Les échos du passé
Salina observait d’un œil amusé les Atlantes tourner en rond dans leurs cellules.
Comme elle s’en doutait, le Dr Mc Kay prenait un certain plaisir à étudier les veines de cristaux d’énergie de la grotte.
Elle posa son regard sur Kalia, assise par terre, emmitouflée dans la veste de son Atlante de père.
Les Atlantes…
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Salina avait toujours considéré avec méfiance ces personnages venus d’un autre monde que le leur.
Elle se rappelait qu’après la mort du Seigneur Protecteur, la défaite d’Otho, tué par John Sheppard, les Aléniens avaient parlé d’eux avec respect et crainte. Le même respect et la même crainte qu’ils manifestaient envers la famille de Mara et envers Mara elle-même.
Pour autant, avant l’arrivée du groupe d’Atlantis, la situation sur Aléna commençait déjà à devenir explosive. Nombreux étaient-ils, à militer pour une rébellion, un coup d’État, un renversement de pouvoir. Le Seigneur Protecteur était un personnage qu'ils voyaient rarement, pourtant, les quelques fois où il usait de la technologie des Ancêtres suffisaient à maintenir le peuple dans la discipline.
Mais les années passées sous son égide furent si difficiles... Tellement difficiles que malgré la crainte qu'il leur inspirait, certains Aléniens, dont elle et Atlaïr, pensaient réellement à prendre fourches, pieux, arbalètes et simples bâtons, pour monter à l’assaut de cette Tour infernale ! Puis, John Sheppard et son équipe étaient arrivés, évoquant évasivement leur monde d’origine.
Elle était là, quand Otho en personne descendit dans la ville-basse. Bien que méfiante, elle aussi avait tendu le cou parmi la foule de son peuple pour l’observer alors qu’il utilisait un appareil des Ancêtres pour sonder les explorateurs. Elle avait compris qu’ils n’étaient pas n’importe qui, quand le regard d’Otho s’était proprement illuminé quand il le passa devant Sheppard.
On emmena le chef Atlante et laissa le reste de son équipe. Atlaïr et elle s’étaient alors sentis inquiets, en voyant Sheppard rejoindre les gens de la Tour. Il ne pouvait y avoir que deux prétextes à leurs venues : négocier avec les descendants des Ancêtres, ce qui aurait très certainement représenté plus de labeurs pour eux ; ou bien que ces personnes armées prennent pitié d’eux et les aident à renverser le pouvoir en place… Événement qu’ils finirent par provoquer.
Combien de récits avait-elle entendus sur ce moment clé de leur histoire ! Les rumeurs royales soutenaient que c’était Mara qui avait aidé l’équipe Atlante à contrer Otho. À sauver le peuple Alénien.
Elles sous-entendaient également que John Sheppard et Mara avaient établi bien plus que des relations diplomatiques… et que c’était ce qui avait définitivement décidé la jeune Princesse à sauver son Chevalier Servant.
À vrai dire, elle et beaucoup d’Aléniens avaient compris que Kalia était la fille de l’Atlante, même si jamais Mara n’affirma officiellement la chose. Elle n'était pas mariée et personne ne lui connaissait d’histoires sentimentales, même fugace, au moment où ils surent qu'elle était enceinte... À part ces rumeurs courant sur la liaison qu'elle aurait eu avec l'explorateur Atlante. Un homme qui, disait-on, serait également descendant des Ancêtres. La petite fille possédant une capacité exceptionnelle à maîtriser les artefacts de la Tour, elle ne pouvait avoir comme parents que des êtres dont le sang recélait ce pouvoir mystique.
En réalité, l’origine de Kalia, avait toujours été un secret de polichinelle.
Salina et Atlaïr s’étaient réjouis avec les leurs du changement provoqué par les Atlantes… Mais juste le temps qu’il leur fallut pour comprendre qu’au final, tout redeviendrait comme avant.
Ils écoutèrent Mara leur annoncer qu’elle avait pris la décision d’instaurer un nouveau régime de gouvernance… Quelque chose qu’une autre équipe d’Atlantes présente avec elle appelait « démocratie ». Un mot inconnu, pour une notion qui l’était tout autant.
Ils tentèrent pourtant de leur expliquer que ce serait à eux, de choisir qui dirigerait leur peuple. Qu'il ne fût pas obligé que ce soit Mara, mais quelqu’un d’autre.
Ils leur apprirent également qu’ils leur apporteraient petit à petit des objets qui représentaient certains progrès et que ces progrès viendraient les uns après les autres pour ne pas « brusquer les choses ».
Qu’ils les aideraient à fonder une école. Un hôpital. Un musée même !
Ils commencèrent par leur fournir des montres. Des outils pour labourer les terres, plus perfectionnés que ceux qu’ils possédaient. Leurs donnèrent des calendriers. Leurs firent découvrir l’électricité. Formèrent des gens pour les protéger avec leurs armes.
Il y avait tant de choses, de mots, d’objets, si inconnus pour eux !
Mais ce qui dérangea Altaïr et Salina dès le début fut que soudain, le peuple Alénien ne se trouvait plus maître de lui-même. Les Atlantes croyaient faire pour le mieux en leur apportant des choses au rythme qu’ils voulaient eux, quand ils voulaient eux, ce qu’ils voulaient eux, sous la direction et l'accord de Mara.
Une nouvelle fois, il sembla pour Altaïr, Salina et d’autres Aléniens, que cette forme de régence n’était qu’une autre manière pour une caste supérieure de gens, de les dominer sans leur prodiguer un véritable changement de vie.
Les fermiers restèrent fermiers. Les bouchers, bouchers. Les boulangers, boulangers. Les quelques changements d’habitudes qu’on chercha à leur imposer constituaient plus des contraintes que des progrès.
Depuis quand fallait-il avoir un « calendrier » pour les récoltes ? Analyser la composition de la terre, pour faire pousser des légumes ? Se fier à un cercle avec des aiguilles pour connaître l’heure ? Avoir un « thermomètre » pour déterminer une température ?
En réalité, les Atlantes ne se rendirent pas compte d’à quel point ils compliquaient leurs vies.
Salina avait pour habitude de se lever au chant du coq. De sortir le matin et de humer l’air, en sentir l’humidité sur sa peau, regarder le ciel et observer s’il était chargé d’orage. Le soleil d’Aléna lui donnait l’heure.
La couleur, la texture de la terre lui permettaient de dire si celle-ci était fertile. Sa mère et sa grand-mère, lui apprirent le mouvement des saisons, comment en suivre la course en lisant dans les étoiles. Son père lui enseigna la chasse, à reconnaître les oiseaux par leurs chants, les traces de pattes des différents animaux dans la poussière.
Et soudain… Tout cela était parti aux orties. Pour des choses plus techniques, plus complexes, qui pouvaient se casser ou tomber en panne à tout moment. Elle ne pouvait plus vivre au grès de la nature… Pourquoi ces gens n’étaient-ils pas capables de voir que leur monde leur suffisait comme il était ?
Salina pensait toujours qu’ils leurs avaient rendu un grand service en éliminant Otho… et qu’Otho lui-même leur avait fait un véritable cadeau en la mort lente de ce vicieux Seigneur Protecteur.
Mais pourquoi ne pas s’en arrêter là ? Pourquoi Mara avait-elle décidé de tout changer ?
Elle seule et Kalia portaient officiellement le gène et elle seule pouvait utiliser les artefacts de la Tour. Si Mara souhaitait vraiment effectuer une régence juste et équitable, pourquoi ne pas plutôt donner toute cette technologie, toutes ces choses qui les dépassaient, eux, Aléniens, à ces fichus Atlantes et se contenter de partager récoltes et médecine ?
Pourquoi leur imposer un mode de vie que leur propre évolution leur aurait peut-être un jour, permis d’atteindre ?
Ces considérations, les poussèrent à créer le parti des Conservateurs… Et Atlaïr se présenta aux élections.
Mais peu d’Aléniens votèrent pour lui. Pourtant, beaucoup partageaient leur vision des choses, mais ils n’étaient pas prêts à passer le pas de s’opposer à la présence Atlante et à Mara. Ils préféraient suivre le mouvement, comme ils l’avaient fait sous la régence du Seigneur Protecteur. De la pure lâcheté.
Le pire, ce fut quand Mara leur annonça vouloir leur proposer la… oh, quel était ce mot compliqué, déjà ? « Génothérapie ».
Salina et Atlaïr s’étaient regardés, consternés, alors qu’ils écoutaient le discours de Mara sur la grande place. Qu’est-ce que c’était, le gène ATA ? On leur expliqua que c’était ce qui permettait à Mara d’utiliser les artefacts des Ancêtres. Quelque chose, dans son sang…
Et maintenant, elle voulait l’offrir aux Aléniens ? Mais enfin, pour quoi faire ?
Leur opposition se fit encore plus virulente. Ils tâchèrent de dissuader les Aléniens qui se rendirent sous les grandes tentes Atlantes pour se faire piquer par une aiguille, qui changerait leurs corps à jamais. Comment pouvait-on seulement penser à modifier ce qui fait ce que l’on est ? Salina et Atlaïr n’étaient pas capables de comprendre la portée et les avantages d’une telle chose.
Eux, ils étaient fiers de leurs corps ! Des bras robustes d’Atlaïr, dans lesquels elle aimait se blottir. De ses yeux bleus qui riaient bien plus souvent que sa bouche. De son maintien altier. Et lui, il aimait chez elle ses jolies boucles brunes. Son visage rond et ses joues bien pleines, qu’il adorait caresser, tout comme le reste de son corps, dans leurs moments les plus intimes.
Et voilà qu’on leur disait qu’une simple piqûre pouvait changer non pas leur physique mais quelque chose dedans eux ? Comment était-ce seulement possible ? Est-ce que ce n’était pas dangereux ? On leur assura que non, mais peu y crurent et beaucoup eurent peur.
Sauf quelques-uns que les Aléniens nommèrent « courageux ». Complètement fous, oui, selon elle !
- « Madame, voici Atlaïr. »
Salina fut tirée de ses pensées et porta son regard des écrans de vidéosurveillance aux deux hommes qui venaient d’entrer : son mari et un de ses gardes.
Elle baissa les yeux vers les cordes qui ligotaient les mains d’Atlaïr et haussa les épaules :
- « Je suis désolée que tu sois attaché, mais tu risquerais de m’étrangler sinon.
- Aucun doute là-dessus. »
Il la toisait avec un air si… Dégoûté. Cela lui fit beaucoup de peine… Salina eut un geste de la tête vers le garde, qui comprit et sortit de la salle.
Salina invita son mari à s’asseoir :
- « Prends une chaise…
- Je préfère rester debout.
- Atlaïr, je voudrais que l’on parle, je t’en prie.
- Je n’ai plus rien à te dire. »
Et il redressa fièrement la tête. Salina ne put y croire.
- « Enfin Atlaïr ! s’exclama-t-elle. De tous les Aléniens, tu devrais être celui qui me comprend le plus !
- Non ! répondit-il. Jamais ! Quelles que soient mes idées, jamais je n’aurai fait ce que tu as fait ! Mettre en cellule les porteurs du gène… Faire peur aux autres… Oh tu n’es pas un Wraiths, ni Marcus, mais bon sang, tu fais vraiment comme eux !
- Je n’avais pas le choix ! se récria Salina. Kalia avait découvert cette grotte ! Tu sais ce qu’elle contient ? Est-ce que tu le sais ? »
Atlaïr eut un regard mi-ennuyé mi-colérique.
- « Oui, finit-il par reconnaître.
- Je le savais ! s'écria sa femme. Bien sûr, tu ne m’as rien dit ! Il a fallu que ce soit la mère du petit Kelryn qui m’en parle !
- Mara avait exigé de moi que je ne dise rien ! se justifia Atlaïr.
- Oh bien sûr, mais elle en aurait immédiatement informé le Colonel Sheppard ! Les Atlantes ! Ose dire le contraire ! »
Atlaïr ne répondit pas tout de suite. Il eut un air mauvais et concéda :
- « La question fut évoquée…
- Évoquée ? Tu me prends pour une idiote ? Bien sûr qu’elle l’aurait fait ! Elle est avec eux, pour eux, il en a été ainsi depuis le moment où John Sheppard a posé les pieds sur Aléna et les mains sur elle !
- Tu racontes n’importe quoi ! répliqua son mari. Mara l’aime, c’est certain, mais elle a toujours su dissocier ses sentiments de ses responsabilités !
- Mon œil oui ! C’est une chose impossible à faire, pour qui que ce soit !
- Tu te trompes, déclara Atlaïr. C’est simplement que toi, tu n’en es pas capable. »
Jamais ils ne s’étaient levés la main dessus, mais Salina crut bien qu’elle allait passer le cap. Frémissante de colère, elle s’approcha d’Atlaïr, qui la toisa avec répulsion.
- « Je ne supportais plus leur ingérence… Renverser le Seigneur Protecteur ne suffisait pas, il fallait aussi qu’ils changent tout pour nous ! Ils se contentent d’échanger des patates avec les autres mondes et nous, ils modifient jusqu’à notre mode de vie, notre sang ? Pourquoi à ton avis ? Parce que Mara l’accepte, parce que Mara l’a demandé !
- Mara voulait nous faire évoluer ! Elle était bien placée pour savoir tout ce qu’aurait pu nous apporter le gène des Anciens, les Atlantes ! Elle a cherché à nous assurer une place importante dans la Galaxie ! Pas celle d’une vulgaire planète qui se contente de donner des patates, comme tu l’as si bien dit ! »
Salina recula, incrédule.
- « Alors… Tu es devenu comme elle ! Je croyais que tu étais un Conservateur ! Je croyais que tu voulais te présenter contre elle !
- J’aurai très certainement été plus retors avec les Atlantes, commenta Atlaïr. Mais je reconnais que ce qu’ils peuvent nous apporter est important. Je n’en ai pris la pleine mesure que maintenant. »
Cela fit à Salina l’effet d’une douche froide. Elle contempla Atlaïr comme elle aurait toisé un inconnu.
Où était donc passé son mari ?
Atlaïr redressa fièrement la tête et continua :
- « Je n’ai pas voulu en parler avec toi, car je connais tes idées. Mais jamais, jamais, je n’aurai pensé que tu irais jusqu’à enlever les porteurs du gène ! Les Atlantes, Kalia, Mara !
- Mara n’est pas ici ! s’exclama alors Salina. »
Atlaïr la toisa avec surprise. Il bafouilla :
- « Mais je… Enfin j’étais là, dans la salle de doléances, quand tu nous as attaqués ! Je t’ai vu l’emmener !
- Mara s’est échappée, répondit Salina les dents serrées. Deux gardes l’escortaient jusqu’à sa cellule, quand ils l’ont lâchement relâchée. Comme toi… Eux non plus ne pensaient pas aller jusqu’à emprisonner leur Présidente.
- Qu’est-ce que… Tu as fait d’eux ? s'inquiéta-t-il.
- Rien du tout. Ils sont partis avec elle… »
Atlaïr eut alors un sourire en coin. Cela fit encore plus mal à Salina. Elle secoua la tête avec tristesse :
- « Moi qui croyais que tu me comprendrais…
- Comme je l’ai dit à Marcus, il y a des mois de cela… Rien n’excuse ce que tu as fait. La fin ne justifie pas les moyens. En tout cas, pas pour moi, Salina. »
Sa femme ne répondit pas. Les époux restèrent ainsi un moment à se regarder, complètement déboussolés. Ils ne se reconnaissaient plus…
Finalement, l’Alénienne détourna le regard, où Atlaïr vit poindre des larmes. Elle appela le garde et lui ordonna :
- « Ramenez-le avec les autres !
- Bien Madame. »
Et il attrapa Altaïr par le bras. Salina lui dit alors d’une voix douloureuse :
- « Je t’ai toujours aimé Atlaïr. Plus que tout. Je regrette que toute cette situation nous ait fait nous perdre, tous les deux.
- Ce n’est pas la situation qui nous a fait nous perdre, répliqua son mari, qui semblait lui aussi anéanti. C’est toi. Toi et tes choix. Personne d’autre Salina. Personne. »
Et sur ce, il lui tourna le dos, laissant le garde le raccompagner vers sa cellule.
XXX
À l’extérieur de la grotte, une silhouette encapuchonnée s'approchait d’un pas décidé vers l’entrée.
Il était dix heures du matin sur Aléna et le soleil de la planète qui était à son firmament, lui donnait chaud. Mais elle ne pouvait pas prendre le risque de s'avancer à visage découvert et comptait sur l'incertitude des gardes pour qu'ils ne tirent pas à vue.
Elle ne se trompa pas. Les deux hommes qui faisaient le guet levèrent leurs armes, hésitants, et s'écrièrent :
- « Halte ! Qui va là ? »
La silhouette s’arrêta et ne bougea pas. Le garde de droite répéta :
- « Qui êtes-vous ?
- L’une des vôtres, répondit la silhouette. Je souhaite parler à Salina.
- Bah voyons, montre-nous d’abord ton visage ! »
La silhouette resta un moment immobile, avant d’enlever son capuchon.
- « Malica ! »
La jeune femme leur lança alors deux objets, qui tombèrent à leurs pieds. Les deux gardes restèrent un instant surpris, avant que l’un d’eux ne s’écrie :
- « Grenades ! »
Elles explosèrent et Malica profita de leur désorientation pour se précipiter vers l'homme de droite encore debout, lui décocher un coup de pied dans les parties génitales - ce qui acheva le garde qui s'écroula au sol avec un cri suraigu - et s'emparer de son arme. Puis, elle pénétra dans la grotte, fusil en avant.
Alertés par la déflagration, d’autres soldats arrivèrent et la jeune femme menaça d'une voix grondante :
- « Ne bougez plus ! »
Ils étaient trois, mais s’arrêtèrent aussitôt, hésitants. Malica lança :
- « Je veux voir Salina ! Tout de suite ! »
Les trois hommes se regardèrent, visiblement indécis. Malica cria :
- « MAINTENANT !
- Malica… »
Les gardes s’écartèrent, laissant passer la femme d’Atlaïr. Celle-ci ne sembla pas impressionnée par l’arme tendue vers elle et déclara :
- « J’ai réussi à faire enfermer nombre de tes compatriotes porteurs du gène, mais cinq manquaient à l’appel… Dont toi.
- Je dois te parler !
- Et bien… Me voilà ! Tu es bien imprudente d’être venue ici, toute seule ! »
Mais Malica eut un sombre sourire et lança :
- « Tu ne me tueras pas. Je suis ici comme messagère. C'est Mara qui m'envoie. »
Salina se raidit, et serra les poings de colère.
Malica eut un air victorieux :
- « C’est nous qui l’avons récupérée. Alors… Est-ce que je suis toujours aussi imprudente, Salina ? »
XXX
- « Je dois reconnaître que Mara a une chance extraordinaire », maugréa Salina en servant de l’eau dans deux gobelets de terre cuite.
Elle en posa un devant Malica, assise à une table, dans un petit espace transformé en bureau. C’était d’ici que Salina regardait les images retransmises par les caméras de vidéosurveillance des cellules.
Malica repéra trois groupes d’environ 10 à 20 personnes, ainsi que celle où étaient enfermés les Atlantes et Kalia.
Salina l’avait faite ligotée avant de lui permettre de pénétrer plus avant dans la grotte. À la lumière des bougies, elle observa l’air décidé de cette femme qu’elle commençait pourtant à apprécier, depuis quelque temps.
- « Pourquoi tout ça, Salina ? interrogea-t-elle.
- Pourquoi ? À ton avis, Malica ?
- Toujours la même rengaine ? Nous voulons rester des ignares plutôt que d'accepter des progrès dont nous avons peur ?
- Ce n’est pas qu’une rengaine ! répliqua vivement Salina. Je suis une conservatrice. Je n’ai jamais été pour toute cette histoire de génothérapie. Jamais nous n’aurions dû consentir à une telle chose. Enfin Malica… Tu as vécu comme moi sous le joug des Seigneurs Protecteurs ! Tu connais les dangers qu'il y a à ce que certains d'entre nous soient supérieurs aux autres !
- Mara a aboli ces privilèges ! Ce traitement Atlante était destiné à nous permettre de partager cette supériorité, que tout le monde évolue et puisse maîtriser les artefacts de la Tour !
- Faux ! Tu le sais, mieux que moi, les meilleures places et postes sont réservés à ceux qui portent le gène ! Tout ça parce qu’il y a encore une trop grande partie du peuple qui vénère ces gens ! Je veux changer ces choses-là. Que tout le monde se rende compte que sans eux, nous sommes plus libres, plus égaux ! Que nous n’avons pas besoin d’eux et que même sans ce gène, nous sommes un peuple fort !
- En les enlevant ? En prenant la place de Mara ? En les menaçant ? Quelle différence alors y a-t-il entre tes méthodes et celles des anciens Seigneurs ?
- Elles ne sont pas énormes, je le reconnais, fit Salina. Mais je ne pouvais pas attendre qu’Atlaïr tente de gagner les élections ! Parce que nous avons découvert autre chose, dans ces grottes.
- Quoi donc ?
- Selon le Docteur Mc Kay d’Atlantis, il y a dans ces murs, la source de l’énergie des Ancêtres. Malica, rend-toi compte… Si Mara en avait informé les Atlantes, ils auraient aussitôt débarqué avec leurs vaisseaux volants, et nous auraient transformés de paysan en mineurs !
- Tu n’en sais rien du tout !
- Je n’ai pas voulu prendre le risque et j’avais raison ! s’emporta Salina. Atlaïr vient de me confirmer que Mara allait prévenir les Atlantes ! Figure-toi qu’ils ont trouvé une autre planète, ailleurs, qui possède les mêmes propriétés que notre nouvelle Aléna ! Et tu sais quoi ? Ils ont déjà envoyé une équipe là-bas, pour l'étudier, l'exploiter ! Enfin Malica… Comprends-nous. Nous ne voulons plus de ces Atlantes dans nos pattes ! Nous ne voulons plus de leur visite, de leur ingérence ! Si nous devons rester des fermiers, alors restons-le pour nous-même ! Développons nos propres forces ! Sans eux ! Sans leur fichu gène ! »
Malica ne répondit pas. Salina secoua la tête, soudain comme épuisée :
- « Je n’en pouvais plus… Atlaïr n’aurait pas gagné les élections… Il a… Changé. Il regarde Mara comme les autres : avec admiration.
- Mara suscite l’admiration ! déclara Malica. Elle est sage ! Forte ! Elle est un bon chef pour notre peuple !
- Tu parles comme tous ces gens qui ne jurent que par elle ! cracha Salina.
- Je parle comme eux parce que tous, ne le croyons ! répliqua Malica.
- Où est-elle ? »
La nièce de Marcus resta de marbre. Elle finit par répondre :
- « Libère les prisonniers. Et je te donne Mara.
- Tu me donnerais Mara aussi facilement ? se méfia Salina.
- C’est elle, qui m’a envoyé te le dire, dit Malica.
- Pourquoi n’est-elle pas là en personne alors ?
- Parce qu’elle sait très bien que tu ne rêves que de la tuer. Elle y est préparée. Seulement si tu laisses partir les autres prisonniers.
- Tch ! Quel sacrifice !
- À toi de choisir. »
Salina eut un sourire en coin et déclara en se penchant vers Malica :
- « Encore une fois, Mara se surestime… Tu crois vraiment que je relâcherai près de 60 porteurs du gène, pour elle ? Que je relâcherai Kalia ? Non… L’enfant prodige restera sous mon contrôle, tout comme son père et le reste de l’équipe Atlante.
- Les Atlantes répliqueront ! prévint Malica. Tu le sais très bien, ils n’abandonnent jamais les leurs !
- Et bien qu’ils viennent ! s'écria Salina. On a un de leur vaisseau volant ! Que l’on peut utiliser !
- Des porteurs du gène sont avec toi ? demanda Malica, comme dégoûtée.
- Bien sûr ! répliqua Salina. Des gens qui ont compris leurs erreurs ! Nous sommes beaucoup plus nombreux que tu ne le crois, cela fait des semaines que nos idées se répandent… Que l’on prépare tout ça. Quand j’ai su ce que contenaient ces grottes… Entre l’énergie qu’elle abrite et la valeur de mes prisonniers, je suis sûr d’être en position de force pour cette fois-ci, exiger tout ce que je veux des Atlantes.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? »
Salina eut un air satisfait :
- « Enlever l’équipe fétiche d’Atlantis, me permet d’attirer leur attention. Le Dr Mc Kay en faisant partie, je savais qu'il pourrait déterminer la nature exacte des filons de minerais de cette grotte. Cette énergie est si précieuse à leurs yeux ! Alors j’attends un appel de leur chef avec impatience. Ils devront regarder ce pouvoir tant convoité leur filer entre les doigts et nous observer faire repartir à grands coups de pied dans les fesses, ces foutus héros de leur cité ! Nous allons leur montrer qu’ils n’ont rien à faire parmi nous ! »
BOUM !!!
BOUM !!!
La table à laquelle elles étaient assises trembla. Salina resta surprise :
- « Mais qu’est-ce que… »
Elles se sentirent soudain décoller du sol. Salina alla s’écraser contre les télévisions et Malica, contre le mur derrière elle. Un sinistre craquement se fit alors entendre.
La femme d’Atlaïr mit un moment à récupérer ses esprits, les oreilles bourdonnantes, la vue brouillée.
Elle avait du mal à reprendre sa respiration.
- « ‘Ame ! Madame ! »
C’était la voix d’un de ses gardes. Il apparut bientôt devant elle, terrifié. Il la souleva du sol en criant :
- « Madame, est-ce que ça va ? »
Salina ne répondit pas, encore sous le choc. Elle entendit confusément des cris venant de toute part. Le garde la secoua :
- « Madame, on nous attaque ! Les gens avec Malica ! Ils ont volé le vaisseau Atlante ! Ils nous attaquent ! »
Salina se rendit alors compte que de la lumière émergeait d’un trou béant juste au-dessus de leur tête. Et elle comprit.
Malica n’était là que pour faire diversion, laissant le temps à ses compatriotes de voler le Jumper pour attaquer la grotte.
- « Les cellules ! cria-t-elle
- Ils se sont enfuis, Madame ! Ils s’enfuient ! »
Salina grogna et écarta férocement le garde de devant elle pour se précipiter vers les cellules.
À l'extérieur du bureau improvisé, c’était le chaos. Ses hommes étaient attaqués par les prisonniers en fuite, certains étaient inconscients sur le sol, d'autres hurlaient de douleur, incapables de bouger. Mais une seule pensée régnait dans son esprit :
- « Les Atlantes ! »
Ils étaient les prisonniers les plus précieux. S'ils s'enfuyaient, ils auraient fait tout ça pour rien.
Elle attrapa une arme sur un des morts et allait se précipiter vers la cellule des Atlantes, quand soudain, son mari se dressa devant elle.
Ils restèrent ainsi, face à face, chacun craignant que l’autre fasse feu. Atlaïr la toisait avec dégoût, mais ses lèvres tremblaient et il finit par baisser son arme en disant silencieusement :
- « Fuis. »
Salina ne répondit rien, mais au lieu de s’enfuir, elle poursuivit sa route vers les Atlantes. Atlaïr hurla :
- « SALINA ! »
Mais il n’osa pas lui tirer dessus. En revanche, elle entendit :
- « NON ! Laissez-la moi, ne tirez pas ! NE TIREZ PAS ! »
Atlaïr… pensa douloureusement Salina.
Mais quand elle atteignit la cellule des Atlantes, elle stoppa net et eut un cri de rage. Les Atlantes sortaient de leur prison et devant eux, se trouvaient Oriel, Laila... Et Mara. Quand ils l'entendirent arriver, le rouquin tendit aussitôt son arme en avant, tout comme Salina. Alors, Sheppard s'avança précautionneusement et ouvrit les mains pour annoncer :
- « C’est terminé Salina. Terminé. Baissez votre arme.
- Ça ne sera jamais terminé ! » vociféra l'Alénienne, agrippée au P90.
Surgi soudain sur leur gauche Atlaïr et du côté opposé, des gardes de Salina. Ceux-ci se regroupèrent aussitôt autour de leur leader. La scène resta ainsi en suspens, chaque groupe tenant l'autre en joug. John s'avança encore, s'efforçant de garder un ton calme :
- « Salina… Déposez les armes, bon sang ! Je suis sûr que l’on peut régler toute cette histoire à l’amiable.
- Jamais ! cracha Salina. Vous ne nous laisserez jamais en paix ! »
Et elle attrapa deux grenades pendues à la ceinture d’un de ses gardes, qu’elle dégoupilla.
- « Salina ! s'alarma Atlaïr. »
Mais sa femme ne cilla pas et gronda :
- « Je suis prête à vous les envoyer en pleine figure ! »
Sheppard n’osa plus bouger, lisant dans le regard de la conservatrice, que ce n’était pas une menace en l’air.
C’est alors que Kalia s’avança, sans le moindre signe de peur. Mara tenta de la retenir, mais sa fille se dégagea de sa poigne. Les gardes reculèrent très légèrement, agrippés à leurs armes, et même Salina hésita.
Kalia alla lentement vers sa droite, dardant avec intensité son regard vert sur les conservateurs. Elle posa simplement une main sur le mur, et ferma les yeux.
Soudain, une myriade d’éclairs multicolores jaillit des murs et foudroya chacun des gardes autour de Salina.
Ils s'illuminèrent telles des torches, pendant quelques instants, dans un grondement de tonnerre, avant que la fumée se dissipe, livrant à leurs vues une Salina recroquevillée sur elle-même, en proie à la terreur, au milieu de ses gardes à terre, immobiles.
Kalia rouvrit les paupières, ordonnant d’une voix menaçante :
- « Regoupille les. Ou tu meurs. »
Rodney devint livide et eut un regard terrifié vers John et Mara. Mais Salina, tremblante, s’exécuta, avant de littéralement tomber à genoux, encore horrifiée par ce qu’il venait de se passer. Elle observait les gardes autour d’elle, tout en murmurant :
- « Tu les as tués… Ils sont morts… »
Mais Kalia ne répondit pas. Elle parut tout d’un coup s'affaisser sur elle-même et sa main glissa du mur, contre lequel elle s'appuya. Elle se tourna vers John, soudain très pâle et cette fois-ci, comme paniquée. Et elle s'effondra au sol d'un seul tenant.
- « Kalia ! »
Mara se précipita vers elle, cependant que John allait vers Salina et les gardes. Assez inquiet, il prit le pouls de l’un d’eux et resta surpris : il était vivant.
Avec Teyla, ils procédèrent de même pour les autres, mais aucun d’entre eux n’était mort. Ronon murmura :
- « Ça alors… Je croyais qu’elle les avait carbonisés sur place. »
Atlaïr quant à lui, fit se relever sa femme, visage fermé, et lui attacha les mains derrière le dos. Salina marmonna :
- « Atlaïr… Écoute-moi, je t’en prie…
- Tais-toi, femme ! ordonna-t-il. Je t’interdis de me parler… Tu as jeté le déshonneur et l’humiliation sur notre famille ! Sur nous tous !
- Atlaïr… supplia encore Salina.
- J’ai dit tais-toi ! »
Et sur ce, il entraîna Salina vers une des cellules, dans laquelle il l'enferma avec autant de froideur qu'elle n'en avait manifestée en l'arrêtant.
Oriel s'approcha de Mara et s'inquiéta :
- « Est-ce que Kalia va bien ?
- Elle est vivante, trembla sa Présidente, mais je crois que ce qu’elle a fait lui a demandé un trop gros effort... »
John se releva et ordonna à Teyla et Ronon :
- « Ligotez-moi ces gardes et récupérez leurs armes. On va aller voir la situation plus loin et on reviendra les chercher.
- Très bien. »
Pendant qu'ils s'exécutaient, Mara prit délicatement sa petite fille dans ses bras. Puis, ils suivirent tous John. Ils tournèrent à l’angle d’un couloir et aperçurent alors accourir vers eux, Artus. Celui-ci sembla soulagé de voir son frère de cœur en bonne santé et il s’inclina devant Mara :
- « Madame…
- Où en est-on, Artus ? s'enquit la Présidente.
- On a inversé les rôles, Madame, annonça Artus avec satisfaction. Les gens de Salina sont dans les cellules et nous, nous sommes libres !
- Bien… Très bien… »
Artus eut un regard inquiet pour Kalia inconsciente dans les bras de sa mère, mais Mara assura aussitôt :
- « Elle va bien Artus… Elle a juste subi un gros choc. »
Le jeune rouquin acquiesça. John interrogea alors :
- « Est-ce que tous les gens de Salina sont bien enfermés ? Ou est-ce qu'il en manque à l’appel ? »
Artus secoua la tête et expliqua :
- « Quand ils ont entendu l’explosion, ils se sont tous regroupés ici. Mais par mesure de sécurité, quatre de mes compagnons se sont rendus au stock de nourriture, à l’armurerie et là où l’on garde votre générateur, pour être sûrs qu’ils n’ont laissé personne là-bas. Et deux autres sont allés à la Porte des Étoiles.»
John acquiesça lentement et Mara eut un profond soupir de fatigue tout en redressant Kalia dans ses bras. John observa sa fille un moment, se remémorant ce qui s'était passé plus tôt. Incroyable ! Et tellement effrayant ! Il revit le regard dangereux de l'enfant, qui, il en était sûr, n'aurait pas hésité un seul instant à frapper Salina d'un éclair peut-être mortel, si celle-ci ne lui avait pas obéit. Qu’à son âge, elle en soit conduite à proférer une menace aussi terrible, inquiétait réellement John. À présent, le visage pâle, elle gisait dans les bras de sa mère, toujours inconsciente. Il se demanda avec crainte si cette énergie qu'elle avait fait surgir des murs ne l'avait pas gravement blessée elle aussi...
- « On va amener Kalia sur Atlantis, déclara-t-il subitement. »
Ils se tournèrent tous en même temps vers lui, surpris.
- « Quoi ? souffla Mara.
- Je dois recontacter les miens, développa John. Leur expliquer ce qui nous est arrivé. J’en profiterai pour annoncer à Woolsey que j'emmène Kalia avec moi et on la soignera là-bas. »
Rodney ajouta alors :
- « Oui et on en profitera pour savoir comment elle a pu griller les gardes comme des pancakes ! »
John ferma les yeux, exaspéré , quant à Mara, elle sera un peu plus sa fille contre elle, tentant de le rassurer en même temps qu'elle cherchait à se convaincre elle-même :
- « Non, elle va se réveiller John… Laisse-lui du temps.
- Mara… insista Sheppard avec douceur. On ne sait pas ce qui s’est passé, si cette énergie a pu lui faire du mal, à elle aussi… Tu comprends ? »
Mara lui lança un regard déchiré. Teyla intervint, appuyant fermement l’avis du Colonel :
- « Mara, John a raison. Nous devons retourner faire un compte-rendu sur Atlantis, et nos médecins pourront examiner Kalia. Nous veillerons sur elle. »
Mara ferma les yeux, anéantie. Ronon s’avança alors vers John et déclara d’une voix pressante :
- « Colonel, je demande la permission de rester ici. L'ambiance est encore explosive. Si j’étais vous, j’enverrai même des renforts et un ou deux Jumpers en plus. Les Aléniens ne sont pas dignes de confiance. »
John hésita. Il jeta un coup d'œil autour de lui pour évaluer la situation. En effet, le chaos venait juste de s’apaiser, mais les Aléniens ayant aidé Mara ainsi que les prisonniers fraîchement libérés, semblaient complètement désorientés. Ronon termina alors :
- « Si on a pu s’échapper… Les autres le pourraient aussi. »
Sheppard eut une grimace perplexe, mais finit par concéder :
- « Très bien… Je pars avec Rodney sur Atlantis et vous et Teyla, vous restez ici. Mara, si je ne me trompe pas, nous ne sommes pas loin de la Porte, non ?
- En effet, confirma l'Alénienne, nous ne sommes qu'à quinze à vingt minutes en marchant.
- C’est bien ce que je pensais. Ronon, on vous laisse le Jumper. Avec Rodney j’irai à pieds… »
Le Satédien eut un rapide hochement de tête et s'en alla aussitôt vers les Aléniens égarés qui erraient autour d'eux. Teyla le rejoignit et John pivota vers Mara pour insister :
- « Mara… Confie-moi Kalia. Le Dr Keller s’occupera d’elle. »
Mara eut un regard anxieux. Elle sera un peu plus Kalia dans ses bras, comme si cette simple étreinte pouvait la faire guérir, mais finalement, elle céda. Avec d'infinies précautions, elle mit sa fille dans les bras de son père en suppliant :
- « Prends bien soin d’elle, par pitié.
- Bien sûr que je prendrai soin d’elle. »
John cala l’enfant contre son torse et annonça :
- « Je reviens dès que possible avec des renforts.
- Très bien, marmonna Mara. »
Il eut un signe de tête encourageant et se tourna vers Rodney, qui le suivit à petits pas pressés.
Sur le chemin les menant à la sortie de la grotte, John prit l'ampleur du chaos qui avait à nouveau secoué les Aléniens. La plupart avançaient comme sans but, se questionnant du regard les uns les autres, s'assurant qu'ils allaient bien, mais on lisait sur leurs visages qu'ils étaient complètement perdus, habités par l'incompréhension et la lassitude.
Munis de simples fourches ou de P90, ils formaient un mélange hétéroclite de pauvres gens qui s'étaient encore une fois défendus avec les premiers outils qui leur étaient tombés entre les mains.
Jusqu'à présent, John avait toujours senti des regards craintifs, mais emplis de respects, posés sur eux, les Atlantes. Mais à présent, les Aléniens les observaient avec déférence, voir même... Avec méfiance. Kalia ne s'était pas trompée. De plus en plus d'Aléniens ne considéraient plus les habitants d'Atlantis comme leurs sauveurs, mais comme des oiseaux de malheur.
Rajustant la petite fille dans ses bras, qui ne cessait de glisser mollement contre son épaule, il pressa le pas pour sortir de la prison, rassuré de retrouver l'air libre et frais de la forêt. Rodney avait dû également sentir l'ambiance étouffante et menaçante présente dans la grotte, car il s'inquiéta d'une voix aigüe :
- « Colonel, vous croyez que c’est une bonne idée de laisser Ronon et Teyla tout seuls, comme ça ?
- Ronon est prêt à dégainer et je pense que les Aléniens le savent. J’ai moins peur pour lui et Teyla que pour eux.
- Oui c’est pas faux, c’est pas faux… » marmonna le scientifique.
Ils marchèrent pendant plus d’un quart d’heure, avant d’arriver à la Porte. John jeta un coup d’œil à sa montre. Il était plus de 16h passé…
Des gardes de Mara les saluèrent et Rodney composa l’adresse d’Atlantis pendant que John transmettait son code d’identification. Suite à quoi, ils franchirent ensemble la Porte des Étoiles.