Stargate New World
Toutes les personnes présentes dans la salle se retournent vers la voix qui vient de parler et remarquent le colonel. Celui-ci se tient droit, dans une posture stoïque, et lance un regard à toutes les personnes présentes.
En voyant le colonel s’avancer vers eux, Kawalsky se met au garde-à-vous et réplique :
- Bonjour, mon colonel.
Le colonel regarde le major et lui tend une pile de dossiers qu’il tenait sous l’un de ses bras.
Daniel et Alexandra essaient de comprendre ce qui se passe. Tous deux observent les réactions de Gary et de Barbara, qui semblent aussi surpris qu’eux.
Daniel prend alors la parole :
- S’il vous plaît, peut-on savoir qui vous êtes ?
Le colonel lance un regard froid à Daniel et lui répond rapidement, avec autant de froideur dans la voix que dans son regard :
- Je suis le colonel Jack O’Neil et je prends le contrôle du projet sous l’accord du général West.
Daniel affiche une expression surprise et intriguée en entendant la réponse du colonel. Mais celui-ci détourne déjà le regard et reprend sa conversation avec le major.
Daniel se tourne alors vers Barbara et lui demande :
- Dix mille ans ! C’est totalement ridicule ! La civilisation égyptienne n’existait pas à cette époque. Où ont-ils trouvé cette ânerie ?
- Nous sommes aussi surpris que vous, croyez-moi, lui répond Barbara. Mais les résultats des tests au carbone 14 sont indéniables.
- Vous avez effectué les tests plusieurs fois ?
- Oui ! Bien sûr. Vu les résultats que nous avons obtenus, nous étions obligés de les refaire.
- J’aimerais les voir ! dit le docteur. Mais nous verrons cela plus tard. Par contre, je voudrais savoir quelque chose. Où se trouvaient ces pierres ? Recouvraient-elles l’entrée d’une chambre funéraire ? Il y avait bien quelque chose en dessous ?
- Non, non, non ! Pas une chambre, mais un objet. Un objet beaucoup plus intéressant !
Le colonel tourne alors la tête vers la zone où se trouvent Daniel et Barbara. Il intervient aussitôt, d’une voix forte, afin d’être certain que tout le monde l’entende :
- Excusez-moi ! Cette information est maintenant devenue confidentielle.
Il lance un regard furieux à Barbara, puis se tourne vers Kawalsky et poursuit sur le même ton :
- Dorénavant, aucune information importante ne sera communiquée aux équipes civiles sans mon autorisation expresse.
- Comment sommes-nous censés travailler si nous n’avons plus aucune nouvelle information ? demande alors Gary.
- Vous avez les dalles ! Je veux tout savoir à leur sujet ! répond le colonel. Une fois que ce sera terminé, nous verrons ce que nous pourrons vous confier d’autre.
Le colonel balaie alors la salle du regard, cherchant à savoir si quelqu’un a encore quelque chose à ajouter. Personne ne reprend la parole. Il détourne finalement les yeux et commence à quitter la pièce.
- Mais c’est quoi, ce délire ? Je croyais que c’était une opération en majeure partie civile ! s’exclame Gary.
- Je ne sais pas quoi dire ! intervient Daniel.
- Je vais essayer de comprendre ce qui se passe, déclare Alexandra avant de partir sur les traces du colonel.
Elle sort de la pièce en franchissant les doubles portes, qui s’ouvrent à son passage, puis cherche du regard un signe du colonel. Elle aperçoit alors sa coupe de cheveux caractéristique à travers une petite ouverture entre les personnes formant un groupe de quatre hommes. Le colonel passe derrière eux avant de disparaître dans le couloir de droite.
Alexandra se met à courir pour le rattraper et emprunte le même couloir que lui. Elle le voit s’éloigner vers le fond du couloir et l’interpelle juste avant qu’il ne disparaisse :
- Colonel O’Neil ! appelle Alexandra.
Le colonel se retourne rapidement pour voir qui l’interpelle, puis lui répond :
- Oui, que puis-je faire pour vous ?
- Je voudrais savoir ce qui se passe ici.
- Concernant quel sujet ?
- Tout ceci ! On m’a demandé de venir ici. On m’a expliqué que j’en saurais davantage à mon arrivée, mais maintenant que je suis là, je ne sais toujours rien.
- Malheureusement, les choses changent, lui répond le colonel.
- Les choses ? Quelles choses ?
- Les derniers événements qui surviennent dans cette base !
- Vous savez que cette réponse ne m’aide pas !
- Oui, et ce n’est pas son but premier. On m’a nommé responsable de ce projet et j’applique ce que je considère être la meilleure méthode pour le mener à bien.
- Ce projet ? Et il a un nom, ce projet ?
- Pas pour le moment.
- Et qui est ce « on » ? Qui vous a placé à la tête de ce projet ?
Le colonel détourne les yeux pendant quelques secondes, avant de fixer de nouveau Alexandra.
- C’est votre grand-mère, avec l’accord du général West.
En entendant ces mots, Alexandra porte une main à sa bouche et tente de retenir les sanglots qui commencent à lui monter aux yeux.
- Pourquoi ? Pourquoi vous a-t-elle choisi ?
Le colonel lève les yeux au ciel pendant quelques secondes, puis reporte son regard sur Alexandra et répond d’un ton agacé :
- En prévision de votre réussite !
Il reprend son chemin, laissant Alexandra seule dans le couloir. Celle-ci part alors dans la direction opposée pour rejoindre la salle où se trouvent les autres. Une fois les portes franchies, elle se dirige vers Daniel, qui attendait son retour. Il prend aussitôt la parole.
- Vous avez réussi à apprendre quelque chose ?
- Non, rien du tout ! Il n’a rien laissé filtrer. Ce n’est pas auprès de lui que nous trouverons nos réponses.
- Je le pense aussi, dit Daniel en lui adressant un sourire. Il faut qu’on les oblige à nous dire ce qu’ils savent !
- Les obliger ? Mais comment ?
- En trouvant des informations qu’ils n’ont pas. Ainsi, nous pourrons gagner leur confiance et ils nous diront tout ce qu’ils savent.
- Mais avec quelles informations ?
Daniel se retourne et regarde alors la dalle.
- Je suis sûr qu’elle nous cache encore des surprises.
- Vous en êtes sûr ?
- Moi, non, mais le colonel le pense !
- On commence par quoi ? demande Alexandra.
Quelques jours passent. L’équipe est à pied d’œuvre pour percer tous les secrets de la dalle de pierre. Malgré la motivation grandissante de ses membres, elle ne découvre rien de nouveau. Ils effectuent tous les tests imaginables et scrutent le moindre détail, mais aucune nouvelle découverte ne vient enrichir leurs recherches.
Daniel reste assis à son bureau, les yeux rivés sur la dalle. Alexandra s’approche alors de lui, deux tasses de café à la main. Lorsqu’elle arrive juste à côté de lui, elle prend la parole :
- Toujours en train de travailler ? demande-t-elle.
Concentré dans ses pensées, Daniel est pris par surprise et sursaute légèrement.
- Alexandra ! dit-il en prenant la tasse de café que lui tend la jeune femme. Je n’aime pas quand tu fais ça !
- Désolée, Daniel, je n’arrive jamais à m’arrêter, répond-elle avec un sourire. Du nouveau ?
- Du nouveau ? Non, rien du tout ! Il n’y a rien d’autre que des morceaux de pierre légèrement gravés. Rien de plus !
- Tu as perdu espoir ?
- Je ne vais pas tarder à le perdre, en tout cas ! Les dalles extérieures ne révèlent rien de plus que le texte gravé qui, en soi, ne nous apporte aucune réponse.
- Et concernant la porte mentionnée ?
- Non, il n’y a rien. Rien dans les livres, rien sur Internet. Rien d’autre ne mentionne ce terme de « Porte des Étoiles » !
- Peut-être que je me suis trompée dans ma traduction. Après tout, je ne suis qu’une étudiante !
- Non, tu ne t’es pas trompée. J’avais déjà ces mots en tête avant même que tu les prononces à voix haute.
- Alors, comment est-ce possible ? Comment un terme peut-il disparaître d’une civilisation et ne nous laisser aucune piste pour comprendre de quoi il s’agit ?
- Je ne sais pas ! La logique voudrait peut-être que ce soit pour des raisons de sécurité, afin que personne ne puisse s’en souvenir et que ce terme soit oublié pour toujours.
- Il y a forcément autre chose ! affirme alors Alexandra en lançant un regard à Daniel.
Celui-ci semble plongé dans ses réflexions. Son regard se fixe sur la dalle.
- J’y crois pas ! s’exclame soudain Daniel.
Surprise par sa réaction, Alexandra regarde à son tour en direction de la dalle.
- Que se passe-t-il ? demande-t-elle.
- Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas remarqué plus tôt ? s’exclame Daniel en se levant brusquement pour se diriger vers la dalle.
- Daniel ? demande Alexandra, sans obtenir de réponse.
Daniel prend une petite échelle montée sur roulettes et la place devant le centre de la dalle. Il grimpe rapidement et se positionne face au cercle intérieur.
- Voilà, c’est ici ! dit-il en posant la main sur la dalle intérieure.
- De quoi parles-tu ? Il n’y a rien dessus !
- C’est justement ça ! Pourquoi toutes les autres dalles sont-elles gravées, sauf celle-ci ?
- Je ne sais pas…
- La dalle n’est pas lisse ! remarque Daniel en frottant sa surface. Il pourrait s’agir d’une couche de sable qui s’est consolidée avec le temps !
Daniel se retourne alors et scrute la salle du regard. Il cherche quelque chose, mais ne parvient pas à mettre la main dessus.
- Qu’est-ce que tu cherches ? demande Alexandra.
- Un marteau, une pioche, un pied-de-biche… répond Daniel tout en continuant ses recherches.
Alexandra cherche elle aussi des outils de ce genre, mais malgré ses efforts, elle ne trouve rien.
La double porte s’ouvre soudain. Gary entre dans la salle et salue les deux personnes présentes.
- Bonjour, les jeunes ! Vous allez bien ? Vous en faites une tête !
- Gary, on n’a pas le temps de parler ! répond Daniel. Sais-tu s’il y a des outils ici, comme un marteau ou quelque chose dans le même genre ?
- Un marteau ? Vous voulez en faire quoi ?
- Je n’ai pas le temps de t’expliquer. Réponds simplement à ma question !
- Oui, on a ça !
Daniel descend de l’échelle et se précipite vers Gary.
- Où ça, Gary ? Où est-ce qu’il est ? demande-t-il en le prenant par les épaules.
- Là, juste derrière, dans mon bureau, répond Gary. Je garde toujours quelques outils avec moi.
Daniel relâche Gary, ouvre l’un des tiroirs de son bureau et en sort un petit marteau ainsi qu’un burin.
- C’est tout ce dont j’ai besoin ! déclare-t-il avant de repartir en courant vers l’échelle.
- Où allez-vous ? demande Gary.
Daniel remonte sur l’échelle et se place sur le côté gauche de la dalle centrale.
- On va y aller doucement. Elle a quand même dix mille ans !
Il pose le burin contre la partie gauche de la dalle, puis frappe légèrement dessus avec le marteau. À mesure qu’il frappe, des fissures apparaissent sur le côté gauche de la dalle. Lorsque celles-ci deviennent suffisamment visibles, Daniel déplace le burin et le place au milieu de la fissure qui lui paraît la plus importante. Une fois l’outil bien positionné, il assène un grand coup de marteau.
Un craquement sec et brutal retentit. Une partie de la couche qui recouvre la dalle se détache et tombe au sol en plusieurs morceaux.
Le bruit et la quantité de débris sont impressionnants, mais seule une petite partie de la véritable surface de la dalle est désormais visible.
Sur cette portion apparaît la gravure d’un symbole. Cependant, celui-ci reste encore en partie dissimulé.
Alexandra grimpe à son tour sur l’échelle pour mieux observer la découverte de Daniel. Celui-ci prend alors la parole :
- Je pense qu’il va falloir prévenir le colonel !
Quelques jours passent avant que la dalle soit entièrement dégagée. Plusieurs équipes se relaient afin de terminer le travail le plus rapidement possible.
Une fois les travaux achevés, la dalle révèle deux cercles, chacun rempli de dix-neuf symboles différents. Au centre de ces cercles se trouve une imposante illustration représentant une pyramide gravée dans la pierre. De nombreux motifs égyptiens décorent également la dalle, dont deux grandes représentations de statues tournées vers la pyramide.
Cette dernière présente une particularité étonnante : son sommet est relié à une sorte de sphère par un simple trait.
Daniel observe les nouveaux symboles avec surprise et perplexité. Malgré ses vastes connaissances sur la civilisation égyptienne, il n’a aucune idée de ce qu’ils peuvent signifier. Il effectue alors de nombreux allers-retours entre l'échelle et son bureau, ce qui lui permet d'examiner de plus près la dalle centrale.
Les jours passent et Daniel finit par se rendre compte que le déchiffrement de ces symboles sera bien plus difficile qu’il ne l’avait imaginé.
Il s’installe à son bureau, situé juste en face des imposantes dalles de pierre. Un ordinateur portable et de nombreux livres sont ouverts devant lui. Daniel scrute les
dalles sans parvenir à en détacher les yeux.
Un bruit se produit derrière lui, mais il ne s’en rend pas compte. Près d’une minute plus tard, une main vient se poser sur son épaule gauche. Daniel détourne alors son regard des dalles et se tourne vers la personne qui se tient à côté de lui.
- Vous allez bien, docteur Jackson ? demande Barbara.
- Barbara ! s’exclame Daniel. Appelez-moi Daniel !
- D’accord, Daniel.
- Et oui, ça va bien.
- Où en es-tu dans la traduction des nouveaux symboles ?
- J’ai terminé mes recherches sur les écritures cunéiformes et sur les hiéroglyphes prédynastiques, mais je n’ai trouvé aucune correspondance. J’ai épuisé les sources de référence en comparant les symboles de la dalle à tous les types d’écriture connus datant de cette période et des époques voisines. Il n’y a aucune similitude, répond Daniel en poussant un court soupir. À force, je pense que je ne serai jamais payé !
- Je vois ça ! répond Barbara en observant l’état du bureau. Je pense que vous avez besoin de manger un petit quelque chose.
- De quoi ? demande Daniel, surpris.
- Quand on n’y arrive pas, il faut faire une pause pour remettre de l’ordre dans ses idées. Et en plus, j’ai faim. Allez, on va au réfectoire !
Barbara saisit le bras de Daniel et l’oblige à se lever de sa chaise.
- Je ne pense pas avoir le choix, dit Daniel, qui se laisse entraîner hors de la salle.
Barbara emmène Daniel jusqu’au réfectoire de la base sans lui laisser le temps de protester. Ils traversent facilement les couloirs gris de la base, étant donné qu’il n’y a quasiment aucune activité à l’intérieur pour le moment. Les couloirs sont presque déserts et ils arrivent rapidement devant les portes du réfectoire.
Barbara pousse les deux portes bleues et entre en tenant toujours le bras de Daniel. Ils se dirigent vers un meuble réfrigéré dans lequel se trouvent quelques desserts disposés sur des assiettes.
Une fois devant le meuble, Barbara lâche le bras de Daniel et choisit une assiette. Daniel se dirige à son tour vers le réfrigérateur quelques secondes plus tard. Il observe les desserts et prend ce qui ressemble à une crème à la vanille, tandis que Barbara choisit une part de tarte aux pommes.
Les deux personnes se retournent presque au même moment et inspectent le reste de la salle. Au fond, elles aperçoivent une table occupée par plusieurs militaires qui profitent de leur pause pour faire une partie de cartes. Sur le côté droit de la pièce, un petit homme dégarni et portant une paire de lunettes fines lit le journal du jour. Entre les deux se trouve une table où Alexandra et Gary sont en pleine conversation.
Barbara lui montre la table du doigt, puis se dirige droit vers eux. Daniel la suit et, bientôt, tous deux s’installent à leurs côtés.
- Ah, vous voilà tous les deux ! s’exclame Gary avec surprise en leur adressant un sourire. Docteur Jackson, vous avez enfin réussi à sortir du laboratoire ?
Barbara donne alors un coup dans la jambe de Gary et lui lance un regard noir. Ne comprenant pas son geste, celui-ci la fixe droit dans les yeux. Barbara lui fait alors comprendre d’un mot ce qu’elle attend de lui :
- Daniel !
- Oui, je suis désolé, Daniel, reprend Gary.
- Je dois bien avouer que c’est difficile ! Répond Daniel.
- Je pense que toute personne qui travaille sur le projet doit être complètement obnubilée par la dalle en la voyant.
- En même temps, cela peut se comprendre. Vous êtes devant un mystère qui ne demande qu’à être percé.
- Tu as quand même une piste ? demande alors Alexandra.
- Une piste ? J’en avais une il y a une heure, mais elle s’est révélée mauvaise.
- Et là, tu as quoi ?
- Là, j’ai une crème à la vanille et je vais voir ce qui va se passer après ! répond Daniel en prenant une cuillerée de son dessert.
- Vous pensez que cela sera suffisant ? demande Alexandra.
- Il y en a une qui le pense ! répond Daniel en lançant un regard à Barbara et en lui faisant un clin d’œil.
Tout le monde autour de la table sourit et continue de manger ce qu’il a pris. Gary dévore une grosse part de gâteau au chocolat, tandis qu’Alexandra se contente de boire un café.
Les minutes passent, rythmées par les nombreux sujets de conversation qu’ils abordent.
Alors que Daniel s’accorde un instant de réflexion, il jette un coup d’œil derrière Alexandra. Il remarque que l’homme au journal est toujours là. Celui-ci continue sa lecture, les bras tendus, laissant apparaître aux yeux de tous la première et la dernière page du journal.
Sans vouloir lui prêter une attention particulière, Daniel observe les deux pages qui lui sont présentées. Spontanément, presque sans y réfléchir, il tourne la tête vers sa gauche.
Alexandra le regarde d’un air surpris et lui demande :
- Daniel ! Tout va bien ?
Mais Daniel ne lui répond pas. Alexandra continue de l’observer et remarque qu’il fronce les sourcils.
Elle attend quelques instants, puis les lunettes de Daniel commencent à glisser le long de son nez.
- Daniel ? demande-t-elle de nouveau.
Daniel se redresse alors brusquement.
Il repousse violemment sa chaise et se lève d’un bond. Alexandra ne le quitte pas des yeux et tente de le suivre du regard jusqu’à ce qu’il passe derrière elle. Elle repousse aussitôt sa propre chaise et se lève à son tour.
Daniel se rapproche de l’homme qui lit son journal. Une fois arrivé au bord de sa table, il prend la parole :
- Euh… Bonjour !
Surpris, l’homme abaisse son journal pour voir qui vient de lui adresser la parole. Une fois celui-ci baissé, il aperçoit Daniel devant lui, qui semble attiré par quelque chose.
- Je peux vous aider ? demande l’homme en gardant les yeux fixés sur Daniel.
- Oh oui ! Oh, je suis désolé ! Mais j’aurais besoin de vous, euh… commence Daniel, qui cherche son nom avant de remarquer son badge accroché à son uniforme bleu. - Walter !
- Besoin de moi ? En quoi ?
- Pourriez-vous me donner votre journal ?
- Mon journal ? Euh, non, je n’ai pas fini de le lire !
- En fait, j’ai juste besoin de la dernière page !
- La dernière ? Ah ! Oui, vous pouvez la prendre ! Elle fait partie des pages de ce journal que je ne lis pas.
Sans prévenir, Daniel prend la double page des mains de Walter et se met à traverser la salle en courant, tout en regardant la page du journal, désormais pliée de manière à mettre en évidence l’article qui l’intéresse.
Walter regarde Daniel s’éloigner d’un air interrogateur.
Daniel franchit rapidement les portes du réfectoire, suivi de près par les autres membres de l’équipe.
Ceux-ci le suivent jusqu’au laboratoire où se trouvent les dalles. Lorsqu’ils entrent à leur tour dans la salle, ils découvrent Daniel en train d’écrire à son bureau.
Alexandra le rejoint rapidement et remarque qu’il dessine sur le journal. Il repasse plusieurs fois sur certains traits à l’aide d’un marqueur noir, jusqu’à ce que son dessin soit parfaitement lisible.
Une fois son travail terminé, il pose le marqueur sur son bureau, reprend le journal et se dirige vers l’échelle. Il la déplace sur le côté droit de la dalle et, après l’avoir correctement positionnée, grimpe dessus avec la page du journal.
Alexandra a du mal à comprendre ce que Daniel est en train de faire. Sans perdre de temps, elle le rejoint sur l’échelle. Elle gravit les quelques marches qui la séparent de lui et observe son travail.
Daniel se tient devant l’un des symboles inconnus. Il place la page du journal juste à côté de celui-ci.
- Ce sont les mêmes ! s’exclame Alexandra en comparant le symbole gravé sur la dalle à celui que Daniel a reproduit sur le journal en suivant les traits déjà représentés.
- Orion ! déclare Daniel en observant alternativement les deux symboles.
- Mais comment est-ce possible ? Les Égyptiens possédaient-ils déjà des connaissances astronomiques aussi poussées ?
- D’après mes connaissances, pas à ce point-là. En tout cas, pas à l’époque à laquelle remontent les dalles.
- Mais pourquoi auraient-ils eu besoin de connaître ce genre d’informations ?
- Il nous manque encore des éléments, c’est certain ! répond Daniel. Nous savons à quoi correspondent ces symboles. Maintenant, il faut découvrir pourquoi ils sont gravés sur des dalles vieilles de dix mille ans.
- Vous allez en parler au colonel ? demande Alexandra.
- Non, nous ne prévenons personne. Nous continuons nos analyses et, lorsque nous serons prêts, nous leur dirons tout. D’accord ? demande Daniel en regardant Alexandra dans les yeux.
- Oui, je ne dirai rien. Nous attendrons d’avoir trouvé la réponse !
- Nous ferions mieux de ne rien dire non plus à Gary et à Barbara !
- Très bien, répond Alexandra.
Daniel se tourne alors vers le reste de la salle. Gary et Barbara attendent de savoir ce qui se passe. Daniel prend un air contrarié avant de déclarer :
- Encore une fausse piste !
Il descend de l’échelle et se dirige vers eux.
- J’aimerais rester seul dans le laboratoire, s’il vous plaît !
Gary regarde Daniel d’un air surpris. Avant qu’il puisse dire quoi que ce soit, Barbara intervient :
- Nous comprenons. Nous reviendrons dans quelques heures. Cela vous convient ?
- Oui, ce serait parfait ! répond Daniel.
- Vous venez, Alexandra ?
- Oui, j’arrive dans quelques secondes ! Ne m’attendez pas !
- D’accord, conclut Barbara avant de quitter la salle avec Gary.
Alexandra descend à son tour de l’échelle et rejoint Daniel.
- Comment procède-t-on ? demande-t-elle.
- Nous devons identifier tous les symboles présents ! Il nous faudrait une base de données astronomique.
- Comme une carte céleste ?
- Oui, c’est ça !
- Je pense pouvoir en trouver une facilement sur Internet ! Avec une période précise en tête ?
- Non. Si ces symboles datent de dix mille ans, cela ne sert à rien de prendre des cartes anciennes. Nous allons nous concentrer sur les cartes récentes.
- Très bien, je m’y mets avant le retour des autres.
Alexandra prend alors le temps de rechercher des cartes célestes. Une fois qu’elle en a trouvé, elle les imprime sur des feuilles.
Daniel et elle passent ensuite de longues heures à essayer de déchiffrer tous les symboles. Dans un premier temps, ils tentent de déterminer la position de chacun d’eux, en espérant qu’en les localisant, ils parviendront à découvrir un nouvel indice.
Le temps passe. Bien qu’ils réussissent à déterminer l’emplacement de nombreux symboles, certains semblent impossibles à identifier. Daniel et Alexandra décident alors de faire une pause avant de reprendre leurs recherches.
Alexandra se détend en s’adossant au dossier de sa chaise. Elle défait les premiers boutons de sa chemise, libérant ainsi son collier, puis commence à faire tourner son médaillon entre ses doigts.
Daniel observe la jeune femme. Il semble intrigué par l’objet qu’elle tient entre ses mains.
- C’est un collier atypique que vous avez ?
- Oui, tout à fait ! On peut dire que c’est une antiquité !
- Où l’avez-vous trouvé ?
- Nulle part, c’est ma grand-mère qui l’a trouvé !
- Votre grand-mère ! Vous savez quand ?
- Non, je sais juste que c’est le premier cadeau que mon grand-père a offert à ma grand-mère. Elle y tenait de tout son cœur.
- Et elle vous l’a donné ?
- Oui ! Vous ne trouvez pas cela incroyable de tenir aussi fortement à un objet et de pouvoir le donner ?
- Si elle l’a donné à quelqu’un à qui elle tenait encore plus, cela ne m’étonnerait pas !
- Je ne l’avais pas vu sous cet angle ! répond Alexandra en regardant le médaillon, qu’elle continue de faire tourner entre ses doigts.
- Elle ne vous a pas donné de détails à son sujet ? demande Daniel.
- Non, aucun détail, à part qu’un jour, il sera peut-être très important pour moi, répond-elle en scrutant le dos du médaillon.
- Très important ! Vous savez de quoi elle parlait ?
- Je crois que je viens de le découvrir ! répond Alexandra en lançant un rapide regard à Daniel avant de reporter son attention sur la dalle.
Alexandra se relève alors et monte sur l’échelle placée devant la dalle. Daniel la suit, mais reste en retrait, en bas de l’échelle. Il lève les yeux vers elle avant de prendre la parole.
- Vous savez ce que vous faites ?
- Je n’en ai pas la moindre idée, répond-elle en scrutant le centre de la dalle, là où se trouve la représentation de la pyramide.
Alexandra retire alors son collier et le garde quelques secondes dans ses mains. Elle le fait tourner plusieurs fois entre ses doigts avant de le maintenir fermement. Puis, elle touche le centre du cercle situé au-dessus de la pyramide et y place délicatement le médaillon.
Elle retire progressivement sa main et constate que celui-ci tient parfaitement dans le cercle gravé, avec la face représentant l’œil orientée vers l’avant.
Pendant quelques secondes, rien ne se passe. Puis, soudain, un bruit retentit, sans qu’aucune explication apparente ne permette d’en déterminer l’origine. Il ressemble au grincement d’un engrenage métallique en mouvement.
Le bruit s’intensifie progressivement tandis qu’une lumière bleue commence à apparaître sur la dalle. Elle parcourt les symboles en faisant le tour des cercles, l’un après l’autre.
Le son finit par diminuer et la lumière semble se stabiliser. Elle poursuit son parcours jusqu’à s’arrêter sur l’un des symboles. Mais, quelques instants plus tard, elle reprend sa course vers le symbole suivant, laissant le premier illuminé d’une lueur bleue persistante.
Le phénomène se répète jusqu’à ce que six symboles de la dalle restent allumés en continu.
Daniel et Alexandra contemplent les symboles lumineux. Ils n’en croient pas leurs yeux.
- Voilà, on a trouvé ! lance Daniel.
- On a trouvé ? Trouvé quoi ?
- J’avais une petite théorie depuis quelque temps, et elle me semble totalement juste maintenant. Descendez, je vais vous l’expliquer. Ensuite, nous irons voir le colonel
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