Les Héritiers du Jedi Gris (spin-off 1)

Chapitre 26 : Premier feu

783 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 24/10/2026 19:39

Acte 2 : Les Ailes de l’Alliance



CHAPITRE 2 : Premier feu

 

​Le Delphinus fendait l’espace, silhouette massive dominant les croiseurs de la Cinquième Flotte. Autour de lui, l'escorte était un puzzle de ferraille : les lignes agressives des chasseurs TIE impériaux côtoyaient les ailes lourdes des ARC-170 et des Y-Wing républicains. Une flotte grise, assemblée avec des restes, maintenue par la volonté seule.

​Ryn observa ses écrans. Le convoi s'étirait loin devant eux comme une procession de condamnés.

—  Officiellement, un convoi impérial, grésilla la voix de Vyze sur le canal de commandement. Officieusement... des transports civils réquisitionnés.

Syla ne quitta pas ses capteurs des yeux.

—  Donc une cible pour tout le monde, conclut-elle.

​La mission était simple en théorie : sécuriser le passage. Mais dans la bordure, la théorie meurt dès le premier saut en hyperespace.

—  ​Escadron Gris, en position, ordonna Ryn. Sa voix était calme, calquée sur celle de son père, mais ses doigts serraient la commande de tir un peu trop fort.

​Le signal d'alerte ne fut pas un cri, mais un vide. Sur le radar de Syla, un point disparut. Puis un autre. Une disparition trop propre pour être un accident.

—  Ce ne sont pas des pertes, murmura-t-elle dans le lien. Ce sont des coupures de transmission. On nous aveugle.

​Ils surgirent des nébuleuses environnantes : des chasseurs pirates, disparates, rapides, agissant comme des piranhas sur une proie blessée.

—  ​Formation défensive ! hurla un chef d'escadre.

​Trop tard. Un transport civil, chargé de familles et de vivres, fut coupé en deux par une torpille à protons. L'explosion fut silencieuse dans le vide, mais dans la Force, les jumeaux reçurent le choc comme une gifle physique. Un hurlement de vies éteintes d'un coup.

—  ​On engage ! cria Ryn.

​Les jumeaux plongèrent. Dans le cockpit, Ryn devint le prolongement de ses canons. Syla, elle, devint ses yeux. Sans se parler, ils entamèrent leur ballet. Ryn virait à gauche avant même que Syla ne signale le danger ; Syla couvrait ses arrières avant qu'il ne se sente exposé.

​Ils étaient parfaits. Ils étaient une lame de précision dans une boucherie. Un pirate disparut dans une gerbe de flammes. Puis deux. Puis trois.

​Mais autour d'eux, l'espace se remplissait de débris alliés. Un pilote de l'escadron fut touché.

—  Je perds les commandes ! Je...

Le signal se coupa dans un crépitement statique.

​Syla analysa la situation en une fraction de seconde. Trop d'angles. Trop de cibles.

—  On ne peut pas tout couvrir, Ryn !

​Ils durent faire un choix. Ils cessèrent de protéger la flotte. Ils se resserrèrent l'un sur l'autre. Ils devinrent une unité de survie, une micro-tempête de tirs fatals. Chaque mouvement était un calcul partagé. Chaque tir était une exécution.

​Mais pendant qu'ils brillaient par leur talent, un autre transport explosa. Puis un troisième. Les cris à la radio devinrent un bruit de fond insupportable.

Les Medjaÿ, dans leurs chasseurs, avaient choisi leur propre mission : protéger Ryn et Syla quoi qu’il arrive, laissant eux aussi le convoi exposé.


​Quand les pirates se replièrent enfin, repus de sang et de butin, il ne resta que le silence des cimetières.

​Le hangar du Delphinus était un lieu de deuil. Pas de musique, pas d'acclamations. Juste l'odeur de l'ozone et le bruit des brancards sur le métal.

​Ryn descendit de son cockpit, les jambes tremblantes. Syla le rejoignit, son visage pâle sous son casque.

—  On a réussi les objectifs de vol, murmura-t-elle, cherchant une logique à laquelle se raccrocher.

Ryn secoua la tête, fixant un transport de secours qui déchargeait des corps brûlés.

—  Non. On a survécu. C'est tout.

​À l'écart, quatre silhouettes immobiles les observaient : les Medjaÿ. Ils n'avaient pas combattu. Ils étaient restés en retrait, protégeant uniquement la zone autour des jumeaux. Une garde rapprochée qui se fichait du reste de la galaxie.

​Ryn observa les blessés, le cœur lourd d'une vérité nouvelle.

—  Ce n’est pas ce qu’on nous a appris, Syla. Les simulateurs ne sentent pas la mort.

Syla fixa l'immensité de l'espace par la baie du hangar.

—  Non. C’est pire.

​Leur lien vibra d'une compréhension brutale. La guerre n'était pas une question de talent ou de synchronisation. Elle était un chaos indifférent qui se moquait de savoir si vous étiez "Gris", "Jedi" ou "Impérial". Elle se contentait de prendre.

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