Le sorceleur spécial

Chapitre 11 : La tempete de Neige et le manoir de Nivellen

3284 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 11/08/2026 19:40

Nous marchions à pied dans une tempête de neige particulièrement violente. Geralt et moi devions tirer nos chevaux respectifs, eux-mêmes en difficulté face à l'épaisse couche de neige.

Ciri était restée juchée sur Nocturne, pendant que je tirais sa longe à pied. Geralt, de son côté, guidait Ablette. J'avais recouvert Ciri de ma cape pour la protéger du froid, et je gardais un bras levé devant mes yeux pour tenter de distinguer quelque chose à travers cette brume glacée.

Geralt cria impossible de se parler normalement avec ce vent :

« Aiden ! Prends ma cape ! Ça fait plusieurs minutes que tu es sans protection, tu risques l'hypothermie ! »

Je secouai la tête et criai en retour :

« Pas besoin ! Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas froid ! »

Geralt me regarda, surpris. Même Ciri releva légèrement la tête pour m'observer, tout aussi étonnée on avait fini par vendre mon armure de Cintra à un forgeron, trop reconnaissable, et je m'étais équipé d'une simple armure de cuir. J'avais gardé l'épée de Sac-à-Souris à ma ceinture, mais leur surprise venait d'ailleurs : le cuir tient chaud, certes, mais pas assez pour affronter une tempête pareille et je n'avais même pas de gants.

Pourtant, mes mains n'étaient pas rougies par le froid bien au contraire, elles paraissaient tout à fait normales. Et contrairement à Ciri, qui grelottait malgré la cape, je ne tremblais pas du tout. J'avais même l'impression d'être parfaitement dans mon état normal.

Je regardai Ciri trembler et criai :

« Geralt ! Il faut trouver un abri, Ciri ne va pas tenir aussi longtemps ! »

Ciri, essayant de minimiser la situation, répondit en claquant des dents :

« Non, pas la peine de vous en faire pour... »

Je la fixai avec sérieux :

« Non, Ciri. Tu grelottes, on ne va pas prendre le risque d'une hypothermie. »

Légèrement surprise, elle hocha timidement la tête pas vraiment habituée à ce que je m'affirme autant face à elle. Si j'avais pu lire dans ses pensées à cet instant, ça aurait probablement ressemblé à un « trop cool ! ».

Geralt eut un petit rire et cria :

« Je connais un endroit, suivez-moi ! »

Après quelques minutes de marche supplémentaires, on aperçut au loin les contours d'un village. Pendant le trajet, je continuais de m'interroger sur cette absence totale de gêne face au froid c'était même l'inverse : quand la neige se posait sur ma peau, je ressentais quelque chose comme une étreinte chaleureuse, presque la sensation d'être blotti sous une couette. Même Geralt, pourtant sorceleur aguerri, glissait parfois sur la glace moi, en revanche, je n'ai pas trébuché une seule fois de tout le trajet.

En arrivant à l'entrée du village, on s'arrêta net : l'endroit avait quelque chose d'inquiétant. Le vent s'engouffrait dans les maisons abandonnées, faisant claquer portes et fenêtres en un écho sinistre. Mais le pire, c'était surtout l'absence totale d'habitants. Je regardai Geralt et criai :

« C'est normal, ça ? »

Il fronça les sourcils, marcha vers Ablette pour récupérer son épée en argent, et cria :

« Arme-toi, ce n'est pas normal ! »

Je hochai la tête, dégainai mon épée, et lançai :

« Ciri, descends ! »

Elle descendit de Nocturne, se plaça derrière moi, dégaina son couteau, et regarda autour d'elle. Seul le claquement du vent troublait ce silence oppressant. On avança prudemment à travers le village, tirant nos chevaux, sur nos gardes, sans qu'aucun autre bruit ne se fasse entendre. Geralt s'approcha de nous et murmura :

« Allons au château. Il y a de la lumière là-bas, mais restez sur vos gardes. »

Ciri et moi hochâmes la tête et le suivîmes l'envie d'enquêter était bien là, mais le temps nous manquait, et le risque d'hypothermie pour Ciri restait réel. Après plusieurs minutes de marche, on atteignit la cour du château. Les fenêtres claquaient violemment, tout comme les portes du bâtiment jusqu'à ce que, d'un coup, tout se referme, et que le silence retombe complètement.

Geralt se prépara au combat. Soudain, un monstre immense défonça la porte principale et bondit sur lui, le plaquant au sol. Mais l'épée de Geralt trouva sa cible, entaillant le visage de la créature. Alors que je m'apprêtais à intervenir, Ciri bondit déjà vers le monstre quand une voix retentit :

« Geralt, mon vieil ami ! »

Geralt cligna des yeux, reconnaissant cette voix :

« Nivellen ? »

Le monstre éclata de rire, se releva, et souleva Geralt comme un vulgaire chiffon :

« Ahaha, bien sûr, mon vieil ami ! »

Geralt fronça les sourcils :

« Tu as bien changé. »

Nivellen soupira :

« En effet. Mais pour l'heure… » il nous regarda et s'approcha. Je me plaçai instinctivement devant Ciri. Il rit doucement « Ne t'en fais pas, mon grand, je viens en paix. Geralt est un vieil ami. Vous devez être frigorifiés venez, il y a de quoi manger, et… » Il adressa un clin d'œil à Ciri, derrière moi, visiblement amusée par la situation. « …un bain chaud pour cette charmante demoiselle. Je suis sûr que ça lui fera plaisir. »

Ciri hocha la tête, passa devant moi, et dit :

« Carrément ! Allez, messieurs, on y va ! »

Elle marcha vers le manoir aux côtés de Nivellen. Je soupirai. Geralt me tapota l'épaule et murmura à mon oreille :

« Occupe-toi des chevaux, et garde un œil ouvert. »

Je hochai la tête, regardai Geralt rengainer son épée et suivre Ciri, et me résignai en tirant Ablette et Nocturne :

« Allez, mes belles, on va vous dégager de cette neige. »

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POV Geralt

En entrant avec Ciri et Nivellen, je restais sur mes gardes, observant chaque détail autour de moi. Trop beau pour être vrai : un village entièrement abandonné, et seul Nivellen encore présent ? En plus, il est devenu un monstre. Maudit, peut-être.

Arrivés dans la salle à manger, Nivellen sourit à Ciri, claqua des doigts, et fit apparaître un festin d'un coup :

« Tada ! »

Ciri rit et applaudit. J'esquissai moi-même un léger sourire ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas souri autant depuis qu'on était sur les routes. Nivellen revint avec une bouteille de vin :

« Un vin de Toussaint, tout droit de ma cave. Je suis sûr qu'il te plaira, en souvenir de notre amitié. »

Je hochai la tête, le visage impassible, et m'assis face à Ciri, sans relâcher ma vigilance. J'étais certain qu'il y avait plus, ici, que ce qu'il voulait bien nous montrer.

C'est à ce moment-là qu'Aiden entra dans la salle.

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POV Aiden

Je secouai la neige de mes vêtements, humant la délicieuse odeur qui flottait dans la pièce. Ciri me fit signe vers la chaise à côté d'elle :

« Allez, viens manger, Aidy ! »

Je souris en la voyant si heureuse et m'assis à ses côtés. Nivellen sourit :

« Profitez du repas, les enfants. Vos bains chauds seront prêts juste après. »

Je hochai la tête :

« Merci pour l'accueil. »

Il rit avec plaisir :

« Ce n'est rien, ça fait longtemps que je n'ai pas eu de compagnie. »

Pendant qu'on mangeait, Geralt reposa son verre :

« Tu as bien fait d'en parler tout à l'heure, Nivellen. Pourquoi le village, en contrebas du château, est-il abandonné ? »

Un silence s'installa, puis il répondit :

« Malheureusement, Geralt, mon apparence de monstre a effrayé les habitants. Tu comprends pourquoi. »

Ciri, un morceau de poulet encore en bouche, le reposa, s'essuya la bouche, et demanda :

« Pourquoi ? Je veux dire, vous êtes gentil, non ? Vous nous avez accueillis. »

Nivellen rit doucement :

« Merci, petite. »

Je soupirai et caressai les cheveux de Ciri, qui me regarda. Je dis :

« Malheureusement, Ciri, c'est justement quelque chose que Geralt m'a appris lors de notre toute première leçon. Je vais te poser la même question : qu'est-ce qui différencie un sorceleur d'un simple homme armé ? »

Elle fronça les sourcils, réfléchissant :

« La longueur de son épée ? »

Nivellen faillit s'étouffer avec son vin, retenant un fou rire je crois qu'il avait compris tout autre chose. Geralt soupira, un sourire amusé aux lèvres. Je ris légèrement :

« Non. »

Je plongeai mon regard dans le sien :

« Un sorceleur est la frontière entre monstre et humain. Geralt m'a appris qu'il existe de bons et de mauvais monstres c'est aux sorceleurs d'en juger, puisqu'ils sont eux-mêmes des mutants, mais aussi des chasseurs, pour ceux qui s'en prennent aux humains. Si un monstre veut simplement cohabiter en paix avec les gens, alors un sorceleur ne lui fera rien un sorceleur n'est pas un bourreau, juste la frontière entre les deux mondes. »

Ciri hocha la tête et termina son assiette puis la mienne, au passage avant de dire :

« Je vais aller prendre mon bain. »

Nivellen hocha la tête :

« Viens, petite, je vais te montrer la salle de bain et ta chambre. »

Il partit avec elle, quittant la salle à manger. Alors que je terminais mon assiette, Geralt dit calmement :

« Aiden, une fois qu'on aura mangé, va inspecter le manoir, au cas où. Je vais poser quelques questions à Nivellen ce n'est pas normal qu'un village entier soit abandonné comme ça. Il ne nous dit pas tout. »

Je hochai la tête et partis explorer le manoir de mon côté.

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POV Geralt

Je me levai, restant debout, les bras croisés près de la cheminée. Nivellen entra :

« Aiden est parti ? »

Je hochai la tête sans répondre davantage. Il vint s'asseoir sur le canapé, verre à la main :

« Ça fait longtemps, mon ami, hein. Je ne t'imaginais pas en baby-sitter. »

Je laissai échapper un léger sourire, avant de reprendre mon visage impassible :

« Ça me va très bien, ce rôle. Mais parlons plutôt de toi. Dis-moi la vérité sur toi, et sur ce qui se passe dans ce village. »

Nivellen resta silencieux un instant, fixant les flammes de la cheminée, puis dit :

« Quand on s'est quittés, mon père venait de mourir, et j'ai hérité de sa bande. Je sais que je t'avais promis d'arrêter, mais les victoires, l'admiration de mes hommes… ça m'est monté à la tête, et j'ai continué les pillages. »

Mon visage s'assombrit, mais je le laissai continuer sans l'interrompre :

« Un jour, après le sac du temple de la Déesse-Araignée à tête de lion, mes hommes m'ont mis au défi d'aller violenter une prêtresse d'en "faire un homme", comme ils disaient. »

Il poursuivit, devinant sans doute mes pensées :

« Je n'en suis pas fier. Je pourrais me trouver des excuses les champignons hallucinogènes, l'ivresse mais je préfère assumer mon péché tel qu'il est. Avant de mourir, la prêtresse m'a craché au visage et m'a maudit : "Puisque tu étais un monstre dans un corps d'homme, alors cet homme deviendra un monstre." Je me suis transformé peu après. Depuis, je me réfugie ici, à expier ma faute sans blesser personne d'autre. »

Honnêtement, je n'avais pas le droit de le juger je ne suis pas un juge. Mais je ne pouvais m'empêcher d'éprouver un vrai dégoût face à ce récit. J'avais cependant une question plus urgente :

« Et le village ? »

Il planta son regard dans le mien :

« Geralt… que ferais-tu, par amour ? »

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POV Aiden

En visitant le manoir, je ne trouvai, pour l'essentiel, que des pièces envahies de toiles d'araignée et une poussière épaisse rien d'autre que le craquement du bois ancien, propre à ce genre de bâtisse. Alors que je m'apprêtais à ouvrir une trappe menant au grenier, j'entendis Ciri crier :

« Qui êtes-vous ?! »

Je me précipitai vers sa voix, défonçai la porte, et découvris Ciri, vêtue de vêtements propres, face à une femme qui se figea en me voyant. Je dégainai mon épée et m'apprêtai à courir vers Ciri pour la protéger mais la femme, d'une beauté frappante, se transforma soudain en monstre et poussa un hurlement qui me vrilla les tympans. J'eus tout juste le temps de parer son attaque : elle s'était jetée sur moi, visant ma gorge.

En parant avec mon épée, elle m'entraîna avec elle à travers la fenêtre, qui vola en éclats derrière moi. J'entendis la voix de Ciri hurler, au loin, en courant vers nous : « Aiden ! » puis je m'écrasai dans la neige, tandis qu'elle, volant toujours, se préparait déjà à fondre de nouveau sur moi pour m'achever.

POV Geralt

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Je dégainai mon épée, Nivellen venant de m'avouer que celle qu'il aimait était une bruxa et la responsable de la disparition des villageois. Je m'apprêtais à me précipiter au secours d'Aiden et Ciri quand un hurlement retentit : je compris immédiatement qu'il s'agissait de la bruxa. Derrière moi, Nivellen cria, comme pour se faire entendre d'elle malgré tout :

« Vereena, non ! »

Je vis alors Aiden s'écraser dans la neige, visiblement tombé de l'étage. Sans hésiter, je courus vers la fenêtre, la brisai au passage, et parvins jusqu'à lui juste à temps pour parer l'attaque de la bruxa. Je répliquai avec un Aard, la repoussant violemment contre les pierres. Gardant un œil sur la fumée qu'elle avait soulevée en retombant, je relevai Aiden d'un geste :

« Aiden, va protéger Ciri. »

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POV Aiden

Geralt m'aida à me relever, son regard toujours fixé sur l'endroit où il venait de projeter la bruxa. Mon cœur battait à tout rompre, mais je hochai la tête. Je vis Ciri arriver précipitamment dehors avec Nivellen ; elle sauta dans mes bras, et je me dépêchai de rejoindre l'écurie où se trouvaient nos chevaux. Je l'installai à l'intérieur :

« Ciri, tu ne bouges pas d'ici ! »

Elle serra les dents, mais hocha la tête. Je restai posté devant la porte, épée en main, au cas où mes bras tremblaient encore sous la force de la bruxa, et mes côtes hurlaient de douleur. Mais protéger Ciri restait la priorité.

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POV Geralt

Je bus mes potions, tirées de ma sacoche mes veines noircirent aussitôt. Tonnerre, et Sang Noir. Je fis craquer ma nuque pour encaisser la toxicité du mélange, et me préparai au combat. Au moins, je savais les enfants en sécurité. La bruxa émergea des décombres, en sang, poussant un cri porteur d'une onde de choc mais grâce au Quen, je l'encaissai sans mal. Elle se jeta sur moi.

J'esquivai, entaillai sa peau au passage, et elle se mit à balancer ses griffes avec une frénésie hystérique. J'esquivais tantôt, tranchais tantôt avec mon épée d'argent, encaissais parfois quelques coups mais dans un combat pareil, impossible de détourner le regard un seul instant.

Nivellen surgit et la saisit par-derrière, alors qu'elle se débattait :

« Vereena, calme-toi ! Je t'en prie, chérie ! »

Je criai :

« Nivellen, qu'est-ce que tu fais ?! »

Il allait répondre, mais la bruxa lui mordit le cou. Je jurai, me préparant à encaisser ce qui allait suivre car lorsqu'un vampire se nourrit, ses capacités décuplent pendant quelques secondes. C'est justement pour cette raison que chaque sorceleur doit avoir du sang noir dans les veines : sans ça, la bataille est perdue d'avance.

La bruxa parvint à s'arracher des bras de Nivellen et le frappa d'un coup de pied en pleine poitrine, l'envoyant s'écraser contre une statue armée d'une lance, du côté des enfants. Elle se rua alors sur moi ; j'esquivai de justesse, mais elle me saisit par le cou et me projeta violemment contre un mur. Le choc m'arracha un jet de sang, et mon dos hurla de douleur mais grâce au Quen que j'avais lancé en plein vol, les dégâts restèrent limités.

En me relevant, je vis la bruxa charger droit vers les enfants. Aiden se préparait déjà à défendre Ciri. Je me précipitai vers eux, sachant qu'il ne tiendrait pas mais j'étais trop lent.

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POV Aiden

Voyant Geralt projeté contre le mur, j'entendis Ciri hurler :

« Geralt ! »

Elle voulut sortir de l'écurie, mais je l'en empêchai. Elle protesta :

« Il faut l'aider ! »

Frustré, inquiet, je répondis :

« On ne serait qu'un poids, Ciri ! Je suis sûr qu'il va bien ! »

Mes mots la firent taire net, et elle se mordit les lèvres de frustration. Le voir se relever me fit pousser un soupir de soulagement mais en voyant la bruxa foncer droit sur nous, je me préparai à encaisser le choc. C'est alors que Nivellen se releva, arracha la lance des mains de la statue de pierre, et l'enfonça dans le corps de la bruxa, en larmes.

Je restai figé un instant, le stress retombant d'un coup, remplacé par les sanglots de Nivellen. Geralt et moi avançâmes vers lui, Ciri sur nos talons, et on l'entendit murmurer :

« Je suis désolé, Vereena. Tellement désolé. »

Crachant du sang, la femme reprit son apparence humaine et dit doucement :

« Non. C'est pour le mieux. Nivellen, j'ai passé les plus belles années de ma vie avec toi même en sachant que j'étais un monstre. »

Il secoua la tête, l'embrassa, et dit tristement :

« Pour moi, tu n'as jamais été un monstre. Tu étais la seule à accepter tout de moi même le monstre que je suis devenu. »

Vereena sourit doucement :

« Je sais. » Elle tourna les yeux vers nous : « Je suis désolée, les enfants. Si j'avais pu me contrôler, jamais je n'aurais fait ça. »

On hocha la tête, sans trop savoir comment réagir. J'avais l'impression d'être le méchant de l'histoire, à regarder ce couple se dire adieu. Ciri me prit la main en silence. Geralt s'approcha de Nivellen :

« Nivellen. Je dois le faire. »

Nivellen le regarda et hocha faiblement la tête :

« Fais-le. Je sais que c'est nécessaire, selon le code des sorceleurs. » Il se tourna vers Vereena, l'embrassa une dernière fois, et murmura : « Je t'aime. »

Elle sourit doucement, mordit son cou, mêlant leur sang et Geralt abattit son épée sur la tête de la bruxa, la décapitant net.

Je restai les yeux rivés sur la scène. Même Ciri, les lèvres serrées, finit par s'éloigner vers l'écurie.

Sous nos yeux, Nivellen retrouva peu à peu forme humaine, tenant la tête sans vie de Vereena entre ses mains. Geralt dit :

« Ta malédiction s'est brisée en sauvant une innocente. La malédiction de l'homme-monstre s'est dissipée. »

Nivellen leva les yeux vers lui :

« Et alors ? J'ai perdu le seul être qui m'ait jamais accepté pleinement. » Il se leva et s'enfonça dans le manoir, lançant avant de disparaître : « Prenez ce que vous voulez. Je vais rejoindre Vereena. » Puis il disparut à l'intérieur.

Était-ce juste ? Elle m'avait attaqué, certes, mais était-il vraiment nécessaire de…

Geralt, devinant sans doute mes pensées, posa une main sur mes cheveux ses yeux encore noircis par les potions et dit :

« Je sais ce que tu penses. Mais elle est responsable de la mort de tous ces villageois. C'est triste, je le sais aussi. Mais en tant que sorceleur, on doit aussi rendre justice à ces innocents. »

Il jeta un regard las vers la porte du manoir :

« Même moi, je n'en avais pas envie. Mais elle a fait du mal à des innocents, et leur rendre justice, c'est le code des sorceleurs. »

Il me regarda :

« Va voir Ciri. Tu es le mieux placé pour la réconforter. Je m'occupe des provisions. »

Il rengaina son épée et repartit vers le manoir.

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