Les fragments d'une voix

Chapitre 20 : Détente

6857 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 12/08/2026 16:43

Et voici la suite ! Je vous souhaite à tous une bonne découverte.

Chapitre 20 - Détente

Après la défaite de Poulpoboss, le groupe d’aventuriers décida de s’accorder un repos bien mérité avant de reprendre la route vers le fragment de voix suivant. Ils étaient tous épuisés... complètement lessivés. Au début, Mario ne se laissa pas convaincre par cette idée. Mais après la proposition des Piantas, qui leur offrirent l’hébergement en guise de remerciement, et devant l’incapacité de la Luma à les propulser à travers l’espace tant elle était affaiblie, il avait finalement dû se rendre à l’évidence. Après tout, ce n’était qu’une seule nuit. Maintenant que le stress et la pression retombaient enfin, il réalisait à quel point ce répit lui avait désespérément manqué.

Mine de rien, leur dernier affrontement avait été particulièrement éprouvant, aussi bien physiquement que mentalement. Pour tout le monde. Il était temps de relâcher la pression, de reprendre des forces et de profiter de cette accalmie avant de repartir du bon pied. Mario ne pouvait s’empêcher de se demander comment la princesse Peach se débrouillait de son côté. Si sa mission était aussi mouvementée que la leur. Si elle pensait à lui autant qu’il pensait à elle. Depuis leur séparation, pas un jour ne s’était écoulé sans qu’elle traverse son esprit.

Elle lui manquait.

Le chef des Piantas leur offrit le gîte et le couvert, infiniment reconnaissant qu’ils aient apaisé la colère de leur protecteur et libéré l’île de l’emprise de la matière noire. Maintenant que tout était enfin rentré dans l’ordre, les touristes n’allaient sans doute plus tarder à revenir en nombre grâce à Mario et à ses amis. Grâce à leur bravoure, leur générosité et à leur volonté de protéger les autres. Fox McCloud bénéficia exactement du même traitement de faveur que le reste du groupe. Étant donné qu’il avait sacrifié une partie de ses vacances pour leur prêter main-forte au sommet du volcan, les Piantas décidèrent que tous ses futurs séjours sur l’île seraient désormais entièrement gratuits. La nouvelle fut accueillie par une salve d’applaudissements enthousiastes.

Les habitants le considéraient comme un véritable héros local. Il ferait bientôt la une des journaux ! Avec son célèbre Arwing, connu aux quatre coins de la galaxie, cette histoire risquait de faire grand bruit. À ce rythme-là, Fox allait finir avec une statue à son effigie sur la plage. Comme le renard revenait régulièrement passer ses vacances sur cette île, cette récompense leur paraissait parfaitement méritée. Un privilège qui, en revanche, n’enchanta pas du tout Bowser, lequel se sentait franchement lésé. Après tout, il avait lui aussi risqué sa vie ! Et puis quoi encore ? Eux aussi méritaient des vacances gratuites ! Même s’ils ne venaient pas ici tous les ans.

Luigi, Toad, Mario, la Luma et Yoshi restèrent un peu plus longtemps à profiter des festivités aux côtés de Fox et des Piantas, tandis que Solfège et sa famille décidèrent d’aller se promener au bord de la mer. Depuis leur retour, les habitants ne cessaient de célébrer dignement leur victoire, dansant au rythme d’une musique entraînante qui résonnait dans toute la ville. Les rues débordaient d’animation. Les éclats de rire se mêlaient aux mélodies festives alors que la joie illuminait tous les visages. Au centre de la place principale, une immense statue de Poulpoboss avait été érigée en son honneur, rappelant à chacun l’importance qu’il avait toujours eue pour les habitants de l’île. Même débarrassé de la corruption qui l’avait consumé, le gardien demeurait une figure profondément respectée.

De leur côté, les deux frères savouraient déjà leur huitième cocktail aux fruits, bavardant avec bonne humeur avec ces insulaires au cœur généreux. Fox discutait avec Toad de ses aventures passées, pendant que Yoshi et la Luma dansaient avec les Piantas, reproduisant à la perfection leur célèbre danse des vagues. À plusieurs reprises, les habitants tentèrent même d’entraîner Mario dans la danse, au grand désespoir du plombier, dont les talents de danseur restaient plus que discutables. Il n’y avait pas à dire, ils étaient accueillis comme des rois ici ! Une attention que Bowser appréciait tout particulièrement. Cela compensait presque l’amertume de ne pas avoir, lui aussi, droit à des vacances gratuites.

Un peu en retrait des festivités, Solfège marchait paisiblement dans le sable, Bowser installé sur son épaule droite, pendant que Junior courait au bord de l’eau en laissant derrière lui une multitude de petites empreintes. Au loin, les éclats de rire des Piantas se mêlaient encore à la musique entraînante qui flottait dans toute la ville. Après tout ce qu’ils venaient de traverser, ils avaient simplement besoin d’un instant de calme. Rien que tous les trois. Une parenthèse de paix. Solfège appréciait sincèrement la compagnie de leurs amis, mais elle ressentait aussi le besoin de partager quelques instants en tête-à-tête avec sa famille. De créer de nouveaux souvenirs malgré les épreuves qu’ils traversaient.

Des souvenirs heureux auxquels se raccrocher lorsque les choses deviendraient plus difficiles. Les bras croisés, la jeune femme suivait du regard Bowser Junior, qui courait un peu plus loin à l’affût des crabes et des coquillages, bien décidé à glâner de nouveaux trésors pour enrichir sa précieuse collection. Il lui avait confié son intention d’exposer toutes ses trouvailles dans sa chambre à leur retour. Chaque nouvelle découverte était accueillie avec le même émerveillement, comme s’il venait de mettre au jour une relique oubliée depuis des siècles. Cette simple pensée réchauffa le cœur de Solfège et de Bowser, qui ne l’avaient plus vu aussi insouciant depuis la chute du château... Le pauvre subissait cette épreuve autant qu’eux.

Et malgré tous les efforts qu’il faisait pour paraître fort, il restait encore un enfant confronté à des événements qui le dépassaient largement. Le petit Koopa sautait dans l’eau de mer pour provoquer de grandes éclaboussures autour de lui, riant aux éclats chaque fois que l’eau tiède venait lui mouiller les pattes. Il avait rarement l’occasion de découvrir ce genre de paysage. D’ordinaire, lui et son père ne partaient jamais en vacances… Car personne ne voulait les accueillir. À force de menacer les autres royaumes de les envahir, ils avaient fini par inspirer la crainte, au point que plus personne ne souhaitait les voir arriver.

Même les invitations aux grandes fêtes finissaient généralement par se perdre en chemin lorsqu’il était question du royaume Koopa. Avec un léger soupir, Junior se pencha pour ramasser un petit galet qu’il lança de toutes ses forces vers l’horizon. Il le regarda ricocher plusieurs fois à la surface de l’eau avant de disparaître sous les vagues, ce qui lui arracha un sourire satisfait. Il s’amusait comme un fou ! Au loin, le soleil disparaissait lentement derrière l’immensité de la mer cristalline, embrasant le ciel de magnifiques teintes crépusculaires. L’orange se fondait peu à peu dans le rose tandis que le doux murmure des vagues berçait l’atmosphère. Tout semblait si calme… si paisible…

Pour une fois, il n’y avait ni bataille, ni danger, ni château à reconstruire. Seulement le bruit de la mer et la présence rassurante de ses parents non loin de lui.

Junior laissa échapper un petit rire lorsqu’une vague vint chatouiller ses pattes. Surpris, il fit un bond en arrière avant de retomber lourdement dans le sable, qu’il dispersa d’un grand coup de pied. Derrière lui, Solfège esquissa un sourire attendri en contemplant son visage illuminé par la joie. Elle aurait voulu que cet instant dure toujours… Que jamais il ne s’achève. Que le temps se fige, ne serait-ce qu’un instant, afin d’en graver chaque seconde dans sa mémoire. Sur son épaule, Bowser ne disait rien, savourant lui aussi cette parenthèse de tranquillité. Les pieds ballants, son regard se perdait entre l’horizon flamboyant et les mouettes qui piaillaient dans le ciel bleu, parsemé de quelques nuages cotonneux. Étrangement, il se sentait apaisé…

Cet endroit avait un drôle d’effet sur lui. Lui qui, d’habitude, détestait rester sans rien faire, n’aspirait plus qu’à s’installer dans un transat pour contempler ce magnifique paysage pendant que son fils jouait dans le sable. Avec sa belle reine à ses côtés… main dans la main… un petit cocktail pour accompagner cet instant de bonheur, ce moment romantique. Et, pour une fois, sans aucun plombier moustachu pour venir gâcher l’ambiance. Oui, ça ressemblait presque à la définition parfaite des vacances. Si seulement il avait retrouvé sa taille normale ! Cette simple pensée suffit à raviver sa frustration. Bowser croisa aussitôt les bras sur son plastron jaune avec une moue boudeuse.

Difficile de se sentir majestueux lorsqu’on ne dépassait même pas la taille d’une noix de coco ! Il espérait sincèrement que son fils trouverait une solution à son problème, et rapidement, avant qu’il ne finisse par devenir complètement dingue. Il ne voulait pas passer le reste de sa vie dans un corps aussi minuscule ! Qu’en penserait Solfi ? Qu’en penseraient ses sujets ? Son royaume, s’il revenait dans cet état ? Peut-être que Kamek pourrait l’aider… Après tout, le magicien connaissait une quantité impressionnante de sorts. Au fil de ses pensées, l’agacement de Bowser ne cessa de grandir. Il avait tellement honte d’être aussi petit et insignifiant… En plus de se sentir terriblement vulnérable sous cette forme. Plus personne ne le prenait réellement au sérieux.

Mario se moquait de lui… Tout le monde se moquait de lui depuis qu’il avait été réduit à cette taille, condamné à suivre les autres au lieu d’être l’un des principaux acteurs de cette aventure. Même lorsqu’il avait de bonnes idées, elles étaient souvent accueillies avec des sourires amusés ou des regards indulgents. C’était lui qui aurait dû être le héros de Solfège ! Pas Mario. Ni Luigi. Ni qui que ce soit d’autre. Il voulait être son chevalier à l’armure étincelante, celui qui la protégerait de tous les dangers, celui vers qui son regard se tournerait naturellement lorsqu’elle aurait besoin d’aide… Celui dont elle serait fière.

Son admiration comptait plus que tout à ses yeux.

«Solfi ? Écoute-moi bien. Tant que je respirerai, personne ne vous fera de mal. Ni à toi. Ni à Junior. Je vous protégerai toujours ! Je sais que je suis pas parfait. Je suis même très loin de l'être ! Mais... depuis que t'es là, tout est différent. Toi et Junior êtes les plus belles choses qui me soient arrivées.» Commença prudemment Bowser en jouant nerveusement avec ses mains, les yeux baissés sur celles-ci. Il avait l’âme d’un grand romantique ce soir, et admettre qu’il n’était pas parfait lui demandait un effort considérable. Lorsque Solfège tourna vers lui un regard surpris, il poursuivit avec cette même voix débordante de tendresse.

«Tu es le soleil de mes nuits ! La braise de mon cœur ! Le plus beau trésor que l’univers ait jamais mis sur ma route ! Chacun de tes sourires me comble de bonheur… Je t’aime tellement que j’ai l’impression que mon cœur va exploser ! J’t’ai dans la peau ! T’épouser a été la meilleure décision de toute ma vie ! Si je pouvais revivre mille fois cette journée… je te demanderais mille fois de m’épouser !» Avoua-t-il d’une voix vibrante, les poings serrés contre son plastron sous les battements effrénés de son cœur.

À cet instant, plus rien d’autre n’existait autour de lui. Ni la plage. Ni les vagues. Ni même le reste de la galaxie. Son amour pour elle débordait tant qu’il écarta délicatement une mèche de ses cheveux rouges pour lui caresser la joue. Emporté par cet élan d’affection, Bowser se laissa guider par ses émotions pour déclarer sa flamme à son épouse, suspendue à chacune de ses paroles. Les mots sortaient de sa bouche sans retenue, portés par tout ce qu’il gardait habituellement enfoui derrière ses rugissements, son orgueil et ses airs de roi invincible.

«Je t’aime comme un fou !» S’égosilla-t-il avec un lyrisme presque théâtral, la tête renversée vers le ciel, la gueule grande ouverte. Comme si l’univers tout entier devait entendre sa déclaration.

Et il l’aimerait pour le restant de sa vie.

Solfège avait véritablement été une bénédiction pour eux, et il ne cesserait jamais de remercier le ciel de l’avoir trouvée sur cette petite planète perdue au milieu de l’espace… Même s’il lui avait fait vivre un véritable calvaire lors de leur première rencontre. Grâce à elle, il avait enfin compris ce que signifiait réellement le bonheur. Pendant des années, il s'était persuadé qu'il le trouverait en conquérant le Royaume Champignon, en épousant Peach ou en obtenant enfin tout ce qu'il convoitait. Pourtant, une fois seul dans son château, entouré de richesses et de soldats, ce vide revenait toujours inlassablement... Rien ne suffisait jamais. Chaque victoire finissait par perdre de sa saveur.

Chaque nouveau plan de conquête laissait derrière lui le même sentiment d'insatisfaction. Aimer et être aimé étaient deux cadeaux infiniment précieux. Pendant longtemps, il avait cru que l'amour consistait à posséder quelqu'un. Aujourd'hui, il comprenait enfin qu'il s'agissait surtout de partager sa vie avec une personne, de veiller sur elle, de la voir sourire et de trouver son propre bonheur dans le sien. Une leçon qu'aucune bataille, aucun trésor et aucun royaume n'auraient jamais pu lui enseigner. Il ne manquait jamais une occasion de lui dire qu'il l'aimait. Cependant, ce soir-là, ces quelques mots lui semblaient encore insuffisants. Aucun discours ne lui paraissait assez fort pour exprimer tout ce qu'il ressentait.

Car ce qu'il éprouvait pour elle dépassait de loin ce que les mots pouvaient raconter.

Solfège, elle, n'avait jamais cherché à faire de lui quelqu'un d'autre. Elle ne lui avait jamais demandé de devenir un héros, ni un prince charmant. Elle l'avait simplement regardé comme un Koopa capable de changer. Pour la première fois de sa vie, quelqu'un croyait sincèrement en lui. Elle lui avait offert bien plus qu'un foyer, elle lui avait offert une famille. Un avenir. Une raison de devenir meilleur chaque jour. Sans elle, il serait probablement resté le monstre que Peach voyait en lui... Une coquille vide. Un cœur de pierre. Un tyran uniquement guidé par sa soif de pouvoir.

Mais aujourd'hui, lorsqu'il regardait Junior courir sur cette plage et Solfège marcher à ses côtés, il comprenait enfin ce qu'il avait toujours recherché sans jamais réussir à le nommer. Ce n'était ni un royaume… ni une victoire. C'était ce sentiment d’appartenir, d’avoir enfin trouvé sa place dans ce monde aux côtés des bonnes personnes. La vie lui avait accordé une rédemption, une seconde chance qu'il s'était juré de ne jamais gâcher. Même s’il restait ce terrible Bowser que tout le monde redoutait tant, il avait désormais de nouveaux objectifs de vie, d’autres priorités que la quête du pouvoir. Il gardait cette même ambition au fond de lui, mais il ne rêvait plus de dominer les autres pour prouver sa puissance.

Il voulait bâtir un empire dont sa famille pourrait être fière.

«Je te promets qu’on va retrouver ta voix, même si je dois braver tous les dangers tout seul ! Je lèverai mon armée, je retournerai chaque planète de cette galaxie s’il le faut, et je détruirai celui qui t’a fait ça ! Je lui ferai regretter le jour de sa naissance en lui arrachant la peau des os !» S’emporta la tortue à épines en serrant les dents, les yeux rougis par la colère et les griffes sorties, comme s’il s’apprêtait à bondir sur son ennemi à la seconde même. Pendant un bref instant, le redoutable roi des Koopas refit surface. Celui que les royaumes craignaient. Celui dont les rugissements faisaient trembler des armées entières. Puis, aussi vite qu’elle avait éclaté, sa fureur retomba, laissant de nouveau place au calme. Son regard retrouva la douceur qu’il réservait à Solfège.

«Je refuse de te voir souffrir plus longtemps. Je ferai tout en mon pouvoir pour te rendre ce qu’on t’a volé. Pour que tu te sentes à nouveau toi-même, mon amour…» Promit Bowser avec une sincérité désarmante, le poing serré devant lui. Il était prêt à remuer ciel et terre pour rendre à sa bien-aimée la part d'elle-même qu'on lui avait arrachée.

Profondément touchée par ses paroles, les yeux de Solfège se remplirent de larmes, infiniment reconnaissante d’avoir un mari aussi dévoué… Aussi profondément amoureux. Délogeant doucement Bowser de son épaule, elle le prit délicatement entre ses mains. Elle déposa un tendre baiser sur son museau avant de le serrer fermement contre sa poitrine, où son cœur battait la chamade. Les yeux clos, des larmes roulèrent le long de ses joues tandis qu’un sourire ému adoucissait ses traits. À ce moment précis, elle n’avait besoin de rien d’autre.

Ni de mots. Ni de promesses supplémentaires. Plaqué contre elle, Bowser sentait les battements précipités de son cœur résonner jusque dans son propre plastron. Les bras écartés, il s’efforçait de la serrer contre lui du mieux qu’il le pouvait malgré sa petite taille. Encore une fois, il regretta amèrement de ne pas avoir retrouvé sa véritable apparence. Il l’aurait enfouie dans ses bras puissants, aurait plongé son museau dans ses longs cheveux rouges pour respirer ce parfum qu’il aimait tant. Une odeur qui évoquait à ses yeux la douceur, la sécurité… et tout ce qu'il aimait dans cette nouvelle vie.

Solfège, elle, brûlait d’envie de lui dire ô combien elle l’aimait.

De le remercier pour son soutien indéfectible, pour toutes les promesses qu’il venait de lui faire et pour cette force qu’il trouvait toujours afin de la rassurer. Tant de mots se bousculaient dans son esprit, mais aucun ne pouvait malheureusement franchir ses lèvres. Elle se retrouvait condamnée à ce silence qui lui déchirait le cœur... Elle qui avait toujours exprimé ses émotions par sa voix se retrouvait désormais prisonnière d’un mutisme qu’elle n’avait jamais choisi. Le destin semblait s’acharner sur eux. Lui était prisonnier d’un corps minuscule. Elle, privée de sa voix. Deux épreuves différentes, mais tout aussi cruelles.

Pourtant, malgré ces blessures qu’ils portaient chacun à leur manière, leur amour demeurait intact. Plus fort, peut-être, qu’il ne l’avait jamais été. Même dans l’adversité, ils restaient plus soudés que jamais, une force qu’elle découvrait pour la première fois. Un sentiment nouveau réchauffa sa poitrine, celui de n’avoir plus jamais à affronter les épreuves seule. Quelles qu’elles soient, Bowser serait toujours là pour la relever lorsqu’elle tomberait. Et elle ferait exactement la même chose pour lui. Ensemble, ils étaient capables de surmonter n’importe quelle tempête. Tant qu’ils resteraient côte à côte, aucun obstacle ne lui semblait insurmontable.

«Aïe !» S’écria soudainement Bowser Junior, brisant cet instant romantique.

Les yeux de Solfège se relevèrent immédiatement vers le jeune Koopa, assis dans le sable à quelques mètres d’eux, au bord de l’eau. Il se tenait la jambe, le pied levé. Un bébé Zarbipas se balançait au bout de sa griffe, sa pince obstinément refermée sur l’un de ses orteils. Depuis tout à l’heure, il leur courait après dans l’espoir d’en attraper un. Alors, inévitablement, l’un d’eux avait fini par riposter. Sans perdre une seconde, la jeune femme reposa Bowser sur son épaule avant de se précipiter vers son fils en pleurs. Son instinct maternel avait déjà pris le dessus, son cœur se serrant douloureusement en entendant ses cris de douleur.

Elle ne supportait pas de le voir souffrir, que ce soit physiquement ou moralement ! Chacun de ses sanglots lui déchirait le cœur... Retenant les pans de sa robe pour ne pas trébucher, elle accourut jusqu’à lui puis s’agenouilla dans le sable, sans se soucier de salir son vêtement. Après tout, ce n’était qu’une robe. La santé de Junior passait avant tout. Installé sur son épaule, Bowser grimaça avec compassion, les mains posées sur le sommet de son crâne en voyant le petit crustacé solidement agrippé à l’orteil du jeune Koopa. Même lui dut reconnaître que ce crabe avait une sacrée ténacité.

«Tiens bon, Junior ! T’en fais pas, ça va aller !» Tenta-t-il de le rassurer en sautillant nerveusement sur place, imaginant la douleur que devait ressentir son fils. Impuissant, Bowser aurait donné n’importe quoi pour pouvoir lui venir en aide.

Avec toute l'attention d'une mère inquiète, Solfège prit le pied de Bowser Jr. entre ses mains avant d’examiner attentivement sa petite blessure sous tous les angles. Elle referma ensuite précautionneusement ses doigts autour du minuscule crabe rouge qui, les sourcils froncés, semblait fort contrarié qu’on vienne interrompre sa promenade du soir. D’un geste minutieux, elle écarta sa pince de l’orteil endolori avant de reposer le crustacé sur le sable pour qu’il puisse reprendre son chemin. Le petit Zarbipas hésita un instant, ses petites pinces s’agitant dans tous les sens, avant de reprendre sa route en crissant sur le sable humide. Une fois l’importun éloigné, elle souleva à nouveau le pied de Junior.

Puis elle souffla longuement sur sa peau rougie, fidèle à cette habitude qu’elle avait prise pour apaiser chacun de ses bobos. Peu à peu, ses pleurs s’estompèrent pour laisser place à de simples reniflements. D’un revers de manche, le jeune Koopa essuya son museau avant de relever ses petits yeux noirs encore humides vers sa mama, réconforté par toute la tendresse avec laquelle elle prenait soin de lui. Ses épais sourcils rouges se haussèrent légèrement lorsqu’elle lui adressa ce sourire si chaleureux, celui qui avait le don de faire fondre tous les cœurs. Il n’avait même pas senti l’instant où elle l’avait débarrassé du crustacé ! Tout s’était déroulé si rapidement qu’il en resta presque bouche bée.

Pour quelqu’un qui affrontait des monstres géants et traversait la galaxie, sa mama était parfois encore plus impressionnante.

«C’est bien mon bonhomme…» Souffla Bowser après être descendu de son perchoir pour poser sa minuscule main sur celle de son fils, un sourire soulagé aux lèvres.

Bowser Jr. était heureux d’avoir ses deux parents à ses côtés chaque fois qu’il en avait besoin. Grâce à leur présence, il se sentait en sécurité, entouré d’amour. Retrouvant bien vite son tempérament espiègle, la petite tortue bondit sur ses pattes avant de reprendre sa course dans le sable, en prenant cette fois grand soin d’éviter les crabes. Il n’avait aucune envie qu’une armée entière de crustacés vienne venger leur camarade ! Un seul lui avait déjà largement suffi. En quelques minutes, il parvint à ramasser une dizaine de coquillages de toutes les tailles et de toutes les couleurs, réfléchissant déjà à ce qu’il pourrait en faire une fois de retour dans sa chambre.

Plus tard, le soleil disparut derrière l’horizon, embrasant une dernière fois la surface de la mer de reflets orangés. Bowser Junior et Solfège regagnèrent alors les cabanons de paille reliés entre eux par de petites passerelles afin de se préparer pour la nuit. Bowser, quant à lui, décida de prolonger encore un peu sa promenade en solitaire. Tous étaient épuisés... Ces dernières heures avaient été particulièrement éprouvantes. Voyant son fils lutter contre le sommeil depuis un moment déjà, Solfège ne tarda pas à l’installer dans le hamac suspendu le plus près du sol. Recroquevillé sur lui-même, Junior se laissa border par sa mama, qui se pencha ensuite vers lui pour lui offrir son bisou du soir.

«Je t’aime, mama.» Murmura-t-il sans se retourner, un léger sourire étirant les commissures de son museau lorsqu’il sentit les lèvres tièdes de la jeune femme se poser contre sa joue en réponse.

Dorénavant seule, Solfège en profita pour prendre une bonne douche chaude dans la petite salle de bain attenante, dont la décoration respirait tout le charme de l’Île Delfino. Les murs en bambou tressé étaient agrémentés de quelques coquillages, d’étoiles de mer et de guirlandes de fleurs tropicales soigneusement séchées. Une lanterne suspendue au plafond diffusait une lumière dorée qui enveloppait la pièce d’une atmosphère douce et reposante, tandis que plusieurs serviettes aux couleurs vives étaient soigneusement pliées sur une petite étagère en bois flotté.

À travers les persiennes entrouvertes, la brise marine s’infiltrait délicatement, portant avec elle le parfum salin de l’océan mêlé à celui des fleurs exotiques qui poussaient tout autour des cabanons. Le clapotis régulier des vagues achevait de rendre l’endroit incroyablement paisible, si bien qu’on s’y sentait presque comme chez soi. Il y avait définitivement un véritable esprit de vacances ici. Elle se lava les cheveux avec un shampoing aux fleurs de monoï fabriqué par les Piantas, dont le parfum était absolument exquis. La mousse parfumée glissa le long de ses épaules alors que la chaleur de l’eau dénouait peu à peu les tensions accumulées dans son corps. Ne voulant cependant pas laisser Junior seul trop longtemps, elle termina rapidement sa toilette avant de rejoindre le salon.

Dans la pièce adjacente, trois hamacs de toile étaient suspendus entre les solides poutres en bambou, se balançant doucement au gré de la brise qui s’engouffrait par les fenêtres ouvertes. Au centre de la pièce se trouvait une petite table ronde en bois verni, entourée de trois chaises en rotin tressé. Un tapis en fibres naturelles recouvrait une partie du plancher. Au mur était accroché un tableau représentant les eaux cristallines de l’Île Delfino baignées par un soleil éclatant, entouré de quelques décorations façonnées à partir de coquillages et de bois flotté. Une seconde lanterne projetait une lumière chaleureuse qui faisait danser de longues ombres sur les murs, renforçant encore le caractère accueillant des lieux.

Solfège s’y sentait vraiment bien. L’atmosphère qui régnait dans ce petit cabanon était si apaisante que le simple fait d’entendre les vagues et de respirer l’air marin suffisait à lui faire oublier, l’espace d’un instant, toutes les épreuves qu’ils avaient traversées. Les habitants de l’île étaient incroyablement chaleureux et faisaient tout pour que leurs visiteurs s’y sentent les bienvenus. Pour être honnête, elle n’avait pas particulièrement envie de quitter cette île. Une partie d’elle aurait volontiers prolongé ce séjour de quelques jours supplémentaires. Mais malheureusement, elle n’avait pas le choix si elle voulait retrouver sa voix et découvrir l’identité de celui qui avait affaibli les Lumas...

Elles comptaient sur eux.

Dans les paillotes voisines, reliées à celle de la famille Koopa par de petites passerelles en bois, Yoshi et Toad s’étaient installés sur la droite. Mario, Luigi et la Luma occupaient quant à eux celle de gauche. Cette dernière avait insisté pour dormir auprès des deux frères, héros des histoires que sa maman lui racontait avec ses sœurs avant de s’endormir. Elle les admirait énormément. À ses yeux, c’étaient les humains les plus courageux de tout l’univers ! Déjà profondément endormie, à l’instar de Bowser Junior, la petite étoile rêvait paisiblement. Les deux frères, eux, ne parvenaient pas encore à trouver le sommeil.

Debout côte à côte, les coudes appuyés contre la rambarde du porche, ils contemplaient le paysage à couper le souffle qui s’étendait devant eux. Ils se demandaient de quoi serait fait le lendemain... et quelles nouvelles aventures les attendaient. Mario et Luigi avaient laissé leurs célèbres casquettes sur la table à l’intérieur afin de profiter pleinement de la douce brise nocturne qui faisait danser leurs cheveux bruns. Ils discutaient tranquillement de tout et de rien, savourant simplement le plaisir d’être ensemble. Un de ces rares moments de paix dont ils avaient tant besoin.

«Tu crois qu’il reste encore beaucoup de fragments à retrouver ?» Demanda subitement Luigi, le menton posé dans la paume de sa main, changeant de sujet de conversation.

«Je n’en sais rien… Va savoir combien l’Ombre en a dispersés ! L’univers est si grand. Quand on regarde toutes ces étoiles, nos problèmes paraissent minuscules…» Répondit Mario en désignant d’un large geste le ciel étoilé, où quelques étoiles filantes traversaient parfois l’obscurité. Les températures étaient si douces et l’ambiance si paisible qu’il aurait volontiers passé toute la soirée installé dans la chaise à bascule du porche. À simplement contempler les étoiles.

«J’arrête pas de me demander ce qui nous attend ensuite… Où cette mission va encore nous mener…» Soupira Luigi, le regard glissant vers les cabanons voisins. En tendant l’oreille, il pouvait même distinguer les légers ronflements de Toad et de Yoshi, tous deux déjà profondément endormis. Son frère esquissa un sourire en coin.

«On a affronté une tempête, survécu à un crash, combattu une Plante Piranha géante affamée, un poulpe qui vivait dans la lave… Qu’est-ce qui pourrait bien nous arriver de pire ?» Mario haussa les épaules avec un léger rire, se remémorant chacune des épreuves qu’ils avaient traversées depuis le début de leur aventure. Il reprit sur un ton plus léger ; «Franchement, à ce stade, plus grand-chose ne devrait pouvoir nous surprendre. Avec notre chance, on va sûrement finir poursuivis par un fantôme géant ou un dragon venu de l’espace !»

«Ne dis pas ça…» Gémit aussitôt Luigi.

«Je plaisante.» Rit Mario en levant une main apaisante vers son frère. Luigi secoua la tête avec une grimace avant de reprendre la parole.

«On devrait revenir ici en vacances avec la princesse. Ça nous ferait du bien après tout ça ! On pourrait même revenir tous ensemble. T’en penses quoi ?» Proposa-t-il ensuite en se redressant pour regarder son frère, complètement séduit par l’idée de partager un nouveau séjour avec tous leurs amis. Toutefois, le sourire de Mario s’effaça peu à peu. Il passa une main derrière sa nuque, visiblement embarrassé.

«Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée…» Répliqua-t-il en secouant doucement la tête.

«Pourquoi pas ? Je trouve qu’on s’entend tous vraiment bien ! On forme une sacrée équipe !» Insista Luigi en hochant vivement la tête. Puis il se redressa à son tour pour croiser les bras sur la rambarde en rotin.

«Parce que je ne lui fais toujours pas confiance. Ça reste Bowser ! Le même Bowser qui a essayé de nous faire la peau ! Tu te souviens ?» Mario désigna discrètement le cabanon voisin où la famille royale avait élu domicile. Les sourcils froncés, il croisa les bras d’un air sceptique. Partir en vacances avec Bowser ? Il ne manquerait plus que ça ! C’était aussi absurde que risqué, si on lui demandait son avis. Il avait toujours du mal à s’entendre avec le roi des Koopas et, contrairement à Luigi, il n’oubliait pas aussi facilement tout ce qu’il leur avait fait subir, ni les nombreuses menaces qu’il avait proférées à leur encontre. Sans compter que Peach ne lui faisait pas davantage confiance... Certes, Bowser avait changé sur certains points. Mario ne pouvait pas le nier. Mais il lui arrivait encore de revoir le tyran qu'il avait affronté par le passé.

Et cette image refusait obstinément de disparaître.

«Je sais… Mais reconnais au moins qu’il fait des efforts ! Il n’est plus vraiment cette grosse brute depuis que Solfège est entrée dans sa vie. Tu l’as bien vu, il a changé. Et puis… Franchement, je le trouve même plutôt sympa, maintenant.» Admit Luigi d’un hochement de tête, surpris par la méfiance persistante de son frère. Il comprenait ses réticences. Lui-même en avait eu au début. Après tout, personne n’avait plus de raisons que lui de se méfier de Bowser. Cependant, il fallait bien reconnaître que la tortue n’était plus la même qu’il y a quelques mois. Face au silence incertain de Mario, il reprit doucement la parole avec un sourire qu’il espérait rassurant.

«Je ne dis pas qu'il faut oublier tout ce qu'il nous a fait. Ni de tout lui pardonner ! Mais je crois qu'il mérite au moins qu'on lui laisse une chance.» Acquiesça-t-il en posant une main réconfortante sur l’épaule de son frère. Le silence retomba quelques instants entre eux, bercé uniquement par le murmure des vagues et le bruissement des palmiers agités par la brise nocturne. Pensif, Mario garda les yeux rivés sur l’horizon avant de tourner la tête vers son frère. En croisant son regard bienveillant, il sentit peu à peu sa méfiance s’atténuer. Luigi avait toujours eu ce don de voir le meilleur chez les autres. Parfois, Mario enviait cette capacité à accorder sa confiance aussi facilement. Un petit sourire finit par étirer les coins de ses lèvres, reconnaissant d’avoir un frère tel que lui.

Le monde serait sans doute bien plus triste sans son optimisme.

«Tant qu’on reste ensemble…» Commença Mario en levant le poing.

«Rien ne peut nous arriver.» Termina Luigi en lui rendant son sourire complice avant de venir cogner son poing contre le sien.

«Tonton ? J’ai fait un cauchemar…» S’éleva soudain une petite voix tremblante derrière eux. Sur le pas de la porte, la petite Luma jaune se frottait un œil du bout de son minuscule bras tout en reniflant tristement après avoir rêvé que le grand méchant poulpe la dévorait toute crue. Elle leva ses petits yeux noirs vers les deux frères qu’elle considérait comme ses oncles, les suppliant du regard de la réconforter.

«C’est pour moi !» Lança Luigi en se donnant un petit élan d’un coup de poing enthousiaste.

Il disparut à l’intérieur de la cabane sur pilotis pour raccompagner la Luma jusqu’à son hamac, lui demandant au passage quel genre d’histoires elle aimerait entendre. Sans surprise, elle réclama un récit sur leurs aventures dans le Royaume Champignon. À cette réponse, Mario esquissa un petit sourire avant de baisser les yeux vers ses mains posées sur la balustrade. Ayant laissé ses gants sur la table afin de profiter pleinement de la fraîcheur de la brise nocturne, il fit pensivement glisser son pouce contre la paume de son autre main. Les paroles de Luigi continuaient de résonner dans son esprit. Et s’il lui laissait une chance ? Et si son hostilité envers eux s’était vraiment estompée ?

Après tout, cela faisait des mois que Bowser ne les avait plus attaqués, ni même cherché à leur nuire, à Peach ou à eux. Peut-être que Luigi n’avait pas complètement tort. Peut-être que certaines personnes pouvaient réellement changer. Laissant échapper un soupir discret, Mario tourna la tête vers sa gauche lorsqu’il aperçut la silhouette de Solfège apparaître sur le porche du cabanon voisin, occupée à sécher ses longs cheveux rouges avec une serviette. La jeune femme ne remarqua pas immédiatement sa présence. Lorsqu’elle posa enfin les yeux sur lui, elle lui adressa un sourire accompagné d’un petit signe de la main. Un sourire sincère. Un geste auquel le plombier répondit aussitôt avec la même chaleur.

Tout comme lui, elle souhaitait profiter de ce moment de tranquillité pour admirer les étoiles. La nuit était particulièrement belle. Accoudée à la rambarde, jouant distraitement avec son alliance, elle observait les vagues qui scintillaient sous la douce lumière de la lune. Au-dessus d’elle, une lanterne diffusait une lueur suffisamment vive pour éclairer les alentours sans rompre le charme de cette paisible nuit. La légère brise soulevait ses longs cheveux ondulés, effleurant ses joues de son souffle tiède. Tout était si calme… si relaxant. On peinait presque à croire que, quelques heures plus tôt, ils affrontaient encore un monstre au cœur d’un volcan.

L’Île Delfino semblait avoir le pouvoir de faire oublier tous les soucis du monde. Elle demeura ainsi de longues minutes lorsqu’une petite silhouette attira finalement son attention. Une tortue qu’elle connaissait bien s’approchait lentement des petites huttes tropicales en marmonnant des paroles incompréhensibles, les bras chargés de quelque chose qu’elle ne parvenait pas encore à distinguer. Ses pattes s’enfonçaient dans le sable à chacun de ses pas tandis que Bowser avançait tant bien que mal, le souffle court. Sa petite taille ne lui facilitait décidément pas la tâche. À plusieurs reprises, elle le vit réajuster sa prise sur son précieux butin pour ne rien laisser tomber. Bougonnant entre ses dents, il passa une main dans sa chevelure flamboyante avant de gravir les quelques marches menant aux passerelles en bois.

Ce ne fut qu’une fois arrivé à sa hauteur que Solfège comprit enfin ce qu’il transportait. Il s’agissait d’un immense bouquet de fleurs sauvages, presque aussi grand que lui. Le minuscule Koopa peinait à le porter jusqu’à sa dulcinée, avançant tant bien que mal sous son imposant chargement. Les yeux écarquillés, la jeune femme haussa les sourcils lorsqu’il s’arrêta à ses pieds pour lui tendre son magnifique présent. Des fleurs rouges, bleues, jaunes et blanches... Une explosion de couleurs rappelant toute la beauté exotique de l’Île Delfino. Bowser savait à quel point son épouse les adorait.

Il avait passé la dernière heure à parcourir les environs pour en cueillir autant que ses petites mains le lui permettaient afin de lui faire cette surprise. Dans son état actuel, un tel exploit relevait presque de l’impossible. Les joues délicatement empourprées sous les yeux de sa bien-aimée, le roi des Koopas tressaillit lorsqu’elle le souleva avec la plus grande délicatesse avant de rapprocher le bouquet de son visage pour en respirer le parfum. Ses yeux se mirent à briller de bonheur. Un sourire attendri fleurit sur les lèvres de la jeune femme, touchée en plein cœur par cette délicate attention.

Puis tous deux s’installèrent côte à côte sur la balustrade, contemplant en silence la beauté nocturne du paysage.

Merci beaucoup pour votre lecture ! Un moment de calme, avant de retourner au cœur de la tempête. Ils en avaient tous besoin.

À suivre…

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