Les Chroniques d'un Jedi - Tome 8 : Le Gambit de l’Amiral
Chapitre 14 — La reddition impossible
La cinquième flotte patrouillait près de Sullust lorsqu’un croiseur Mon Calamari MC75, le Profundity, sortit brusquement de l’hyperespace.
Assis dans son fauteuil de commandement, Vyze sentit immédiatement la tension monter.
— Contactez-les, ordonna-t-il.
— Impossible, Amiral, répondit l’officier des communications. Ils brouillent tous les signaux.
— Ils se mettent en position d’attaque, ajouta l’officier tactique.
Vyze se pencha en avant, passa une main sur son visage et souffla :
— Oh… c’est pas vrai…
Il releva la tête.
— Jaden, va à la vigie et envoie des signaux lumineux à la flotte. Qu’ils restent bien en retrait. Ensuite, envoie des signaux de paix, sans t’arrêter !
Vyze marqua une pause et reprit :
— Activez les boucliers. Dérivez toute la puissance disponible dessus. Coupez les systèmes inutiles si nécessaire.
Il marqua une nouvelle pause avant d’ajouter :
— Activez les tourelles légères pour commencer. Pas de tirs à pleine puissance.
Le Profundity ouvrit le feu.
Le Delphinus encaissa les premiers impacts et riposta aussitôt, ses tirs visant principalement le système de brouillage du croiseur rebelle.
Mais les minutes passaient, et les boucliers du Delphinus faiblissaient tandis que ceux du croiseur Mon Calamari, avec leurs systèmes redondants, tenaient bon.
— Concentrez toute la puissance de tir disponible, ordonna finalement Vyze. J’ai bien dit toute : missiles, tourelles lourdes… concentrez le feu sur ce maudit système de brouillage !
— Amiral, les boucliers vont céder !
Vyze resta silencieux une seconde.
— Armez le canon Kyber…
À cet ordre, un silence glacial parcourut la passerelle.
Puis Vyze leva brusquement la main.
— Contrordre. Dérivez toute la puissance vers les propulseurs… nous allons les éperonner.
Le Delphinus bondit en avant, fonçant à pleine vitesse vers le croiseur rebelle.
Pendant ce temps, à la vigie, Jaden désespérait d’envoyer un signal lumineux de paix.
Au dernier moment, le croiseur Mon Calamari esquiva l’impact.
Et enfin… quelqu’un aperçut les signaux.
Le brouillage cessa et la communication s’ouvrit.
— Ici l’Amiral Vyze Polaekys. Cessez immédiatement le combat… nous nous rendons.
Un silence pesa sur les canaux.
Puis une voix grave répondit depuis le croiseur Mon Calamari.
— Ici l’amiral Raddus. Nous acceptons votre reddition… mais dites-moi… c’était une manœuvre audacieuse, Amiral.
Vyze esquissa un sourire fatigué.
— Il fallait bien faire cesser cette folie. Je ne suis pas votre ennemi.
Un court silence suivit.
— C’est pourtant bien vous qui avez détruit le Cygnus ? Demanda Raddus.
Sur la passerelle du Delphinus, plusieurs officiers échangèrent des regards inquiets.
Vyze resta immobile.
Puis il répondit calmement :
— Vous ne comprenez pas.
Il releva légèrement la tête.
— Je suis le Cygnus.
Un silence incrédule répondit.
— Ou du moins… j’étais l’homme qui commandait ce vaisseau.
La voix de Raddus se fit plus prudente.
— Alors expliquez-moi, Amiral… pourquoi un officier impérial détruirait-il son propre vaisseau ?
Vyze regarda les étoiles à travers la verrière de la passerelle.
— C’est une longue histoire, Amiral. L’Empire ne devait pas s’en emparer…
Un nouveau silence.
Puis Raddus reprit, plus grave :
— Dans ce cas… Amiral Polaekys… je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire.
Vyze ferma les yeux un instant.
— Oui.
Puis il ajouta simplement :
— Mais pas sur un champ de bataille, je vous invite à bord.
Peu après, l’amiral Raddus débarqua à bord du Delphinus.
Et une discussion concernant plusieurs cellules de combattants rebelles commença…