Les Chroniques d'un Jedi - Tome 14 : L’Homme après la Force
Chapitre 7 : Ce qui reste quand tout est terminé
603 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 09/10/2026 11:17
Chapitre 7 — Ce qui reste quand tout est terminé
Naboo les accueillit dans une lumière douce.
Les collines ondulaient lentement sous le vent, les lacs reflétaient un ciel calme, indifférent aux guerres passées. Ici, rien ne criait victoire ou défaite. La planète continuait simplement d’exister.
Vyze inspira profondément.
Il n’avait pas posé le pied sur cette terre depuis longtemps sans ressentir l’urgence, le danger ou la fuite. Cette fois, il n’y avait rien à anticiper. Rien à prévoir par la Force.
Seulement le présent.
Le domaine familial s’étendait au bord de l’eau. Simple, élégant, sans faste. Alyna avait tenu à ce que cela reste ainsi.
Elle se tenait à ses côtés, droite, sereine. Marquée par les années, mais jamais brisée. Kara était un peu en retrait avec Jaden, leurs regards complices, apaisés. Ryn, Syla, Rho et Lio observaient la scène en silence. Ils savaient que ce moment comptait.
Maera et Caelis restèrent un peu plus en retrait. Même les Medjaÿ étaient là.
Discrets, alignés sans rigidité. Ils avaient retiré leurs armes visibles, par respect. Ils n’étaient plus des gardiens en alerte. Juste des témoins.
Vyze tenait le coffre.
Un vieux bois sombre, patiné par le temps. Le symbole de l’Ordre Jedi y était gravé à la main imparfait, usé, mais intact. Il l’avait fait lui-même, autrefois. À une époque où il croyait encore que tout était clair.
Près d’un arbre millénaire, où, à gauche dans un caveau de pierre, reposaient ses parents. Il s’agenouilla à droite de l’arbre. La terre était meuble. Vivante.
Il ouvrit le coffre : D’abord, les deux sabres laser. Il les posa avec soin.
Puis les deux pistolets, compagnons d’un chemin que l’Ordre n’aurait jamais accepté, mais qui l’avaient maintenu en vie quand la Force seule ne suffisait plus.
La lame secrète, presque invisible dans son bracelet de cuir usé par les décennies. Celle qu’il n’avait jamais vraiment montrée aux enfants. Celle qui représentait ses choix les plus sombres.
Enfin, le bouclier. Plus symbole de protection que d’attaque. Celui avec lequel il avait tenu bon quand tout s’effondrait.
Il referma le coffre.
Alyna posa doucement sa main sur son épaule.
— Tu es sûr ? Demanda-t-elle à voix basse.
Vyze hocha la tête.
— Oui.
— Même si un jour…
— Surtout si un jour.
Il enterra le coffre lentement, sans aide. Personne ne bougea. Les enfants regardaient, comprenant sans qu’on leur explique.
Quand la terre fut remise en place, Vyze resta un instant immobile.
Puis il posa sa main à plat sur le sol.
Il ne chercha pas la Force.
Il la laissa simplement être.
Jaden s’approcha.
— Tu sais… tu resteras toujours un Jedi.
Vyze esquissa un sourire.
— Et toi, tu resteras toujours mon frère.
Les Medjaÿ inclinèrent légèrement la tête.
Non comme à un maître mais comme à un homme qui avait fini son chemin.
Les enfants s’avancèrent enfin.
— Père… demanda Ryn.
— Oui ?
— Tu regrettes ?
Vyze réfléchit.
Longtemps.
— Non. J’ai été ce que je devais être. Et maintenant… je peux être ce que je choisis.
Il se releva.
Alyna glissa sa main dans la sienne.
Naboo les enveloppait déjà. La guerre était terminée. La Force demeurait. Mais pour la première fois… Vyze n’en avait plus besoin.