Les Chroniques d'un Jedi - Tome 14 : L’Homme après la Force
Chapitre 5 : Le silence après la victoire
577 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 08/10/2026 09:51
Chapitre 5 — Le silence après la victoire
La République annonça la fin officielle de la guerre quelques semaines plus tard.
Des communiqués, des holodiffusions, des célébrations sur des mondes qui n’avaient jamais vu passer un destroyer impérial. Des discours sur l’avenir, sur la reconstruction, sur l’espoir.
À Jakku, il n’y eut rien de tout cela.
Le vent continuait de souffler sur les dunes. Le sable recouvrait lentement l’épave du Delphinus, comme s’il cherchait à effacer jusqu’au souvenir de sa forme. Seuls quelques éléments de coque restaient visibles, dressés comme des os blanchis sous deux soleils, bien que Jakku n’en possédait qu’un.
Vyze venait souvent s’y asseoir. Sans uniforme. Sans sabre.
Il observait l’horizon, laissant le temps passer.
Jaden le rejoignit un soir, portant deux gourdes d’eau tiède. Il s’assit à côté de lui sans un mot, comme il l’avait fait tant de fois dans les couloirs du Temple, autrefois.
— La République voudrait t’honorer, dit-il enfin.
— Je sais.
— Luke aussi. Il a parlé de toi pour son projet d’académie. Pas officiellement... mais ton nom est revenu.
Vyze esquissa un sourire fatigué.
— Il a besoin de modèles, répondit-il. Pas de fantômes.
Jaden observa le vaisseau enseveli.
— Tu pourrais l’aider. L’académie. La transmission. Tout ce que tu sais.
Vyze hocha lentement la tête.
— Je l’ai déjà fait. À ma manière.
— Et maintenant ?
— Maintenant, je dois apprendre autre chose.
Jaden le regarda.
— Quoi ?
Vyze ferma les yeux.
Il sentit la Force. Toujours là. Plus calme qu’autrefois. Comme une mer après la tempête. Il pouvait encore l’atteindre… mais elle ne l’appelait plus.
— Vivre sans elle, répondit-il.
Ils restèrent silencieux.
Plus loin, les Medjaÿ démontaient ce qui pouvait l’être, récupérant les données, les souvenirs, les fragments utiles. Ils n’étaient plus des gardiens dans l’ombre : ils avaient combattu à découvert, et certains portaient encore les traces de leurs blessures.
Chacun savait que cette page-là se refermait.
Ryn et Syla arrivèrent à leur tour, devenus adultes sans même s’en rendre compte. Pilotes, tacticiens, médiateurs. Aucun n’avait suivi exactement son chemin… et c’était précisément ce qu’il avait voulu.
— On rentre ? Demanda l’un d’eux.
Vyze se leva lentement.
Il posa une dernière fois la main sur la coque du Delphinus.
— Oui.
Ils quittèrent Jakku sans cérémonie. Sans drapeau planté. Sans nom gravé.
Et dans le sable, le vaisseau disparut peu à peu, jusqu’à ne plus être qu’un mythe oublié comme tant d’autres instruments de guerre.
Ce soir-là, pour la première fois depuis des décennies, Vyze dormit sans rêves.
Un matin, quelques années s’étaient écoulée, Vyze reçus une transmission :
— Amiral Polaekys, commença Thrawn. Je ne vous ai pas oublié.
— Thrawn… Je te croyais mort ! Que me veux-tu ?
— Tu as une dette à payer. Pour le Cygnus et tout le reste.
— Mon Delphinus est mort et enterré, je suis à la retraite… Es-ce donc cela le Grand Amiral Thrawn à venir troubler le repos d’un vieil homme ? Je n’ai que faire des problèmes de la galaxie, j’ai déjà suffisamment payé.
Vyze coupa net la transmission et retourna voir ses petits enfants jouant près du lac…