Les échos du passé

Chapitre 13 : Chapitre 13 : Excursion sur Terre

13231 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 18/05/2026 16:49

 -       « Elle a vraiment dit ça ? fit Ronon, surpris.

-       Mot pour mot ! répondit fièrement John. Une vraie perle de sagesse ! Moi-même, je crois que j’aurai dit à Laila de bien pourrir en cellule pour le restant de ses jours mais… Il faut croire qu’elle est plus raisonnable que moi ! »

 

Il était 21h et ils étaient réunis autour d’une table dans le réfectoire. Ronon haussa les épaules :

 

-       « Que moi aussi, rassurez-vous… Je n’aurai même pas pris la peine de dire à Laila de pourrir. Je l’aurai laissé moisir sans lui adresser le moindre mot.

-       Kalia est vraiment très sage, en effet, dit Teyla. Est-ce que Laila sera libérée ?

-       Non… Mara a dit que c’était hors de question, nota John. Heureusement… Je n’aurai pas eu l’esprit tranquille, en sachant qu’elles étaient toutes les deux en liberté.

-       Oh, Kalia aurait pu la griller sur place, de toute façon, ironisa Rodney. »

 

Ils se tournèrent tous vers lui et il perdit son sourire.

 

-       « Enfin je veux dire… elle sait se défendre, hein ?

-       J’aurai plus été pour la griller, fit Ronon. Mais bon… Ce n’est pas moi qu’on a tenté d’assassiner.

-       Non, heureusement, marmonna Rodney. »

 

Teyla eut un sourire et demanda à John :

 

-       « Alors c’est vrai ? D’ici deux jours, le SGC pourra accueillir les réfugiés Aléniens ?

-       Tout à fait, confirma John. Ils resteront d’abord à la base pendant un mois, pour apprendre les rudiments de notre société, avant qu’on les affecte à la résidence de l’armée pour les réfugiés d’autres mondes… Et de là… Advienne que pourra. Mais je ne m’en fais pas trop, le programme d’insertion du SGC est particulièrement efficace.

-       Je vois, dit Teyla.

-       Vous allez y aller avec elles ? demanda abruptement Ronon. »

 

Les deux autres se tournèrent vers lui. John fit lentement tourner son verre dans ses mains avant de répondre :

 

-       « Mara me l’a demandé…

-       Et ? »

 

John haussa les épaules et répondit :

 

-       « Kalia a insisté alors… Je partirai avec eux. Pour passer quelques jours et… Woolsey a déjà donné son accord.

-       Il vous laisse partir d’Atlantis ? ironisa Teyla. Ça a du être dur à obtenir !

-       Oh et bien… Il a été très compréhensif.

-       Je vois… Vous ne lui avez pas laissé le choix ? fit l’Athosienne.

-       Non, en effet. »

 

Ronon eut un sourire et Teyla reprit :

 

-       « Et… Concernant ses dons ? Ils sont uniques. Je suis sûr que votre commandement a du insister pour…

-       Ils ont insisté, la devança John. Et Kalia est assez coopérative. Je sais que c’est Samantha Carter qui gérera les expériences alors… Je suis rassuré.

-       Elle va vraiment participer à des expériences ? demanda Ronon.

-       Plusieurs globes vont être rapatriés au SGC, expliqua Rodney. L’équipe de Sam va travailler à les adapter pour qu’ils puissent à terme, compléter les E2PZ. Oh, je regrette qu’on ne me laisse pas faire…

-       Ils vous tiendront au courant des moindres découvertes, assura John, amusé.

-       Moui… Ils ont intérêt ! »

 

Ronon se pencha en avant et toisa Sheppard d’un air amical :

 

-       « Et vous… Comment ça va ? »

 

Sheppard fit d’un air faussement dégagé :

 

-       « Très bien, je vous remercie ! Je vais survivre à un voyage sur Terre !

-       Qu’est-ce que vous avez prévu de faire ? demanda Teyla.

-       Oh et bien… Je n’ai pas d’idée prédéfinie et il faut que le SGC accepte mes requêtes mais… Je pensais les amener dans un parc d’attractions.

-       Oh, comme c’est cliché, ne put s’empêcher de commenter Mc Kay.

-       Mais non Rodney, avouez simplement que vous êtes jaloux, fit John.

-       Moi, je les aurai amenés dans un musée ou bien… A l’aquarium pourquoi pas ?

-       Et c’est moi qui suis cliché ? je préfère leur faire découvrir les barbes à papa plutôt que les requins de notre monde… »

 

Teyla s’exclama alors :

 

-       « Moi j’ai été ravie de découvrir les parcs d’attractions ! Et mon fils aussi !

-       Vous voyez ! fit John, amusé. Le cliché ça marche encore… »

 

Et il croisa les bras d’un air satisfait.

 

           Le surlendemain, les 56 Aléniens ainsi que Mara et Kalia se rassemblèrent devant la Porte des Etoiles.

 

           Woolsey vint faire ses adieux à ce petit peuple et eut quelques mots particuliers pour Mara :

 

-       « Madame… Je vous souhaite à vous et à Kalia, tout le bonheur du monde, comme l’on dit sur Terre. Sachez que vous serez toujours les bienvenus sur Atlantis.

-       Je vous remercie pour tout, Monsieur Woolsey, répondit Mara. Vous nous avez été d’un très grand secours. Nous sommes unanimes. »

 

Et chaque Alénien vint serrer la main du bureaucrate, qui ne s’attendait pas à un tel élan de remerciement.

 

John balança son baluchon sur son épaule et dit à Woolsey :

 

-       « Je reviens bientôt.

-       Oui Colonel, je vous attends déjà…

-       Allons… Vous allez vous en sortir ! J’ai déjà briefé Lorne, il saura gérer le personnel militaire… Surveillez simplement Mc Kay, qu’il ne fasse pas exploser un système solaire en mon absence… »

 

Woolsey eut un sourire crispé, ne sachant pas si c’était du lard ou du cochon. John eut un sourire en coin et suivit Mara et Kalia vers la porte.

 

-       « Un système solaire ? répéta Kalia. Vraiment ?

-       Mais oui ! fit John. Rodney fait parfois preuve d’un peu trop de zèle…

-       Je n’avais pas remarqué, fit Mara d’un air ironique. »

 

Ils traversèrent ensemble la Porte des Etoiles.

 

Le Général Landry ainsi que plusieurs soldats les attendaient de l’autre côté. John déposa ses affaires à terre et se mit au garde à vous. Landry lui rendit son salut :

 

-       « Repos Colonel. Et ravi de vous accueillir sur Terre… »

 

Puis, il se tourna vers Mara :

 

-       « Je suppose que vous êtes Mara d’Aléna ? C’est vous qui êtes le Chef de tous ces gens ?

-       Je ne suis… Plus Chef de qui que ce soit, à vrai dire, fit Mara, surprise par les manières brusques du Général. J’ai démissionné.

-       Oui, mais si ça ne vous ennuie pas, je préfère vous parler à vous au nom de votre peuple. Je ne ferai pas de conférences pour presque une soixantaine de personnes à chaque décision et je pense que ces gens seront plus rassurées si c’est vous qui les leur expliquerai. Est-ce que ça vous va ? »

 

Mara eut un regard hésitant, avant de dire :

 

-       « Bon… Très bien.

-       Parfait ! Alors sachez que vos quartiers vous attendent, Madame. Nous vous avons alloué un niveau tout entier et vos entrées et sorties seront contrôlées. Nous vous donnerons des pass spéciaux et vous aurez droit à tous les égards que nous pourrons vous donner. Cette situation devrait durer un mois.

-       C’est ce que l’on nous a déjà expliqué, répondit Mara.

-       Alors, si vous êtes déjà au courant… Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter la bienvenue ! »

 

Et avec un sourire amical, il s’écarta pour la laisser passer. Mara et Kalia rejoignirent le reste de leur peuple et Landry arrêta John en lui disant :

 

-       « Vous avez demandé à ce qu’elles puissent sortir dès demain, Colonel ?

-       Moui, fit John.

-       Je peux savoir pourquoi ? »

 

Sheppard eut un regard gêné et répondit :

 

-       « Et bien… Vous êtes… Au courant de la situation ?

-       Oh oui Colonel, Monsieur Woolsey me l’a expliqué. Même si je trouve cela très dérangeant comme comportement ! On est pas dans une série télévisée ici !

-       Bien sûr Monsieur.

-       Hum… Vous vous en fichez, hein ? »

 

John eut une moue qui n’engageait à rien. Il crut déceler une pointe d’amusement dans le regard du Général qui continua :

 

-       « Alors… Vous voulez vous charger de faire découvrir le monde à votre fille, si je résume bien ?

-       Vous résumez bien mon Général.

-       Je vois… »

 

Landry le considéra d’un air sévère pendant un moment, avant de hocher la tête, dépité :

 

-       « Et bien… Je vais faire une exception. »

 

Il sembla hésiter, avant d’ajouter d’un air entendu :

 

-       « Moi aussi je dois sortir avec mes petites filles ce week-end… Je sais que je ne raterai ça pour rien au monde… Vous aurez donc deux jours Colonel. Je vous veux à la base lundi matin à 8h, prêt pour partir affronter l’Univers. C’est clair ?

-       Parfaitement clair Monsieur…

-       Bien ! Alors à Lundi Colonel. »

 

Et sur ce, il s’en alla. John souffla et rejoignit Mara et Kalia. Il eut un sourire et dressa discrètement le pouce en l’air. Elles eurent un sourire et Kalia demanda :

 

-       « Est-ce que tu vas rester avec nous aujourd’hui ?

-       Et bien… Je vais déjà organiser les deux jours qui viennent. Le Général Landry m’a donné sa bénédiction mais le protocole est très strict et l’armée doit savoir où le s’on trouve à tout moment… Quant à ta mère, j’imagine que Landry ne va pas tarder à la convoquer pour lui dire ce qu’il adviendra de vous tous alors… Je ne crois pas qu’on va pouvoir rester très longtemps ensemble aujourd’hui.

-       Ah… »

 

Kalia eut l’air déçu mais ne releva pas. John lui posa une main sur l’épaule :

 

-       « Ne t’inquiète pas Kalia… Tu verras, ça va être cool.

-       Est-ce que tu me feras écouter des… musiques de Johnny Cash ?

-       Bien sûr ! Ça fait parti du programme ! »

 

L’enfant eut un sourire radieux.

 

Ils se séparèrent au niveau inférieur et John partit poser ses affaires dans la chambre qu’on lui avait allouée pour le week-end, avant de relater sur un papier officiel, la liste des lieux où il emmènerait les deux réfugiées les jours suivants.

 

Le lendemain, il lui sembla que Kalia était montée sur ressort. Elle dansait d’un pied sur l’autre dans l’ascenseur qui les menait vers la surface.

 

John eut un regard pour Mara, qui bien qu’affichant un air calme, tordait ses mains l’une dans l’autre.

 

Ils passèrent les différents niveaux de sécurité et finirent par arriver au bout du tunnel d’entrée.

 

Là, un soldat remit à Sheppard les clefs d’une Jeep qu’on leur prêtait pour la journée. Mara et Kalia eurent un moment d’arrêt, toisant l’engin d’un air méfiant.

 

John expliqua :

 

-       « C’est une voiture.

-       Voi…ture ? répéta Kalia. C’est comme… Un vaisseau spatial ?

-       Non… C’est une machine qui roule grâce à toute une mécanique complexe, sur quatre roues… Tu vas voir, c’est assez amusant. »

 

Et il l’attrapa sous les épaules pour l’asseoir à l’arrière. Mara monta gauchement à l’avant et John comprit alors pourquoi dans les conférences d’insertion, on leur enseignait des rudiments aussi élémentaires que « Comment se déplacer sur Terre ? »

 

Pour les deux filles, cela devait être assez perturbant.

 

Il mit le moteur en route et Mara eut un sursaut, pliant ses jambes contre elle.

 

-       « Ça vibre ! s’exclama t’elle.

-       C’est normal c’est… le moteur, expliqua John. »

 

La jeune Alénienne fixait le sol avec un mélange de stupeur et de frayeur. John lui posa une main sur l’épaule et fit d’un ton rassurant :

 

-       « Mara je t’assure que c’est sans danger…

-       Ok… »

 

Il eut un regard pour Kalia à l’arrière. La petite fille était bien raide dans son fauteuil…

 

-       « Vous avez… Une ceinture de sécurité à votre droite, toutes les deux. C’est quelque chose comme ça, leur dit-il en leur montrant le tissus rigide. »

 

Il leur expliqua patiemment comment les attacher suite à quoi, il mit lentement la voiture en branle.

 

           Ils finirent par sortir du tunnel et s’engagèrent alors sur la route.

 

           Il entendit Kalia s’écrier :

 

-       « Ça alors ! »

 

Il jeta un coup d’œil dans le rétroviseur et la vit qui regardait de tous les côtés, ébahie.

 

Mara semblait également estomaquée.

 

Sheppard eut un sourire et alluma la radio.

 

Kalia s’exclama alors :

 

-       « Et mais c’est la chanson de Johnny Cash ! »

 

Il se retint d’éclater de rire tandis que Mara répétait :

 

-       « Johnny Cash ? Mais c’est qui à la fin Johnny Cash ?

-       Un chanteur de la Terre, expliqua John. Très connu. »

 

Il vit Mara se pencher en avant et fixer les haut-parleurs de la Jeep. Elle demanda :

 

-       « Il y a de la musique qui sort de la voi…ture…

-       Oui euh… Ce sont des haut-parleurs intégrés dans la coque.

-       Intégrés dans la coque… répéta Mara, comme si elle essayait de comprendre la portée de ses mots. »

 

John hocha la tête. Ils roulèrent ainsi pendant deux bonnes heures avant d’arriver au parc d’Elitch Gardens à Denver.

 

Il vit Kalia se redresser pour observer les rails des montagnes russes qui se profilaient à l’horizon.

 

Mara plissa les yeux :

 

-       « Par les Ancêtres, mais qu’est-ce que c’est que ça ?

-       Des montagnes russes, fit Sheppard d’un ton enjoué.

-       Montagnes russes ? Mais… Ce ne sont pas de vraies montagnes ? »

Il se retint une nouvelle fois de rire devant sa touchante naïveté. Mais Mara s’en rendit compte :

 

-       « Ne te moques pas de moi…

-       Je ne me moque pas ! Mais non, ce ne sont pas de vraies montagnes… Je ne sais pas trop pourquoi on les appelle comme ça à vrai dire…

-       Il y a des gens dessus ? fit Kalia.

-       Oui Kalia… Tu vas pouvoir monter dessus toi aussi. »

 

Ils arrivèrent finalement au parking et John y gara la Jeep. Mara et Kalia détachèrent précautionneusement leurs ceintures et descendirent lentement.

 

La petite fille observa l’entrée du parc qui arborait fièrement son nom en grandes lettres brillantes.

 

-       « Qu’est-ce que c’est… Coloré ! dit-elle. »

 

Mara observait les environs, ébahie. Elle se rapprocha de John sans doute par instinct et déclara :

 

-       « Je ne pensais pas que des choses aussi grandes pouvaient exister…

-       Attends d’être à l’intérieur… Tu verras, c’est carrément géant ! »

 

Il les guida à l’entrée du parc et en paya les entrées.

 

Une fois passées les portes, Mara et Kalia s’arrêtèrent net. La petite fille faisait courir son regard de partout, comme si elle essayait de tout voir en une seule fois.

 

Elle observa les autres enfants autour d’elle, leurs parents et…

 

-       « John, c’est quoi cette chose rose que la petite fille mange là-bas ? »

 

Elle pointait du doigt…

 

-       « Une barbe à papa ! »

 

Kalia se tourna vers lui comme s’il venait de dire un gros mot et il ne put cette fois-ci s’empêcher de rire. Mara fronça les sourcils et John s’efforça de calmer son hilarité.

 

-       « Ça s’appelle vraiment comme ça. Mais ça n’a rien à voir avec… Ma barbe.

-       Ah… »

 

Elle avait l’air complètement désorientée et John secoua la tête. Il lui tendit la main, qu’elle prit avec hésitation et il l’amena près du fabricant de la célèbre confiserie.

 

Cinq minutes plus tard, ils repartaient avec une grosse boule rose duveteuse. Kalia fixait le tout comme si elle essayait de comprendre comment une telle chose pouvait exister.

 

Mara enfonça légèrement son doigt dans le sucre mou et s’exclama :

 

-       « Ça colle !

-       C’est normal, c’est… Très sucré, fit John. »

 

Et il en prit une bonne poignée qu’il se fit un plaisir d’avaler.

 

-       « C’est excellent ! Je crois que je vais demander au SGC si je ne peux pas ramener une machine pour en faire sur Atlantis… »

 

Il vit alors du coin de l’œil une famille non loin de là qui le regardait d’un air étrange mais il n’y prit pas garde.

 

Kalia sembla hésiter avant d’à son tour déchirer un morceau de barbe à papa et de la goûter du bout des lèvres.

 

Elle ouvrit alors des yeux tout ronds et se tourna vers sa mère :

 

-       « Maman, c’est vraiment très bon ! »

 

Mara avait l’air plus réticente encore que sa fille mais finit par se laisser tenter.

 

Elle goûta la confiserie et regarda John étonnée :

 

-       « Qu’est-ce que c’est sucré !

-       Oh oui…

-       Mais je dois reconnaître que c’est très bon. »

 

Il eut un air entendu :

 

-       « Je vous l’avais bien dit… Bon… Par quoi on va commencer ? »

 

Ils marchèrent en flânant aux détours des allées. John se dit qu’il n’allait pas directement attaquer avec les montagnes russes…

 

           Kalia marchait lentement, collée contre sa mère. Les deux filles observaient ce qui se trouvait autour d’eux avec un mélange d’étonnement et de crainte. Kalia finit par s’arrêter en plein milieu d’une allée.

 

-       « John… »

 

L’enfant lui montra alors un garçon qui tenait dans ses bras un ours en peluche qui devait faire sa taille.

 

Kalia souffla :

 

-       « Qu’est-ce que c’est ? On avait des poupées sur Aléna mais jamais d’aussi grosses ! Maman, tu as vu ? »

 

Mara hocha la tête avec un sourire.

 

-       « Tout est vraiment plus grand ici… Mais… Çà alors ! »

 

Estomaquée, elle suivit du regard une enfant d’une dizaine d’années qui se baladait plus loin, habillée d’une robe de princesse.

 

Mara se tourna vers John, ahurie :

 

-       « Mais vous… Je croyais que les rois et reines n’existaient pas dans ton monde ? »

 

Sheppard crut qu’il allait encore éclater de rire mais il fit un gros effort pour se retenir. Il expliqua, amusé :

 

-       « Non en effet, à part dans d’autres pays… Mais pas en Amérique.

-       L’Amérique… C’est ta terre, c’est ça ?

-       Oui…

-       Alors pourquoi…

-       C’est un déguisement, Mara, fit John.

-       Dé – quoi ? fit l’Alénienne. »

 

John se remit en marche, guidant Kalia et Mara vers le stand de tir.

 

-       « Un déguisement, répéta t’il. C’est… Un habit qui représente quelque chose qui n’existe plus ou pas mais que les gens aiment bien.

-       Alors cette petite fille… Est déguisée en princesse ? dit Mara.

-       C’est ça… Je me sens un peu privilégié, je suis accompagné par une vraie Princesse aujourd’hui ! »

 

Mara eut un regard mi-amusé mi-agacé mais ne releva pas. Elle eut une moue critique et commenta :

 

-       « Elle ne doit vraiment pas se douter de ce que c’est, d’être une vraie princesse…

-       Non, ça c’est sûr ! »

 

Ils arrivèrent près du stand de tir et s’arrêtèrent derrière la courte file d’attente. Kalia tendit le cou et s’exclama :

 

-       « Ça alors, ils ont plein de grosses poupées velues comme celle du petit garçon !

-       On appelle ça une peluche, Kalia, fit John. »

 

Devant lui, une femme d’une quarantaine d’années avec deux petits garçons, se tourna vers eux, pour leur jeter un rapide coup d’œil surpris.

 

-       « Une peluche ? répéta Kalia.

-       Hum hum…

-       Et… Pourquoi on ne peut pas en avoir une nous aussi ?

-       Parce qu’il faut la gagner pour ça.

-       La gagner ? Alors… C’est un jeu, c’est ça ?

-       Oui ! Tu vois, il faut arriver à viser et tirer sur les boîtes qui sont installées sur l’estrade. Si tu arrives à toutes les toucher, tu peux gagner une grosse peluche.

-       Ouah ! fit-elle. Mais… Je ne sais pas tirer moi !

-       Ne t’inquiètes pas, fit John avec un sourire en coin. »

 

Mara le regarda avec curiosité et John haussa les épaules.

 

Dix minutes plus tard, arriva leur tour. Le gérant du stand, un homme qui se prénommait « Max » selon son badge les accueillit avec un faux sourire enjoué :

 

-       « Ah ! Une bien belle petite famille ! Alors qui va s’essayer au tir ? Monsieur ou Madame ?

-       Monsieur, fit tranquillement John.

-       Oh oh ! Et bien choisissez Monsieur ! Fusil ou pistolet ? »

 

John pointa du doigt l’arme de poing que Max lui tendit avec une réserve de balles.

 

Sheppard tendit l’arme d’un geste sûr et de cinq tirs rapidement bien placés, dégomma une à une les cibles en face de lui.

 

Kalia tapota dans ses mains et le sourire de Max se crispa. Les deux hommes se regardèrent et le gérant comprit immédiatement. Il lança :

 

-       « Je vois… Policier Monsieur ?

-       Militaire. Lieutenant Colonel, corrigea John.

-       Ah… Ah ah… »

 

Il eut un geste évasif du bras et laissa John tirer les deux autres jeux de cibles. Max dit alors :

 

-       « Allons bon… Qu’est-ce que vous voulez comme gain ? »

 

Mais John se tourna vers sa fille :

 

-       « Kalia ?

-       Je peux choisir ? demanda l’enfant, ébahie.

-       Bien sûr… »

 

Alors, la petite fille pointa du doigt un énorme ours en peluche que Max consentit à décrocher pour le lui tendre.

 

L’enfant s’en empara et dit au gérant :

 

-       « Merci Monsieur pour ce magnifique présent ! Bonne continuation ! »

 

Et elle s’inclina légèrement avant de se tourner vers sa mère pour lui montrer la peluche. Max eut un regard ahuri pour John, qui commenta :

 

-       « On essaye de bien l’élever… »

 

Le gérant sembla alors décider de ne plus se poser de questions et accueillit les clients suivants.

 

John pouffa et demanda à sa fille :

 

-       « Alors, ça te plaît ?

-       C’est génial ! s’exclama l’enfant. »

 

Mara leva un regard reconnaissant vers John qui eut un sourire satisfait. Ils se remirent à avancer et la jeune femme se rapprocha de lui pour souffler :

 

-       « Avoue que ça t’a plu, hein ?

-       Et bien, d’habitude, les cibles sont mouvantes et essaient de te dévorer tout cru alors… Ça change d’avoir des cibles faciles. »

 

Mara eut un petit rire et observa sa fille gambader joyeusement devant eux.

 

-       « Elle est déjà aux anges, dit l’Alénienne avec douceur.

-       On dirait oui… 

-       Je ne pensais pas qu’il existait des endroits où l’on pouvait uniquement se divertir ainsi, fit Mara.

-       Oh… Et bien oui, ils existent, dit John. Et encore, ce n’est pas le plus grand parc du pays…

-       Il y a encore plus grand ?

-       Bien sûr… »

 

Elle secoua la tête, étonnée. Kalia se tourna alors vers eux :

 

-       « John ! Quand est-ce qu’on peut faire les montagnes russes ?

-       Plus tard, assura t’il.

-       Pourquoi pas maintenant ?

-       Et bien… A vrai dire, je ne sais pas si tu vas les supporter.

-       C’est-à-dire ? fit Mara.

-       Hum… Certaines personnes peuvent être légèrement malades. Des vertiges, des vomissements…

-       Des vomissements ? répéta Mara, catastrophée. Mais alors… Quel est l’intérêt ?

-       Oh si tu le supportes, c’est très amusant, fit John.

-       Ah… Et tu es sûr que c’est sans danger pour Kalia ? »

 

Il eut une moue dubitative :

 

-       « Sans danger mortel, oui…

-       John…

-       Maman, fit alors Kalia d’un air ennuyé. Rien ne dit que je vais être malade… Je veux tenter les montagnes russes !

-       Doucement jeune fille, fit alors John. D’abord, on va faire autre chose comme… Les auto tamponneuses, tiens ! Toi et moi contre ta mère ! »

 

Et il leur expliqua le principe de l’attraction. Kalia sautilla sur place :

 

-       « Ah oui, je veux essayer ça ! »

 

Mara éclata alors de rire et déclara en levant les mains :

 

-       « C’est sûr que je vais perdre à ce jeu !

-       Personne ne perd ou ne gagne vraiment, tu sais… »

 

Ils essayèrent les auto-tamponneuses… John laissa le volant à Kalia qui se fit un malin plaisir de pourchasser sa mère et de rentrer dans le moindre véhicule à sa portée.

 

La journée passa ainsi avec trois autres barbe à papa, des churros et des enchiladas au fromage à midi.

 

Finalement, John les mena aux montagnes russes et Mara les toisa d’un air méfiant. Kalia demanda alors :

 

-       « Pourquoi est-ce que les gens crient ?

-       C’est parce que c’est surprenant, répondit son père.

-       Ah bon ? Ouah… Qu’est-ce que ça va vite ! Mais moins vite qu’un Jumper, hein ?

-       Ça c’est sûr, approuva John. Mais tu vas sentir passer la vitesse… C’est ça qui est amusant ! »

 

L’enfant eut un sourire. John se tourna vers Mara, qui n’avait pas l’air aussi enthousiaste que sa fille. Il la rassura :

 

-       « Ne t’inquiètes pas… C’est sans risques, tu sais.

-       Ça n’a pas l’air…

-       Tu peux rester ici, si tu veux, fit John. Je monterai avec Kalia.

-       Oh allez Maman, essayes ! fit la petite fille. Je suis sûre que tu vas t’amuser ! »

 

Mara sembla hésiter, avant de céder avec un haussement d’épaules :

 

-       « Bon, très bien… Essayons ! »

 

Ils attendirent patiemment que leur tour vienne. Kalia et John s’installèrent l’un à côté de l’autre et Mara monta devant eux.

 

Elle se tourna vers eux, semblant angoissée. John lança :

 

-       « Pro-fites ! Ne t’inquiète pas tant ! »

 

Elle ne répondit pas. Kalia remua sur son siège avec une grimace :

 

-       « C’est pas très confortable…

-       Non, c’est vrai, confirma John.

-       Et ça dure combien de temps ?

-       Quelques minutes… Mais ça paraît plus long. »

 

Elle hocha la tête et il put voir à quel point elle était impatiente.

 

Soudain, on annonça le départ imminent. Kalia tourna vers lui un regard fiévreux et John déclara :

 

-       « Accroches-toi. »

 

Elle hurla à lui en casser les oreilles au moment où ils partirent comme une fusée. Mara hurla également mais John éclata de rire.

 

Kalia l’attrapa fermement par le bras et continua de hurler et de hurler à s’en briser les cordes vocales.

 

Le tour dura cinq bonnes minutes avant que le manège s’arrête.

 

Kalia était encore bouche-ouverte, yeux comme des soucoupes et John demanda en rigolant :

 

-       « Kalia est-ce que ça va ? »

 

La petite fille se tourna lentement vers lui, hochant la tête.

 

John la détacha et se pencha vers Mara :

 

-       « Mara… Mara, ça va ?

-       Je… oh par les Ancêtres… »

 

Elle était livide. John l’aida à sortir et la jeune Alénienne s’accrocha à lui, légèrement titubante. Kalia semblait bien plus assurée sur ses jambes et elle finit par lancer :

 

-       « C’était génial !

-       Ok, fit Mara… Pas pour moi… Je vous laisse en refaire si vous voulez mais je vous attendrai ici, hein ? »

 

John rit à nouveau et Kalia récupéra son ours en peluche auprès du gérant du manège.

 

Il jeta un œil à sa montre et déclara :

 

-       « Bien ! Il est temps d’y aller !

-       Déjà ? fit Kalia, déçue.

-       Oui, mais je n’ai jamais dit qu’on rentrait maintenant ! »

 

Mara le fixa d’un air suspicieux :

 

-       « Où comptes-tu nous emmener ?

-       Au cinéma.

-       C’est quoi… Un cinéma ? dit Kalia.

-       Un endroit où on peut voir des films.

-       C’est quoi des films ?

-       Des… Images mises bout à bout à un rythme très rapide, expliqua John. Qui retranscrivent certaines scènes du quotidien ou certaines situations extraordinaires.

-       Vous allez dans des endroits pour observer la vie ? résuma Mara. »

 

John acquiesça.

 

-       « Oui… Mais pas la vie classique enfin… Des films comme ça existent mais je préfère ceux qui sont plus spectaculaires… Comme ceux en 3D par exemple…

-       En quoi ?

-       Tu verras… »

 

Ils se rendirent au cinéma de Denver. Mara observa les affiches avec curiosité :

 

-       « Il y a du choix… C’est quoi… Star Wars ? »

 

John frappa dans ses mains.

 

-       « Parfait ! Je savais qu’ils devaient refaire la version en 3D, je ne pensais pas que c’était déjà en salles !

-       Mais c’est quoi… Star Wars ? répéta Kalia.

-       C’est… Une histoire de famille dans une galaxie lointaine… Très lointaine. »

 

Mara le regarda bizarrement et John comprit. Il assura aussitôt :

 

-       « Rien à voir avec nous.

-       Oh…

-       Non c’est… Un peu plus… Tragique. Enfin, je ne vais pas te raconter le film. Mais… Vous allez pouvoir goûter le pop-corn !

-       C’est comme la barbe à papa ? fit Kalia.

-       Presque aussi bon ! En attendant la séance… fit-il en regardant autour de lui. Ah ! »

 

Il les fit traverser la route et les mena à un glacier qui se trouvait juste en face du cinéma. Mara eut un léger rire :

 

-       « John, je ne vais plus manger pendant une semaine ! Comment ça se fait que ton monde regorge d’autant de nourriture !

-       On est très diversifié, répondit Sheppard. Mais crois-moi, les glaces, ça vaut le détour… »

 

La jeune Alénienne le regarda avec douceur et le suivit. John commanda vanille-chocolat pour tout le monde.

 

Il posa une coupelle dans les mains de Kalia qui s’exclama :

 

-       « C’est glacé !

-       Tout est dans le nom, fit Sheppard avec un sourire. »

 

Il les observa goûter les glaces avec amusement. Kalia eut une petite grimace et ouvrit des yeux étonnés.

 

-       « C’est vraiment très froid ! Mais je ne connais pas ces goûts là… »

 

Mara semblait énormément apprécier la glace. Elle eut un regard espiègle envers John qui demanda :

 

-       « Tu en veux encore ?

-       Non… Je garde de la place pour… Le pop-corn, c’est ça ?

-       Hum hum… »

 

Ils s’assirent sur un banc et restèrent ainsi à regarder la vie qui s’étalait devant eux. Mara nota :

 

-       « Il y a énormément de… Voitures ? C’est le bon mot ?

-       Oui. En fait… Il y a plusieurs marques.

-       Des marques ?

-       Les marques sont des sortes de… Fabriques. Il y en a de plusieurs sortes. Même sur les vêtements que tu portes. »

 

Mara eut un regard pour sa chemise en coton et déclara :

 

-       « Et bien… Mais comment faites-vous pour… Choisir ?

-       Là est tout le problème, fit Sheppard avec un sourire. On a trop de choix.

-       En quoi c’est un problème ? demanda Kalia. C’est mieux, non ?

-       Non, répondit son père. Avoir trop de choix rend capricieux.

-       Oh… Alors… Vous faites des caprices pour ces machines ? fit l’enfant en montrant du doigt les voitures.

-       Souvent, oui.

-       Pourquoi ? »

 

John haussa les épaules et écarta les mains en déclarant :

 

-       « Un des mystères de la race humaine… »

 

Kalia sembla ne pas comprendre. Elle reporta son attention sur les commerces et plissa les yeux :

 

-       « Il y a tellement de ces petites maisons avec des noms étranges…

-       Des magasins, corrigea John.

-       Magasins… Comme ceux sur Aléna ? Où on se fournissait en vêtements ou machines pour labourer les terres ?

-       Oui sauf que là, tu ne fais pas de troc, répondit John. Il faut payer.

-       Payer ? Mais si vous ne faites pas du troc, avec quoi vous… Payez ? »

 

Sheppard eut un sourire en coin et sortit un billet de 20 dollars de son porte-monnaie. Mara et Kalia se penchèrent dessus, curieuses et l’Alénienne déclara :

 

-       « J’ai vu que tu en donnais à l’entrée du parc… Contre des tickets.

-       C’est ça. C’est de l’argent.

-       Nous en avions aussi au palais de… L’argent. Mais on ne s’en servait quasiment jamais, dit Mara. Alors si je comprends bien… Pour pouvoir posséder ce qu’il y a dans ces… Magasins, il faut donner une somme d’argent ?

-       C’est ça.

-       Et comment vous obtenez cet argent ?

-       En travaillant.

-       Quoi, dans les champs ? demanda Kalia.

-       Non… Mais dans tous ces magasins que tu vois autour de toi, fit John en embrassant les alentours d’un geste du bras.

-       C’est aussi une forme de troc, dit Mara, songeuse. Comment est-ce que vous évaluez la valeur des objets ? Ça ne doit pas valoir grand-chose si vous n’avez pas quelque chose de vraiment… Vital ou utile à donner, non ? »

 

John la considéra un moment. Il se rendait soudain compte d’à quel point le monde autour de lui, pouvait paraître étrange, complexe, voir vide de sens à des personnes comme Mara ou Kalia.

 

Elles, elles avaient du travailler pour survivre, tous les jours de leurs vie.

 

Il baissa les yeux vers son billet et répondit :

 

-       « La Terre… Notre société, est beaucoup plus futile que la vôtre. Nous donnons souvent la mauvaise valeur aux choses et aux gens. Dans ton monde, vous révériez les médecins. Dans le nôtre, nous n’hésitons pas à remettre souvent leur parole en doute. A ne pas leur donner de l’argent à leur juste valeur… Toutes ces « marques » dont je t’ai parlé… En réalité, ça ne veut rien dire. »

 

Mara et Kalia se regardèrent, semblant ne pas comprendre. Mara demanda alors :

 

-       « Pourquoi est-ce si compliqué ?

-       Oh… Et encore, vous n’avez rien vu !

-       En un sens… Ca me fait penser à la Tour, dit-elle lentement. Futile. Inutile. Complètement insensé.

-       Oui ce n’est pas si bête. Mais il y a quand même des bonnes choses ici aussi !

-       Des barbes à papa ! s’exclama Kalia.

-       Et tu n’as pas goûté le pop-corn. »

 

L’enfant rit mais Mara se contenta d’un sourire. Elle regarda autour d’elle et John comprit ce qu’elle pensait : à un bout de l’Univers ou à un autre… Rien ne changeait.

 

Ils se levèrent et se rendirent au cinéma, l’heure de la séance approchant. John paya leurs places et ils pénétrèrent dans l’ambiance feutrée des lieux.

 

Sheppard acheta un seau de pop-corn. En pénétrant dans la salle, Kalia s’exclama :

 

-       « Ça alors, c’est tout noir ici ! »

 

Les gens autour d’elle l’entendirent et rirent poliment. John attrapa sa fille par les épaules et les conduisit vers leur droite.

 

Il les fit asseoir et se pencha vers Kalia pour lui expliquer :

 

-       « Kalia… Quand le film commencera, il vaudra mieux… Eviter de parler.

-       J’ai dit une bêtise, c’est ça ? fit-elle, consternée. J’ai entendu les gens se moquer.

-       Disons que… Le fait que la salle soit sombre, est nécessaire pour que les images puissent être diffusées sur cet immense écran blanc en face de toi. »

 

Mara et Kalia tournèrent la tête vers l’écran, intéressées.

 

John enleva sa veste et plongea sa main dans le pop-corn.

 

-       « Attaquons les hostilités… »

 

Mara et Kalia se regardèrent et goûtèrent à leur tour les grains de maïs grillés.

 

Kalia fronça les sourcils et déclara :

 

-       « C’est surprenant comme goût ! C’est… Sucré aussi. Mais moins que la barbe à papa… Hum… C’est bon ! »

 

Mara sourit et lui caressa la tête. Ensemble, ils observèrent distraitement les gens affluer et s’installer.

 

Kalia demanda alors :

 

-       « C’est quoi l’histoire du… Film ?

-       Star Wars ? Oh et bien… C’est l’histoire d’un jeune homme qui s’appelle Luke Skywalker, qui se retrouve embarqué dans une grande aventure à travers l’espace ! Dans le film, sa galaxie est aux mains d’un Empire Galactique très maléfique. Luke va devoir se battre avec ses amis pour les libérer.

-       Ouah… Et tu as dis que c’était une histoire de famille ?

-       Oui aussi… Mais ça, ce sera pour le film qui vient après celui qu’on va voir.

-       Il y a plusieurs Star Wars ?

-       Oui, dix films en tout je crois.

-       Tant que ça !

-       C’est que l’histoire s’étend sur trois générations… »

 

Elles semblaient perdues. Mara eut un léger rire :

 

-       « C’est incroyable… Que des gens de ton monde imaginent des histoires qui au final, se passent vraiment dans l’Univers. »

 

John vit leur voisin de droite les regarder d’un air étrange, du coin de l’œil. Il s’éclaircit la voix et déclara :

 

-       « Oui enfin… Rien n’est moins sûr ! Les… Extraterrestres n’existent pas. »

 

Mara porta une main à sa bouche, comprenant son erreur. Elle eut un regard désolé mais John haussa les épaules.

 

Alors, les lumières s’éteignirent. Kalia se pencha vers Sheppard et souffla :

 

-       « Le film commence ?

-       Oui… Tiens, mets les lunettes qu’ils t’ont données à l’entrée. »

 

Mara et Kalia s’exécutèrent et reportèrent leur attention sur l’écran.

 

La musique mythique résonna et commença alors à défiler le texte. Les deux filles eurent un sursaut de surprise et Kalia faillit bien renverser le seau de pop-corn.

 

Instinctivement, elle s’agrippa aux accoudoirs et souffla :

 

-       « Enorme ! »

 

John rit intérieurement.

 

Il reporta son attention sur l’écran pour redécouvrir ce chef-d’œuvre du genre.

 

Deux heures plus tard, ils sortirent du cinéma et Kalia grimaça :

 

-       « Ouah, ça fait mal aux yeux !

-       Le passage est un peu brutal, commenta John. Bon… »

 

Il regarda sa montre et décréta :

 

-       « Il faut rentrer à la base… Sinon, Landry va nous passer un savon. »

 

Kalia fit la moue mais John la rassura :

 

-       « Ne t’inquiète pas, j’ai prévu encore des tas de choses pour demain !

-       Comme quoi ?

-       Oh… C’est une surprise ! »

 

Il vit le regard de l’enfant pétiller de joie.

 

Il était 20h pile quand ils arrivèrent au SGC.

 

John les accompagna au mess de la base et Kalia commenta en observant la gelée bleue dans son assiette :

 

-       « Je préférai les pop-corn…

-       C’est moins mauvais que ça en à l’air, commenta John. »

 

Elle haussa les épaules. Ils mangèrent dans le calme, Kalia ressassant tout ce qu’elle avait adoré faire dans la journée, montagnes russes en tête de liste.

 

John l’observa. C’était la première fois qu’il la voyait aussi joyeuse. Il se sentait satisfait de voir que la noyade d’il y avait à peine quelques jours, semblait devenir peu à peu, uniquement un mauvais souvenir…

 

Il les accompagna jusqu’à leur chambre mais Mara dit à sa fille :

 

-       « Kalia, je voudrai parler à John un moment. Je te laisse te changer et te coucher ?

-       Oh… »

 

Son regard passa rapidement de son père à sa mère et un brin d’inquiétude apparut dans les prunelles vertes. Mara la rassura aussitôt :

 

-       « Ne t’en fais pas, ce n’est rien de grave…

-       Bon, très bien… »

 

Elle se tourna vers son père et eut un sourire et un geste de la main :

 

-       « Merci pour tout John ! A demain ! »

 

Et sur ce, elle rentra dans sa chambre. Mara se redressa et fit avec douceur :

 

-       « Il y a un endroit où on peut parler ?

-       Bien sûr. On a une salle de repos ici… »

 

XXX

 

-       « Et bien… Ce n’est pas aussi gigantesque que tout ce que j’ai pu voir aujourd’hui, mais c’est un endroit confortable. »

 

John sourit et l’accompagna vers un des canapés de la pièce. La salle de repos comportait aussi un billard, une télévision, un poste de radio et d’autres poufs et canapés, ainsi qu’un petit frigo.

 

Il eut un regard inquisiteur et dit ironiquement :

 

-       « Laisses-moi deviner hum… Les montagnes russes, c’était peut-être un peu trop ? »

 

Elle eut un sourire et secoua la tête :

 

-       « Non… En réalité, je tiens vraiment à te remercier. Ton monde est… Fascinant. Vraiment. Mais Kalia a adoré sa journée et… Après ce qu’elle a vécue… Ce furent des moments salvateurs. Pour toutes les deux. Merci, John.

-       Je t’en prie c’était… Bien pour moi aussi. Ca faisait longtemps que je n’étais plus allé au cinéma… »

 

Mara sourit à nouveau avant de prendre un ton plus sérieux.

 

-       « Ecoutes je… Ce que je vais te demander est un peu étrange mais… Je suis curieuse de savoir.

-       Savoir quoi ? fit-il, avec un ton quelque peu inquiet.

-       Savoir des choses… Sur toi. »

 

John ne s’attendait pas à ça. Il répéta :

 

-       « Sur moi ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

-       Et bien… Tu sais… On peut dire que tu… Sais déjà tout ce qu’il y a à savoir sur moi, ma famille, mon peuple… Mais moi… Non. »

 

Il resta sans voix. Mara reprit avec douceur :

 

-       « Je ne sais pas grand-chose sur toi… De quelle… Cité viens-tu, dans ton monde ? As-tu des frères ? Des sœurs ? Tes parents sont-ils encore en vie ? »

 

Sheppard mit un moment avant de revenir de sa stupeur et contra par une autre question :

 

-       « Est-ce que… Tu as vraiment envie de savoir tout ça ?

-       Oui. Je veux dire…

-       Mara… Tu sais que tu ne pourras jamais rencontrer ma famille ? N’est-ce pas ? »

 

Elle sembla gênée. John reprit avec une grimace ennuyée :

 

-       « Mara… Personne dans ma famille ne saura que j’ai une petite fille. Et à vrai dire… Je ne m’entends pas très bien avec eux. Mais ça mis à part…

-       Je pensais juste… Je me disais… »

 

Elle était mal-à-l’aise et ne réussit pas à terminer sa phrase. John reprit :

 

-       « Mara… Je suis très heureux de passer du temps avec vous deux. Je te le jure. Plus que ce que je pouvais l’imaginer. Mais il faut que tu comprennes que je vais repartir. Et que je ne sais pas quand je reviendrai. Vous allez devoir continuer… Sans moi. »

 

Il vit très bien qu’elle encaissait le coup. Ses épaules s’affaissèrent légèrement et elle hocha la tête en baissant le regard.

 

John ne sut pas quoi lui dire. La jeune Alénienne finit par reprendre d’une petite voix :

 

-       « Je me disais que… Ce pourrait être… Plus simple… Pour nous deux.

-       Mara…

-       Je sais, tu ne m’aimes pas.

-       Non, ce n’est pas ce que j’allais dire. »

 

Elle releva la tête, surprise. John se sentit soudain gêné et corrigea :

 

-       « Enfin, c’est plus compliqué que ça mais… ce n’est pas qu’une question de sentiments. Je ne peux pas partir d’Atlantis quand ça me chante, j’ai trop de responsabilités là-bas… Et pour être honnête, j’y suis bien. J’aime ce que je fais.

-       Tu es un explorateur, fit-elle avec un sourire triste.

-       Oui.

-       Alors… Rien ne va changer ? Du tout ?

-       Non Mara. »

 

Elle ne releva pas. Elle frotta lentement ses mains contre ses jambes, semblant songeuse. Puis, elle haussa les épaules et demanda quand même :

 

-       « Est-ce qu’on pourra quand même… Te revoir un jour ? »

 

Il ne répondit pas immédiatement. Il contempla un moment le regard bleu de la jeune Alénienne, son visage ovale et ses traits fins. Les quelques rides discrètes au coin des yeux. Les quelques mèches folles autour de ses joues.

 

Il s’imagina un instant que jamais il ne la reverrait. Qu’il n’aurait plus jamais de ses nouvelles. Que dès le surlendemain, Mara et Kalia seraient occultées de sa vie… Pour toujours.

 

           Sa réponse fut sans équivoque :

 

-       « Bien sûr. Je reviendrai. »

 

Elle sembla aussitôt soulagée. Elle eut un sourire joyeux et observa le vide autour d’eux.

 

Elle se tourna alors vers lui et il comprit ce qu’elle allait faire en lisant tout l’amour qu’elle avait pour lui dans son regard.

 

Elle se leva et s’assit à ses côtés pour poser ses lèvres contre les siennes.

 

Sheppard hésita avant de lui rendre son baiser… Dans son esprit, il se disait toujours que c’était une mauvaise idée mais il n’avait jamais pu lui résister.

 

Mara l’embrassa avec une intense douceur. Elle se colla contre lui et ils restèrent ainsi, partageant ce moment intime qu’ils n’auraient plus l’occasion de vivre avant longtemps…

 

Finalement, elle s’écarta et posa simplement sa tête sur son épaule. Il la sentit se détendre et la berça avec tendresse.

 

Ils ne dirent plus rien pendant de longues minutes. Puis, John ne put s’empêcher d’étouffer un bâillement et Mara rit gentiment :

 

-       « Tu es fatigué…

-       Un peu… Kalia était montée sur ressorts !

-       Attends demain… »

 

Elle se leva et il l’imita. John la raccompagna jusque devant sa chambre et Mara déclara :

 

-       « Bien alors… A demain.

-       A demain, Mara. »

 

XXX

 

           Il ne sut pourquoi, il profita encore plus intensément de la journée du dimanche. Il amena les deux filles dans les montagnes environnantes du Colorado, pour leur faire partager les beautés de la Terre, plutôt que la frénésie de la société.

 

           Mais il sortit tout de même de son sac pour le midi…

 

-       « Du pop-corn ! s’exclama Kalia, ravie. 

-       Et oui ! Il ne vaut pas celui du cinéma mais il n’est pas mal non plus… »

 

Il put montrer à l’enfant au travers d’une paire de jumelles la faune des lieux et elle s’amusa à cueillir toute une variété de fleurs, dont elle apprit avidement les noms.

 

Finalement, la fin du jour arriva trop vite au goût de John.

 

Comme la veille, ils rentèrent à la base, plus fatigués encore. Kalia s’étira de tout son long dans l’ascenseur :

 

-       « J’ai envie d’une douche… Apparemment, l’eau n’est pas rationnée ici, non ?

-       Non, en effet.

-       Génial ! »

 

Mara eut un sourire qui se transforma en bâillement. Ils arrivèrent au niveau des quartiers de Mara et Kalia et signèrent les papiers à la sortie de l’ascenseur en montrant leurs badges d’accès.

 

Kalia allait rentrer dans sa chambre, quand elle s’arrêta net et se tourna vers son père :

 

-       « Mais tu… Repars demain, non ? »

 

Elle semblait soudain tellement déçue. John hocha la tête :

 

-       « En effet Kalia… Je suis obligé, on m’attend, sur Atlantis. 

-       Ah… »

 

Ses doigts glissèrent lentement de la poignée. Mara eut un regard pour John, qui poursuivit aussitôt :

 

-       « Je reviendrai Kalia… Je te le promets.

-       Mais quand ?

-       Je ne… Sais pas encore. »

 

Il eut du mal à lui sourire d’un air encourageant. Kalia eut un soupir et haussa les épaules avant de dire tristement :

 

-       « Tu es l’homme venu des étoiles… Et tu vas repartir vers elles.

-       Kalia…

-       Ne t’inquiètes pas, fit-elle alors en redressant courageusement la tête. Maman et moi… On s’en sortira. Comme… On l’a fait jusqu’à présent. »

 

Il ne sut pas quoi lui dire. L’enfant, comme la veille, lui adressa un sourire et un signe de la main avant de dire :

 

-       « Au revoir… John.

-       Au revoir Kalia, répondit-il du bout des lèvres. »

 

Et il regarda sa fille rentrer la mine basse, dans sa chambre. Mara et lui échangèrent en un coup d’œil, leur gêne et leur tristesse commune.

 

La jeune Alénienne lui caressa le bras, avant de suivre sa fille dans ses quartiers, refermant lentement la porte derrière elle.

 

XXX

 

-       « Alors Colonel ? Comment s’est passé votre week-end ? »

 

John répondit avec un air songeur :

 

-       « Et bien… Intense mais très intéressant !

-       Vous en avez bien profité, au moins ?

-       Beaucoup mon Général. »

 

Landry eut un sourire bourru :

 

-       « Parfait ! J’imagine qu’on va vous revoir plus souvent sur Terre qu’avant, hein ? »

 

John eut à nouveau sa moue caractéristique, qui voulait dire beaucoup et à la fois pas grand-chose. Landry rit un moment et ensemble, ils observèrent l’horizon des évènements illuminer l’intérieur de la Porte des Etoiles.

 

Sheppard vit alors Kalia et Mara arriver dans la salle d’embarquement et il se sentit aussitôt rassuré.

 

A vrai dire, il aurait été malheureux de partir sans les revoir encore une fois.

 

Il s’approcha d’elles et demanda gaiement :

 

-       « Alors ? Pas trop de courbatures ?

-       J’ai mal aux mollets, geignit Kalia.

-       Les médecins de la base ont surement quelque chose contre ça… »

 

Il lui fit un clin d’œil. Un silence gêné s’installa alors entre eux et Mara demanda doucement :

 

-       « Quand tu reviendras est-ce que… Tu nous feras voir d’autre choses ?

-       Vous aurez certainement déjà découvert beaucoup de merveilles de la planète d’ici à ce que je revienne mais… On trouvera ce que vous n’aurez pas encore fait. »

 

Elle sourit avec tendresse. Kalia s’éclaircit alors la voix et déclara :

 

-       « J’ai… Je vais écouter du Johnny Cash.

-       Oh, oui, en parlant de ça ! »

 

Et John lui tendit alors un lecteur MP3 avec ses écouteurs. Kalia considéra le tout d’un air curieux, tenant l’engin du bout des doigts.

 

-       « Qu’est-ce que c’est ?

-       On appelle ça un lecteur MP3. Dedans, j’ai enregistré des centaines de musiques, toutes plus géniales les unes que les autres ! Tu l’allumes ici… Et tu fais défiler les musiques avec ces boutons à droite et à gauche, là, tu vois ? Oh et… Bien entendu, il faut mettre ça dans tes oreilles, termina t’il en lui montrant les écouteurs. »

 

Kalia s’exécuta et lança la lecture de la première chanson. Elle eut un léger sursaut et sa bouche s’ouvrit d’émerveillement.

 

-       « C’est encore mieux qu’à la radio de la Jeep ! cria t’elle d’une voix forte. »

 

John éclata de rire et l’enfant n’y tint plus. Elle se jeta littéralement dans ses bras et le serra de toutes ses forces.

 

Sheppard répondit à son étreinte en se penchant vers elle.

 

Et c’est alors que Kalia lui souffla à l’oreille :

 

-       « Merci… Papa. »

 

Malgré lui, il sentit son cœur gonfler de joie, d’un sentiment étrange et nouveau qu’il ne connaissait pas.

 

Il caressa avec précautions le visage de sa fille et répondit :

 

-       « Je t’en prie Kalia. »

 

Il se redressa et se tourna vers Mara. La jeune Alénienne ne l’embrassa pas mais se contenta elle aussi de le serrer contre lui.

 

-       « Je t’aime John. »

 

Sheppard lui répondit en la fixant droit dans les yeux et elle acquiesça d’un signe de tête entendu.

 

Il finit par s’écarter lentement d’elles et lança gaiement à Kalia :

 

-       « Et surtout, tu restes sage ! Ne fais pas tout exploser lors des expériences avec Carter, Ok ?

-       Je ne suis pas le Dr Mc Kay, répondit sa fille avec un sourire. »

 

John recula encore, le regard rivé sur Mara et Kalia. Il déglutit.

 

           « Bon sang… » pensa t’il. C’était encore plus dur que ce qu’il avait pu imaginer. Mais Kalia lui adressa un sourire radieux et lui fit un signe de la main.

 

           Mara lui dit « Au revoir » d’un regard.

 

           Et c’est avec ces images qu’il traversa la Porte des Etoiles, qui le ramenait vers Atlantis.

 

           En arrivant sur la cité, il resta un moment hébété. Woolsey, qui l’accueillit avec le reste de son équipe, demanda aussitôt :

 

-       « Colonel Sheppard ? Est-ce que ça va ?

-       Oui je… Bien sûr ! Tout va bien ! »

 

Teyla et Ronon se regardèrent, et Rodney lança ironiquement :

 

-       « Ça a l’air, en effet !

-       Rodney…

-       Quoi ? fit le scientifique. Vous savez très bien que mes remarques désobligeantes ne sont que le reflet de mon affection ! C’est ma manière de dire : « Salut ! Tiens Colonel, ravi de vous revoir ! »

 

Woolsey secoua la tête, visiblement agacé par le comportement de Mc Kay. Teyla fit solennellement :

 

-       « Bienvenu sur Atlantis, Colonel.

-       Merci… Mais je ne me suis absenté que pendant deux jours, vous savez ?

-       Oui et il s’est passé plein de choses intéressantes en deux jours ! reprit Mc Kay.

-       Je suis sûr que pour le Colonel aussi, il s’est passé plein de choses intéressantes, coupa Ronon. A vrai dire… Je suis curieux de les entendre ! Rendez-vous au réfectoire ! »

 

Et il attrapa Mc Kay par le col pour le faire le suivre. Teyla les regarda partir avec une affection amusée et Woolsey fit :

 

-       « Bon… Alors… Je vois que la petite réunion prévue pour votre retour attendra ?

-       Il semblerait Woolsey.

-       Bien… Je vous attendrai dans mon bureau. »

 

Et avec un sourire entendu, il tourna les talons. Teyla et John se mirent en marche vers le réfectoire et l’Athosienne demanda avec gentillesse :

 

-       « Ça va John ?

-       Je ne sais pas trop pour le moment… Mais… Je pense que ça ira !

-       Vous les reverrez. Plus vite que vous ne le pensez.

-       Je sais Teyla. »

 

Elle lui tapota gentiment l’épaule d’un geste qu’elle voulait encourageant.

 

John regarda autour de lui. Et il se rendit compte que cet endroit, cette cité, ce point de départ vers de nouveaux lieux à explorer, des cultures à découvrir… Lui manquait aussi.

 

Dans son cœur, il y avait de la place pour deux finalement. Sa vie d’explorateur… Et pour cette famille imposée qu’il ne regrettait pour rien au monde d’avoir également découverte.

 

Confiant, il suivit d’un pas vif l’Athosienne pour rejoindre le reste de son équipe.

 

Et dans sa tête, résonna le chant de Mara, beaucoup moins tristement qu’auparavant :

 

 

« Le mal venu de l’ombre

Assombrissait le monde,

De ses mains de mort

Brisait nos espoirs…

C’est alors qu’il arriva,

L’homme venu des étoiles !

De ses mains de vie

La lumière jaillit,

Le mal il chassa

Et le monde sauva.

L’enfant des étoiles

Ainsi lui demanda :

Qui es-tu voyageur ?

Qui es-tu mon sauveur ?

Je suis l’homme venu des étoiles

Celui qui toujours veillera

Sur toi et ton cœur

Sur toi qui es mon cœur ! »

 


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