Les Chroniques d'un Jedi - Tome 11 : Le dernier seuil

Chapitre 3 : Ce que nous étions

723 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/09/2026 17:52

Chapitre 3 — Ce que nous étions


La salle de méditation était plongée dans une pénombre douce.

Vyze était seul.

Assis en tailleur, les yeux clos, il laissait la Force couler librement autour de lui, sans chercher à la guider. Les images venaient d’elles-mêmes.

Le Temple Jedi. Les couloirs polis de Coruscant. La lumière filtrant à travers les verrières anciennes.

Et Obi-Wan Kenobi.

— Tu as choisi ton moment, murmura Vyze.

La présence était différente de celle d’Alderaan. Plus douce. Plus stable. Comme une main posée brièvement sur l’épaule, sans un mot.

Il revit Obi-Wan plus jeune, maladroit parfois, trop rigide souvent. Toujours sincère.

— Tu croyais vraiment que tout pouvait être expliqué par les règles, dit Vyze avec un mince sourire. Et pourtant… tu as fini par comprendre.

La Force se fit plus calme.

Vyze se leva lentement.

Il était temps de rejoindre les siens.


Le réfectoire du Delphinus était inhabituellement animé.

Ryn, Syla, Rho et Lio étaient installés autour de la grande table centrale. Alyna discutait à voix basse avec Kara, tandis que Jaden terminait de distribuer des rations améliorées, un luxe rare en temps de guerre.

Quand Vyze entra, les conversations s’interrompirent naturellement.

— Tout va bien ? Demanda Alyna en se levant à moitié.

Vyze acquiesça et s’assit.

— Obi-Wan m’a rappelé qui nous étions, dit-il simplement. Avant la guerre. Avant l’Empire.

Les enfants échangèrent un regard intrigué.

— Tu l’as connu ? Demanda l’un d’eux.

Vyze hocha la tête.

— Nous avons tous grandi ensemble, au Temple. Pas comme des héros. Comme des enfants… souvent perdus.

Jaden sourit.

— Surtout toi.

Vyze lança un regard faussement sévère.

— Tu n’as pas le droit de parler. Je me souviens très bien de l’incident du réfectoire.

Les enfants se penchèrent aussitôt en avant.

— Quel incident ? Demandèrent-ils en chœur.

Jaden leva les yeux au ciel.

— Très bien… Vyze avait décidé qu’il pouvait “améliorer” une séance de méditation en utilisant la Force pour faire léviter… des fruits.

— C’était une expérience parfaitement légitime, protesta Vyze. Jusqu’à ce que Yoda entre dans la salle.

— Et que les fruits lui tombent dessus, ajouta Jaden.

Un rire parcourut la table.

— Yoda est resté silencieux, reprit Jaden. Puis il a dit : « Nourrir l’esprit, important. Nourrir le sol aussi. »

Même Alyna ne put s’empêcher de sourire.

— Et ce n’est pas tout, ajouta Vyze. Tu te souviens quand Obi-Wan a essayé d’enseigner la patience… à un groupe de très jeunes padawans trop bavards ?

— Il a parlé pendant une heure, dit Jaden. Sans se rendre compte que personne n’écoutait plus.

— Et à la fin, il a demandé : « Qu’avez-vous retenu ? » Personne n’a répondu.

Tous éclatèrent de rire.

— Obi-Wan a soupiré… Puis il a dit : « Très bien. Alors vous avez parfaitement compris la leçon. »

Le rire se calma peu à peu.


Vyze observa les visages autour de la table. Il n’y avait plus seulement des soldats, des pilotes, des stratèges.

Il y avait une famille.

— Le Temple nous a appris beaucoup de choses, dit-il plus doucement. Mais il nous a aussi oubliés parfois. Obi-Wan… a compris cela trop tard.

Un silence respectueux s’installa.

Ryn brisa doucement la quiétude.

— Tu n’as jamais voulu être un héros, n’est-ce pas ?

Vyze leva les yeux vers lui.

— Non, répondit-il honnêtement. J’ai seulement voulu faire ce qui était juste… même quand c’était inconfortable.

Il posa la main sur la table.

— Et si je vous raconte tout cela aujourd’hui, ce n’est pas pour glorifier le passé. C’est pour que vous sachiez qui je suis vraiment.

Jaden hocha lentement la tête.

— Un Jedi, dit-il. Même sans Temple.

Alyna sourit, les yeux brillants.

— Et un homme, ajouta-t-elle.

Les enfants comprirent alors : Pas l’amiral. Pas le stratège. Pas la légende.

Mais l’homme qui, malgré la guerre, n’avait jamais cessé d’aimer, de douter… et de transmettre.

Dans le ventre du Delphinus, alors que l’ombre de l’Étoile de la Mort planait encore, une autre lumière persistait.

Discrète, fragile mais essentielle.

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