Les Chroniques d'un Jedi - Tome 7 : Sous l’Empire
Chapitre 3 — Le poids de l’ombre
Le Delphinus sortit de l’hyperespace dans un silence presque religieux.
Sur le pont principal, les officiers se figèrent lorsque la navette Lambda impériale apparut sur les senseurs. Noire. Angulaire. Implacable.
— Navette du Seigneur Vador en approche, annonça un officier d’une voix trop tendue.
Vyze se leva lentement.
— Autorisation d’amarrage accordée, dit-il. Préparez le hangar tribord.
Il sentit la présence avant même que la navette ne touche le sol.
La Force se contracta.
Dans le Hangar tribord, la rampe de la navette s’abaissa dans un souffle hydraulique.
La silhouette noire apparut, massive, immobile un instant… puis avança.
Chaque pas résonnait comme un marteau contre la coque du Delphinus.
Devant Vador, les officiers reculèrent instinctivement. Les soldats se figèrent, au garde-à-vous.
Vyze s’avança seul.
Ils se firent face.
Le masque inclina légèrement la tête.
— Amiral Vyze Polaekys, dit la voix mécanique. Vos actions durant la guerre… Et après… Ont retenu l’attention de l’Empereur.
Vyze soutint son regard invisible.
— Seigneur Vador. Le Delphinus est à votre disposition.
Un silence, puis Vador reprit :
— Vous portez la Force… Mais vous ne l’exhibez pas.
Un souffle amplifié.
— Montrez-la-moi.
Vyze comprit immédiatement.
— Où ?
— Salle d’entraînement, répondit Vador. Maintenant !
Ils se rendirent dans la salle d’entraînement du Delphinus.
Le champ d’entraînement s’activa, parois nues et sol gravitationnel renforcé.
Vyze retira lentement sa tunique d’amiral impérial, révélant son équipement de combat.
— Sabres réels, dit Vador. Ne retenez pas vos coups !
Les sabres s’embrasèrent et le choc fut immédiat.
Vador frappa, une avalanche de puissance.
Vyze fut projeté en arrière, s’écrasa contre le sol, sentit l’air quitter ses poumons.
Avant même de reprendre son souffle, la lame rouge revenait, il roula, se releva, il frappa de toutes ses forces et fut repoussé.
Encore une fois, chaque coup de Vador était un mur.
Chaque parade de Vyze, un acte de volonté pure.
La Force pliait autour d’eux.
Vyze tomba à genoux. La lame rouge s’arrêta à quelques centimètres de son visage.
Un souffle, Vyze se releva.
— Encore !
Vyze n’attaquait plus pour gagner, il attaquait pour tenir, pour ne pas céder.
Vador frappa une dernière fois, plus fort.
Vyze fut projeté à travers la salle, glissa sur plusieurs mètres… puis posa un genou au sol et se releva.
Le silence retomba.
Vador désactiva son sabre.
— Assez !
Vyze resta debout, tremblant, mais droit.
— Vous auriez dû tomber, dit Vador. Beaucoup plus tôt.
— J’ai appris… à ne pas rester au sol, répondit Vyze.
Un léger temps silencieux, puis :
— Vous portez une douleur ancienne, poursuivit Vador. Mais elle ne vous gouverne pas.
Il s’approcha.
— Cela vous rend… Intéressant.
Vador tourna les talons.
— Parlons de la mission.
Jaden qui avait observé le combat en silence, chuchota, ironiquement, à l’oreille de Vyze :
— Comment était ta défaite ?
— Terrifiante… Pire que dans ma vision…
Ils se rendirent immédiatement en salle de briefing, une projection holographique s’activa.
— Monde du secteur Lahara. Résistance locale à l’autorité impériale. Sabotages. Protection d’anciens réseaux républicains.
Vador marqua une pause.
— Ma méthode est directe.
Vyze croisa les bras.
— Et la mienne est… durable !
Le masque se tourna vers lui.
— L’Empereur observe, Amiral. Cette mission déterminera si vos méthodes ont leur place dans l’Empire.
Un souffle.
— Ou si vous êtes… Une anomalie à corriger.
Vador s’éloigna.
— Préparez la flotte. Nous frappons à l’aube locale.
Vyze resta seul un instant.
Son corps souffrait mais son esprit tenait encore.
Et pour la première fois, il comprit : Vador ne l’avait pas testé pour le briser, mais pour voir jusqu’où il pouvait résister.