, assez vaste. Parcourant les tables, je vis que les principales recherches menées ici portaient sur le sang et le pouvoir magique — pourquoi ai-je l'impression que tous les mages font ce genre de recherches ?
Je fronçai les sourcils en retrouvant des notes issues du laboratoire du clone de Vilgefortz : on dirait qu'elle essayait de créer des morts-vivants bien plus « réels », ainsi que des sorts nécrotiques, comme un sort appelé « rayon d'affaiblissement » ou « mains de froid glacial ».
Même si je ne comptais pas utiliser les sorts de nécromancie pour réveiller les morts, je gardai ces deux autres sorts dans ma sacoche, avec l'idée de les étudier plus tard. J'entendis alors Vesemir dire : « Aiden, viens voir. »
M'approchant de lui, occupé à lire des lettres, je dis : « Qu'as-tu trouvé ? » Vesemir me tendit une lettre : elle parlait d'un certain « V » ayant envoyé l'elfe assassiner Vizimir, et demandait à la destinataire, nommée « Rose », d'aider cet assassin en cas de besoin.
Je fronçai les sourcils tout désignait Philippa : la rose est certes magnifique, mais pleine d'épines, et la lettre se trouvait justement dans son laboratoire. Je regardai Vesemir et dis : « Mais je ne pense pas que cela suffirait. Si on donne ça à Dijkstra, il dira que ce n'est pas une preuve et même moi, je sais que si je présentais ça devant un conseil, malgré le fait que la lettre soit dans le laboratoire de Philippa, elle pourrait facilement prétendre l'avoir trouvée lors de sa propre enquête, et nier tous les faits. »
Vesemir hocha la tête, et après de longues minutes d'exploration, nous découvrîmes qu'elle avait appris le polymorphisme Triss m'en avait parlé un peu, cette capacité à se transformer en animal est extrêmement rare. En me penchant vers le sol, je remarquai des plumes ; les inspectant, je dis : « Une plume de hibou. Apparemment, Philippa aime bien se changer en hibou, à en juger par le nombre de plumes au sol à moins qu'elle n'ait un hibou de compagnie. »
Je regardai Vesemir, occupé à fouiller la bibliothèque, et dis : « Et toi, rien trouvé ? » Il secoua la tête et dit : « Non à part, curieusement, deux romans d'amour : l'un sur deux femmes, l'autre sur une femme et un roi méchant. »
Je regardai Vesemir, amusé, et dis : « Comment sais-tu que c'est ce genre de romans ? » Vesemir haussa les épaules et dit : « Disons que j'ai eu une jeunesse, Aiden. »
Je ris légèrement, puis, soupirant en me redressant, dis : « On dirait que ça ne sert à... » Je n'eus pas le temps de finir ma phrase : un portail surgit sans prévenir, et Philippa en sortit, la main sur le ventre, en sang.
Elle ne nous avait pas encore remarqués : elle balaya tout ce qui se trouvait sur son bureau, là où nous étions quelques minutes plus tôt, sortit une potion d'un de ses sacs et commença à en étaler sur sa blessure. Je pouvais l'entendre proférer des propos assez injurieux contre un certain Vilgefortz et Francesca.
Vesemir et moi échangeâmes un regard, degainâmes nos épées, et nous approchâmes doucement mais après quelques secondes, elle jeta un œil vers la porte de son laboratoire, restée ouverte, se retourna, et nous vit. Sans la moindre hésitation, surtout en me voyant, elle lança une énorme boule de feu, que je repoussai facilement avec un mur de glace ; le choc créa un épais brouillard de fumée dans lequel je l'entendis crier : « Encore toi ! Roggeven ne t'a pas suffi, maintenant tu viens fouiller chez moi qui t'a envoyé, hein ? Radovid ? Non, il serait trop stupide pour ça. C'est ce Dijkstra ? » J'étais déjà arrivé derrière elle dans le brouillard, mais elle invoqua une lance de feu depuis le sol, m'obligeant à m'écarter.
Vesemir en profita pour lancer une bombe de diméritium, mais Philippa invoqua un golem de pierre qui l'absorba, puis hurla en direction de Vesemir, qui commença à l'esquiver en l'affrontant.
Pendant ce temps, Philippa et moi nous affrontions à coups de sorts, et je dis, sarcastique et souriant : « Philippa, et dire que je pensais t'avoir manqué, vu la façon dont tu me draguais je croyais que tu avais eu le coup de foudre. »
Elle rit froidement et envoya deux golems foncer sur moi, ainsi qu'une énorme boule d'eau électrifiée. Je frappai le sol du pied, créant un golem de glace pour affronter l'un des deux, tandis que j'esquivais aisément l'attaque du second, levant en même temps un mur de neige pour bloquer la boule d'eau électrifiée.
Grimpant sur le golem de Philippa, je posai la main sur sa tête, et en une seconde, tout son corps se couvrit de glace avant de se briser ; mon propre golem frappa violemment la tête du second, l'envoyant au sol dans un fracas de pierre craquelée, avant de lui briser complètement la tête.
Jetant un œil de côté, je vis Vesemir se débarrasser lui aussi de son golem à l'épée d'argent, avant de foncer sur Philippa, qui créa une vague de feu de la taille d'un mur. Je conjurai simplement un brouillard enveloppant tout le laboratoire, tandis que mon golem de glace se plaçait devant Vesemir, qui invoqua un Quen pour se protéger de l'énorme vague.
Me téléportant derrière elle, je vis Philippa fixer mon illusion en train de brûler vive, et je l'entendis dire : « Quel dommage, tu aurais fait un bon... » Je ne sus jamais ce qu'elle allait dire mon épée courte était déjà sous sa gorge, et deux lances de glace venaient de percer ses mains, la faisant hurler de douleur et l'empêchant d'utiliser ses sorts. Je dis : « Désolé pour toi, mais c'est fini, Philippa. »
Elle rit et se retourna pour me faire face, serrant les dents de douleur, tandis que Vesemir approchait. « Fini ? Oui, tout est fini le conseil des mages est fini, et nous sommes finis dans le Nord ! »
Je fronçai les sourcils, gardant mon épée sous sa gorge, et dis : « Comment ça ? » Elle rit et m'expliqua la situation, puis sourit : « Tu sais, après notre rencontre quand j'ai appris, dans cette grotte, que tu t'appelais Aiden de Cintra j'ai fait des recherches sur toi. Tu étais le fameux chevalier de la princesse de Cintra, et j'ai enfin compris : tu étais un sorceleur, et curieusement, un sorceleur de l'École du Loup avait ramené une fille du même âge que la princesse tant recherchée, jusqu'à Aretuza. »
Je restai silencieux, mais dis : « C'est toi qui as fait courir la rumeur sur la princesse ? » Elle secoua la tête et dit froidement : « Bien sûr que non, je ne sais même pas qui l'a fait mais cet enfoiré a détruit ma chance de faire de la Rédanie mon royaume, avec Cirilla. J'aurais pu la manipuler, et la... »
Je pressai mon épée plus fort contre son cou, et elle se tut, avant de dire en me fixant : « Je vois. Il y a plus que de la simple loyauté entre toi et la princesse. » Je ne dis rien, mais mon regard froid et mon visage impassible la firent taire.
Ce fut Vesemir qui reprit : « Tu as parlé de la fin du conseil. Comment ça ? » Elle se tourna vers lui : « La majorité des mages du Nord ont été assassinés par des mages de Nilfgaard ; des elfes portant les couleurs de Nilfgaard étaient présents aussi. Je n'en sais pas plus. » Puis, se tournant à nouveau vers moi, elle ajouta en souriant : « Mais je suis certaine que l'un des objectifs est de capturer la princesse de Cintra. »
À ces mots, je ne dis rien de plus, simplement : « Tu vas m'y téléporter, et tu viendras avec moi. » Elle rétorqua : « Tu es folle si tu... » mais je n'attendis pas la fin ; je dissipai les lances de glace de ses mains, gelai instantanément le saignement, et la soulevai par les cheveux jusqu'à mettre son visage au niveau du mien. « Ce n'était pas une question. »
Elle fixa ses yeux sur moi et dit : « Très bien, mais à une condition : tu ferais bien de me protéger, sinon je te jure que je te maudirai. »
Je hochai la tête, bien plus préoccupé par Ciri, et regardai Vesemir : « On y va ? » Mais à ma surprise, il secoua la tête, et avant même que je puisse demander pourquoi, il dit : « Il vaut mieux que tu partes avec elle, et que j'aille moi-même prévenir Dijkstra, pour éviter qu'il ne pense qu'on l'a doublé. »
J'étais incertain je ne voulais pas le laisser seul mais il me tapota l'épaule, me donna une potion de tonnerre et deux potions d'hirondelle, et dit : « Ne t'en fais pas pour moi. Va sauver Ciri. On se retrouve tous à Kaer Morhen. » Il se tourna vers Philippa : « Je suppose que vous pouvez me téléporter à l'extérieur ? Ça m'évitera le trajet du retour, et je vous fais assez confiance, vous qui tenez tant à la vie, pour ne pas me téléporter dans un endroit dangereux, sachant qu'Aiden sera là. »
Elle hocha la tête, un peu à contrecœur, et invoqua un portail. Vesemir me fit un signe de tête : « Ramène tout le monde, Aiden », puis entra dans le portail.
Restés seuls, Philippa et moi, je dis : « Allons-y. » Elle tenta malgré tout de me convaincre : « Ça pourrait être dangereux, il pourrait y avoir... » Mais fixant son regard, je dis : « Arrête ton cirque comme si tu te souciais de ma vie, alors que tu me tuerais sur-le-champ si tu le pouvais. Maintenant, téléporte-nous. »
Elle soutint mon regard et dit, sarcastique, en ouvrant un portail vers Aretuza : « Savoir ce que veulent les femmes, ce n'est pas très séduisant chez un homme. » Marchant à ses côtés vers le portail, je répondis : « Tu n'es pas une femme, à mes yeux. » Puis nous nous téléportâmes vers Aretuza.