Les Chroniques d'un Jedi - Tome 15 bonus : Le Dernier Medjaÿ

Chapitre 2 : Les ombres des Régions Inconnues

1153 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 10/10/2026 10:14

Chapitre 2 — Les ombres des Régions Inconnues


Le vent du matin passait doucement entre les colonnes de pierre. Vyze écrivait encore, son vieux journal posé sur ses genoux, lorsque la navette se posa dans un souffle maîtrisé.

Ryn leva immédiatement les yeux vers le ciel.

—  On n’attend personne…

La rampe s’abaissa.

Leia Organa apparut, enveloppée dans sa cape claire, le regard grave mais chaleureux.

Vyze se leva lentement.

—  Leia…

—  Amiral Polaekys.

Un silence. Celui des vieux soldats qui n’ont pas besoin de mots.

Leia regarda autour d’elle, puis revint à lui.

—  La paix ne durera pas.

Vyze soupira doucement.

—  Alors elle n’a jamais vraiment existé.

Ils marchèrent un peu à l’écart.

—  Le Premier Ordre grandit dans les Régions Inconnues, dit Leia. Comme une rumeur.

—  Tu as déjà des généraux. Des espions. Une armée, même réduite avec le Concordat Galactique… Pourquoi venir me troubler avec cela ?

—  Je n’ai pas toi !

Vyze secoua la tête.

—  Je suis à la retraite, Leia. Je n’ai plus rien à prouver.

—  Ce n’est pas pour prouver. C’est pour comprendre.

Il resta silencieux.

—  Tu connais leurs méthodes. Tu connais l’Empire mieux que quiconque encore en vie. Si une nouvelle ombre naît… tu sauras la voir avant les autres.

Vyze ferma les yeux un instant, il se tourna ensuite vers la maison.

—  Ryn.

L’amiral approcha.

—  Tu as entendu ? Demanda Vyze.

—  Assez.

Leia observa Ryn avec respect.

—  Amiral.

—  Générale Organa.

Vyze reprit :

—  Si je pars, ce sera avec toi… et ton croiseur.

Ryn croisa les bras, un léger sourire passa sur le visage de Ryn.

—  Le Vigilance est à ta disposition Amiral.

Leia hocha la tête.

Vyze posa une main sur l’épaule de son fils.

—  Destination ? Demanda Ryn.

—  Les Régions Inconnues, répondit Leia.

Vyze murmura presque :

—  Là où les ombres recommencent toujours.


Quelques jours plus tard à bord du Vigilance, le vaisseau glissait dans le silence profond de l’hyperespace.

À bord, Vyze n’était ni une légende distante, ni un héros figé dans le passé. Il marchait lentement dans les coursives, saluait chaque officier par son nom, écoutait plus qu’il ne parlait. L’équipage le respectait d’un respect calme : celui qu’on réserve aux survivants de toutes les guerres.

Dans la baie d’observation, Ryn se tenait debout face aux étoiles étirées.

Vyze arriva sans bruit.

—  Tu observes comme si tu cherchais quelque chose.

—  Peut-être, répondit Ryn. Ou peut-être que j’essaie de comprendre ce que tu vois, toi.

Un silence.

—  Père… pourquoi ne nous as-tu jamais formés ? Syla et moi. Pas comme des Jedi d’autrefois.

Vyze posa les mains derrière le dos.

—  Vous aviez tous les deux le potentiel de devenir de grands Jedi. Ensemble… encore plus. J’ai senti quelque chose en vous, j’ai cru à une Dyade entre vous… Et cela m’a effrayé au plus haut point… Parce que je savais ce que cela attire.

Ryn tourna la tête.

—  L’Empereur.

Vyze hocha lentement.

—  Il sentait tout. Les esprits forts. Les lignées sensibles. Les enfants prometteurs… il les trouvait toujours.

—  Tu pensais qu’il viendrait pour nous ? Comme le jour où nous étions très jeunes ?

—  Je n’en doutais pas. Heureusement pour vous, je m’étais trompé sur ce point.

Le regard de Vyze se perdit.

—  Mais te former, toi… former Syla… cela aurait été vous exposer. Et je n’aurais pas pu vous protéger, même les Medjaÿ tous ensemble ne pouvaient rien faire contre lui.

Ryn resta silencieux, puis demanda doucement :

—  Et aujourd’hui ?

—  Aujourd’hui il n’est plus là… mais les ombres qu’il a créées, elles, vivent encore.

Un frisson presque invisible traversa Vyze. Sa main se posa instinctivement contre sa poitrine, juste au-dessus du cœur.

Ryn le vit.

—  La blessure ?

—  Vieille mémoire… murmura Vyze. On ne retient pas le cœur d’un soleil sans en payer le prix, ce jour-là sur Jakku, je n’ai pas seulement utilisé la Force, je lui ai donné une partie de moi…

Mais la douleur était réelle. Froide. Profonde. Comme une lame ancienne qui se rappelait à lui : Vador.

Vyze inspira lentement.

—  Écoute-moi, Ryn.

Le ton avait changé.

—  Ce que nous cherchons dans les Régions Inconnues… ce n’est pas une mission courte. Ni simple. Ni sûre.

—  Je sais.

Vyze secoua la tête.

—  Non. Tu ne sais pas encore. Parce que… tu vas y aller sans moi.

Un silence s’installa.

Ryn ne protesta pas immédiatement. Il comprit.

—  La blessure… ce n’est pas seulement la douleur, n’est-ce pas ?

—  Non.

Vyze posa une main sur son épaule.

—  Tu es prêt depuis longtemps. Plus que je ne l’étais quand j’ai été précipité dans la Guerre Noire. Tu commandes. Tu inspires. Tu protèges… sans chercher la gloire. C’est pour cela que je peux te laisser partir.

—  Et toi ?

Un léger sourire fatigué.

—  Je veille encore. Autrement.

Ryn baissa légèrement la tête, acceptant comme un passage.

—  Tout est prêt, annonça Ryn. Les éclaireurs ouvriront la route dès notre sortie d’hyperespace.

Vyze hocha la tête. Un silence paisible s’installa entre eux : celui de deux hommes qui n’ont plus besoin de prouver quoi que ce soit.

Puis Vyze parla, calmement :

—  Va là où je ne peux plus aller. Protège ceux que je ne verrai pas. Et souviens-toi : un commandant ne gagne pas par la force… mais par ceux qu’il ramène vivants.

Ryn acquiesça.

Puis, après un court silence, il demanda :

—  Et pour mes enfants ?

Le regard de Vyze se fit plus doux.

—  Je veillerai sur eux et sur Maera aussi. Pendant toute ta mission. Comme j’ai veillé sur toi.

Ces mots, simples, valaient plus qu’un serment.

Une alarme douce résonna : sortie d’hyperespace imminente.

Ryn se redressa.

—  Il est temps.

—  Que la force soit avec toi, mon fils.

Vyze hocha la tête, puis s’écarta.

Sans cérémonie. Sans discours. Comme toujours.

Vyze pris une navette pour retourner sur Naboo pendant que Le Vigilance entra dans l’hyperespace dans une mer d’étoiles inconnues.

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