Feuilles d'Octobre - Brèves d'Hawkins
Jour 11 – Morts-vivants
Entrepôt de l’aciérie désaffectée, Hawkins – 4 juillet 1985
Planté au milieu de l’usine plongée dans la pénombre, Billy Hargrove attend.
Il ne sait pas exactement ce qu’il attend, mais il le fait, un sourire absent vissé sur le visage. Derrière lui, l’armada des possédés est elle aussi figée dans une expectative silencieuse : un amas de pantins désarticulés, vidés de leur substance, dont on a temporairement coupé les fils.
Tous en stase.
Combien sont-ils, maintenant ? Une trentaine, peut-être. Ils continuent d’arriver lentement, par vagues successives. Ils pénètrent dans l’entrepôt et rejoignent les rangs, s’y alignant d’eux-mêmes en lignes impeccables. Ils forment une armée parfaitement organisée et disciplinée, puis ils s’immobilisent, devenant aussi creux que des ballots de paille.
Ils patientent sans but, les yeux vides, le corps déserté de tout ce qui pourrait s’apparenter à une volonté propre, dans l’ombre de la créature qui les a réduits à cet état d’immobilité ordonnée. Dans les ténèbres, la silhouette d’une monstrueuse arachnide les surplombe tous. Là, sans y être tout à fait, encore piégée dans sa dimension, elle exerce pourtant déjà un joug tangible sur leurs esprits.
Leur Maître.
Le marionnettiste qui bientôt prendra chair dans cet univers et manipulera l’ensemble des possédés à sa guise. Qui dictera chacun de leurs gestes et de leurs pensées…
Billy devrait être révolté à cette idée. Quelque part, au fond de lui, il devrait encore se débattre, hurler, chercher à reprendre le contrôle. Mais rien ne vient. La seule chose qui tourne dans sa tête, c’est le désir de satisfaire la créature et d’accomplir ses desseins [1]. Une pensée simple, unique et partagée par l’ensemble des « flagellés », qui étouffe toutes les autres. – Billy ne sait d’où lui vient ce nom, quelque chose dans son esprit lui murmure que la bête s’appelle le Flagelleur et qu’ils sont ses propriétés à présent.
L’attente se prolonge, sans que personne ne bouge, ni ne parle.
Lui aussi est un pion, simple maillon de la chaîne.
Ni vivant ni mort.
Jour 12 – Chanter faux
Base secrète sous le Starcourt – 4 juillet 1985
Tapi dans un recoin de la planque des russes, Murray Bauman attend fébrilement que le gamin obtienne la séquence complète de la constante de Planck.
Hopper et Joyce en ont vraiment besoin pour fermer le portail, et lui aimerait – éventuellement – éviter de finir criblé de balles dans le repaire des camarades soviets.
Et il retient son souffle quand le talkie grésille enfin ; les pensant naïvement tirés d’affaire.
Sauf qu’il déchante vite : ce n’est pas le code qui pourrait leur sauver la peau qui résonne au travers du combiné… le môme – Dustin – est en train de fredonner.
Oh, misère : le morceau qu’il entonne est mièvre au dernier degré qui plus est.
Une voix féminine – sans doute la petite amie du gosse, le fameux petit génie qui était supposé les aider avec la constante de Planck – se mêle dysharmonieusement à celle de Dustin et Murray se pince l’arête du nez, hésitant à se frapper la tête contre le mur.
Nina Simone et Billie Holiday en soient témoins, il est fin mélomane : il n’a pas mérité d’y passer dans des circonstances troubles parce que de sales gosses inconséquents ont décidé de lui casser les oreilles.
Décidément, il déteste les enfants...
Ô rage ! Ô désespoir ! Ô jeunesse ennemie ! N’a-t-il donc tant vécu que pour ouïr cette infamie ?
Faudrait-il qu’il se jette de lui-même dans les bras des soldats russes pour échapper au supplice ?
Spasiba, mais non… en revanche, si la sérénade se poursuit plus longtemps, il ne répond plus de rien.
Il se concentre sur les bruits alentours, tentant vainement de faire abstraction de l’odieuse mais enthousiaste mélodie qui s’échappe toujours de l’appareil.
Le fichu refrain reprend et le vieux complotiste, toujours en quête de mystère, commence à regretter d’avoir quitté la tranquillité de son bunker pour participer à cette farce.
Et voilà un nouveau couplet… combien il y en a-t-il ?
Neverending story… Ah… Neverending story… Ah… Neverending story [2]
Cette ritournelle infernale ne semble pas avoir de fin… comme la maudite histoire dont elle est issue.
Et quand – enfin ! – le duo de tourtereaux cesse son cirque et leur communique enfin le code dont ils ont besoin pour décanter la situation, Murray prend un instant pour souffler, savourant le son du silence.
Jour 13 – Sorcier.es
Abords du laboratoire de Hawkins – 4 novembre 1987
Dans la panique ambiante, entouré des militaires massacrés par les démogorgons, Will ressent soudain un grand vide l’envahir. Le frisson glacé à l’arrière de sa nuque – qu’il subit périodiquement depuis le retour de sa famille à Hawkins – coule brutalement le long de son échine.
La sensation d’alarme et de sueur froide qui le parcourt est plus intense que jamais. Plus intense que quelques minutes plus tôt, quand Vecna était apparu et l’avait fait léviter, telle une marionnette sans volonté.
Will sent ses muscles se figer et le vide précédemment éprouvé est balayé : une sorte de trop-plein l’envahit.
Son cœur accélère et tout se brouille autour de lui ; c’est comme sortir de son propre corps et observer le monde en surplomb. Une part de son esprit est encore rattachée à son enveloppe par quelques bribes de conscience, mais ses pensées sont complètement fragmentées ; ses yeux sont tournés vers de multiples horizons à la fois.
L’Envers est partout autour de lui et, en même temps, il se trouve toujours à Hawkins… des voix désincarnées mugissent : des milliers de murmures inaudibles qui s’entremêlent en un brouhaha poisseux qui tinte dans le fond de ses oreilles. Un bourdonnement sourd le traverse. Une étrange pulsation qui s’enroule à son nombril et résonne jusque dans ses os.
L’esprit de ruche.
Will sent de nouveau sa connexion avec lui, de manière bien plus prégnante que lorsqu’il avait treize ans et qu’il avait servi d’espion au Flagelleur… son cœur bat la chamade et il perçoit des picotements à ses extrémités.
Et soudain, tout bascule. Simultanément, il peut observer, horrifié, des démogorgons prêts à l’attaque depuis trois zones différentes : il est à l’intérieur de la tête des créatures, il les voit au ralenti se lancer sur Mike, Lucas, puis Robin. Ils vont les tuer.
Will est lié à eux… une bouffée de haine et de révolte gronde en lui : il ne laissera pas les monstres s’en prendre à ses amis.
Une magie inconnue coule dans ses veines et il lève machinalement les mains dans les airs, stoppant les créatures au vol.
Oh.
Will devrait avoir peur. Il a peur, d’ailleurs : ses doigts tremblent et sa respiration connaît quelques accrocs. En même temps, il a cette impression étrange, presque grisante, d’avoir enfin cessé de subir toutes les saloperies surnaturelles qui lui tombe dessus.
Depuis toutes ces années, il a été la victime, la proie, le pantin : le garçon qu’on traque, qu’on blesse et qu’on utilise. Mais voilà qu’il peut, peut-être pour la première fois, faire quelque chose pour se sauver et protéger ceux qu’il aime.
La pensée s’impose à son esprit tandis qu’il tend instinctivement les paumes et sent une nouvelle vague de « magie » courir sous sa peau.
Il ne sait pas ce qu’il fait. Il ne sait même pas comment il le fait. Il sait seulement que les créatures sont là, qu’elles veulent tuer ses proches. Il va les arrêter.
La pression qui explose dans son crâne est indescriptible. Les démogorgons figés dans les airs semblent se recroqueviller sur eux-mêmes, leurs membres se tordant dans des angles impossibles, avant qu’ils retombent au sol, inertes, dans un râle d’agonie.
Will a le souffle presque coupé. Il contemple ses mains, aussi ébahi qu’horrifié.
Ce n’est pas de la magie, ça… de la sorcellerie [5] ?
Est-ce que cela fait de lui un monstre ?
Il a toujours su qu’un truc clochait chez lui. D’abord, ses loisirs, ses fringues, son attirance pour les garçons… son béguin unilatéral et honteux pour son meilleur ami. Ensuite, l’Envers, la possession, les visions, et maintenant… ceci ?
Il a fait souffrir les créatures. Il les a contrôlées, puis massacrées. Et, pendant quelques secondes, il a aimé le galvanisant sentiment de victoire que ça lui a procuré.
À cette réalisation, il est instantanément saisi par une sensation d’effroi : va-t-il devenir comme Vecna ?
Son pouls s’emballe et une panique diffuse menace de le submerger.
Puis, il repense aux histoires de son enfance, aux courageux sorciers qu’il admirait tant. Gandalf, Radagast, Le Docteur Strange, Merlin… Des hommes capables d’affronter les ténèbres sans se laisser corrompre par elles.
Et il repense à tout ce que lui avait dit son frère plus d’un an auparavant…
Jonathan lui avait promis que rien au monde ne le ferait cesser de l’aimer. D’être toujours de son côté, quoi qu’il arrive.
Quoi qu’il arrive.
Will déglutit, les yeux piquants et encore un peu hébété par l’afflux de puissance qu’il sent frémir à bas bruit sous ses paumes.
Peut-être que ses pouvoirs ne sont pas mauvais en eux-mêmes – malgré la mise à mort répugnante à laquelle il vient de se livrer. Peut-être que tout dépend de ce qu’il décide d’en faire.
Il retrouve son souffle et un sourire presque incrédule étire ses lèvres.
Après tout, ce n’est pas si mal d’avoir des pouvoirs… ça lui évoque une kyrielle de rêves de gosses.
Peut-être a-t-il toujours été prédestiné à ça :
Ses amis et sa famille ont besoin d’un sorcier. Qui de mieux que Will le Sage pour jouer le rôle ?
Jour 14 – Bracelet magique [4]
Laboratoire de Hawkins – 6 novembre 1987
Hopper fait tourner le bracelet entre ses doigts, assis dans la pénombre de la salle du laboratoire où l’a abandonné sa fille adoptive, à la suite de leur discussion houleuse. Le silence lui pèse autant que la conversation qu’il vient d’avoir avec Elfe. Il baisse les yeux vers la fine bande bleue, usée mais pas encore délavée par les années, et sent une vieille douleur lui comprimer la poitrine.
Il fixe longuement le cadeau délaissé : c’était un simple ruban à cheveux qu’il avait transformé en bracelet bien des années auparavant. Il l’avait porté durant toute la chimiothérapie de Sarah. Il se souvenait – avant que la maladie ne frappe – de la façon dont le petit corps tonique s’agitait comme un feu follet alors qu’il essayait vainement de la faire tenir en place une poignée de minutes pour s’occuper de sa coiffure ; des mèches blondes qu’il s’efforçait de réunir et d’attacher en couettes pendant qu’elle rebondissait en tous sens et gloussait. Après sa mort, il l’avait conservé avec un soin jaloux : relique inutile – bien incapable de tromper la mort – mais dont il ne pouvait se résoudre à se séparer.
À l’automne 1984, sur une brusque impulsion, il l’avait offert à Elfe quand elle était revenue de sa fugue. Il avait voulu lui donner quelque chose de significatif – un truc vraiment important pour lui – et c’était le seul bien matériel auquel il avait pu songer. C’était sa manière maladroite d’exprimer à l’adolescente qu’elle avait désormais une place dans sa vie. Pour toujours.
Ce n’avait rien d’une tentative pour remplacer sa fille défunte…
Et pourtant, la gamine venait de lui lancer à la figure qu’« elle n’était pas Sarah ».
Hopper crispe les mâchoires. Qu’est-ce qu’il avait pu foirer à ce point pour qu’elle ressente le besoin de lui sortir ça ? S’y était-il pris comme un manche avec la môme ? Est-ce qu’il avait trop parlé de Sarah ou – au contraire – pas assez pour qu’Elfe en déduise qu’il la prenait pour une sorte de substitut ?
Il serre machinalement le bracelet dans sa main.
Qu’est-ce qu’elle cherche à dire en le lui rendant ?
Qu’elle est sa propre personne ? Qu’elle n’est plus une enfant et qu’elle n’a pas besoin qu’un vieux type bourru s’échine à veiller sur elle ? Ou bien croit-elle que faire mine de briser les liens entre eux épargnera à Hopper de souffrir lorsqu’elle mourra dans son combat contre Vecna ? Peut-être est-ce sa manière de lui affirmer qu’elle ne le considère pas comme son père… et que, par conséquent, il n’aura pas à faire le deuil de son enfant pour la seconde fois…
Une horrible grimace déforme les traits de l’ancien shérif à cette dernière pensée : toutes les explications qui tournent dans sa tête lui donnent envie de fracasser quelque chose.
Il avait obéi au mieux à ses injonctions au cours des derniers mois : il l’avait laissée s’entraîner, s’épuiser en se préparant à affronter des horreurs qu’aucune gosse – aussi puissante soit-elle – ne devrait avoir à affronter. Il avait fait mine de respecter sa volonté de ne pas être tenue à l’écart des combats, même si chaque minute passée à la regarder jouer les armes de guerre lui retournait l’estomac. Et maintenant, quoi ? Elle avait décidé qu’elle n’avait aucune chance de survie et qu’il était préférable de faciliter les choses pour tout le monde en prenant ses distances ?
Est-ce pour ça qu’elle paraissait si froide et bizarre ces dernières semaines, s’éloignant de Joyce, de Mike et du reste de ses amis ? Peut-être espère-t-elle qu’ils encaisseront tous mieux sa disparition si elle joue dès à présent les fantômes ?
Ça ne va pas. Pas du tout.
Hopper se redresse, glisse le bracelet dans sa poche et quitte la salle. Il en a assez de gamberger dans le noir. Il est temps de lui mettre les points sur les i.
Il retrouve Elfe dans une pièce grouillante de monde. Elle se tient à l’écart, tandis que Mike, Will et Max lui jettent en coin des regards inquiets. Hopper sent sa colère et sa peine se muer en une détermination froide.
Il a vu juste, hein ?
La gamine leur fait ses adieux depuis des mois ; c’est seulement qu’elle n’a pas les tripes de prononcer clairement les mots.
Il l’attire à l’écart et il n’a aucune idée de ce qu’il va lui dire. Il préfère de loin les gestes aux grands discours : il avait bien réussi à lui rédiger une bafouille sincère il y a quelques années, mais ça s’était avéré une vraie épreuve. Épreuve qu’il doute de pouvoir renouveler, séance tenante, à l’oral et sans avoir avalé une bonne rasade de bourbon…
Il n’a pas le choix en la matière : pas quand sa fille adoptive a les bras croisés – attitude butée qu’elle adopte systématiquement ces derniers temps quand elle sent qu’ils sont au seuil d’une dispute – et le fixe d’un œil morne avec un air mêlant résignation et absence.
Il lui tend le bracelet qu’elle lui a remis moins d’une heure plus tôt. Elfe se contente de le jauger avec une expression circonspecte sans esquisser un mouvement.
— Hé, morveuse, tu sais qu’un cadeau, ça ne se rend pas ? Si tu n’en veux plus, tu peux le bazarder, ça te regarde, mais… moi, je n’en veux pas.
Il aurait peut-être dû répéter son discours avec Joyce…
Tant pis : ses phrases s’emmêlent et butent les unes contre les autres ; pas grave, du moment qu’elle saisit le sens général.
— Je sais que j’ai parfois l’air « bête à manger du foin », mais je ne te prends pas pour Sarah… Elle est morte à sept ans… je n’ai jamais vraiment fait son deuil. Et après ? Ce que je ressens pour toi… C'est différent. Tu n’es pas Sarah, mais je te considère comme ma fille. Que tu me considères ou non comme ton père, ça n’a pas d’importance. Tu es ma fille que tu le veuilles ou non. Et que tu me rendes ce foutu bracelet n’y changera rien !
Soudain, l’air stoïque d’Elfe cède du terrain et ses yeux se remplissent d’une humidité suspecte… Hopper déglutit.
— Je ne suis pas expert en BD, mais il me semble que les super-héroïnes ont parfois besoin d’artefacts ou de talismans pour faire face à l’adversité… On ne sait jamais, même si tu n’en veux plus, peut-être que tu devrais garder ton « bracelet magique » au moins quelques jours de plus.
Sa fille ne prend pas la peine de lui rétorquer qu’ils n’ont pas « quelques jours de plus », ni de se moquer de lui parce qu’il babille à propos d’un « bracelet magique », comme s’il croyait en ce genre de conneries.
Elfe fond en larmes et Hopper la prend dans ses bras. Elle s’empare du bracelet qu’il tenait toujours en main et le range dans la poche avant de sa combinaison.
Hopper profite de l’accalmie et la serre davantage contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux.
Même avant la mort de Sarah, il n’avait jamais cru aux gris-gris, pas plus qu’au pouvoir des prières. La superstition et l'amour ne contrecarrent pas la mort et les miracles se produisent rarement.
Pourtant – pour la seconde fois de son existence –, il fait une exception et déverse le peu de foi qu’il lui reste dans la breloque.
Reviens. Reviens, quoi qu'il arrive.
Jour 15 – Chat noir
Forêt de Hawkins – 11 novembre 1983
Lucas marche d’un pas furieux entre les arbres, les poings serrés et les mâchoires tellement crispées qu’il peut sentir ses dents crisser. Il a froid, il est blessé et il en a ras le bol.
Ras le bol de la bargeot, de ses airs de chien battu et de ses pouvoirs de dingue.
Et surtout, il en a ras le bol de Mike, qui a décidé de lui imposer cette fille dans les pattes sans même leur demander leur avis.
Depuis qu’ils sont tombés sur elle, tout va de mal en pis. Will est peut-être mort et, si ce n’est pas le cas, ils ne sont pas près de le retrouver avec cette cinglée qui prétend les aider, mais leur ment et les fait tourner en bourrique.
Lucas passe une main sur son front et grimace en sentant le sang séché sous ses doigts.
Elle l’avait jeté contre un arbre quand lui et Mike s'étaient battus à propos des boussoles trafiquées.
Cette timbrée aurait pu le tuer…
C’est exactement comme cette histoire de chat [5] d’il y a trois ans.
Il s’en souvient encore, de cette créature démoniaque. Un chat noir, famélique et hargneux au dernier degré que Mike avait réussi – Dieu sait comment – à attirer et introduire chez lui sans que ses parents ne s’en rendent compte. Résultat des courses : la bestiole avait pissé partout dans leur planque, puis mordu Lucas jusqu’au sang quand il avait essayé de l’attraper et disparu sous une étagère durant des heures, d’où elle avait continué à cracher sur quiconque approchait… Mike insistant qu’il fallait lui donner une autre chance, quand Lucas insistait pour la chasser – chose qu’elle avait fini par faire de son propre chef, après avoir détruit une lampe et ruiné deux comics par ses jets d’urine.
Ça aurait pu être la fin de l’histoire, mais non : sa blessure s’était infectée. Et quand ses parents avaient fini par découvrir l’origine de la plaie, Lucas avait écopé d’une punition « parce qu’on ne joue pas avec un animal qu’on ne connaît pas » – parfaitement injuste.
Tout ça à cause de Mike.
Lucas donne un coup de pied rageur dans une souche moribonde. Le problème, avec Mike, c’est qu’il s’entête toujours à vouloir se mettre dans la peau du bon samaritain de service qui veut sauver tout le monde.
En ce moment le seul objectif de leur bande devrait être de retrouver Will, mais Mike perd son temps à jouer les chevaliers servants pour une inconnue mutante qui ne leur apporte que des ennuis…
Un bruissement interrompt sa réflexion, le faisant brusquement se retourner.
Entre deux troncs, une paire de grands yeux jaunes le fixe sans ciller.
Lucas se fige, fronçant les sourcils… Mais la silhouette noire détale dans les fourrés sans demander son reste.
Encore un foutu chat ? Lucas en a largement sa dose des créatures égarées qui traînent dans la forêt de Hawkins ces derniers jours. Il déteste les bestioles errantes.
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Notes :
[1] Qu’est-ce qui persiste de la volonté des flagellés ? Très bonne question qui restera sans réponse suite à l’héroïque trépas de Billy.
[2] Voir seconde partie du recueil : brrr, satanée chanson… pauvre Murray.
[3] Sorcellerie était le nom du cinquième épisode de la saison 5 de Stranger Things : la scène était top et j’aurais aimé qu’on explore de manière un peu plus poussée (et que ça ait plus d’impact) les pouvoirs – étonnamment macabres – de Will par la suite.
[4] La relation entre Hopper et Elfe/Onze est l’un des gros ratés de la saison 5 à mes yeux… j’essaie de rafistoler un peu les choses sans bouleverser le canon ? :')
[5] Techniquement Lucas la comparait canoniquement à un « chien errant », mais « chat noir » me semble bien correspondre à Onze en S1 ;)