Les Chroniques d'un Jedi - Tome 8 : Le Gambit de l’Amiral

Chapitre 8 : Ce que l’Amiral prépare

1086 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 12/09/2026 14:48

Chapitre 8 — Ce que l’Amiral prépare

 

Le yacht diplomatique d'Alyna fut arraché de l'hyperespace avec une violence incroyable.

À travers les baies vitrées, la silhouette sinistre d'un croiseur de classe Interdictor, avec ses quatre dômes générateurs de gravité, barrait la route.

​À bord, le Commandant Vax jubilait. Ses capteurs avaient repéré un dissident recherché par le BSI qui s'était faufilé dans la soute du yacht lors de son départ de Coruscant.

Pour Vax, peu importait qui était la propriétaire du vaisseau : une proie était une proie.

​Le Delphinus sortit d'hyperespace quelques minutes plus tard, se plaçant en travers de la trajectoire de l'Interdictor.


Vyze monta à bord, son pas résonnant lourdement sur le pont du croiseur de Vax.

​Vax l'attendait, un sourire suffisant aux lèvres.

—  Amiral Polaekys. Je suppose que vous êtes ici pour le passager clandestin.

—  ​Je suis ici pour le vaisseau que vous retenez, répondit Vyze. La Sénatrice Rhee est mon épouse. Je réponds d'elle et de son équipage. Libérez-les immédiatement.

​Le sourire de Vax s'élargit.

—  Avec tout le respect que je vous dois, Amiral, ma mission émane directement du secteur de sécurité. J'ai toute autorité pour intercepter et interroger tout suspect, quel que soit son rang ou ses liens familiaux. La loi impériale ne fait pas d'exception pour les sentiments.

​Vyze sentit la peur d'Alyna à travers les cloisons, une pulsation froide dans la Force. Vax s'apprêtait à l'emmener en salle d'interrogatoire pour "vérification". C'était la ligne rouge.

—  Vous allez la libérer immédiatement, dit Vyze en faisant bouger sa main.

—  Je vous le répète, Amiral, ma réponse est non !

​Vyze compris que ce commandant était trop aveuglé par sa soif de promotion pour se laisser influencer par un contrôle mental.


Il changea de posture. Son regard, jusqu'ici protecteur, devint celui d'un Nexu. Il fit un pas vers Vax, le dominant de toute sa stature.

—  ​Vous parlez de mission, Commandant ? Très bien. Parlons de la mienne.

​Vyze activa un hologramme crypté sur le pont.

—  Ce dissident que vous avez "capturé" n'est pas une proie, Vax. C'est un agent double travaillant pour mon haut commandement. Il était en train d'infiltrer une cellule Amidalienne sur Naboo par le biais de ce transport diplomatique. En intervenant, vous venez de briser des mois de filature et de compromettre l'identité de l'un de nos meilleurs atouts.

—  Je... je n'avais aucune information sur un agent infiltré...

—  Évidemment, coupa Vyze, sa voix s'élevant pour que tout l'équipage de la passerelle entende. C'est une opération classifiée de Niveau 1. Mais au lieu de suivre les protocoles de signalement discrets, vous avez agi comme un pirate en quête de médailles.

​Vyze pointa un doigt vers Vax.

—  En entravant une opération de renseignement impérial et en harcelant une haute dignitaire pour couvrir votre incompétence, vous n'avez pas servi l'Empire. Vous l'avez trahi.

—  ​Amiral, c'est absurde ! S'écria Vax. J'ai agi selon mon autorité !

—  ​Votre autorité s'arrête là où mon plan commence, trancha Vyze. Soldats, faites évacuer la Sénatrice et le "dissident" vers le Delphinus pour débriefing immédiat. Quant au Commandant Vax...

​Vyze arracha d’un geste les insignes sur l’uniforme de Vax et se tourna vers les Stromtroopers qui l'accompagnaient.

—  Mettez-le aux arrêts. Il répondra de son sabotage devant un tribunal militaire pour haute trahison par entrave au renseignement.

​Vax fut emmené, hurlant ses protestations, tandis que les puits de gravité de l'Interdictor s'éteignaient.


​Sur la passerelle désormais silencieuse, Alyna, qui venait d’être transférée, rejoignit Vyze. Il ne l'embrassa pas, il ne lui sourit pas.

Aux yeux des soldats présents, il restait l'Amiral impitoyable. Mais dans la Force, il lui envoya une vague de calme et de certitude.

—  Sénatrice Rhee, veuillez accepter les excuses de la marine Impériale pour ce désagrément.

—  Excuses acceptées, Amiral Polaekys.

​Une fois seuls dans le turbo-ascenseur, Vyze souffla enfin.

—  L'histoire de l'agent double... C'était risqué, dit Alyna. Si le BSI fouille les dossiers de ce dissident et voit qu'il n'a rien à voir avec nous ?

​Vyze fixa la porte fermée.

—  D'ici à ce qu'ils vérifient, le dissident aura disparu et Vax aura été transféré dans une prison d'où l'on ne revient pas. Personne ne remet en question la parole d'un Amiral quand il accuse un subalterne de trahison. Mais vu notre situation, je vais lui donner un poste sur le Delphinus pour quelques mois, au cas où le BSI lance des recherches.

​Il tourna enfin les yeux vers Alyna.

—  Tu n'aurais jamais dû passer par ce secteur… et connais-tu ce dissident ?

—  Je voulais retrouver Ryn et Syla au plus vite, répondit-elle. Et je sais que les apparences sont contre moi, mais non, je ne le connais pas, c’est un vrai passager clandestin… Mais je dois avouer que ton côté "tyran de la Marine" est très convaincant.


Après avoir quitté la passerelle dévastée de l'Interdictor, Vyze contacta Jaden via hologramme dans son bureau privé, sous la passerelle du Delphinus.

Le silence est pesant.

—  ​On a eu de la chance, Vyze. Une chance insolente. Mais le prochain "Vax" n'aura peut-être pas peur de tes menaces de cour martiale.

—  ​La chance est une ressource épuisable, Jaden. Aujourd'hui, j'ai dû mentir, menacer et détruire la vie d'un homme pour sauver ma femme. Demain, ce sera pour mes enfants. L'Empire nous oblige à devenir des monstres pour rester des hommes.

—  ​Qu'est-ce que tu suggères ? On ne peut pas être partout à la fois.

—  Exactement. Ma flotte protège les secteurs, mais elle ne protège pas les âmes. Il nous faut autre chose. Pas des soldats, pas des espions... des gardiens. Des hommes et des femmes capables de marcher entre la lumière et l'ombre, invisibles pour l'Empereur, mais implacables pour nos ennemis.

—  Comme les anciens gardiens des temps anciens...

—  Des Medjaÿ, Jaden. Une confrérie qui n'aura qu'une seule patrie : la survie de ce qui est juste. L’empereur à ses gardes prétoriens, et bien moi j’aurais des Medjaÿ !

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