Les Héritiers du Jedi Gris (spin-off 1)

Chapitre 12 : L’épreuve silencieuse

1058 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 18/10/2026 11:13

Acte 1 : Les Enfants de Naboo



CHAPITRE 10 : L’épreuve silencieuse

 

​La nuit avait dévoré les plaines de Naboo. Pas un souffle de vent, pas un cri d'oiseau. Un silence de vide absolu. Parfait pour ce qu'ils s'apprêtaient à faire.

—  ​Cette fois, on ne les lâche pas, murmura Syla, le regard fixé sur la ligne d'ombre des arbres.

​Ryn acquiesça. Ils avaient observé, échoué, recommencé. Mais cette nuit, leur lien semblait plus serré, plus affûté. Ils avancèrent à pas feutrés, chaque muscle de leurs jambes de onze ans tendus vers un seul but : la discrétion totale. Ils contrôlaient leur respiration, imaginant que leurs battements de cœur se fondaient dans le rythme de la terre.

​Ils savaient que les Medjaÿ étaient là. Ils le sentaient comme on sent l'orage avant l'éclair. Mais autour d'eux, rien. Pas une branche qui craque, pas une silhouette.

—  ​Ils sont là… souffla Ryn, les yeux plissés.

—  Oui. Juste devant.

​Un pas de plus. Puis… le néant. La présence s'évapora comme une brume sous un soleil de plomb. Syla fronça les sourcils, une pointe de frustration au creux de l'estomac.

—  Non… c’est impossible. On les avait.

​Ryn pivota lentement sur lui-même. La clairière était vide. Désespérément vide.

—  ​Vous cherchez avec vos yeux, dit une voix juste derrière son épaule.

​Ils sursautèrent violemment. Toujours derrière. Toujours un coup d'avance. Les six ombres se matérialisèrent d'un seul bloc, immobiles, formant un cercle parfait autour des enfants.

—  ​Et vous ne regardez pas là où il faut, poursuivit la voix, neutre.

​Ryn serra les poings, sa fierté piquée au vif.

—  On vous suivait. On a réussi pendant dix minutes.

—  ​Non. Vous essayiez. Nous vous laissions faire.

​Syla leva le menton, défiante.

—  Et alors ? Qu'est-ce que vous attendez ?

​Un léger frémissement parcourut le cercle des Medjaÿ.

—  Nous observons. Nous évaluons.

​Le mot tomba comme un couperet. Évaluer.

—  Évaluer quoi ? demanda Ryn.

—  ​Votre esprit. Votre perception. Votre contrôle.

​Soudain, la Force changea. Ce ne fut pas une explosion, mais une pression subaquatique. Le monde sembla ralentir, les sons s'étouffèrent comme si de l'ouate remplissait leurs oreilles. Leurs pensées devinrent soudain lourdes, poisseuses.

​Ryn cligna des yeux. Quelque chose tentait de forcer les portes de son esprit. Pas avec la brutalité d'un Sith, mais avec la précision froide d'un scalpel. Syla vacilla, ses mains cherchant un appui invisible.

—  ​Tenez bon, ordonna la voix.

​La pression décupla. Des images fragmentées les envahirent : la peur d'être abandonnés, le doute sur leur propre puissance, l'ombre de Palpatine qui revenait hanter leurs rêves.

​Ryn serra les dents à s'en briser la mâchoire.

—  Arrêtez ça ! hurla-t-il intérieurement.

—  ​Non. Pas tant que vous ne trouverez pas l'équilibre.

​Syla ferma les yeux, visualisant le vide que son père lui avait appris à cultiver. Elle respira. Ryn cala son rythme sur le sien. Ils ne luttèrent plus contre la marée ; ils apprirent à flotter. La pression ne disparut pas, mais elle cessa de les écraser. Ils tenaient.


​Puis, tout s'arrêta. Brutalement. Le silence revint, plus léger.

—  ​Vous tenez, concéda le Medjaÿ. Mais pas encore assez pour ce qui vient.

​Plus tard, dissimulés derrière un affleurement rocheux, les jumeaux observaient une scène qu'ils n'auraient jamais dû voir. Au centre d'une clairière isolée, Vyze se tenait debout. Seul face aux six Medjaÿ.

​Pas de mots. Pas de signal. L'attaque fut instantanée. Les six gardiens chargèrent d'un même mouvement, une chorégraphie de mort coordonnée.

​Vyze activa son arme. Une lame d'un noir profond, absorbant la lumière de la lune, et dans sa main gauche, un bouclier d'énergie noire. Le choc fut assourdissant. Ce n'était pas un entraînement. C'était un combat à mort.

​Les Medjaÿ ne retenaient rien. Le Colosse frappait avec une force capable de briser le roc, tandis que l'Éclaireur et la Guérisseuse tournaient autour de lui comme des insectes venimeux. Vyze parait, ripostait, sa lame noire traçant des arcs de néant dans la nuit. Mais ils étaient six. Et ils ne faisaient qu'un.

​Ryn sentit son cœur manquer un battement.

—  Ils vont le tuer…

​Un coup violent au flanc. Un second à l'épaule. Une ouverture se créa. Vyze fut déséquilibré, projeté au sol dans un fracas d'armure et de poussière. Son sabre glissa loin de lui, son bouclier s'éteignit dans un grésillement agonisant.

​Les six silhouettes se refermèrent sur lui. Leurs armes levées, prêtes à porter le coup de grâce. Le silence était suspendu à un fil de soie.

​Ryn ne put plus se contenir.

—  ARRÊTEZ !

​Le cri déchira la nuit, chargé d'une onde de choc dans la Force qui fit frémir les arbres. Tout s'arrêta. Les Medjaÿ restèrent immobiles, leurs lames à quelques centimètres de la gorge de leur maître.

​Vyze, au sol, esquissa un sourire sanglant.

—  Voilà. Vous êtes prêts.

​Les Medjaÿ reculèrent et disparurent dans les ombres sans un mot. Ryn se précipita vers son père, tremblant de rage et de terreur.

—  Vous alliez le tuer ! Ils allaient vraiment le faire !

​La voix du Medjaÿ principal résonna une dernière fois, invisible :

—  Non. Nous devions savoir si nous le pouvions.

​Le silence retomba, plus lourd que jamais. Syla regarda son père, puis le vide laissé par les ombres. Pour la première fois, la vérité lui apparut dans toute sa froideur. Les Medjaÿ n'étaient pas seulement des gardes du corps.

​Ils étaient la sécurité intégrée. Le bouton d'arrêt d'urgence. Ils étaient là pour abattre leur propre père si jamais l'équilibre du "Gris" venait à se rompre.

​La nuit reprit ses droits. Mais l'innocence de Ryn et Syla était morte dans cette clairière, remplacée par une compréhension glaciale de ce que signifiait "survivre".

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