Stargate SG1 Arc 1 : Le Dieu Brisé.
Chapitre 3 : Le Porteur des Cendres. Première partie.
3145 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 07/03/2026 11:24
Stargate SG1 Arc 1 : Le Dieu Brisé.
Chapitre 3 : Le Porteur des Cendres. Première partie.
La planète PX3-921.
Elle n’apparaissait sur aucune route commerciale majeure Goa’uld. Aucun couloir stratégique, aucun monde tributaire voisin, aucune trace d’extraction massive de naquadah.
Une anomalie administrative, en somme. Une lune pâle tournait lentement dans un ciel ocre, diffusant une lumière froide qui donnait au désert minéral des reflets d’acier terni. Le sol était constitué de plaques rocheuses fracturées, comme si la planète elle-même avait été brisée puis grossièrement recollée.
À l’horizon, des cités basses émergeaient du sable noir. Des structures trapues, anguleuses, construites en pierre volcanique. Pas de pyramides monumentales, pas de statues colossales à l’effigie d’un dieu serpent ou autres. Rien qui proclame une domination. Juste des bâtiments austères, presque discrets.
Trop discrets.
Selon le colonel O’Neill, c’était toujours mauvais signe.
La Porte des Étoiles s’illumina dans un grondement familier, puis le silence du désert revint aussitôt, plus pesant qu’avant. SG-1 avança prudemment, armes levées, formation serrée.
Le vent soulevait des volutes de poussière noire qui s’accrochaient aux bottes.
Colonel O’Neill : Formation diamant. Carter, relevés complets. Teal’c, couverture à neuf heures. Daniel, tu restes au milieu. Si tu vois une pierre intéressante, tu me le dis avant de courir dessus.
Daniel leva les mains en signe d’innocence.
Daniel Jackson : Je ne cours pas sur les pierres !
O’Neill le regarda.
Colonel O’Neill : Daniel… ça fait combien d’années qu’on fait ça ?
Teal’c : « Inclina légèrement la tête. » Il court.
Un léger sourire passa sur le visage du docteur malgré lui.
Capitaine Carter : Atmosphère respirable, pas de radiations anormales. « Annonça Carter en consultant son détecteur, le front légèrement plissé. » Composition standard. Rien d’inhabituel.
Colonel O’Neil : Donc c’est probablement les habitants qui sont le problème… « Marmonna-t-il en balayant l’horizon de son P90. » Je n’aime pas ça. Pas de patrouilles Jaffa, pas de postes de garde… soit c’est abandonné, soit c’est très bien caché.
Teal’c ne participait pas à l’échange. Il était immobile, comme une statue de basalte, scrutant la ligne brisée des ruines au loin. Son regard s’arrêta sur un obélisque isolé à une centaine de mètres, à demi enseveli. La pierre semblait ancienne, plus ancienne que les cités derrière lui. Il fit un pas en avant.
Teal’c : Ce symbole… « Dit-il lentement, sa voix grave encore que d’habitude. » Je ne l’ai vu qu’une seule fois. Il était interdit.
SG-1 se tourna vers lui.
Colonel O’Neill : Interdit comment ? “On en parle pas au dîner” ou “on vous désintègre si vous le mentionnez” ?
Teal’c : La seconde option, O’Neill.
L’obélisque était fissuré sur toute sa hauteur. À son sommet, gravé profondément dans la pierre noire, un cercle divisé en cinq segments distincts. Chaque section semblait légèrement décalée, comme si le motif avait été volontairement brisé.
Daniel s’approcha aussitôt, oubliant presque le danger potentiel. Il passa ses doigts sur la surface.
Colonel O’Neill : Daniel…
Daniel Jackson : Je fais attention…
Il passa doucement ses doigts sur la surface fissurée.
Daniel Jackson : Ce n’est pas un glyphe dynastique classique. Les proportions ne correspondent à aucun système Goa’uld connu. « Il plissa les yeux. » Regardez ici.
Autour du symbole, la pierre portait des marques irrégulières.
Daniel Jackson : Il a été martelé. Les gravures originales ont été détruites… puis restaurées. Mais pas par les mêmes mains.
Capitaine Carter : « S’agenouilla pour examiner la base. » Les outils utilisés pour effacer le symbole sont Goa’uld. Haute densité énergétique. « Elle effleura une rainure à peine visible. » Et la restauration est plus récente. Beaucoup plus artisanale.
Colonel O’Neil : « Laisse échapper un léger sifflement. » Donc quelqu’un a voulu effacer ça… et quelqu’un d’autre a pris le risque de le remettre.
Teal’c posa sa main sur la pierre. Son expression s’assombrit.
Teal’c : Dans les rangs Jaffa, ce symbole était associé à un nom que l’on ne prononçait pas. Ceux qui le faisaient disparaissaient.
Colonel O’Neill : Disparaissaient comment ?
Teal’c : Sans cérémonie. Sans sépulture. Leur lignée entière était effacée.
Le vent redoubla d’intensité, produisant un sifflement étrange à travers les fissures de l’obélisque.
Carter releva brusquement la tête.
Capitaine Carter : Colonel… je capte une fluctuation énergétique faible. Très faible. Sous la surface.
Colonel O’Neill : Genre “vieille batterie” ou “piège millénaire prêt à exploser” ?
Capitaine Carter : Impossible à déterminer. Mais c’est enfoui.
Daniel Jackson : « Se redressa lentement. » Si ce symbole a été interdit, cela signifie qu’il représentait plus qu’un simple rival politique. Les Goa’uld ne prennent pas la peine d’effacer un nom. « Il fixa le cercle brisé. » À moins que ce nom ne menace l’équilibre même de leur pouvoir.
À plusieurs kilomètres de là.
Au cœur d’une vallée creusée par d’antiques séismes, un temple semi-enterré se dressait dans le minéral. Sa façade n’était visible qu’à moitié, le reste avalé par le sable noir et les siècles. Aucun emblème ostentatoire, aucune statue à l’effigie d’un faux dieu.
Sous la voûte principale, ouverte vers le ciel par une large ouverture circulaire, un Jaffa observait la même étoile pâle que celle qui baignait les ruines à la surface.
Obion.
Il se tenait immobile, les mains croisées derrière le dos. Son armure était sombre, patinée par les campagnes. Les plaques de métal portaient des impacts d’armes énergétiques, des entailles profondes laissées par des lames. Ce n’était pas une armure cérémonielle, mais celle d’un vétéran qui avait survécu à trop de batailles.
Son front arborait le tatouage d’un Prima marque d’un commandement autrefois officiel. Pourtant, rien dans son attitude ne trahissait l’arrogance d’un serviteur exalté. Son regard était lucide, presque grave. Il ne priait pas. Il attendait.
Autour de lui, disposés en demi-cercle à distance respectueuse, dix Jaffa montaient la garde.
Leurs armures différaient légèrement des standards Goa’uld. Aucune effigie d’un Grand Maître. À la place, sur leurs plastrons, discrètement gravé dans le métal, le cercle fendu en cinq segments.
Ils ne parlaient pas.
Ils n’étaient pas des fanatiques exaltés.
Ils étaient des soldats.
Des guerriers qui avaient choisi.
Un Jaffa éclaireur en armure légère, revenu d’une mission de reconnaissance, entra dans le temple d’un pas rapide, s’agenouillant aussitôt. Il s’agenouilla devant Obion, la tête inclinée.
Éclaireur Jaffa : Kel shak, Prima Obion !
Obion : Kree !
L’éclaireur releva légèrement la tête.
Éclaireur Jaffa : Des étrangers sont arrivés par le Chaapa’ai.
La voix résonna doucement sous la voûte.
Obion ne se retourna pas immédiatement.
Obion : Tau’ri ?
Éclaireur Jaffa : Oui. Quatre. Armés. Une femme est trois hommes, l’un deux est un Jaffa.
Obion : « Ferma brièvement les yeux. » Les Tau’ri qui défia Apophis… et tua Anubis.
Éclaireur Jaffa : Oui Prima.
Un des dix Jaffa prit la parole, voix contenue mais ferme.
Jaffa 1 : Ils ont abattu des Ha’tak. Ils ne sont pas à sous-estimer.
Un silence pesa un instant, rythmé par le souffle grave du vent au-dessus de l’ouverture circulaire. Les dix Jaffa redressèrent imperceptiblement leurs lances.
Obion : « Hocha légèrement la tête. » Je ne sous-estime jamais ceux qui ont survécu aux dieux.
Il descendit lentement les marches vers le centre du temple.
Au cœur de la salle reposait un autel massif de naquadah noirci, gravé d’inscriptions Goa’uld presque effacées par le temps ou volontairement martelées. Le métal portait encore les cicatrices d’une tentative d’effacement.
Au centre, protégé par un champ énergétique faible mais stable, se trouvait un cylindre ancien. Sa surface était parcourue de lignes organiques, comme si le métal lui-même avait été façonné pour imiter la structure d’un symbiote.
Le Porteur des Cendres.
C’est ainsi que le culte le nommait.
Non pas parce qu’il contenait un fragment vivant.
Mais parce qu’il conservait les résidus énergétiques de la fragmentation. Les traces de la séparation.
Obion posa sa main sur le cylindre. Les inscriptions s’illuminèrent faiblement, répondant à sa présence.
Obion : Ils croient qu’il a été détruit.
Un des dix Jaffa, plus jeune, fit un pas en avant.
Jaffa 2 : Et s’ils découvrent la vérité avant nous ?
Obion tourna lentement la tête vers lui. Son regard n’était ni dur ni condescendant.
Obion : Alors ils comprendront que l’histoire qu’on nous a enseignée était un mensonge.
Jaffa 2 : Les Tau’ri détruisent les Goa’uld. N’est-ce pas ce que nous souhaitons ?
Obion : Ils détruisent les tyrans. Nous cherchons à corriger l’erreur.
Le jeune Jaffa baissa la tête.
Un autre, plus ancien, la voix marquée par les années de guerre prit la parole et demanda.
Jaffa 2 : Devons-nous engager les Tau’ri ?
Obion : « Resta silencieux un moment. » Non. Pas encore. « Il observa à nouveau le cylindre. » Ils combattent les Goa’uld. Nous aussi. La différence est que nous savons pourquoi.
Les dix Jaffa inclinèrent la tête en signe d’assentiment. Aucun cri de guerre. Seulement une loyauté tranquille.
Obion n’était pas seulement un chef militaire, il était le gardien d’un secret que les Grands Maîtres avaient voulu effacer. Il portait non pas un fragment… Mais la mémoire de celui qu’on avait brisé.
De retour dans le temple.
Dans les ruines, Daniel avait déjà disparu derrière une paroi partiellement effondrée. Une fissure étroite, presque invisible depuis l’extérieur.
Daniel Jackson : Carter, venez voir ça !
Sa voix résonnait avec cette excitation celle qui signifiait qu’il venait de tomber sur quelque chose d’ancien. Et d’important.
O’Neill soupira.
Colonel O’Neill : Évidemment… cinq minutes sur une nouvelle planète et Daniel trouve déjà un trou mystérieux.
Daniel passa la tête par l’ouverture.
Daniel Jackson : Ce n’est pas un trou. C’est clairement une entrée dissimulée.
Colonel O’Neill : Oui, Daniel. C’est exactement ce que dirait quelqu’un qui veut que je descende dans un piège Goa’uld.
Capitaine Carter : Colonel, les structures autour de cette fissure semblent artificielles. Les traces d’érosion ne correspondent pas à une formation naturelle.
Colonel O’Neill : « Leva les yeux au ciel. » Formidable. Donc c’est officiellement un trou scientifique.
Il fit un geste à Teal’c.
Colonel O’Neill : Teal’c, avec moi. Carter, couverture. Daniel… vous restez derrière nous.
Daniel Jackson : Je suis déjà devant vous.
Colonel O’Neill : « Soupira. » Évidemment.
Carter s’engouffra dans l’ouverture, suivie d’O’Neill et de Teal’c. Un escalier abrupt descendait sous la surface, taillé directement dans la roche.
Au bas des marches, une porte circulaire scellée par un mécanisme Goa’uld bloquait l’accès. Pas un dispositif militaire standard. Quelque chose de plus discret, conçu pour durer.
Capitaine Carter : Le champ de verrouillage est inactif. « Observa Carter après un rapide scan. » Comme s’il avait été désactivé volontairement.
Colonel O’Neill : Ou comme si quelqu’un voulait qu’on entre.
Daniel Jackson : Ou comme si personne n’était revenu ici depuis très longtemps.
Pointa la porte du doigt.
Colonel O’Neill : « Pointa la porte du doigt. » Teal’c ?
Teal’c posa sa main sur le panneau central. Les symboles s’illuminèrent brièvement avant de s’effacer. La porte glissa.
Les symboles s’illuminèrent brièvement avant de s’effacer.
La porte glissa dans un murmure métallique.
Colonel O’Neill : Je déteste quand ça marche trop facilement.
La salle au-delà était intacte.
Aucune trace de pillage. Aucune marque de combat.
Les murs étaient couverts d’inscriptions Goa’uld archaïques, gravées profondément dans la pierre. Le style calligraphique était différent des écritures impériales modernes : plus anguleux, plus direct.
Daniel s’avança déjà vers les murs.
Colonel O’Neill : Daniel.
Le docteur continua de marcher.
Colonel O’Neill : Daniel !
Daniel Jackson : Oui, oui, je regarde où je mets les pieds.
Au centre de la pièce, un autel bas, dépourvu d’ornements, faisait face à un mur principal où un immense cercle segmenté dominait la composition.
Daniel s’approcha lentement. Il passa la main sur les glyphes, murmurant en traduisant.
Daniel Jackson : Exodia… Grand Maître… Stratège des Légions… Architecte des Symbioses… Architecte des Symbioses… ce n’est pas un titre honorifique classique.
Il continua à lire, plus concentré encore.
Daniel Jackson : Il perfectionna l’union de la chair et de l’esprit… Il étudia la permanence sans dépendance… « S’interrompit brusquement. » Ce nom a été effacé dans toutes les archives que j’ai consultées au SGC. Même dans les bases de données récupérées sur des vaisseaux Goa’uld.
Capitaine Carter : « Leva les yeux vers le mur. » Effacé comment ?
Daniel Jackson : Supprimé méthodiquement. Comme s’il n’avait jamais existé.
Teal’c : « S’avança, son regard parcourant les gravures. » Il existait des récits interdits dans les rangs Jaffa. Des murmures transmis entre vétérans. Parler d’Exodia était passible de mort.
Colonel O’Neill : « Haussa un sourcil. » Mort immédiate, ou version Goa’uld longue et douloureuse ?
Teal’c : Les prêtres affirmaient qu’il s’agissait d’un hérétique. Un Shol’va.
Daniel Jackson : « Tourna la tête vers Teal’c. » Mais aucun détail ?
Teal’c : Aucun que l’on pouvait confirmer sans disparaître.
Capitaine Carter : « Observa la disposition des inscriptions. » Pourquoi effacer un Grand Maître ? Les Goa’uld aiment réécrire l’histoire, pas la supprimer. Ils remplacent les vaincus par les vainqueurs.
Teal’c : Parce qu’il représentait une menace plus grande que les Tau’ri.
Le silence qui suivit était lourd.
Le docteur Jackson reprit la traduction.
Daniel Jackson : Il marcha parmi ses guerriers. Il partagea leur sang. Il modifia leur chair pour les libérer de la dépendance.
Capitaine Carter : « Releva brusquement la tête. » Attendez. Il expérimentait sur les symbiotes Jaffa ?
Daniel Jackson : Non. « Corrigea Daniel, relisant attentivement les glyphes. » Le texte distingue clairement “symbiote” et “hôte”. Il cherchait à supprimer la dépendance au symbiote.
Capitaine Carter : Supprimer la dépendance… ça signifierait que les Jaffa pourraient survivre sans incubation. Sans Goa’uld.
Teal’c : Si cela est vrai… alors il ne cherchait pas à renforcer l’Empire.
Daniel Jackson : « Hocha la tête. » Il cherchait à le transformer.
Jack O’Neill croisa les bras, observant le cercle segmenté dominant la pièce.
Colonel O’Neill : Donc les autres Goa’uld ont flippé.
Daniel Jackson : Un Grand Maître qui combat avec ses troupes, qui améliore ses soldats au lieu de les sacrifier… et qui travaille à éliminer la dépendance qui maintient les Jaffa sous contrôle ? « Il désigna le mur. » Ce n’est pas un rival politique. C’est une révolution.
Capitaine Carter : « S’approcha du centre de la salle. » Regardez ça. »
Au pied du mur principal, une série de rainures circulaires formait un motif concentrique.
Capitaine Carter : Il y avait un dispositif ici. « Dit-elle. » Pas un sarcophage. Quelque chose de modulaire.
Le docteur examina les inscriptions périphériques.
Daniel Jackson : Fragmentum… Divisio… Conscientia… Ce n’était pas seulement une salle d’archives. C’était un laboratoire.
Teal’c : « Fixa le cercle brisé. » Les Grands Maîtres n’ont pas seulement effacé son nom… Ils ont tenté d’effacer son idée.
Fin du chapitre 3 : Le Porteur des Cendres. Première partie.