Le sorceleur spécial

Chapitre 4 : Prelude de la fete des moissons

2570 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 01/08/2026 19:25

POV Aiden

Les années passèrent sans que je m'en rende vraiment compte à vrai dire, moi-même je commençais à m'habituer à ce monde.

Même si, au fond de moi, ma famille me manque énormément, et que les adieux n'ont jamais été faciles, j'espère au moins que leurs larmes ne sont plus présentes aujourd'hui.

À part cela, j'avais grandi. Quand j'étais arrivé dans ce monde, j'avais à peine 10 ans oui, 10 ans et au fil des années d'entraînement intensif avec le commandant, qui m'avait clairement pris sous son aile.

À vrai dire, j'avais l'impression d'être une sorte de disciple, et lui mon mentor. Il m'enseignait peu à peu l'art de la guerre, et c'est lui qui m'a réellement fait tuer pour la première fois de façon consciente car certes, j'avais déjà tué lorsque nous étions enfermés avec Ciri, mais c'était davantage instinctif que volontaire. Cette fois, j'avais vraiment tué de mon plein gré des bandits qui s'en prenaient à un village voisin.

À mes 12 ans, la reine m'a offert un poulain issu de la lignée du cheval de la mère de Ciri une belle jument à la robe noire, à la crinière tressée de blanc. Je me souviens encore des fois où Ciri voulait la monter ; c'était, je crois, pour son neuvième anniversaire, en 1262.

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Flashback

POV Aiden

Je soupirai en me laissant traîner par Ciri, qui me tenait par la main, et dis, amusé :

« Ciri, il n'y a pas le feu au lac. »

Elle secoua la tête sans ralentir, me traînant toujours vers les enclos, et dit, surexcitée :

« Non ! Tu ne comprends pas, c'est tellement rare que grand-mère m'autorise à faire de l'équitation, et j'ai toujours voulu monter ce cheval ! »

En arrivant à l'enclos, elle poussa un petit cri de petite fille et caressa la tête de mon cheval. Je souris légèrement c'est dans ces moments-là qu'on la voit encore comme une enfant, malgré tous ses efforts pour paraître adulte. Chaque fois que Sac-à-Souris lui posait des questions de mathématiques ou de botanique, elle faisait la moue et me lançait ce regard de chiot, m'implorant de l'aider.

Mais je détournais toujours les yeux. Chacun sa merde, hein mesquin, peut-être.

Elle se tourna vers moi avec un sourire :

« Au fait, Aidy, tu l'as appelé comment ? »

Je m'approchai et caressai la tête du cheval, qui se frotta contre moi comme un chien. Je souris en voyant Ciri bouder, un peu jalouse que mon cheval se montre si affectueux envers moi, et dis :

« Honnêtement, je ne sais pas encore, mais je trouverai. Et ne sois pas jalouse, tu auras aussi un cheval un jour. Tu voudrais l'appeler comment ? » ajoutai-je en la soulevant par la taille pour l'aider à monter, avant de grimper à mon tour.

Je le fis avancer hors de l'enclos, et elle dit, en s'accrochant à moi par-derrière :

« Je pense… Hirondelle ? Non, attends, je sais : Kelpie ! »

Je souris en sortant du château, en direction des plaines :

« Kelpie, comme le monstre marin ? »

Elle hocha la tête, un peu triste, posant sa tête contre mon dos :

« C'est aussi pour me rappeler comment maman et papa ont disparu en mer. Un peu comme s'ils étaient toujours à mes côtés. »

Je souris doucement :

« Ciri… »

Mais avant que je puisse la réconforter, je sentis quelques larmes tomber contre mon dos, et elle dit tristement :

« Dis… tu me promets qu'on restera toujours ensemble ? Tu es le seul, à mes côtés, qui supporte mes bêtises. »

J'allais arrêter le cheval pour la réconforter, mais elle continua :

« Je sais que je ne suis pas le modèle parfait de princesse. J'aime les épées ! J'aime traîner avec les gens du peuple et me battre dans la boue ! Grand-mère me déteste, et je suis sûre qu'oncle Sac-à-Souris ne fait que me supporter, je… »

Je l'interrompis, la fis descendre devant moi, et séchai ses larmes avec mes gants, disant doucement :

« Ciri, je te l'ai déjà dit : Sa Majesté ne te déteste pas. Tu crois vraiment que Sac-à-Souris se contente de te "supporter", alors qu'il chérit chaque instant passé avec toi ? »

Elle me regarda encore les yeux humides, balbutiant :

« Mais… mais… »

Je secouai la tête, calmement :

« Ciri, penses-tu vraiment que si Sa Majesté te détestait, elle aurait accepté que je devienne ton serviteur ? Qu'elle aurait accédé à toutes tes demandes ? Qu'elle se serait montrée aussi bouleversée lors de ton sauvetage ? Dois-je te rappeler qu'elle n'a pas pu se détacher de toi pendant tout le trajet du retour, alors que tu pleurais ? »

Je caressai une mèche de ses cheveux et ajoutai :

« Ciri, Sa Majesté a perdu sa fille, son mari. Il ne lui reste plus que toi, et elle a peur peur de perdre la seule chose qu'il lui reste. Elle est stricte parce qu'elle sait à quel point tu es formidable, resplendissante, pleine de talent. Elle a commis des erreurs, c'est vrai, mais tout le monde en commet. Ce qui distingue l'évolution de l'échec, c'est de savoir se relever et c'est exactement ce qu'elle a fait. »

Puis je ris doucement et ajoutai :

« Et Sac-à-Souris est un vieil homme joyeux qui t'adore. Il garde encore dans sa chambre le petit cheval en bois que tu lui as offert pour son anniversaire, et il a toujours un portrait de toi accroché près de l'endroit où on s'entraîne en cachette à l'épée. »

Je souris en regardant la plaine devant nous :

« Ciri, ce monde est cruel, intransigeant mais il est aussi fabuleux, mystérieux, incroyable ! »

Puis je lançai un « Hue ! » à mon cheval, qui se mit à galoper. Ciri s'accrocha précipitamment à moi, ses larmes cessant peu à peu tandis qu'elle contemplait le paysage baigné par le reflet de la lune. Je dis en riant, pendant que nous filions au galop :

« Ciri, ne cherche pas le négatif ! Si tu le rencontres, transforme-le en apprentissage. Si quelqu'un te méprise, deviens plus forte, plus intelligente, dépasse-le et surtout, vis ta vie ! Ne laisse jamais personne te dire que tu es inutile, car si tu acceptes de l'être, alors tu as déjà perdu ! »

Je continuai à galoper à travers les plaines, sans remarquer que Ciri me fixait, riant aux éclats, ses larmes de tristesse s'étant changées en larmes de joie.

Fin du flashback

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POV Aiden

Je soupirai en me remémorant ce souvenir. Au moins, si ça avait pu la faire sourire, c'était suffisant. Je regardai la lune traverser le ciel et m'endormis rapidement, pour éviter de me réveiller tard demain, c'était la fête des moissons, une fête un peu particulière.

Mais alors que je m'attendais à sombrer dans mes rêves habituels, je me retrouvai dans une zone plongée dans le noir. En voulant marcher, je compris que quelque chose clochait : en regardant vers le bas, je vis que des écailles avaient recouvert mes mains, et qu'à la place de mes ongles se trouvaient désormais des griffes.

D'un coup, un corbeau aux yeux améthyste vint se poser sur mon épaule. Un chat noir d'un pelage noir sublime, ronronna en se frottant contre mes jambes. Puis une magnifique hirondelle aux yeux verts atterrit sur mon autre épaule. Et soudain, l'obscurité changea de nature : une vague de froid intense me traversa, suivie d'une tempête de neige d'une violence extrême. Je me couvris les yeux, plaçant les animaux derrière moi pour les protéger sans remarquer que des ailes s'étaient déjà déployées derrière moi pour abriter le chat et le corbeau.

(Essayer de deviner lqui est qui dans les animaux)

L'hirondelle se changea alors en une femme dont je ne distinguais que les yeux verts, le reste de son visage restant flou. Elle prit ma main et me dit quelque chose que je ne compris pas, puis nous avancâmes tous les deux, ensemble, face à cette apocalypse de neige.

D'un coup, je me réveillai brusquement.

J'étais essoufflé, comme épuisé, le cœur battant fort contre ma poitrine. Je vis Sac-à-Souris et Ciri debout devant moi, visiblement inquiets, et avant que je puisse dire quoi que ce soit, Ciri me serra dans ses bras, la voix pleine d'inquiétude :

« Tu ne te réveillais pas, et je suis venue et il y avait de la glace partout autour de toi ! J'ai été chercher Sac-à-Souris pour m'aider, et te voilà enfin réveillé. »

En regardant autour de moi, je vis effectivement que toute la pièce semblait prise dans la glace. Sans prendre le temps de m'expliquer davantage, Sac-à-Souris posa sa main sur mes cheveux et prononça quelques mots en langue druidique, avant de dire :

« Ton corps se porte parfaitement bien, et pourtant je n'arrive pas moi-même à comprendre ce qu'il se passe. Tu n'es pas comme un sorceleur qui se serait réveillé je ne détecte aucun noyau de ce genre en toi… »

Je regardai Sac-à-Souris tout en caressant les cheveux de Ciri pour la rassurer, et je lui racontai ce que j'avais vu. Son visage devint blême, et il dit d'un ton grave :

« Écoute-moi bien : ne répète cela à personne. Je dois en discuter avec la reine, et avec mes confrères druides. » Peut-être pour détendre l'atmosphère, il ajouta : « Au moins, toi et Ciri commencez à vous ressembler regarde tes cheveux, il y a quelques mèches blanches, on dirait que tu vieillis à vue d'œil. »

Je tirai légèrement une mèche de mes cheveux, et il avait raison : mes cheveux, restés majoritairement bruns, laissaient désormais apparaître quelques mèches blanches. Peut-être inquiète de ma réaction, Ciri dit, après avoir séché ses larmes, avec un grand sourire :

« Ne t'inquiète pas, bienvenue dans le club des cheveux blancs on n'est pas nombreux, mais on est soudés ! »

Je ris légèrement et lui ébouriffai les cheveux, ce qui la fit reculer d'un bond :

« Arrête ! Je m'étais bien coiffée pour la fête ! » Puis, se rappelant soudain qu'elle devait encore se préparer, elle partit en courant dans le couloir : « La gouvernante va encore crier ! »

Je ris doucement avec Sac-à-Souris, qui posa une main sur mon épaule et dit avec douceur :

« Profite du festival, d'accord ? S'il y a le moindre souci, comme ce matin, viens me voir. Je vais en discuter avec Sa Majesté ; pour l'instant, ne t'inquiète de rien. Ton corps se porte parfaitement bien je dirais même remarquablement bien. Alors sois tranquille, d'accord ? »

Puis il s'en alla, ajoutant en partant :

« Ramène-moi un souvenir de la fête, hein ? Une bouteille d'alcool fera parfaitement l'affaire la reine va encore me faire travailler tard, quelle tyrannie, je suis un vieil homme, moi ! »

Je ris légèrement et soupirai, tentant de me calmer même si, au fond, l'inquiétude restait présente. Je passai une main dans mes cheveux si j'avais pu voir mon reflet à cet instant, j'aurais remarqué que mes yeux avaient brièvement viré au blanc, comme la neige, avant de reprendre leur couleur normale.

Puis je partis à mon tour me préparer pour la fête.

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POV Calanthe

Je fronçai les sourcils, les bras croisés à mon bureau, regardant la capitale se préparer pour le festival. À vrai dire, cette fête comptait énormément pour moi : elle me rappelait mon défunt mari c'était à l'occasion de ces mêmes festivités que cet idiot, couvert de sang après avoir affronté tous les prétendants, m'avait demandé sa main. Je soupirai, encore amusée par ce souvenir, le cœur pris entre tristesse et tendresse. Mais je n'avais pas le temps de m'y attarder ; je me tournai vers Sac-à-Souris, après ce qu'il venait de me révéler, et demandai calmement :

« Tu as une explication ? »

Sac-à-Souris soupira :

« Honnêtement, je n'ai jamais rien vu de tel. C'est comme si Aiden portait quelque chose en lui, latent une épée pas encore dégainée, comme s'il lui manquait encore la force nécessaire, ou je ne sais quoi. Je n'ai jamais rencontré de cas semblable. »

Mais ce n'était pas vraiment ce qui m'importait le plus. Je m'étais attachée à ce garçon, malgré ses grands airs. Honnêtement, je sais que ce n'est pas une histoire de destin et même si ça l'était, je m'en moquerais désormais. Ciri est épanouie ; c'est quelqu'un de confiance, assez intelligente pour distinguer le vrai du faux, et dotée d'un vrai potentiel militaire, à en croire Albert il paraît qu'elle excelle déjà en stratégie, sans même se rendre compte de son propre talent à l'épée ni de sa clarté d'expression. Nous avons encore du temps devant nous, alors ce qui m'importe surtout, c'est autre chose :

« Sac-à-Souris, inutile de m'expliquer en détail. Je veux juste savoir une chose : est-il en danger ? »

Sac-à-Souris hésita :

« Honnêtement, je ne le pense pas, d'après ce que j'ai pu analyser c'est même plutôt l'inverse : cela semble extrêmement bénéfique pour lui. Je ne serais même pas surpris qu'il puisse un jour utiliser la magie. Ce qui m'a fait hésiter, en réalité, c'est qu'au moment où j'ai voulu approfondir mon examen, j'ai eu l'impression que quelque chose, en lui, m'a arrêté net comme une épée pointée soudain sur ma tête. Si j'avais continué… je ne saurais pas vraiment vous expliquer ce qui se serait passé. Mais une chose est certaine : il n'y a aucun danger, ça, j'en suis sûr. »

Je soupirai, remarquant Ciri qui sautillait à côté d'Aiden, tous deux en route vers le festival, et souris doucement. Au moins, elle pouvait encore profiter de son enfance. Je jetai un regard au portrait de ma fille, qui tenait Ciri dans ses bras, puis me tournai vers Sac-à-Souris :

« Où en sont les négociations avec Ard Skellig ? Peuvent-ils envoyer leurs soldats contre Nilfgaard ? D'après mes éclaireurs, ils ne comptent pas s'arrêter surtout que ce nouvel empereur veut faire de Nilfgaard l'unique puissance dirigeante. »

Sac-à-Souris hocha la tête :

« En mémoire de votre défunt mari, ils enverront navires, hommes, femmes et ressources pour la guerre. »

Je soupirai de soulagement. Ces maudits rois du Nord voudraient que je vende ma petite-fille pour asseoir leur pouvoir ? Qu'ils rêvent je préférerais les voir crever, et briser un à un les membres de ces enfoirés qui osent seulement imaginer que je livrerais ma petite-fille. Mais je gardai ces pensées pour moi, me rassis sur ma chaise, et dis :

« Tu peux disposer, Sac-à-Souris. Si tu obtiens la moindre information supplémentaire sur l'état d'Aiden, viens m'en informer. »

Il hocha la tête et sortit. Je tournai légèrement le regard vers l'extérieur, et sans même m'en rendre compte, je me mis à tourner ma bague de mariage entre mes doigts. Fermant les yeux, je murmurai dans un soupir empreint de tristesse, seule dans ce bureau :

« Tu me manques… »

Et un immense feu d'artifice vint illuminer mon bureau, juste après ces mots.

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