Les fragments d'une voix

Chapitre 27 : L'épreuve Partie 2

9952 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 06/09/2026 21:52

Ça y est, nous sommes dans la dernière ligne droite.

Bonne lecture !

Chapitre 27 – L’épreuve Partie 2

Côte à côte, Solfège et Junior prirent part au combat avec leurs propres atouts. Sur son épaule, Bowser lançait de petites boules de feu aux côtés de sa femme, tandis que son fils massacrait les créatures à l’aide de son fléau, les pulvérisant les unes après les autres. Le jeune Koopa maniait son arme avec une aisance surprenante, alternant bonds, esquives et parades sans jamais perdre le rythme. La lourde boule garnie de pointes sifflait dans les airs avant de s’abattre avec une violence redoutable sur ses adversaires, qu’elle projetait dans tous les sens. Les mois d’entraînement dans les sous-sols portaient enfin leurs fruits.

Comme emporté par une danse endiablée, Junior faisait tournoyer son fléau avec une précision et une force insoupçonnées. Chacun de ses mouvements s’enchaînait avec une fluidité presque instinctive, ne laissant aucun répit aux créatures qui osaient l’approcher. Le petit Koopa était devenu un véritable prodige du combat. Il faisait la fierté de Bowser. En le regardant se battre, le roi des Koopas eut soudain l’impression de voir une version plus jeune de lui-même, mais déjà capable de tracer son propre chemin.

Une évidence s’imposa alors à lui : son fils était désormais prêt à rejoindre ses rangs, prêt à combattre à ses côtés et à le seconder sur le champ de bataille. Il avait tellement grandi… Bowser ne voyait plus seulement son petit fiston, mais un guerrier, prêt à protéger ceux qu’il aimait. Le digne héritier de son trône. Celui qui, un jour, lui succéderait et veillerait sur le royaume des Koopas envers et contre tout. Cette pensée lui serra doucement le cœur, car il savait que le temps où son fils aurait besoin de lui pour chaque petite chose finirait par disparaître. Ils avaient parcouru un si long chemin…

Il revoyait encore Junior, minuscule, blotti au fond de son lit, attendant avec impatience son histoire du soir. Les yeux pétillants, il buvait les récits des conquêtes passées de son père et rêvait déjà de celles qu’ils mèneraient un jour ensemble. Cette toute petite tortue qui tenait à peine dans une main… Son adorable fils, parfois turbulent, parfois ingérable, était devenu si grand… si fort. La présence de Solfège n’avait pas seulement transformé sa propre vie, mais aussi celle de Junior. Bowser le constatait un peu plus chaque jour. Elle leur avait redonné espoir, leur avait appris à croire en eux et en un avenir qu’ils n’auraient jamais osé imaginer. Elle les rendait meilleurs en quelque sorte, et il lui en était infiniment reconnaissant.

S’arrêtant un instant de cracher des boules de feu, Bowser admira sa bien-aimée, dont la seule présence faisait chavirer son cœur à chaque instant. Les gerbes de flammes illuminaient son visage déterminé et faisaient danser ses longs cheveux à chaque déflagration. Même au cœur du combat, il ne pouvait s’empêcher de la trouver magnifique, baignée par les lueurs ardentes de ses propres attaques. Là, combattant côte à côte avec elle, il prenait pleinement conscience de la chance inouïe qu’il avait de l’avoir auprès de lui… D’avoir croisé le chemin de cette humaine extraordinaire qui lui avait fait découvrir l’amour, le bonheur et une vie qu’il n’aurait jamais cru mériter.

Pour rien au monde il n’aurait changé ce qu’il avait vécu. Ni les épreuves, ni les souffrances, ni les erreurs qui l’avaient conduit jusqu’à elle. Si c’était à refaire, il emprunterait exactement le même chemin, encore et encore, simplement pour revivre chacun de ces instants à ses côtés. Chaque sourire, chaque éclat de rire, chaque étreinte, chaque baiser… Tout en elle donnait un sens à son existence. Il avait longtemps rêvé de conquérir un royaume. Désormais, il savait que le plus beau trésor qu’il posséderait jamais se trouvait juste devant lui : son fils, sa femme et cette famille qu’ils avaient construite ensemble. Un trésor qu’il protégerait jusqu’à son dernier souffle, quelles que soient les épreuves qui les attendaient encore.

Le temps semblait s’être figé pour Bowser tandis qu’il contemplait les deux êtres les plus chers à son cœur combattre côte à côte. Cependant, sa torpeur se dissipa en un instant lorsqu’il aperçut l’une des immenses mains translucides de Cursa fondre sur eux. Son sourire béat s’effaça aussitôt et ses yeux s’écarquillèrent d’horreur. Il ouvrit la bouche pour prévenir Solfège, mais il était déjà trop tard. La gigantesque main les balaya d’un seul mouvement. Projetée plusieurs mètres plus loin, la jeune femme roula sur le sol avant de basculer dans le vide. Dans un ultime réflexe, elle parvint à agripper le rebord de la plateforme. Le choc lui fit perdre le pouvoir de la Fleur de Feu.

Terrifié, Bowser courut jusqu’à elle et s’agrippa désespérément à ses doigts, cherchant de toutes ses forces à la hisser. En vain. Sous cette forme miniature, il était incapable de lui venir en aide. Cette impuissance le rongeait. Malgré tous ses efforts, Solfège glissait irrémédiablement… Les crocs serrés, il appela Junior à l’aide. Le souffle du jeune Koopa se coupa net. Après avoir expédié son fléau dans un Maskass, il abandonna son arme et se précipita à quatre pattes vers ses parents. La peur lui nouait l’estomac, mais il ne prit même pas le temps de réfléchir car sa mère avait besoin de lui. Les doigts de Solfège commençaient déjà à céder lorsqu’il parvint à la saisir par les poignets et à la ramener sur la plateforme.

«Merci...» Souffla Solfège entre deux respirations saccadées, le cœur battant à tout rompre après cette terrible frayeur.

«Nous fais plus jamais peur comme ça !» La prévint Bowser Jr. en la serrant désespérément dans ses bras, sa petite queue frétillant derrière lui.

«Un peu plus et je faisais un arrêt cardiaque… Pfiou ! C’était chaud patate !» Soupira Bowser de sa voix aigüe, assis les pattes écartées à côté de la jeune femme, qui se remettait à peine de ses émotions. Encore sous le coup de l’adrénaline, il passa une main moite dans ses cheveux rouges avant de pousser un cri.

«Attention ! La grande folle revient à la charge !» Hurla-t-il en remontant précipitamment sur l’épaule de Solfège. Il tira sur une mèche de ses cheveux, comme si cela allait l’inciter à se relever plus vite.

Les regards se rivèrent sur la main de Cursa qui surgissait au-dessus d’eux, prête à s’abattre une nouvelle fois. Solfège bondit sur ses pieds avant de se jeter de côté, juste avant que les doigts ne se referment à l’endroit exact où elle se trouvait quelques instants plus tôt. Junior rentra dans sa carapace et tourbillonna jusqu’à son fléau, abandonné un peu plus loin dans la panique. Sans perdre une seconde, il le projeta sur deux Boos qui s’approchaient dangereusement de sa mama et de son papa. Les fantômes se liquéfièrent à ses pieds dans un petit rire machiavélique qui lui arracha un frisson. Les Boos lui avaient toujours fait un peu peur…

Après s’être assuré que son bandana était toujours bien en place, il repartit au combat pour tenter de repousser la ligne ennemie, dont les rangs continuaient de grossir à mesure que de nouvelles créatures émergeaient des flaques noires. Au centre, Cursa poursuivait inlassablement ses étranges arabesques dans les airs… Les vagues d’attaques semblaient infinies. À chaque fois qu’ils en repoussaient une, une autre surgissait. Plus nombreuses, plus agressives, plus sournoises encore… Leurs cris se mêlaient au grondement du combat, formant une cacophonie qui leur vrillait les oreilles et rendait chaque mouvement plus difficile. Ils avaient beau se battre avec acharnement, ils ne faisaient que retarder l’inévitable.

Et au-dessus de cette marée noire, la sphère bleue continuait de pulser, grossissant lentement à mesure que le pouvoir d’Harmonie leur échappait.

Alors qu’il reculait pour éviter une attaque, le sol trembla brusquement sous les pieds du Magikoopa. Un Whomp s’approchait dangereusement, prêt à s’abattre sur lui. Kamek réagit aussitôt. Attrapant fermement sa baguette magique, il se retourna juste à temps pour figer la créature avant qu’elle ne bascule sur lui. Le bloc de pierre resta suspendu dans les airs, ses grands yeux furieux roulant dans tous les sens. Kamek le fit ensuite léviter jusqu’au bord de la plateforme avant de le précipiter dans le vide. Il épousseta sa robe d’un air vexé, agacé par cette interruption en plein combat.

De l’autre côté de l’anneau, c’était également le branle-bas de combat pour Mario, Luigi et Yoshi. Tous trois luttaient sans relâche pour contenir les vagues incessantes de créatures qui déferlaient sur eux, repoussant leurs assauts sans jamais avoir le temps de reprendre leur souffle. Ils utilisaient les plateformes invisibles pour passer d’un côté à l’autre et éviter de se faire encercler. Le dinosaure jetait ses œufs avec précision du haut de son perchoir. Malheureusement, l’effet du Fruit Lumière n’était pas éternel. La peau de Yoshi se mit à clignoter avant de retrouver sa couleur verte, faisant disparaître les plateformes sous leurs pieds. Ils eurent tout juste le temps de bondir vers l’anneau avant qu’elles ne s’évanouissent dans le néant.

À peine avaient-ils retrouvé la terre ferme qu’un immense tentacule de Cursa balaya la zone, pulvérisant au passage plusieurs de ses propres sbires. Mario fut frappé de plein fouet et perdit son pouvoir lorsque son corps vint s’écraser violemment contre la jambe du Megaleg hors service. Grimaçant de douleur, le plombier glissa jusqu’au sol, un bras replié contre son ventre endolori. Il n’avait pas eu le temps de réagir avec son ressort… Le choc lui avait coupé le souffle, et une douleur lancinante lui traversa le dos. Les yeux à demi clos, il distingua Kamek au loin, toujours occupé à bombarder les créatures. Puis son regard se posa sur Yoshi, qui lui faisait de grands signes, visiblement inquiet. Sa vision se brouillait. Il voyait carrément double…

«Mario ! Ça va ? Rien de cassé ?» S’inquiéta Luigi qui redescendit des airs pour s’assurer que son frère allait bien. Il avait assisté à la violente attaque de Cursa et à l’impact brutal contre la jambe du robot. Son visage s’était décomposé en voyant Mario s’écraser contre le métal.

«Argh… J’ai connu des jours meilleurs…» Gémit difficilement Mario tout en se redressant, les dents serrées par la douleur. Il porta une main au bas de son dos, là où le choc avait été le plus violent. S’il avait été dans son propre monde, il ne faisait aucun doute qu’il se serait cassé quelque chose… Luigi l’aida à se remettre sur ses pieds, serrant sa main gantée dans la sienne avec inquiétude, tandis que Yoshi poussait de petits gémissements anxieux en observant son ami. Autour d’eux, les créatures continuaient d’avancer, leurs silhouettes se découpant dans la lumière inquiétante des attaques.

«Ça ne sert à rien de se battre contre ces trucs, pas tant que Cursa les contrôle.» Fit remarquer Mario en levant les yeux vers la créature cauchemardesque trônant dans sa boîte à musique. Il passa une main dans ses cheveux bruns avant de ramasser sa casquette tombée au sol.

«Qu'est-ce qu'on est censés faire, alors ? On ne peut même plus l'atteindre ! Le robot est fichu !» Répliqua Luigi, les petites ailes de son costume vibrant nerveusement dans son dos.

«Je dois trouver un moyen de récupérer ce pinceau !» Décida Mario en faisant signe à Luigi et à Yoshi de le suivre malgré sa démarche boiteuse. Tous trois s'élancèrent sur l'anneau, prenant de vitesse les créatures violettes qui étaient sur le point de les atteindre.

«Et comment tu comptes t'y prendre ?! Mario, cette chose est gigantesque ! Elle ne te laissera jamais l’approcher !» S'écria Luigi qui gesticulait dans tous les sens alors qu'il courait derrière Mario et Yoshi en direction d'une nouvelle boîte mystère invoquée par Kamek.

«Alors croise les doigts pour que mon objet nous soit utile !» Mario tourna la tête par-dessus son épaule et adressa à son frère un sourire plein d'assurance. Son regard se reporta ensuite sur Cursa, qui concentrait toute son attention sur Solfège et Bowser Junior. Son expression se durcit. Il s'inquiétait autant pour son amie que pour les deux Koopas. Il devait trouver une solution... et vite !

La masse d’énergie au-dessus de Cursa ne cessait de grossir au fil des minutes, gagnant en intensité à chaque seconde. Une seule question hantait les esprits : que se passerait-il lorsqu’elle atteindrait son paroxysme ? Personne n’avait envie de le découvrir. Privée de son pouvoir, Solfège voulut atteindre la prochaine boîte mystère, mais les sbires l’en empêchaient. Des Picos Condors projetaient leurs cous démesurément longs dans sa direction afin de la repousser, alors que Junior continuait de pulvériser Crapognons, Swoopers et Koopas soldats à l’aide de son fléau maculé de peinture sombre.

Chaque coup faisait voler des éclats de matière noire, mais ceux-ci se reformaient presque aussitôt dans un gargouillement sinistre. Ils n’avaient bientôt plus aucun recours… Les créatures de matière noire ne se fatiguaient jamais et ne montraient pas le moindre signe de faiblesse. Pire encore, elles se multipliaient à l’infini grâce au pinceau magique. Cursa le savait. C’était précisément pour cette raison qu’elle intervenait si rarement, se délectant du spectacle, parfaitement consciente qu’ils ne pouvaient plus rien faire pour l’empêcher d’atteindre son plein potentiel. Grâce à l’énergie cosmique d’Harmonie, elle pourrait bientôt réduire les mondes en cendres et faire régner la terreur.

Solfège n’avait plus de power-up… Et la prochaine boîte mystère se trouvait à plusieurs mètres de sa position, derrière une véritable armada de monstres. Restant aux côtés de Bowser Jr., elle cherchait désespérément une ouverture, mais où qu’elle pose les yeux, une nouvelle créature surgissait pour lui barrer la route. Son regard passait frénétiquement d’un adversaire à l’autre, ne pouvant déterminer lequel allait fondre sur elle en premier. Son cœur battait la chamade. Que lui arriverait-il s’ils parvenaient à la capturer ? Plus loin, Kamek continuait de bombarder le champ de bataille de sorts multicolores, sans être en mesure de leur venir en aide.

Pivotant sur elle-même, Solfège échangea un regard inquiet avec Bowser. Ce dernier ne cessait de cracher son lance-flammes sur les monstres qui s’approchaient trop près, protégeant sa belle du mieux qu’il le pouvait. Malgré tous leurs efforts, les créatures continuaient d’avancer, toujours plus nombreuses. Le souffle de Solfège se bloqua dans sa gorge quand un Spike bondit droit sur elle. Elle poussa un cri étouffé, se recroquevilla par réflexe et leva les bras pour protéger son visage, persuadée que l’impact était inévitable. Mais l’attaque ne vint jamais. Un bref silence s’installa, si étrange au milieu du vacarme qu’elle crut un instant avoir perdu l’ouïe. À la place, un couinement retentit, rapidement suivi d’un gargouillis. Surprise, elle rouvrit lentement les yeux.

Le Spike avait disparu. À sa place se tenait fièrement Mario, vêtu d’une toute nouvelle tenue. Il avait troqué sa salopette contre un costume noir et rouge, tandis que sa casquette, désormais noire, arborait toujours fièrement le célèbre «M» écarlate. Une intense lueur rouge enveloppait ses poings, projetant sur son costume de légers reflets. Des étincelles dansaient autour de ses gants. Campé sur ses deux jambes, les mains posées sur les hanches et le torse bombé, il affichait un regard débordant de détermination. Sa silhouette respirait l’assurance et la confiance. L’intense lueur rouge qui enveloppait ses poings témoignait du pouvoir extraordinaire que lui conférait l’Étoile rouge.

«Mario !» S'exclama Solfège avec un large sourire. Elle était immensément soulagée... et profondément reconnaissante de cette aide inespérée. Ce sentiment n'était cependant pas partagé par Bowser.

«Ouais, génial... Voilà que le rabat-joie de service est de retour !» Grommela-t-il tout en croisant les bras avant de lever les yeux au ciel. Renfrogné, Bowser ne parvenait pas à contenir la jalousie qui lui tordait les entrailles en voyant Solfège adresser un sourire à ce nain de jardin... Le seul héros ici, c'était lui, et personne d'autre ! Ce plombier n'avait qu'à aller sauver une autre jeune femme en détresse, il y en avait suffisamment dans le cosmos !

En revanche, Mario n’eut pas le temps de répliquer à cette remarque cinglante, car un Bill Dozer le prit pour cible. Le colosse, recouvert de matière noire, paraissait encore plus imposant que d’ordinaire. Cette substance visqueuse s’accrochait à son armure de football américain et s’étirait en longs filaments à chacun de ses mouvements. Il frotta son pied contre le sol, baissa la tête, puis chargea avec la violence d’un bélier. Par réflexe protecteur, Mario poussa la reine du Pays-Noir sur le côté avant de se préparer au combat. Les poings levés et les sourcils froncés, il ne quittait pas des yeux cet adversaire redoutable.

Dès que le Bill Dozer arriva à sa hauteur, Mario se mit à tournoyer à toute vitesse. Ses poings traçaient de longues traînées écarlates dans son sillage, jusqu’à ce qu’ils se parent d’une vive lueur bleutée au moment de l’impact. Il asséna au colosse un coup d’une puissance phénoménale, le projetant violemment contre les autres sbires de Cursa, qui explosèrent les uns après les autres. Une onde de choc traversa la plateforme, faisant voler des débris de matière noire dans toutes les directions. Cette démonstration de force laissa Bowser Junior bouche bée. Il se tourna vers sa mama, puis regarda de nouveau Mario avec de grands yeux.

«Pas mal...» Mario hocha la tête, admirant ses poings rougeoyants.

Solfège lui sourit, mais sa mâchoire se décrocha lorsque le plombier s’envola telle une fusée lancée à pleine vitesse en direction de Cursa afin de capter toute son attention. En un battement de cils, il avait déjà parcouru une distance considérable, laissant derrière lui une longue traînée rouge qui semblait fendre l’espace. Le déplacement fut si brutal qu’elle sentit le souffle de son passage lui ébouriffer les cheveux. L’air se mit à siffler sur son passage, alors que son costume noir et rouge n’était bientôt plus qu’un point filant vers Cursa. Son power-up lui permettait aussi de voler ?! Décidément, il ne cessait jamais de la surprendre… Chaque fois qu’elle pensait avoir découvert l’étendue de ses capacités, Mario trouvait encore le moyen de repousser ses limites.

Il donnait l’impression qu’aucun obstacle ne pouvait réellement lui résister. L’espoir raviva quelque peu son cœur, même si la menace qui pesait sur eux était loin d’avoir disparu. Sur son épaule, Bowser baragouina un petit «frimeur», toujours aussi renfrogné. Son regard suivit malgré lui le plombier qui virevoltait dans les airs, esquivant aisément les mains de Cursa. Même réduit à cette taille, son orgueil refusait d’admettre que cette démonstration de force avait de quoi impressionner. D’une secousse de la tête, Solfège se tourna vers un Crapognon pour permettre à la tortue installée sur son épaule de cracher un jet de flammes sur l’ennemi avant qu’il ne les atteigne.

Jusqu'à ce qu'une voix féminine ne résonne dans sa tête...

Utilise ton pouvoir...

C'était la voix d'Harmonie.

«Mon pouvoir... Mais oui, bien sûr !» Chuchota Solfège en comprenant que la conscience d'Harmonie était toujours présente et tentait de lui transmettre un message malgré l'emprise de Cursa.

Elle releva lentement les yeux vers cette dernière et contempla avec tristesse les traits immaculés de son masque blanc. Derrière cette apparence froide et impassible se cachait la mère des étoiles, prisonnière de son propre corps. Cette pensée lui serra douloureusement le cœur. Harmonie était encore là, quelque part, luttant de toutes ses forces pour reprendre le contrôle. Si elle parvenait à communiquer avec elle, c'était qu'il restait une chance de la sauver. Mais comme si Cursa avait elle aussi entendu le message de la princesse, elle détourna son attention de Mario pour braquer son masque en direction de Solfège. Le vide de son regard la transperçait de part en part, donnant à la jeune femme l’impression qu’il sondait les tréfonds de son âme.

«Ta voix ne te sera plus d'aucune utilité. Tu ne peux rien contre moi. Tu ne peux plus. Je suis devenue l'être suprême de l'univers.» Clama-t-elle de sa voix monotone, dont chaque mot résonnait avec une froideur glaçante. Cette affirmation n'avait rien d'une simple vantardise : elle ressemblait davantage à une sentence, une vérité qu'elle jugeait désormais incontestable.

«Le véritable pouvoir ne sert pas à régner sur les autres ! Il sert à les protéger !» Lança Solfège avec une conviction farouche avant d’entonner sa mélodie.

Immédiatement, elle sentit une étrange chaleur parcourir tout son corps. Baissant les yeux vers ses mains, elle découvrit qu’une douce lueur dorée émanait de sa peau. Celle-ci se propagea doucement le long de ses bras, glissa sur sa robe rouge, puis se répandit autour de ses pieds jusqu’à dessiner un large cercle lumineux. Des filaments étincelants jaillirent autour d’elle, accompagnant chaque note de sa mélodie. L’anneau s’éleva ensuite dans les airs, laissant derrière lui une traînée scintillante qui se referma au-dessus de sa tête pour former une immense bulle d’écho. Dès que celle-ci fut entièrement constituée, Bowser sentit une vague d’énergie envahir son corps.

Tous ses sens s’aiguisèrent, tandis qu’une puissance nouvelle semblait irriguer chacun de ses muscles. Chaque inspiration lui paraissait plus profonde, chaque mouvement plus léger, et le moindre bruit lui parvenait avec une grande netteté. Stupéfait, le Koopa leva lentement les bras devant lui et ouvrit de grands yeux. Il pouvait sentir cette magie pulser jusque dans ses veines. C’était grisant. Revigorant. Incroyablement puissant. Une énergie féroce lui parcourait les membres, faisant vibrer sa carapace et crépiter ses griffes. Il ignorait que Solfège possédait un tel pouvoir ! Une fois de plus, sa femme ne cessait de le surprendre.

«Oh... Ça, ça me plaît !» Acquiesça Bowser avec un large sourire alors que la voix de Solfège gagnait en intensité. La jeune femme enchaîna plusieurs pas de danse, parfaitement synchronisés avec sa mélodie. À chacun de ses mouvements, une nouvelle bulle d'écho d’une autre couleur se formait directement sur le sol. Ces demi-sphères demeuraient quelques instants avant de se dissiper progressivement. Il suffisait aux combattants de pénétrer à l'intérieur de l'une d'elles pour sentir leur corps se gorger d'une nouvelle énergie. Force, agilité, dextérité... Chaque bulle renfermait un enchantement différent, offrant à leurs alliés un précieux avantage au cœur de la bataille.

«Trop la classe, mama ! Tu donnes des super-pouvoirs !» S'émerveilla Bowser Junior en pénétrant dans l'une des bulles d'écho pour bénéficier de son pouvoir. Une vague de lumière glissa sur ses écailles. Il leva sa main devant lui, fasciné, pendant qu'une énergie nouvelle envahissait tous ses muscles endoloris. Il en ressentit immédiatement les effets. Lorsqu'il ressortit de la bulle, il détala comme une flèche entre les ennemis. Impressionné, il s'écria avec enthousiasme.

«Hé ! Regardez-moi ! J'vais trop vite ! Vous m'attraperez jamais ! Je suis le roi de la vitesse !» Nargua le jeune Koopa qui filait à travers les sbires avec une rapidité hors du commun. Il se faufilait derrière les Maskass et les Koopas soldats avant de les pulvériser d'un coup de masse. Les créatures n'avaient même pas le temps de comprendre ce qui leur arrivait qu'elles étaient déjà projetées au loin.

Solfège ne se laissa pas distraire et continua d’invoquer ses bulles d’écho aux quatre coins de l’anneau gravitationnel, confiant à Bowser la mission de la protéger durant tout le processus. Yoshi et Luigi furent les suivants à profiter de son pouvoir. Les écailles du dinosaure s’illuminèrent d’un éclat doré alors qu’il sentait ses capacités physiques se renforcer, tout comme Bowser et Bowser Jr. avant lui. Toute la fatigue accumulée au cours du combat s’évanouit en un instant. Revigoré, il bondit de nouveau dans la mêlée avec une énergie débordante. Luigi, quant à lui, baissa les yeux vers ses mains gantées lorsqu’il fut à son tour traversé par cette intense magie.

Une agréable sensation parcourut ses membres, dissipant l’épuisement qui alourdissait son corps depuis le début de la bataille. Grâce à Solfège, il avait l’impression que ses jambes ne touchaient presque plus le sol. Ses mouvements devenaient plus souples, plus rapides, comme si son corps retrouvait une légèreté oubliée. Cette sensation… Elle lui rappelait celle que procurait la Super Étoile. Tournoyant joyeusement dans les airs, le plombier en costume d’abeille fondit aussitôt sur une nouvelle vague d’ennemis aux côtés de Yoshi. Cursa observait la scène, intérieurement consumée par la rage. Ce n’était pas ainsi que les choses étaient censées se dérouler ! Son emprise se fissurait sous leurs yeux, et chaque bulle d’écho rapprochait un peu plus sa défaite. Solfège n’aurait jamais dû découvrir le véritable pouvoir de sa voix.

Tout cela... était la faute d'Harmonie.

Dans un accès de colère, l’immense silhouette bleu nuit au centre rejeta brusquement la tête en arrière et poussa un rugissement assourdissant. L’onde sonore balaya tous les anneaux. Même Mario, pourtant lancé à pleine vitesse dans les airs, dut s’immobiliser et se couvrir les oreilles sous la violence du vacarme. Tous les tentacules de Cursa furent projetés dans toutes les directions, fouettant l’espace avec une brutalité aveugle. Chacun d’eux cherchait désespérément à happer une proie pour la précipiter dans le vide cosmique. Elle en avait assez. Cette petite mascarade avait assez duré ! Sa patience venait d’atteindre ses limites, et sa rage ne connaissait à présent plus aucune retenue.

Au-dessus de sa tête, l’immense sphère bleutée continuait de croître. Son éclat se faisait de plus en plus vif, jusqu’à envelopper les alentours d’une lumière presque aveuglante, comme si elle avait atteint un point de non-retour. Toute l’énergie d’Harmonie se trouvait entre ses mains… prête à se déverser sur les mondes dans une vague de destruction sans précédent. Levant ses mains translucides, Cursa accéléra encore le processus sans cesser de lancer ses tentacules à l’assaut de Mario. Puis, une idée germa dans son esprit. Son masque, aux traits de la princesse, pivota lentement vers la jeune femme qui poursuivait son chant. Son regard froid et pénétrant ne la quitta plus.

Si elle ne pouvait pas interrompre le pouvoir de Solfège, elle n’aurait qu’à s’en prendre directement à celle qui l’invoquait. Sans un mot, elle leva le pinceau et traça un dessin dans le vide, donnant naissance à une nouvelle créature de matière noire. Solfège était trop occupée à créer ses bulles d’écho pour sentir le danger approcher. Bowser était descendu de son épaule pour affronter les créatures un peu plus loin, bravant le moindre danger afin de protéger sa reine aux côtés de Bowser Jr. Tous deux étaient devenus ses gardes du corps, repoussant sans relâche les vagues d’ennemis qui cherchaient à l’atteindre.

Pourtant, aucun d’eux ne remarqua la silhouette qui émergea silencieusement d’une flaque de peinture violette. Trop accaparés par les monstres qui tentaient de les encercler, ils lui tournaient le dos. Boitant, elle s’approcha de Solfège, toujours inconsciente de sa présence. Sa mélodie continuait de résonner sur l’anneau, chaque note faisant apparaître de nouvelles bulles d’écho destinées à soutenir leurs alliés. Puis… Une sensation glaciale parcourut soudain son échine. Quelqu’un se trouvait derrière elle. Son chant vacilla un bref instant. Troublée, elle se retourna lentement, et ses yeux s’écarquillèrent. Là, à seulement quelques pas d’elle, se tenait une réplique parfaite de son ancien bourreau.

Le roi Tic-Tac.

«Ma petite étoile... Tu m'as tant manqué...» Dit-il d'une voix déformée, étrangère, comme si plusieurs timbres se superposaient les uns aux autres. Prise de court, Solfège recula précipitamment. Son pied accrocha le sol et elle trébucha avant de retomber lourdement en arrière. Elle eut le souffle coupé. Le regard fixé sur cette silhouette familière, elle suivait chacun de ses mouvements lents, un frisson d’horreur lui parcourant tout le corps.

«Ta place n'est pas auprès d'eux... Elle ne l'a jamais été. Tu ne mérites ni leur amitié... ni leur amour. Tout ça est à cause de toi. Tu n’aurais jamais dû quitter cette prison… Il est temps de rentrer à la maison.» Le roi Tic-Tac tendit sa main griffue dans sa direction. Ses doigts se déployèrent avec une lenteur calculée, dans ce qui ressemblait à une dernière chance de se soumettre. Paralysée par l'effroi, Solfège ne pouvait décrocher son regard du pantin. Son cœur battait si fort contre sa poitrine, sa respiration s'était coupée. La peur et la surprise l'étreignaient avec une telle violence qu'elle ne parvenait plus à bouger un seul muscle.

«Mama !» Cria Bowser Junior en apercevant la jeune femme, au loin, face à son pire cauchemar devenu réalité. Tic-Tac était sur le point de la toucher !

Il voulut s'élancer vers elle, mais une horde de créatures lui barra la route. Les Maskass, les Pico Condors, les Crapognons et les Koopas soldats se jetaient sur lui de toutes parts, l'empêchant de rejoindre Solfège à temps. Terrifié pour sa mama, Junior releva les yeux vers Cursa. Toute son attention était rivée sur la scène qui se déroulait plus loin. Sans même s'en rendre compte, elle continuait d'agiter son pinceau, donnant naissance à de nouveaux sbires. Elle manipulait son pantin dans le seul but d'empêcher Solfège d'utiliser sa voix contre elle. Son regard balaya alors le champ de bataille. Mario et Luigi étaient immobilisés au sol.

Une épaisse couche visqueuse rampait lentement sur leurs corps, les engloutissant peu à peu et les empêchant de faire tout mouvement. Plus loin, Yoshi gisait à plat ventre. Il poussait de faibles gémissements tandis que cette même substance violette progressait sur ses écailles, le condamnant à son tour à l'impuissance. Kamek était ensevelit, sa baguette gisant au loin… Junior sentit son estomac se nouer. Ils étaient en train de perdre. Si personne ne faisait quelque chose... Ils couraient tous à la catastrophe. Une idée traversa soudain l'esprit du jeune Koopa. C'était maintenant ou jamais. D'un violent coup de fléau, il repoussa la créature qui lui faisait face, laissant son père retenir les autres ennemis. Puis il se mit à courir à quatre pattes en direction de son Megaleg.

Sans ralentir, il bondit à pieds joints sur un Boo qui lui barrait la route, l'écrasant avant de reprendre sa course. En quelques secondes, il grimpa dans le cockpit resté ouvert de son robot et se laissa tomber sur son siège de travers. Ses griffes pianotèrent fébrilement sur le tableau de bord, deux boutons s'enfoncèrent dans un clic métallique. L'écran de visée verdâtre s'alluma devant lui. Junior verrouilla le tentacule qui tenait fermement le pinceau magique. Il inspira profondément, ferma un œil pour ajuster son tir et coinça sa langue au coin du museau, totalement absorbé par sa cible. Ses griffes se crispèrent sur les commandes du Megaleg alors que son cœur battait jusque dans ses tempes.

Puis il appuya de toutes ses forces sur la commande de tir. Un grondement sourd parcourut le gigantesque robot. L'espace d'une infime seconde, tout sembla suspendu, comme si le temps lui-même retenait son souffle. Dans une explosion assourdissante, le dernier Bill Balle jaillit du canon et fendit les airs en laissant derrière lui une longue traînée de fumée. Le projectile filait droit vers son objectif, si rapidement qu'il ne laissait derrière lui qu'une silhouette noire et floue. Au même instant, le masque de Cursa pivota brusquement dans sa direction. Son regard se fixa sur le missile... avant de revenir sur le pinceau qu'elle tenait dans son tentacule.

Elle comprit.

Pour la première fois depuis le début de l’affrontement, ses gestes perdirent leur calme. Son long appendice se replia d’un mouvement précipité dans une tentative désespérée de mettre le pinceau hors de portée. Trop tard. Le Bill Balle percuta son tentacule de plein fouet. Une détonation assourdissante fit trembler l’espace. Un craquement sinistre retentit tandis que le membre se déchirait sous la violence de l’impact. Celui-ci se contracta sous le choc avant de laisser échapper le pinceau magique, qui fut projeté dans les airs. Il rebondit une première fois sur le métal. Puis une deuxième. Puis une troisième. Chaque impact résonnait étrangement dans le silence qui venait de s’abattre sur le champ de bataille, au point que chacun retenait son souffle.

Tous les regards convergèrent vers le petit objet, dont le moindre rebond pouvait décider de leur destin. Finalement, le pinceau s’immobilisa en équilibre au bord de la plateforme. Privées de tout contrôle, les créatures de matière noire se figèrent. Leurs corps vacillèrent, se déformèrent avant de s’affaisser dans des flaques de peinture violette qui éclaboussèrent le sol. En quelques instants, il ne resta plus aucune trace de l’armée de Cursa. Enfin libérés de leur emprise maléfique, Mario, Luigi et Yoshi s’effondrèrent à genoux, reprenant de grandes bouffées d’air. Kamek, qui était auparavant écrasé sous trois Bill Dozer, inspira bruyamment, la langue dehors. Un peu plus, et il se transformait en crêpe…

Solfège se ressaisit et se précipita vers le pinceau avant que Cursa ne puisse le récupérer. Il n’y avait pas une seule seconde à perdre ! Cette arme représentait leur unique chance, la seule capable de rivaliser avec le pouvoir de leur ennemie… Au-dessus d’elle, la grande main bleue fendit les airs pour tenter de l’écraser, mais, au tout dernier instant, Solfège se laissa glisser sur le sol dans un dérapage maîtrisé et referma ses doigts sur le manche du pinceau quelques centimètres seulement avant qu’il ne bascule dans le vide cosmique. Resserrant fermement sa prise, elle se releva d’un mouvement vif et leva le pinceau magique en direction de Cursa, le regard durci par une détermination nouvelle.

La peur n’avait pas disparu, mais elle était désormais étouffée par une volonté farouche de sauver Harmonie. Pour la première fois depuis le début de l’affrontement, leurs armes se faisaient face. La main revint aussitôt à la charge, prête à lui arracher le pinceau, mais la carapace de Bowser Jr. tourbillonna à toute vitesse avant de percuter la paume translucide dans un choc brutal qui la repoussa de plusieurs mètres. Il émergea de sa carapace pour venir se placer devant Solfège, prêt à repousser quiconque tenterait de l’approcher. Bowser bondit à son tour sur l’épaule de sa femme, puis redressa fièrement la tête. Malgré sa taille minuscule, rien ne l’empêcherait de défendre les deux êtres les plus précieux à ses yeux jusqu’à son dernier souffle.

Ils allaient affronter Cursa ensemble. En famille.

Plus loin sur l’anneau, Mario et Luigi se relevèrent difficilement. Encore essoufflés, ils observaient la scène avec une inquiétude grandissante, leur regard passant sans cesse de l’immense silhouette de Cursa à leur amie, qui tenait entre ses mains l’arme dont dépendait peut-être le destin de tous les mondes. Yoshi finit par les rejoindre, les mains nerveusement jointes contre son poitrail, se sentant terriblement petit et impuissant face à une telle puissance. La plus petite erreur risquait de leur coûter bien plus qu’une simple défaite. Mario serra les poings, les sourcils froncés. Il aurait voulu courir jusqu’à Solfège pour l’aider, mais il savait qu’il ne ferait que la mettre davantage en danger. Cette fois, il ne pouvait rien faire d’autre que lui faire confiance.

Chaque fibre de son corps le poussait à intervenir, mais il se força à rester en retrait. À côté de lui, Luigi retenait presque sa respiration. Même Yoshi, pourtant toujours prêt à se jeter dans la mêlée pour protéger ses amis, resta immobile. Sa gorge se serra lorsqu’il aperçut le masque impassible de Cursa fixé sur Solfège. Un mauvais pressentiment lui nouait l’estomac. Autour d’eux, l’anneau gravitationnel s’était comme arrêté de tourner. Plus aucun monstre ne venait troubler le silence. Seuls résonnaient les souffles encore haletants des combattants et le bourdonnement sourd de l’immense sphère d’énergie qui continuait de grossir au-dessus de Cursa.

Tout se jouait maintenant.

«Allez... Je sais que vous pouvez y arriver.» Murmura Mario en serrant les poings. Pour la première fois, le plombier plaçait tous ses espoirs entre les mains de la famille Koopa. Dans un pop sonore, Kamek apparut à leurs côtés dans un nuage de fumée. Le vieux Magikoopa vacilla et s'appuya lourdement sur sa baguette pour ne pas s'effondrer. Son souffle était court, sa robe était déchirée par endroits et quelques traces de matière noire maculaient encore sa capuche. Il était bien trop épuisé pour retourner au combat.

«Notre royaume repose entre vos mains, Majestés... Je sais que vous saurez le protéger. Montrez-lui pourquoi personne ne s'en prend à notre famille !» Lança Kamek en levant vigoureusement le poing vers eux, un large sourire au bec. Maintenant que tout reposait sur eux, il n'avait plus qu'une seule ambition : rentrer au château et dormir pendant une semaine !

Furieuse d'être ainsi défiée, Cursa leva simultanément ses mains avant de les abattre sur les trois combattants avec une violence inouïe. Solfège réagit au quart de tour en faisant glisser les poils du pinceau sur le métal de l'anneau. Une large traînée de peinture violette s'étala à ses pieds avant de s'animer sous ses yeux, ressentant toute sa puissance à travers ses doigts. Peu habituée à manier une telle arme, ses traits manquaient de précision. De drôles de créatures informes, dotées de grandes ailes disproportionnées, émergèrent de la peinture dans une série de gargouillis avant de s'élancer vers Cursa.

Bien qu'imparfaites, elles suffirent à détourner brièvement son attention et à ralentir l'assaut de ses mains géantes. Profitant de cette ouverture, Bowser gonfla les joues avant de cracher une boule de feu qui alla exploser contre l'un des tentacules s'enroulant déjà autour d'eux pour les repousser dans le vide. Pendant ce temps, Bowser Junior bondissait d'un côté à l'autre du champ de bataille avec une agilité impressionnante. Il courait à quatre pattes, se glissait entre les tentacules qui fouettaient l'air et sautait par-dessus ceux qui tentaient de lui barrer la route, sans jamais ralentir.

«Attrape, Junior !» Cria Solfège en lançant le pinceau magique en direction du jeune Koopa.

Bowser Jr. le rattrapa de justesse. Dès l’instant où ses doigts s’enroulèrent autour du manche, une décharge parcourut tout son corps. D’étranges picotements remontèrent le long de ses bras jusque dans sa carapace, bientôt remplacés par une chaleur viscérale. Ses muscles se contractèrent sous l’afflux brutal de cette énergie, tandis que ses griffes se crispèrent autour de la relique. Le pouvoir renfermé dans cette dernière était colossal… bien plus qu’il ne l’avait imaginé. Lorsqu’il posa les poils du pinceau sur le métal, cette énergie explosa en lui. Ses griffes s’embrasèrent d’un rouge lumineux, alors que ses écailles se noircissaient progressivement, parcourues de fines fissures rougeoyantes semblables à de la lave en fusion.

Une immense crinière de flammes jaillit au sommet de son crâne, ondulant furieusement dans son dos, crépitant dans le vide avec une fureur indomptable. À son museau, son bandana se déforma à son tour, prenant la forme d’une grande mâchoire hérissée de longues dents qui s’ouvrait et se refermait au rythme de sa respiration. Une rage sauvage s’empara alors de lui. Son cœur battait avec une telle violence qu’il avait l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Son sang bouillonnait dans ses veines, un irrépressible désir de combattre envahissant chacune de ses pensées.

Bowser Junior ouvrit grand la gueule et poussa un rugissement si puissant que les flammes de sa crinière s'étirèrent derrière lui en une longue traînée incandescente. L'onde de choc fit vibrer le métal sous ses pieds. Dans la foulée, il fit glisser le pinceau sur le sol dans une succession de traits rapides. Cinq Poulbobs surgirent aussitôt de la peinture et bombardèrent Cursa d'une pluie ininterrompue de projectiles. Son masque déjà fissuré pivota lentement dans sa direction. Même à plusieurs mètres de distance, Junior sentit toute la haine qui émanait de son ennemie s'abattre sur lui. Dans un mouvement de colère, l'immense créature enroula l'un de ses tentacules avant de le projeter de toutes ses forces sur son nouveau challenger.

L'appendice fendit les airs à grande vitesse, mais il n'était déjà plus là. Le jeune Koopa prit appui sur le sol puis se propulsa dans les airs d'un bond spectaculaire. Au sommet de sa trajectoire, il replia ses membres dans sa carapace. De longues pointes jaillirent de celle-ci tandis qu'il se mettait à tournoyer à une vitesse folle, transformant son corps en une véritable scie vivante. Dans un bruit de déchirure, la toupie traversa le tentacule de part en part avant d'en ressortir de l'autre côté dans une pluie de matière noire. Il retomba agilement sur ses pattes, un sourire de défi étirant ses dents pointues. Ce mouvement... Solfège le reconnut immédiatement. C'était exactement la même acrobatie qu'il avait improvisée dans la cuisine pour décrocher une pomme posée sur le comptoir.

«Attrape, mama !» Rugit Bowser Junior d'une voix grave, légèrement métallique, avant de lancer le pinceau magique en direction de la jeune femme pour qu'elle puisse poursuivre le combat. Elle l’attrapa en pleine volée.

«À droite !» Dicta Bowser lorsqu'une main s'approcha dangereusement d'eux. Sans réfléchir, Solfège se jeta sur la droite comme il venait de le lui dire… mais c'était justement du côté où le tentacule se dirigeait.

«Non l'autre droite !» Rectifia le Koopa en agitant frénétiquement les pattes dans la panique, les yeux écarquillés. Comme à son habitude, il venait de confondre sa droite et sa gauche. Solfège changea immédiatement de direction, évitant de justesse la main qui s'écrasa contre l'anneau dans une violente secousse.

Son pinceau retraça des formes maladroites sous l'effet de la nervosité et, comme tout à l'heure, des créatures difformes émergèrent de la peinture. Semblables à d'immenses Plantes Piranha, elles claquèrent violemment des mâchoires avant de refermer leurs crocs sur les doigts de Cursa. Celle-ci poussa un rugissement de rage, incapable de mener son attaque à son terme. Ils lui résistaient. Ils étaient bien plus forts... et bien plus courageux qu'elle ne l'avait imaginé. Profitant d'un bref instant d'inattention, Cursa se tourna vers Bowser Jr., le point faible de Solfège. Sa grande main translucide le frappa avec une force monstrueuse avant qu'il n'ait le temps de réagir. Le jeune Koopa fut projeté à travers l'anneau gravitationnel.

Il rebondit lourdement sur le métal d’un petit cri de douleur avant de glisser jusqu'au bord de la plateforme, comme sa mère quelques instants plus tôt. Les yeux verts de Solfège s'écarquillèrent. Une colère sourde envahit sa poitrine. Son souffle se bloqua. Sa bouche devint sèche. Sur son épaule, Bowser poussa un cri de panique en tendant désespérément une patte vers son fils en mauvaise posture. Le temps se figea. Le vent souleva les longs cheveux rouges de Solfège, dont les mèches dansaient autour de son visage. Les reflets bleutés de l'immense sphère d'énergie se mirent à briller dans ses yeux tandis que les battements affolés de son cœur résonnaient jusque dans ses oreilles.

Puis, quelque chose changea.

Son instinct reprit le dessus.

«On touche pas à Junior !»

Son cri résonna tout autour de la boîte à musique lorsqu’elle abattit le pinceau contre le sol de toutes ses forces. Une gigantesque traînée de peinture jaillit sous l’impact, telle une vague déchaînée, s’étendant à toute vitesse sur le métal avant de prendre vie. Sous la surface mouvante, une silhouette colossale se mit à onduler. À intervalles réguliers, son corps massif surgissait de la peinture dans un puissant mouvement, retombait lourdement avant de s’y enfoncer de nouveau, tel un serpent marin fendant les flots. Un grondement sourd parcourut l’anneau gravitationnel, bientôt suivi de violentes secousses qui firent vibrer le métal sous les pieds des combattants.

La peinture se soulevait en longues vagues noires qui semblaient suivre la trajectoire de cette créature gigantesque. À chaque apparition, seule une infime partie de son corps devenait visible avant de disparaître de nouveau. Une rangée de plaques métalliques luisait brièvement sous les reflets bleutés de la sphère d’énergie, suivie d’une longue queue articulée qui fouettait la peinture dans un bruit de chaînes et d’engrenages. Mario recula instinctivement d’un pas. Luigi l’imita sans quitter la peinture mouvante des yeux, la crainte au creux du ventre.

Même Yoshi et Kamek s’écartèrent, sans parvenir à deviner ce que Solfège venait d’invoquer. Personne n’osait s’approcher de cette mer noire devenue vivante, tant tout annonçait l’arrivée d’une créature d’une puissance terrifiante. Le grondement s’intensifia peu à peu, faisant vibrer l’anneau tout entier. Les plaques métalliques tremblaient, tandis que les longues vagues de peinture se soulevaient les unes après les autres. À chacune de ses ondulations, le bruit gagnait en intensité, rappelant le ronronnement d’un gigantesque mécanisme en train de reprendre vie après un très long sommeil. Même Cursa interrompit son assaut.

Son immense silhouette pivota vers cette mer noire qui recouvrait désormais presque toute la plateforme circulaire, suivant du regard les mouvements de la créature dissimulée sous la peinture. Son unique œil rouge s’élargit progressivement de stupeur, comme si elle venait de reconnaître ce qui s’apprêtait à surgir. Pour la première fois, une véritable inquiétude traversa son regard. Dans un fracas assourdissant, la peinture explosa brusquement. Une gigantesque tête de dragon jaillit hors de la surface, ouvrant une mâchoire démesurée remplie de crocs métalliques. Son long corps mécanique suivit dans un mouvement fluide, ondulant dans les airs à la manière d’un serpent.

Chacune de ses plaques d’acier s’emboîtait parfaitement dans la suivante, alors que d’innombrables engrenages tournaient sous son armure, produisant une succession de cliquetis métalliques inquiétants. Ses yeux verts électriques étaient fixés sur Cursa. Aucun doute n’était permis. Tous reconnurent immédiatement le Dragon Horloge. Son rugissement mécanique, semblable au vacarme d’une locomotive lancée à pleine vitesse, fit vibrer l’espace tout entier avant qu’il ne fonde sur Cursa avec une rapidité fulgurante. La créature tenta instinctivement de lever ses tentacules pour se protéger, mais il était déjà trop tard. La mâchoire du dragon percuta son masque dans un choc d’une violence phénoménale, projetant une onde de choc qui parcourut toute la boîte à musique.

Le masque blanc se fissura dans un craquement sinistre avant d’exploser en une pluie de fragments qui se dispersèrent dans le vide cosmique. Les éclats flottèrent un instant autour d’elle, puis furent happés par les courants gravitationnels. Cette attaque provoqua aussitôt une violente instabilité dans l’espace-temps. Suspendue au-dessus de Cursa, l’immense sphère d’énergie se mit à pulser de manière incontrôlable. Elle gonflait, se contractait, puis recommençait encore et encore, chaque oscillation devenant plus violente que la précédente, jusqu’à ce que sa structure ne puisse plus supporter une telle quantité d’énergie. Des filaments de lumière bleue se détachèrent de sa surface, se tordant dans toutes les directions avant de se dissiper en étincelles.

Dans un éclair aveuglant, la sphère implosa sur elle-même. Face à une telle quantité d’énergie libérée, tous durent se couvrir les yeux, éblouis par l’intensité de la déflagration. Le vide se tordit sous la force de l’explosion, tandis que Cursa, privée du contrôle de son pouvoir, fut inexorablement aspirée vers le trou noir derrière elle. Un hurlement glaçant déchira le silence. Ses tentacules s’agitèrent frénétiquement dans toutes les directions, cherchant en vain à s’accrocher à quelque chose pour échapper à son destin. Mais rien ne pouvait arrêter la force gravitationnelle qui l’entraînait toujours plus loin dans les profondeurs du néant.

Son corps se distordit sous l’effet de l’attraction, ses contours se brouillant à mesure qu’elle s’éloignait. Sa silhouette gigantesque disparut peu à peu dans la spirale obscure, jusqu’à ce que celle-ci se referme lentement sur elle, engloutissant avec elle les derniers échos de son cri. Puis… Plus rien. Un profond silence retomba. Lorsque Solfège abaissa son bras, elle balaya les alentours du regard. L’endroit où se trouvait Cursa quelques secondes plus tôt était désormais vide. Seuls les fragments de son masque dérivaient dans l’espace aux côtés des débris de la boîte à musique, emportés par le vide cosmique.

C'était terminé.

Un long soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres alors que toute la tension et l'adrénaline accumulées durant le combat quittaient enfin son corps. Ses épaules s'affaissèrent légèrement, comme si le poids qu'elle portait depuis le début de cette épreuve venait soudain de disparaître. Ses doigts se desserrèrent enfin autour du pinceau. Sur son épaule, Bowser remit tant bien que mal de l'ordre dans ses cheveux rouges, complètement ébouriffés par l'onde de choc, avant de laisser échapper un discret soupir de satisfaction. Plus loin, Mario, Luigi et Yoshi se mirent à courir dans leur direction, soulagés de les voir tous sains et saufs.

Kamek disparu rapidement dans son nuage de magie rose d’un claquement de doigt. Sans perdre une seconde, Solfège se précipita vers Bowser Junior, qui avait retrouvé sa couleur d'origine. Elle s'agenouilla aussitôt devant lui et posa une main encore tremblante sur sa carapace. Son regard parcourut fébrilement son visage, ses bras, ses jambes, comme pour s'assurer qu'il n'avait pas la moindre blessure. Quelques instants plus tôt, elle l'avait vu glisser vers le vide... et cette vision refusait de quitter son esprit. L'effroi et la colère qui l'avaient submergée s'étaient mués en un profond soulagement, mais son cœur peinait toujours à retrouver un rythme normal.

«Tu n'as rien ?» Demanda-t-elle d'une voix douce, légèrement tremblante. Junior leva les yeux vers elle et lui adressa un immense sourire.

«Je t'avais dit que t'étais une artiste !» Ses petits yeux noirs pétillaient d'admiration. Aux siens, Solfège venait de réaliser la plus belle œuvre qu'il ait jamais vue. Sans attendre, il se jeta dans ses bras, souriant d’une oreille à l’autre quand il sentit ses bras se refermer. Elle le serra contre elle avec tendresse, pendant que Bowser, toujours installé sur son épaule, tendait une petite patte pour tapoter affectueusement la tête de son fils. Les plombiers arrivèrent.

«Content de voir que vous êtes tous en un seul morceau.» Renfila Mario avec un sourire amusé en croisant les bras sur sa poitrine. Il releva légèrement le menton avant d'ajouter ; «Je crois bien que tu viens de sauver l'univers avec un dessin. Ça, il fallait le faire !»

«Vous formez une sacrée équipe, tous les trois !» Se réjouit Luigi en applaudissant avec entrain. Il n'était pas près d'oublier cet incroyable combat. Il avait déjà hâte de raconter toute cette aventure à la princesse Peach et à Toad, resté à l'Observatoire. Avec tout ce qu'ils venaient de vivre, il tenait sans doute le sujet parfait pour son prochain roman.

«Yoshi !» S'exclama joyeusement Yoshi avant de bondir dans l'étreinte lorsque Solfège ouvrit un bras pour l'accueillir. La jeune femme tourna ensuite la tête vers les deux frères et les invita d'un sourire radieux à se joindre au câlin. Ils ne se firent pas prier. Luigi éclata de rire en les rejoignant, tandis que Mario, un peu plus réservé, s'approcha à son tour avant de tapoter doucement le dos de Solfège. Son regard croisa alors celui de Bowser. La tortue le dévisagea quelques instants avec méfiance, les yeux légèrement plissés, puis finit par l'entourer lui aussi de ses minuscules bras, satisfait de l'issue de leur affrontement.

«C'était sensationnel, Votre Altesse !» Félicita le Magikoopa en réapparaissant à leurs côtés pour se joindre à son tour au câlin collectif.

«Je savais qu'on lui mettrait la pâtée ! C'est ma famille, ça !» Déclara fièrement Bowser en applaudissant à tout rompre, un grand éclat de rire lui échappant. C'est alors que le regard de Solfège fut attiré par une silhouette immobile, étendue un peu plus loin sur l'anneau.

Son sourire s'effaça, ses sourcils se froncèrent. Se détachant doucement de l'étreinte collective, elle se leva et s'avança d'un pas hésitant en direction de la jeune femme. Plus elle s'approchait, plus son cœur se serrait. C'était Harmonie. La maman des Lumas reposait paisiblement sur le métal, allongée sur le ventre. L'un de ses bras était replié près de sa tête, alors que ses longs cheveux d'un blond pâle s'étalaient tout autour d'elle, formant un halo sur le sol. Son visage, légèrement tourné sur le côté, affichait une expression étonnamment sereine. Ses yeux demeuraient clos, donnant l'impression qu'elle s'était simplement assoupie après avoir dépensé les dernières forces qui l'animaient.

Elle s'était tellement battue pour reprendre le contrôle de Cursa qu'elle semblait avoir consumé jusqu'à la dernière parcelle de son énergie. Solfège s'agenouilla à ses côtés avant de poser délicatement une main sur son épaule. Aucune réaction. Le souffle suspendu, elle la secoua doucement. Après quelques instants, les paupières d'Harmonie frémirent enfin. Ses yeux bleus s'ouvrirent calmement et se posèrent sur le visage inquiet de Solfège. Désorientée, la maman des étoiles la contempla sans dire un mot, cherchant encore à comprendre où elle se trouvait.

Un faible gémissement lui échappa tandis qu’elle portait une main à sa tête avant de se redresser lentement, pour observer confusément les alentours. Son regard perdu croisa celui de Solfège, et toutes deux restèrent silencieuses durant de longues secondes, incapables de trouver les mots qui auraient pu exprimer ce qu’elles ressentaient après une telle épreuve. Harmonie détailla longuement le visage de la jeune femme, cherchant à graver chacun de ses traits dans sa mémoire afin de s’assurer qu’elle se tenait réellement devant elle.

Peu à peu, la tension qui crispait son visage s’effaça pour laisser place à un sourire d’une infinie douceur. Ses yeux bleus, encore brillants d’émotion, traduisaient toute la gratitude qu’elle éprouvait envers celle qui venait de lui rendre sa liberté. Elle leva une main vers la joue de Solfège, s’assurant une dernière fois que cette rencontre n’était pas un rêve. Puis, dans un léger éclat de rire où se mêlaient le soulagement, la joie et un bonheur indescriptible, elle ouvrit les bras et attira tendrement la reine du Pays-Noir contre elle. Après cette longue captivité, elle était enfin libre. Ses enfants étaient sauvés. Les étoiles pouvaient à nouveau briller sans craindre d’être englouties par les ténèbres. Les mondes n’avaient plus à redouter la cupidité de Cursa.

Le cosmos retrouvait enfin son équilibre.

Les deux femmes appuyèrent doucement leur front l'une contre l'autre avant de laisser échapper un rire partagé.

«Je savais que tu viendrais...» Murmura Harmonie, les larmes perlant au coin de ses yeux.

«Ma petite étoile...»

Fin

C’est ainsi que s’achève notre aventure 😊

Mais ne partez pas trop vite, il reste encore un tout petit épilogue pour conclure cette histoire.

À bientôt, VP

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