Les fragments d'une voix

Chapitre 11 : Silence

6937 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 07/07/2026 20:34

Chapitre 11 – Silence

Ils avaient trouvé quelque chose d’intéressant.

Au plus profond de leur forêt calcinée, ils avaient finalement retrouvé le responsable de tout ce désastre. C’était lui qui était à l’origine des coulées de lave ayant ravagé une partie de leur village… ainsi que des immenses rochers tombés du ciel qui avaient dévasté leurs terres. Et il allait amèrement le regretter. Perdues au cœur d’un bois noirci par les flammes, de petites silhouettes masquées, vêtues de longues tuniques rouges, progressaient en rangs serrés pour ne pas s’égarer entre les troncs carbonisés et les volutes de fumée qui flottaient encore entre les branches. Une épaisse odeur de cendre imprégnait l’air, mêlée à celle du bois encore brûlant.

Leurs pas étouffés résonnaient à l’unisson dans le silence pesant des lieux, tandis que les étranges masques blancs dissimulant leurs visages leur conféraient une apparence presque surnaturelle au milieu de cette désolation. Derrière eux, une silhouette qui ne ressemblait à aucune des leurs était traînée sans le moindre ménagement à travers les cendres du sous-bois. Une épaisse corde enserrait fermement ses poignets, rendant toute tentative de fuite impossible. Chaque fois qu’il trébuchait, ses ravisseurs le relevaient aussitôt sans ralentir leur marche. Malgré quelques résistances destinées à ralentir leur progression, le prisonnier demeurait relativement coopératif.

Les petites créatures échangeaient entre elles une succession de sons rapides et nasillards, impossibles à comprendre. Un dialecte propre à leur peuple… Sans doute façonné au fil des générations par leur isolement au cœur de cette forêt reculée. Peu à peu, les arbres noircis laissèrent place à d'immenses troncs, plus épais encore, dressés tels de gigantesques piliers naturels autour de l'entrée du village. Quelques ponts de bois reliaient leurs cimes, formant un réseau de surveillance dominant toute la canopée. Là, plusieurs gardes montaient la garde derrière de hautes palissades de bois hérissées de pieux acérés.

Tous arboraient les mêmes masques blancs percés de trois ouvertures au niveau des yeux et de la bouche, leur conférant une expression aussi inquiétante qu'impassible. Les longues lances fermement serrées entre les mains, les sentinelles vêtues de tuniques bleues posèrent un regard méfiant sur l'étrangère qui avançait derrière les éclaireurs. L'une d'elles abaissa légèrement sa lance, prête à intervenir au moindre geste suspect. Ceux-ci revenaient de leur expédition nocturne, lancée après l'étrange pluie de lave qui s'était abattue sur la forêt quelques heures plus tôt. Les dégâts causés par cette catastrophe étaient considérables.

Une partie du village avait été ravagée par les flammes, la plupart des habitations étant construites en paille et en bois léger. Plusieurs ponts suspendus reliant les différentes plateformes avaient également été pulvérisés par les gigantesques rochers tombés du ciel. Sans ralentir, le groupe franchit finalement les barricades avant de s'enfoncer au cœur du hameau, protégé par d'imposantes fortifications de bois ornées de fresques tribales peintes en rouge et en jaune. Tout autour d'eux, de hautes plateformes avaient été aménagées entre les immenses arbres noircis. Elles étaient reliées par un enchevêtrement de cordes, d'échelles et de passerelles suspendues qui grinçaient sous le souffle du vent matinal.

À plusieurs endroits, des pans entiers de ces installations s'étaient effondrés, laissant béantes de dangereuses brèches entre les arbres. De nombreuses huttes aux toits de paille fumaient toujours après l'incendie, répandant une forte odeur de bois calciné dans les environs. Derrière leurs masques blancs, les habitants observaient en silence l'étrangère que les éclaireurs ramenaient avec eux. Certains transportaient des seaux d'eau de fortune, tandis que d'autres s'acharnaient à éteindre les derniers foyers qui couvaient parmi les décombres. Autrement dit, il ne restait plus grand-chose…

«Keh-Keh !» S’irrita le Maskass qui tenait la corde de la prisonnière avant de tirer sèchement dessus pour contraindre la jeune femme aux cheveux de lave à reprendre sa marche. Trop absorbée par l'étrange village qui s'étendait autour d'elle, Solfège s'était immobilisée quelques instants pour observer les lieux.

La fumée des feux de camp dérivait lentement entre les grands arbres noueux du village Maskass, enveloppant les passerelles suspendues et les huttes au toit de chaume d'un léger voile grisâtre. Solfège n'avait encore jamais mis les pieds dans un endroit pareil. À vrai dire, elle ignorait jusqu'à l'existence même de ce village dissimulé au cœur de la forêt. Elle ne s'était jamais réellement demandé d'où venaient les Maskass… Mais maintenant qu'elle découvrait enfin leur territoire, elle réalisait à quel point ce peuple était aussi fascinant que mystérieux. Partout, de petits totems sculptés veillaient silencieusement sur les habitations.

Des masques peints étaient suspendus aux poteaux et aux troncs. Sous la lueur vacillante des torches, leurs ombres dansaient sur l'écorce, donnant l'impression que leurs visages s'animaient au gré du vent. Solfège ne put retenir une légère grimace en croisant certaines de ces expressions figées. Au loin, le grondement sourd de tambours montait entre les arbres, pendant que des silhouettes encapuchonnées, vêtues de tuniques aux couleurs variées, l'observaient discrètement derrière leurs célèbres masques blancs. Assis autour des feux, accoudés aux fenêtres ou immobiles sur les passerelles, tous gardaient les yeux rivés sur l'humaine, l'examinant dans un silence pesant. Aucun ne prononçait un mot.

Solfège ne comprenait toujours pas pourquoi ils la traitaient comme une criminelle… ni même ce qu’elle avait fait de mal, si ce n’était tomber accidentellement dans l’un de leurs immenses filets suspendus entre les arbres. Ces pièges semblaient destinés à capturer les créatures volantes et se refermaient brutalement dès qu’une proie se prenait dans leurs mailles. Les cordes épaisses qui les maintenaient étaient presque invisibles depuis le sol, dissimulées au milieu du feuillage. Et sans ce filet, l’issue aurait été plus dramatique… Après avoir chuté du château volant de Bowser, perdu bien au-dessus des nuages noirs, il avait miraculeusement amorti sa descente avant qu’elle ne s’écrase au cœur de la forêt.

Elle ne s’en sortait finalement qu’avec quelques égratignures superficielles au visage et des courbatures qui tiraillaient encore chacun de ses muscles. Même sa robe n’avait pas été épargnée : le tissu recouvrant son épaule s’était déchiré en heurtant plusieurs branches. Chaque mouvement lui rappelait la violence de sa chute. Mais tout cela n’avait désormais plus guère d’importance. Elle était vivante. Et, pour l’instant, c’était tout ce qui comptait. Elle avait eu une chance incroyable… Peut-être même trop incroyable pour n’être qu’un simple hasard.

Était-ce un signe du destin ?

Solfège n'en était pas certaine alors qu'elle suivait ses mystérieux ravisseurs, bien plus petits qu'elle, vers une immense plateforme surplombant le village au sommet d'un long escalier de bois. Les tambours résonnaient avec une intensité grandissante, leur cadence s'accélérant peu à peu… comme l'annonce d'un funeste présage. Un frisson parcourut la jeune femme. Cette soudaine montée en puissance lui rappelait dangereusement certaines cérémonies anciennes du Royaume Koopa. Pendant un instant, une pensée fugace lui traversa l'esprit. Et s'ils comptaient la sacrifier ?

Après tout, Bowser lui-même n'avait autrefois montré aucune pitié envers certains prisonniers de guerre. Mais lorsqu'elle atteignit enfin le sommet de la plateforme, toute l'appréhension qui l'habitait s'évanouit brusquement. Face à elle se dressaient trois grandes cages de bois renforcées d'épaisses cordes et de barreaux grossièrement taillés. Une prison. Rien de plus qu'une prison… À cet instant, cet enfermement lui parut presque préférable au sort qu'elle avait imaginé. Un discret soupir de soulagement lui échappa, même si une sourde inquiétude continuait de lui étreindre la poitrine. Au moins, cela signifiait qu'ils avaient encore besoin d'elle vivante…

Cependant, elle eut à peine le temps de reprendre ses esprits que l'un des Maskass la poussa violemment vers l'avant. Surprise par la rudesse du geste, Solfège vacilla avant de heurter durement les barreaux dans une grimace de douleur. Quelques secondes plus tard, la porte de la cage centrale se referma dans un lourd claquement, l'enfermant sans le moindre ménagement. Tout autour de la plateforme, deux autres cages se dressaient… toutes les deux vides. Elle était la seule prisonnière. Les sentinelles reprirent leur poste, comme si son sort ne les concernait déjà plus. Un amer sentiment de déjà-vu lui serra la poitrine.

Encore une fois, elle se retrouvait derrière des barreaux… L'ironie de la situation ne lui échappa pas. Lentement, Solfège se laissa glisser contre la paroi de bois jusqu'à s'asseoir sur le sol de sa cellule exiguë. Le calme qui régnait autour d'elle contrastait cruellement avec le chaos qu'elle avait laissé derrière elle quelques heures plus tôt. Par réflexe, sa main remonta jusqu'au sommet de son crâne pour y chercher sa couronne… avant qu'elle ne réalise qu'elle n'était plus là. Ses yeux s'écarquillèrent et son cœur se serra. Et si les Maskass ignoraient totalement qui elle était ? Peut-être ne s'étaient-ils même pas rendu compte qu'ils venaient de capturer la reine du Pays-Noir.

Après tout, ces créatures avaient toujours eu la réputation d’être plutôt simples et sauvages. Il n’aurait donc rien eu d’étonnant à ce qu’elles ne l’aient pas reconnue… Ce qui expliquerait l’hostilité dont elles faisaient preuve à son égard depuis son arrivée.

Assise au fond de sa cellule, Solfège se mit instinctivement à faire tourner son alliance noire autour de son doigt, exactement comme elle le faisait chaque fois que l’anxiété menaçait de prendre le dessus. Ce simple bijou était devenu son véritable point d’ancrage dans les moments les plus difficiles. Le contact froid du métal lui apportait d’ordinaire un semblant de réconfort. Mais cette fois, cela ne suffisait plus à apaiser le flot de pensées qui l’assaillait. Elle s’inquiétait terriblement pour Bowser, Junior, Kamek, Koopa Cuistot, Charlie, Marwyn et tout le reste du royaume.

Le château volant avait-il réussi à atterrir ? S’était-il écrasé quelque part dans le Pays-Noir ? Y avait-il eu des victimes ? Les questions se bousculaient sans relâche tandis qu’elle observait avec anxiété les Maskass effectuer leurs rondes devant sa cellule. À chaque halte, leurs lances heurtaient le plancher dans un bruit sec qui résonnait à travers toute la plateforme. Ce martèlement régulier finissait par lui donner l’impression d’un compte à rebours. D’un geste hésitant, Solfège agrippa les barreaux pour se hisser sur les genoux. Elle ouvrit la bouche dans l’espoir de leur adresser la parole… Rien. Comme lors de sa capture, aucun son ne franchit ses lèvres.

Sa voix… n’était tout simplement plus là.

Horrifiée, Solfège se laissa lourdement retomber contre les barreaux, les yeux écarquillés par l’effroi. Aucun son. Absolument rien. Sa voix avait disparu. La créature surgie des ombres lui avait arraché ce qu’elle avait de plus précieux. Même sa respiration lui paraissait désormais étrangement silencieuse. Alors, tout s’imbriqua dans son esprit. C’était pour cela que cette chose était venue jusqu’au château. C’était elle qu’elle cherchait depuis le début. Toutes ces attaques… Toute cette destruction… Tout ce chaos n’avaient eu qu’un seul but : s’emparer de sa voix. Elle n’avait jamais été qu’une cible.

Et si elle avait coopéré plus tôt… peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé. Une violente vague de culpabilité lui écrasa la poitrine. Les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu’un sanglot muet se brisa au fond d’elle-même. Tremblante, Solfège enfouit son visage entre ses mains, incapable de retenir plus longtemps le chagrin qui la submergeait. Junior… Bowser… La seule idée qu’ils aient pu être blessés… ou pire encore… lui était insupportable. Au fond de sa cellule, elle priait désespérément pour qu’ils soient sains et saufs. Pour que les habitants de la forteresse aient tous survécu à cette catastrophe sans précédent.

C’était de sa faute…

«Wew !» Lança soudainement l’un des gardes Maskass en tapant le bout de sa lance contre les barreaux de la cage pour attirer l’attention de la prisonnière et vérifier qu’elle allait bien.

Arrachée à ses réflexions, Solfège releva lentement son regard embué de larmes vers le petit être vêtu de jaune. Derrière son étrange masque blanc, celui-ci l’observa quelques instants avec curiosité avant de reprendre tranquillement sa ronde autour de la plateforme. À sa grande surprise, il ne manifestait aucune hostilité particulière. Mais elle était à présent coincée ici… Privée de toute possibilité de négocier sa liberté ou même de révéler sa véritable identité. Aux yeux des Maskass, elle devait très certainement être responsable de la catastrophe qui avait embrasé le ciel et ravagé une partie de leur village.

Si seulement ils connaissaient ce qui s’était réellement passé… Si seulement ils avaient la moindre idée de ce qui était arrivé. Cette pensée lui serra douloureusement le cœur. Abattue, Solfège baissa la tête alors que les larmes continuaient de rouler le long de ses joues avant de venir imbiber le tissu de sa robe rouge. Chaque seconde passée derrière ces barreaux lui donnait l’impression de s’éloigner un peu plus de ceux qu’elle aimait. Qu’était-elle censée faire, maintenant… ? Pourtant, s’apitoyer sur son sort ne l’aiderait pas à sortir d’ici. Elle devait retrouver les autres. Elle devait leur venir en aide ! Pour eux, elle refusait de baisser les bras.

Animée par une toute nouvelle détermination, Solfège se redressa dans sa cellule avant d’ouvrir la bouche, nourrissant l’espoir presque désespéré que sa voix lui revienne miraculeusement. Il était hors de question qu’elle croupisse dans cette prison ! Sa famille avait besoin d’elle. Elle inspira profondément avant de tenter de crier de toutes ses forces… Mais son élan fut brusquement interrompu par un mouvement inhabituel qui secoua le cœur du village. Quelque chose se passait. Autour de la plateforme, les gardes Maskass se mirent à courir en tous sens, tandis que d’autres, postés dans les arbres ou sur les passerelles suspendues, convergeaient vers un même endroit.

Même les habitants abandonnaient leurs tâches pour rejoindre le rassemblement. Des Maskass portant de curieux masques à gaz dévalèrent précipitamment les échelles de bois afin de rejoindre une foule qui grossissait à vue d’œil. Intriguée, Solfège s’approcha des barreaux avant de se hisser sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir l’origine de cette effervescence. En vain. Elle ne distinguait qu’une multitude de petits Maskass aux tuniques multicolores qui se pressaient les uns contre les autres. Des exclamations étouffées montaient de la foule, sans qu’elle parvienne à en comprendre le moindre mot.

Jusqu’à ce qu’elle entende cette voix familière.

«Je vous ordonne de me dire où est la reine !» Hurla Bowser Junior, hors de lui.

«Votre Altesse, restez derrière moi. Nous ignorons encore de quoi ces créatures sont capables…» Intervint une seconde voix, plus calme mais non moins inquiète. C'était Kamek.

«J'm'en fiche ! Rendez-moi ma mama ! Sinon vous allez tous le regretter !» Vociféra le jeune prince Koopa, visiblement au bord de la panique. Comme son père, il avait tendance à privilégier les menaces avant toute tentative de négociation.

«N'ayez crainte, Majesté. Ma magie ne se trompe jamais… Elle est ici. J'en suis absolument certain !» Répondit le Magikoopa d'une voix pleine de convictions. Son intuition ne l'avait pas trompé.

Le regard de Solfège se remplit aussitôt d'espoir, alors qu'un immense soulagement l'envahissait. Ils allaient bien. Ils avaient survécu… Et surtout, ils étaient venus la chercher ! Son cœur, si lourd quelques instants plus tôt, retrouva un peu de légèreté. Comment avaient-ils réussi à la retrouver au beau milieu de cette forêt ? Mais ce n'était pas le moment de se poser des questions. Elle tenta d'appeler leurs noms. Hélas, le silence fut sa seule réponse... Elle demeurait désespérément muette. Frustrée par cette terrible impuissance, Solfège serra les dents avant de frapper de toutes ses forces contre les barreaux de sa cage dans l'espoir d'attirer leur regard.

Avec les tambours qui résonnaient dans tout le village, elle craignait que les deux Koopas ne perçoivent jamais le vacarme qu'elle s'efforçait de produire. Ses yeux verts s'illuminèrent lorsqu'elle aperçut enfin deux visages familiers émerger de la foule de Maskass qui progressait droit vers la plateforme. Les étranges petits êtres au dialecte incompréhensible guidaient Bowser Junior et Kamek jusqu'aux cages où ils retenaient leurs prisonniers, désignant fièrement celle de Solfège du doigt. À première vue, ils avaient fini par comprendre que les deux Koopas étaient venus récupérer cette mystérieuse prisonnière.

«Mama ! On est venus te sauver !» S'écria joyeusement Bowser Jr. dès qu'il aperçut enfin Solfège. Sans perdre une seconde, le petit Koopa se précipita dans les escaliers menant à la plateforme avant de s'agripper aux barreaux de la cage et de tirer de toutes ses forces pour les écarter. Rien. Les épais barreaux de bois ne bougèrent pas d'un millimètre malgré tous ses efforts.

«Je vous ordonne de la libérer ! Tout de suite ! Obéissez à votre prince et futur chef !» Exigea-t-il en se retournant vers les Maskass rassemblés derrière lui. Au même instant, il sentit les mains de Solfège venir délicatement se poser sur les siennes, toujours crispées autour des barreaux. Il les serra entre ses doigts, comme s'il craignait qu'elle ne lui échappe une nouvelle fois.

«Vous savez au moins qui vous avez capturée ?! Quand mon papa va apprendre ça, il va réduire votre village en miettes ! Il va vous écrabouiller jusqu'au dernier ! Vous allez voir ce que ça coûte de toucher à notre famille !» Les sourcils froncés, Junior serrait les dents, prêt à poursuivre sa série de menaces quand Kamek reprit vite la parole. Après avoir réajusté ses lunettes sur son bec d'un léger raclement de gorge, le vieux Magikoopa s'avança d'un pas.

«Bien sûr, Sa Majesté ici présente a parfois tendance à parler un peu trop vite. Notre roi ne va pas réduire votre village en cendres… ni vous piétiner, n’ayez aucune inquiétude ! Nous sommes simplement venus récupérer la reine du Pays-Noir.» Rassura le vieux magicien avec un sourire embarrassé, tout en observant les regards que les Maskass échangeaient entre eux.

«Wrah ! Wrah-keh !» S’agita l’un d’eux de couleur jaune, en désignant le ciel puis les traces de brûlures qui marquaient le village.

«Naturellement, nous comprenons votre colère. Soyez assurés que le Royaume Koopa saura se montrer… généreux concernant les dégâts causés à votre village.» Kamek hocha la tête, dissimulant son petit mensonge derrière son habituelle diplomatie.

«Skrah… Keh-wah !» Lança un autre Maskass en s’avançant de quelques pas avant de pointer Solfège enfermée dans sa cage. Son masque blanc se tourna ensuite lentement vers Kamek, dans l’attente d’une réponse de la part du Magikoopa, qui s’efforçait toujours de négocier avec ce peuple particulièrement simplet.

«Bien entendu, nous vous sommes extrêmement reconnaissants d’avoir capturé cette humaine ! Notre roi sera très heureux d’apprendre que c’est grâce à vous que nous avons finalement retrouvé la fugitive.» Poursuivit rapidement Kamek avec un sourire nerveux, tout en reculant discrètement en direction de la cage où se trouvaient Solfège et Bowser Jr.

«N'importe quoi-» Commença Junior d'un ton outré. Mais avant même qu'il ait pu terminer sa phrase, Kamek se précipita pour lui plaquer les mains sur la bouche.

«Vous monterez assurément dans l'estime de notre souverain !» S'empressa d'ajouter le Magikoopa, maintenant tant bien que mal le petit Koopa réduit au silence malgré les protestations étouffées qui filtraient entre ses doigts.

Les Maskass échangèrent plusieurs regards hésitants avant de commencer à discuter entre eux dans ce dialecte nasillard. Après un court instant, ils se réunirent au centre de la plateforme, formant un cercle pour délibérer, leurs chuchotements incompréhensibles s'élevant autour des cages pendant que Bowser Junior et Kamek les observaient avec inquiétude. Solfège, elle, était surtout surprise de découvrir les étonnants talents de traducteur du Magikoopa. Il comprenait parfaitement la langue des Maskass, chose qu'elle n'aurait jamais imaginée. Il faudrait vraiment qu'un jour il lui enseigne ce dialecte si singulier…

Car malgré leur comportement hostile, elle souhaitait sincèrement aider ce peuple à reconstruire son village détruit. Après tout, ils pensaient véritablement bien faire en la capturant… Et même enfermée dans cette cage, ils ne lui avaient fait aucun mal. Au contraire, ils se montraient davantage méfiants que cruels. Plissant les yeux vers la petite assemblée de bonshommes masqués réunis un peu plus loin, Solfège sentit néanmoins son souffle se bloquer lorsqu'ils pivotèrent tous brusquement vers elle. Le silence retomba sur la plateforme. L'un des Maskass, sans doute leur chef, finit par s'avancer avant de lever les bras pour faire taire les derniers murmures. Apparemment, ils avaient enfin pris leur décision.

«Wew ! Keh-wah ! Skrah ! Wrah-keh !» Annonça-t-il haut et fort, avant que les gardes postés près des cages ne poussent Kamek et Bowser Jr. pour délivrer la prisonnière.

«Enfin ! C'est pas trop tôt !» Râla le jeune Koopa en posant les poings sur ses hanches, alors que Solfège se glissait hors de sa cage. Elle n'eut même pas le temps de faire trois pas que Junior se jeta contre elle pour l'enfermer dans une étreinte désespérée. Sa petite queue frétillante de bonheur derrière lui, il marmonna contre le tissu de sa robe ; «Refais plus jamais ça ! Je croyais que je t'avais perdue...»

Face aux lamentations de Bowser Junior, Solfège ne put se retenir plus longtemps et l'enveloppa de ses bras avec un sourire débordant d'affection. Il lui avait tellement manqué… Elle s'était fait tant de souci pour lui ! Elle posa une main à l'arrière de sa tête avant de venir coller sa joue contre la sienne, le cœur débordant d'amour et de soulagement en le retrouvant sain et sauf aux côtés de Kamek. Elle n'osait même pas imaginer l'effroi qu'il avait dû ressentir en la voyant basculer dans le vide sous ses yeux… Le souvenir de son cri continuait de résonner douloureusement dans sa mémoire. L'expression de terreur qui avait déformé son visage à cet instant continuerait probablement de la hanter encore longtemps.

Mais elle n'avait pas eu le choix. C'était le seul moyen de le sauver. Elle aurait risqué sa vie pour Junior sans la moindre hésitation. Elle affronterait tous les dangers, surmonterait tous les obstacles, tant qu'il restait en sécurité. Rien ni personne n'avait le droit de lui faire du mal. Jamais. Et comme toujours lorsque les retrouvailles devenaient un peu trop émouvantes, le Magikoopa fut pris d'une irrépressible envie de pleurer. Il finit par s'incruster maladroitement dans le câlin collectif, essuyant ses yeux humides à l'aide d'un petit mouchoir blanc qu'il venait d'invoquer par magie.

«C'est si beau !» Chouina Kamek en se mouchant bruyamment, au grand agacement de Bowser Jr.

«Arrête de chialer ! Tu vas salir mon bandana !» Ronchonna le petit Koopa en se dégageant de l'étreinte du Magikoopa avant de remettre soigneusement son précieux bandana en place, retrouvant toute sa dignité.

«Wew ! Wew !» Scandèrent joyeusement les Maskass dans leur dos en bondissant sur place, convaincus d'avoir assisté à de touchantes retrouvailles. Ce détail rappela rapidement à la petite famille qu'il était sans doute temps de s'éclipser discrètement avant que les petites créatures masquées ne commencent à se poser un peu trop de questions…

Sur ces mots, Solfège, Junior et Kamek rebroussèrent chemin à travers la forêt, où il était particulièrement facile de se perdre parmi les immenses arbres et les passerelles suspendues. Après plusieurs minutes de course, ils remontèrent enfin la grande rampe menant au bateau volant qui stationnait à quelques mètres seulement du village caché des Maskass. À sa proue trônait fièrement une immense tête de Bowser. L'embarcation était entièrement recouverte de tags colorés peints à même le bois. À en juger par le logo orange représentant le visage de Junior, arborant un grand sourire malicieux orné d'une dent proéminente, il ne faisait aucun doute qu’il était le responsable de toute cette décoration.

Entre les gribouillages menaçants, les petits monstres dessinés un peu partout et les symboles peints sur les voiles, le navire avait des allures de gigantesque terrain de jeu volant, conçu pour impressionner ses ennemis. Les hélices battaient frénétiquement l'air au-dessus d'eux tandis que les trois énormes canons installés de chaque côté demeuraient prêts à tirer au moindre danger. Une fois réfugiés à l'intérieur, le trio s'accorda enfin quelques secondes pour reprendre son souffle après cette longue course.

Enfin, sauf Kamek, qui avait cette fois eu la bonne idée d'utiliser son balai en bambou plutôt que de s'épuiser à courir derrière eux.

À l’abri dans le bâtiment personnel de Bowser Junior, Solfège posa une main contre son front encore moite avant de relever la tête vers Kamek et Junior. Tous deux semblaient particulièrement nerveux… Mais pourquoi, exactement ? Que ne lui avaient-ils pas raconté ? Était-ce en rapport avec Bowser ? Dans tous les cas, il n’était pas là, et son absence commençait sérieusement à l’inquiéter. De plus en plus préoccupée malgré son incapacité à parler, l'humaine se redressa avec précaution, interrogeant silencieusement les deux Koopas du regard. Ceux-ci continuaient de discuter à voix basse tout en lui lançant parfois de discrets coups d’œil. Ils lui cachaient quelque chose. Elle en était certaine.

Puis, brusquement, leurs visages s’éclairèrent d’un sourire. Un sourire un peu trop forcé pour être véritablement rassurant… Quelques secondes plus tard, ils s’approchèrent d’elle avant de commencer à l’examiner sous toutes les coutures. Bowser Jr. vérifia attentivement chaque bleu, chaque égratignure et chaque blessure que Solfège aurait pu subir durant sa spectaculaire chute à travers les nuages. Kamek, lui, inspecta la déchirure au niveau de son épaule afin de s’assurer qu’elle n’était pas blessée. Une fois satisfait, il donna un léger coup de baguette dans les airs pour réparer le tissu et le rendre comme neuf.

Cela ne faisait pas longtemps qu'il s'exerçait aux sorts de réparation…

«Vous avez sacrément eu de la chance… Ça aurait pu être bien pire...» Déplora le Magikoopa avec un léger haussement d'épaules avant de faire disparaître son balai en bambou dans une pluie de petites étincelles d'un claquement de doigts.

«Je suis content que tu n'aies rien ! On a vraiment frôlé la catastrophe ! Mais raconte ! Comment tu as fait pour survivre à ça ?! Est-ce que tu as dû te battre ?! Est-ce que les Maskass t'ont attaquée ? Ils t'ont fait du mal ? Pourquoi ils t'ont enfermée ? T'as eu peur ?!» Bombarda Bowser Junior, les yeux remplis d'étoiles et les petits poings serrés contre son plastron tant il était impatient d'entendre le récit complètement fou de Solfège. Cependant, lorsqu'aucune réponse ne vint, le jeune Koopa fronça peu à peu les sourcils.

«Bah alors ? Tu as perdu ta langue ou quoi ?» Lui demanda-t-il, perplexe.

Solfège tenta tant bien que mal de leur faire comprendre qu'elle ne pouvait plus parler en désignant sa gorge à plusieurs reprises. Pourtant, en dépit de tous ses efforts, les deux Koopas continuaient de la regarder sans réellement saisir ce qu'elle essayait de leur expliquer. Frustrée, elle changea alors complètement d'approche. Formant une pince avec ses doigts, elle approcha lentement sa main de son cou avant de mimer le geste de tirer quelque chose hors de sa gorge. Puis elle secoua lentement la tête, les yeux remplis d'une profonde détresse. Ce geste fit aussitôt naître une lueur de compréhension dans le regard du Magikoopa, qui se figea en pleine réflexion.

«Oh ! Je crois avoir saisi. Vous avez perdu votre voix !» S'exclama Kamek en acquiesçant vivement, satisfait d'avoir enfin compris ce que Solfège essayait de leur faire comprendre. On aurait presque dit qu'ils jouaient à un jeu de devinettes ! Mais lorsque la reine confirma d'un signe de tête, son sourire s'évanouit pour laisser place à une expression horrifiée.

«Vous avez perdu votre voix !» Répéta-t-il, cette fois avec un mélange de stupeur et de panique en portant les mains à sa capuche, comme si cette révélation venait de le frapper de plein fouet.

«Hein ?! Quoi ?! Mama, non ! Dis-moi que c'est une blague ! Tu peux encore parler, hein ?! Dis quelque chose ! N'importe quoi ! Crie sur Kamek si tu veux !» S'affola Bowser Jr. en imitant exactement la posture dramatique du Magikoopa à ses côtés, les mains plaquées contre ses joues. En guise de réponse, Solfège hocha une seconde fois la tête pour confirmer cette terrible vérité. Les deux Koopas se figèrent, réalisant enfin tout ce que cela impliquait.

«Oh non… C'est pas vrai… Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?» Marmonna Junior d'une petite voix affectée, complètement dépité par la situation.

«Il ne faut surtout pas paniquer ! Ce n'est pas comme si le château s'était écrasé et que les dégâts étaient considérables… Ni que la moitié du Royaume Koopa soit actuellement en train de brûler ! Et que Sa Majesté Bowser n'est momentanément plus en état de nous guider. Rien de désastreux !» Déclara Kamek en énumérant chaque nouveau problème sur ses doigts avec un calme remarquable, dans un déni total. Puis il marqua un arrêt et ses yeux s'écarquillèrent derrière ses lunettes-loupes ; «Attendez… Peut-être qu'il faut paniquer un tout petit peu, finalement…»

«On est dans le caca !» Bowser Jr. se mit à sautiller sur place, gagné par la panique.

L'inquiétude de Solfège grandit encore en entendant toutes ces mauvaises nouvelles s'enchaîner. Le royaume était en train de brûler ? Et qu'est-ce que Kamek voulait dire par Bowser n'était plus capable d'assurer ses responsabilités ? Que s'était-il passé exactement pendant son absence ? Si seulement elle avait encore sa voix pour poser toutes les questions qui lui traversaient l'esprit… Désemparée par son silence forcé, la jeune reine tenta de communiquer avec Kamek par de grands gestes afin d'obtenir davantage d'explications. Mais avant même qu'il puisse répondre, un grondement sourd s'éleva derrière une porte du navire.

Un son grave, presque bestial. Il semblait vibrer jusque dans la poitrine de Solfège. Les trois compagnons se figèrent aussitôt avant de tourner lentement leur regard vers l'origine de ce vacarme. De lourds pas résonnaient désormais de l'autre côté, se rapprochant inexorablement et faisant grimper encore un peu plus la tension qui pesait déjà sur la pièce. Chaque impact contre le plancher faisait frémir la coque du bâtiment. Les secondes s'étirèrent interminablement, jusqu'à ce que la silhouette derrière la porte l'ouvre d'un geste sec, projetant violemment le battant contre la paroi du navire.

«MIAM MIAM !» Grogna un petit bébé Koopa qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Bowser Jr., à ceci près qu'il portait une bavette blanche et une couche. Solfège sembla avoir pris racine sur place.

Ce n'était quand même pas…

«Euh… oui, j'ai oublié ce petit détail…» Grimaça Kamek en se grattant le sommet du crâne devant la version miniature de Bowser. Pour une fois, Junior n'avait pas exagéré car ils étaient bel et bien dans le caca jusqu'au cou.

Les yeux verts de Solfège s'écarquillèrent lorsqu'elle comprit enfin qui se tenait devant eux. Comment était-ce possible ?! Comment Bowser avait-il pu redevenir un bébé ?! Elle chercha instinctivement un indice pouvant révéler une illusion ou un sortilège… mais il n'y en avait aucun. Une multitude d'interrogations se bousculèrent dans son esprit tandis qu'elle observait, désemparée, le Koopa réclamer à manger dans de puissants braillements absolument insupportables. Son époux, redevenu bébé, se laissa tomber lourdement sur le sol avant d'agiter ses petits poings avec colère, réclamant toute l'attention des personnes présentes autour de lui.

À côté d'elle, Kamek se massa lentement les yeux d'un air épuisé. Il avait une nouvelle fois affaire à Bébé Bowser… et son pauvre dos se souvenait encore parfaitement des interminables séances de saute-dada qu'il avait dû endurer autrefois. Il n'était vraiment pas prêt à revivre cette période infernale… Ses articulations protestaient rien qu'en y repensant. Pendant ce temps, Bowser Jr. commençait déjà à perdre patience. Les cris du bébé lui tapaient sérieusement sur les nerfs. Il exigea qu'il cesse immédiatement ses caprices… Ce qui ne fit que redoubler l'intensité des hurlements. Mais, évidemment, Bébé Bowser n'en fit absolument rien.

«Hélas… il semblerait que notre situation soit légèrement plus compliquée que prévu…» Admit le Magikoopa dans un profond soupir, les épaules complètement affaissées par la fatigue. Un peu plus loin, Bowser Junior fouillait dans une pile d'affaires sauvées in extremis de la chute du château lorsqu'il en extirpa enfin un objet familier : son Super Scope.

«J'avais pourtant dit que c'était encore un prototype ! Qu'il fallait surtout pas l'utiliser ! En plus, c'était censé être ma super arme secrète pour faire pleurer nos ennemis dans les jupes de leur mère !» Ronchonna ce dernier en récupérant délicatement son arme entre ses griffes. Il le caressa avec une certaine affection, contrarié qu'on s'en soit servi sans sa permission. Et sur son père, qui plus est ! Puis il laissa échapper un long soupir.

«Maintenant, faut attendre qu'il recharge avant de pouvoir s'en resservir pour inverser le vieillissement… Et ça va être super long avant que papa redevienne normal.» Râla-t-il avec irritation en lançant un regard noir à Bébé Bowser, qui continuait de chouiner sans interruption parce qu'il avait encore faim… alors qu'il venait déjà d'être nourri quatre fois d'affilée.

Quel énorme glouton.

«Il ne faut pas céder à la panique !» Répéta une nouvelle fois Kamek dans un cri aigu tandis que la situation empirait de minute en minute. Ses mains tiraient nerveusement sur les bords de sa capuche bleue alors que les hurlements du bébé lui vrillaient les tympans.

«C'est de ta faute ! T'avais qu'à utiliser ta magie pour empêcher ça !» Accusa Bowser Jr. en plaquant ses petits poings contre ses hanches, lançant un regard assassin au Magikoopa. Entre eux, Solfège tentait de comprendre dans quel pétrin ils s'étaient tous retrouvés, rassemblant peu à peu les pièces du puzzle dans son esprit tout en revivant les dernières heures ayant précédé la chute du château.

«Je ne pouvais absolument rien faire, votre Altesse ! Je vous assure que c'était impossible ! Cette magie noire était bien trop puissante !» Geignit Kamek en agrippant dramatiquement les épaules du jeune prince avant de le secouer dans tous les sens, le bec grand ouvert et la tête rejetée en arrière de désespoir. Et pour une fois, il disait parfaitement la vérité. Même avec toute sa magie, il n'aurait jamais pu empêcher une telle catastrophe de se produire…

«Qu'est-ce qu'on va devenir ?» Se lamenta le Magikoopa avant de fondre en larmes et de s'affaler contre l'épaule du prince, véritable épave émotionnelle.

«Roh, la ferme !» S'impatienta Junior, laissant dépasser sa petite dent alors qu'il empoignait le col du magicien pour le malmener à son tour.

Les éclats de voix finirent par faire pleurer Bébé Bowser, qui éclata dans une énorme crise de larmes. Ses hurlements stridents couvrirent bientôt la dispute entre Kamek et Bowser Jr., plongeant la pièce dans un véritable chaos sonore sous le regard complètement impuissant de Solfège. Malgré son mutisme, la jeune femme se dépêcha de s'interposer entre les deux Koopas lorsque Junior attrapa Kamek par le cou pour le secouer dans tous les sens, à deux doigts de l'étrangler. Elle posa une main contre le plastron de chacun avant de les repousser avec douceur, les éloignant l'un de l'autre et empêchant qu'un nouveau drame n'éclate. Ils avaient besoin de rester soudés dans les moments les plus difficiles, pas de se rejeter mutuellement la faute !

Le mal était déjà fait… Désormais, l'essentiel était de réparer les dégâts et d'essayer de retrouver une vie plus ou moins normale. Un travail colossal les attendait encore… Une fois certaine que Junior ne risquait plus de passer ses nerfs sur le pauvre Kamek, Solfège retira ses mains avant de glisser ses doigts dans ses cheveux d'un air pensif, cherchant désespérément un moyen de sortir de cette impasse. Son regard passa tour à tour de Bébé Bowser à Kamek, puis à Junior. C'est alors qu'une idée germa dans son esprit.

Elle se mit aussitôt à mimer une feuille de papier et un crayon pour faire comprendre à Kamek qu'elle souhaitait qu'il en invoque.

«Oh ! Mais oui, évidemment ! Quelle excellente idée, ma chère ! Laissez-moi vous arranger cela immédiatement !» Le Magikoopa hocha vivement la tête avant d'invoquer sa baguette magique. Il dessina plusieurs cercles dans les airs jusqu'à ce qu'un carnet et un stylo apparaissent dans un nuage de magie rose. Les deux objets retombèrent dans sa main ouverte, puis il les tendit à Solfège. Sans perdre une seule seconde, l'humaine s'empara du carnet avant de se mettre à gribouiller quelque chose sur la première page sous les regards curieux des deux Koopas. Une fois son message terminé, elle leur présenta le carnet.

Nous devons aller voir la princesse Peach et les autres ! Ils pourront peut-être nous aider.

Plutôt sceptiques face à cette idée, Kamek et Bowser Jr. échangèrent un regard dubitatif avant de reporter leur attention sur Solfège, qui s'approchait de Bébé Bowser pour tenter de le calmer. La jeune femme s'assit à ses côtés puis, avec une infinie tendresse, posa ses mains contre les joues rebondies du petit Koopa pour l'inciter à la regarder. Dès que ses yeux noirs croisèrent les siens, emplis de douceur, ses pleurs cessèrent presque instantanément pour laisser place à de timides reniflements. Son sourire bienveillant et la chaleur rassurante de ses mains exerçaient sur lui un effet apaisant qu'aucun des deux Koopas n'aurait soupçonné.

Décidément, leur reine avait plus d'un tour dans son sac ! En plus d'avoir un véritable don pour le chant, elle savait aussi comment s'occuper des bébés… Et plus particulièrement de Bébé Bowser, cette petite terreur. Peut-être la reconnaissait-il, d'une certaine manière ? Kamek posa un doigt sous son menton, songeur, tandis que ses yeux suivaient distraitement l'humaine, qui tenait désormais la copie conforme de Bowser Junior dans ses bras. L'espace d'un instant, il crut presque revoir le passé. Puis il grimaça légèrement en la voyant essuyer les traces de larmes sur le visage du bébé avec sa manche. Au même moment, un long filet de morve s'échappa du museau du petit Koopa.

Beurk.

«Je crois que nous n'allons malheureusement pas avoir le choix…» Soupira Kamek avec résignation en laissant mollement retomber ses bras le long du corps, l'air complètement vaincu. Leur prochaine destination était dorénavant toute trouvée.

Cap sur le Royaume Champignon.

À suivre…

Ha ha, alors, qui s'attendait à ce rebondissement ? Nous allons bien nous amuser dans les prochains chapitres, c'est moi qui vous le dis !

À bientôt,

VP

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