Les Héritiers du Jedi Gris (spin-off 1)

Chapitre 20 : Double piège

2051 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 22/10/2026 08:38

Acte 1 : Les Enfants de Naboo



CHAPITRE 17 : Double piège

 

Le Delphinus dérivait dans l’ombre d’une lune morte, tous feux extérieurs coupés.

Officiellement, le bâtiment subissait une re-calibration longue portée.

Officieusement, il accueillait l’un des hommes les plus recherchés de la galaxie.

Luthen Rael avançait dans les couloirs métalliques accompagné d’un seul garde Medjaÿ silencieux dont le visage disparaissait derrière un masque pâle sans marquage.

Même les stormtroopers du pont inférieur évitaient son regard.

Le message était clair : ne pas poser de questions.

La porte de la salle stratégique s’ouvrit.

Vyze se tenait devant l’hologramme tactique, uniforme blanc impeccable, bras croisés derrière le dos.

Alyna était assise près de la table de données, déjà agacée avant même que Luthen ne parle.

—    Vous avez fait vite, dit Vyze.

—    Le temps devient un luxe rare.

Luthen activa un petit projecteur : Deux visages apparurent. Amiral Varis. Amiral Drest.

Deux officiers impériaux de haut rang.

Puis deux cylindres de données holographiques tournèrent lentement entre eux.

—    Ces cylindres contiennent des transferts classifiés liés à un projet noir supervisé directement depuis Coruscant.

Alyna leva les yeux.

—    Quel projet ?

—    Je l’ignore encore.

—    Donc ce ne sont que des suppositions ?

Luthen soutint calmement son regard.

—    Plusieurs cellules rebelles ont disparu en enquêtant dessus.

Le silence changea immédiatement de nature.

Vyze fixa les hologrammes quelques secondes.

—    Où sont les cylindres ?

—    La Station Axion pour Varis. Réception diplomatique sur Coruscant pour Drest.

Puis Luthen ajouta tranquillement :

—    Vos enfants sont déjà invités aux deux événements.

Alyna ferma les yeux une seconde.

Vyze resta immobile.

—    Non mais vous êtes sérieux ?

—    Très.

—    Non.

Luthen ne broncha pas.

—    Personne ne soupçonnera les enfants d’un Amiral impérial.

—    Justement, répondit Vyze froidement. Parce qu’ils sont mes enfants.

Alyna regarda les hologrammes, réfléchissant déjà.

Toujours plus pragmatique.

—    Les invitations sont officielles ?

—    Oui.

—    Les accès ?

—    Naturels.

—    Surveillance du BSI ?

—    Très probable.

Vyze tourna lentement la tête vers elle.

—    Alyna.

—    Ne me regarde pas comme ça. Tu sais que c’est faisable.

—    Faisable ? Ce sont des adolescents.

Luthen répondit avant elle :

—    Ce sont surtout les deux seules personnes capables d’entrer sans éveiller immédiatement les soupçons.

Alyna soupira.

—    Je déteste quand il a raison.

Vyze pris soudain son air perçant et dit :

—  Maintenant j’en suis sûr, le pont de Theed il y a des années, c’était vous !

Alyna lui pinça le bras avant qu’il ne l’étrangle avec la Force.

—  Alors non seulement vous avez failli les tuer quand ils n’étaient que des nourrissons, mais maintenant vous les lancez dans la gueule du Nexu.

—  Pour la Cause, répondit simplement Luthen. Mon Mothma a validé le plan, qui plus est, il nous faudrait des mois pour construire une couverture que vous avez déjà naturellement… Et s’ils échouent, Amiral, le BSI vous arrêtera vous, pas eux.

—  D’accord, conclus Vyze. Je valide la mission.


Plus tard, le casino orbital d’Axion tournait lentement au-dessus de la géante gazeuse, immense joyau de verre et d’or suspendu dans le vide noir.

Des navettes impériales arrivaient toutes les trois minutes : Amiraux. Moffs. Financiers. Industriels.

Ryn descendit de la navette familiale avec un sourire parfaitement maîtrisé pendant que les photographes holographiques capturaient l’arrivée des invités.

Autour de lui : richesse, uniformes blancs, robes scintillantes, et mensonges.

Toujours des mensonges.

Les officiers le saluaient avec le sourire… mais leurs regards restaient une seconde trop longtemps sur lui.

Curiosité. Méfiance. Calcul.

—  Tu joues trop bien l’arrogance, murmura un Medjaÿ invisible quelque part dans la foule dans son comlink.

Ryn répondit sans bouger les lèvres :

—  Merci.

—  Ce n’était pas un compliment.

Il ajusta les manches de sa veste noire, en fibre de tisse-ombre qui perturbe les capteurs de mouvements et les caméras, et traversa la salle principale avec cette arrogance étudiée qu’il détestait déjà.

À 18 ans, il jouait désormais le rôle du fils prodige d’un Amiral impérial soupçonné par le BSI.

Et le pire… c’était qu’il y arrivait très bien.

Il traversa le hall principal sous les regards.

Certains admiratifs. D’autres méfiants.

Depuis le Cygnus, les enfants Polaekys étaient devenus des curiosités politiques.

Le fils de l’Amiral dont le BSI étudiait désormais chaque bataille.

Ryn entendit même une femme murmurer :

—  Thrawn lui-même aurait demandé les rapports.

« Parfait. Encore plus de pression ».

Puis il aperçut Lena Varis.

Et immédiatement, tout le reste disparut légèrement, pas parce qu’elle était magnifique, même si elle l’était, mais parce qu’elle observait les gens comme quelqu’un habitué aux mensonges.


Au même moment sur Coruscant, la pluie glissait sur les verrières du district sénatorial.

Syla avançait dans les couloirs suspendus du palais Drest, vêtue d’uns robe argentée avec une élégance glaciale.

Les officiers la regardaient passer.

Certains fascinés. D’autres nerveux.

Le nom Polaekys faisait désormais cet effet-là.

Le fils de l’Amiral Drest apparut près du balcon principal.

Will Drest. Seize ans. Uniforme de cadet impeccable. Beaucoup trop sincère pour survivre longtemps à l’Empire.

Il rougit légèrement lorsqu’elle lui adressa un sourire.

Syla détesta immédiatement la facilité avec laquelle cela fonctionnait.

—  Lady Syla… je ne pensais pas que vous viendriez réellement.

—  Pourquoi ? Je suis si intimidante ?

Il paniqua presque.

—  Non ! Enfin… si… un peu.

Elle faillit sourire pour de vrai… Presque.


Pendant ce temps, sur la Station Axion, la partie de sabacc dura une heure.

Ryn perdait juste assez pour paraître crédible.

Lena le regardait toujours comme une équation incomplète.

—  Vous faites exprès de perdre.

—  Vous faites exprès de me regarder comme un interrogatoire impérial.

—  Peut-être que j’ai appris des meilleurs.

—  Touché.

—  Votre père a une réputation de tacticien hors pair, Ryn. Mais à Coruscant, on dit que ses récentes victoires cachent trop de pertes impériales… Qu’en pensez-vous ?

—  Que sa réputation n’est pas volée… mais Coruscant s’attache trop aux rumeurs.

Puis quelqu’un s’assit derrière lui.

Ryn sentit immédiatement le danger.

Pas militaire. Pas BSI… Pire.

Quelqu’un habitué à survivre seul.

—  Vous devriez arrêter de parler aussi fort, dit calmement l’inconnu.

Ryn tourna légèrement la tête.

Visage banal. Vêtements civils. Regard épuisé.

Mais ses yeux observaient déjà toutes les sorties.

Le Medjaÿ parla dans le comlink :

—  Individu non identifié. Impossible à relier aux registres impériaux.

Puis plus bas :

—  Ryn… je crois que tu as un problème.

L’homme continua :

—  Les agents du BSI aiment les jeunes riches imprudents.

—  Et vous aimez interrompre les parties ?

—  J’aime les missions qui restent discrètes.

Le sang de Ryn se glaça légèrement en comprenant qu’il était un espion.

L’homme se leva déjà.

—  Faites attention à qui vous faites confiance, fils de l’Amiral Polaekys.

Puis il disparut dans la foule.

Cassian Andor détestait cette mission, Luthen lui avait simplement dit : observe.

Ce qui signifiait généralement : improvise quand tout s’effondre.

Et pour lui, tout sentait mauvais.

L’Amiral Polaekys. Le Cygnus. Le BSI. Deux adolescents impériaux beaucoup trop à l’aise dans le luxe.

Non. Quelque chose clochait.

Puis Cassian aperçut l’Amiral Varis quitter discrètement la salle principale avec son cylindre de données accroché à sa ceinture. Parfait. Simple.

Il le suivit jusqu’aux couloirs privés. Neutralisa deux gardes silencieusement et vola le cylindre exactement au moment où Ryn arrivait de l’autre côté du corridor, leurs regards se croisèrent… Une demi-seconde.

Puis les alarmes hurlèrent.

Cassian jura intérieurement.

Le cylindre venait d’activer un protocole de sécurité.

—  Oh non… souffla Ryn.

Toutes les portes se verrouillèrent. Des soldats impériaux surgirent.

Et quelque part dans l’ombre… deux Medjaÿ commencèrent enfin à bouger.

Le premier apparut derrière un stormtrooper comme un fantôme. Un choc électrique bref.

Le soldat s’effondra sans un son.

Le second coupa les caméras du couloir avant même que l’alerte ne termine sa transmission.

Cassian observa la scène avec stupeur : Professionnels. Très haut niveau. Pas des agents rebelles ordinaires. Et surtout, il ne les avait même pas repérés avant qu’ils ne passent à l’action.

Ryn attrapa Cassian par le bras.

—  Par ici si vous voulez survivre.

—  Je n’ai pas besoin…

Un tir blaster explosa le mur derrière eux, frôlant l’oreille de Cassian. Ryn l’avait tiré en arrière une fraction de seconde avant que le coup ne parte.

—  Si. Vous avez besoin.

Ils coururent ensemble à travers les couloirs rouges d’alarme pendant que les Medjaÿ effaçaient littéralement leur passage derrière eux.

Cassian regarda brièvement Ryn.

Le gamin avait cessé de jouer au noble arrogant.

Ses yeux étaient désormais froids. Calculateurs. Terriblement entraînés.

Et ça inquiéta Cassian bien plus que prévu.


Au même instant, sur Coruscant, Syla obtenait déjà le second cylindre.

Will lui avait montré naïvement le bureau sécurisé de son père.

Parce qu’il voulait lui prouver qu’il était digne de confiance… Parce qu’il avait seize ans.

Parce qu’il croyait encore aux belles histoires.

Syla copia les données sur sa bague, qui dissimulait une puce de données, pendant qu’il regardait la pluie tomber sur les lumières de la ville.

—  Vous détestez l’Empire ? demanda soudain Will.

Elle s’arrêta une seconde.

Question dangereuse.

—  Pourquoi cette question ?

—  Parce que parfois… vous regardez tout ça comme si vous étiez déjà ailleurs.

Pendant un instant très court…

Syla ressentit presque de la culpabilité… Presque.

Puis une alerte de sécurité traversa discrètement son comlink : Problème sur Axion.


Plus tard, le Delphinus resta silencieux pendant tout le trajet retour.

Cassian avait disparu avant l’extraction finale. Ryn était furieux. Les Medjaÿ n’avaient prononcé presque aucun mot. Et Vyze attendait dans le hangar principal.

Lorsque Ryn descendit de la navette, l’Amiral comprit immédiatement.

—  Quelqu’un d’autre était sur place, dit Vyze calmement.

—  Oui.

—  BSI ?

—  Non.

Ryn hésita.

—  Un rebelle.

Vyze releva immédiatement les yeux.

—  Intéressant.


Quelques heures plus tard, les deux cylindres reposaient enfin dans une salle sécurisée du Sénat impérial.

Alyna activa le décrypteur.

Des lignes de données défilèrent.

Transferts. Matériaux kyber de qualité supérieure. Prisonniers utilisés pour des travaux forcés. Installations secrètes.

Puis un nom apparut lentement au centre de l’hologramme.

DIRECTEUR KRENNIC

Le silence tomba dans la pièce.

Alyna fixa le nom plusieurs secondes.

Puis murmura :

—  Oh… qu’est-ce que vous préparez… ?

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