Les Chroniques d'un Jedi - Tome 5 : C‘est la guerre !
Chapitre 5 — Ce que murmure la Force
L’hologramme se stabilisa au centre de la salle de briefing.
Les silhouettes bleutées du Conseil Jedi apparurent, graves mais attentives. Yoda était silencieux. Mace Windu, bras croisés, observait Vyze avec une intensité particulière. Kit Fisto inclina légèrement la tête.
— Le Comte Dooku a échappé à la capture, constata Windu.
— Mais vous êtes revenus… et entiers, ajouta Fisto.
Vyze ne détourna pas le regard.
— J’ai frôlé une limite, admit-il. Mais je ne l’ai pas franchie.
Un silence suivit.
Yoda parla enfin.
— Le choix… fait dans la tempête, révélateur est. Cédé, tu n’as pas.
Kit Fisto sourit faiblement.
— Et cela compte.
Windu hocha la tête.
— La mission n’est pas une victoire, mais ce n’est pas une défaite… Continuez.
L’hologramme s’éteignit.
Vyze resta immobile quelques secondes… puis se tourna vers une autre projection.
Le visage du Chancelier Palpatine apparut.
— Deux croiseurs Venator, dit Vyze sans détour. Pour compléter la Cinquième Flotte.
Palpatine sembla réfléchir à peine une seconde.
— Ils seront affectés immédiatement. Vous en faites bon usage, Amiral.
Le mot résonna encore étrangement aux oreilles de Vyze.
— Merci, Monsieur le Chancelier.
L’image s’effaça.
Plus tard, dans la salle de méditation située sous la passerelle du Delphinus, silencieuse, baignée d’une lumière douce, Vyze s’agenouilla.
Il ne chercha pas, il écouta.
La Force répondit, non par des mots, mais par une traction douce… insistante.
Des coordonnées s’imposèrent à son esprit.
Un vaisseau, en mouvement et protégé.
Et une présence familière, faible… mais vivante : Alyna.
Les yeux de Vyze s’ouvrirent aussitôt, son cœur battait plus vite et il activa son comlink.
— Passerelle, ici l’Amiral Vyze. Nouvelle mission.
Le pont du Delphinus vibrait doucement sous l’impulsion des moteurs et quelques heures plus tard, la Cinquième Flotte encerclait un croiseur séparatiste.
— Jaden, dit Vyze en s’approchant. Tu prends le commandement.
Jaden le fixa, surpris.
— Tu es sérieux ?
Vyze posa une main ferme sur son épaule.
— Plus que jamais ! Fais-moi confiance.
Jaden inspira profondément.
— Que la Force soit avec toi… Maître.
Vyze sourit brièvement, puis tourna les talons.
Son Actis ETA-2 de couleur gris anthracite jaillit du hangar, suivi d’un escadron entier de chasseurs clones ARC-170 gris.
— Objectif en vue, annonça un pilote.
— Ici Leader Gris, lança Vyze. Ailerons de combat en position d’attaque.
Le vaisseau ennemi ouvrit le feu.
— En formation, ordonna Vyze. On perce !
Les tirs se croisèrent, éclairs rouges et verts illuminant le vide. Vyze menait l’assaut avec une précision froide, presque instinctive.
L’abordage fut brutal.
À l’intérieur, Vyze avança seul, les clones, dirigés par le commandant Max, derrière lui n’eurent presque rien à faire.
Sabres, pistolets, bouclier, chaque mouvement était net et précis, sans colère et sans hésitation, mais guidé par quelque chose de plus fort que la guerre.
Droïde après droïde, le couloir se vida.
Arrivé devant la salle des cellules, Vyze y trouva Kaelen.
— Toi ? Ici ? Pourquoi ? Que lui a tu fais ? Lança Vyze en plaçant la lame noire de son sabre sous la gorge de Kaelen.
— Je te jure Vyze, je n’ai pas eu le choix, il m’a menacé, moi et ma famille…
— Tu es un Séparatiste. Je devrais te tuer… mais je te crois…
Vyze rangea son sabre.
— Viens avec moi, tu es intelligent, j’ai besoin d’un homme comme toi, je ne te livrerai pas aux autorités de Coruscant, mais Alyna en sera informée…
Kaelen hésita et accepta, le Commandant Max lui passa les menottes et l’emmena sur le Delphinus.
Derrière une porte devant une cellule que Vyze venait d’ouvrir :
— Vyze…
Alyna releva la tête, bouleversée.
— Je suis là.
Sans un mot de plus, Alyna posa sa main contre sa joue, et dans le silence fragile entre deux battements de guerre, leurs lèvres se frôlèrent en un baiser bref, mais chargé de sens.
Elle s’approcha un peu plus, encore tremblante… puis se blottit contre lui.
Et, pour un instant, la guerre n’exista plus.
Vyze ne dit rien, mais sa main se posa doucement dans son dos, comme une promesse silencieuse.
De retour sur le Delphinus, au réfectoire, le silence régnait autour de la table.
Alyna regardait Vyze, comme une femme qui avait compris.
— Je ne veux plus attendre, dit-elle doucement.
Vyze la regarda longuement.
La guerre. Le Conseil. Les choix.
Tout ce qu’il avait repoussé… revenait d’un coup.
— Moi non plus.
Un bref silence.
Puis, presque comme une évidence :
— Alors… faisons ce que l’Ordre nous aurait interdit.
Alyna comprit avant même qu’il termine.
— Marions-nous.
Jaden manqua de s’étouffer.
— Pardon ?
Vyze se tourna vers lui, impassible.
— Mon frère, tu as quitté l’Ordre, tout comme moi, depuis quelques temps.
Il posa une main fraternelle sur son épaule.
— Rien ne t’empêche, toi non plus, de vivre pleinement.
Jaden resta sans voix, figé… puis sourit.
— Eh bien… Félicitations, Vyze !
Alyna regarda Vyze et sans réfléchir, posa sa main dans la sienne, il la serra doucement… Un geste simple mais irrévocable.
La guerre continuait.
Mais pour la première fois depuis longtemps, Vyze savait pour qui il se battait.
Plus tard, dans les cellules du Delphinus, Jaden observa Kaelen à travers le champ de force.
C’était une cellule gravitationnelle, une fois active, le côté sol passait sur le mur du fond, empêchant les prisonniers de s’approcher de la porte fermée par un champ bleuté.
— Tu as eu de la chance, lança Jaden d’un air ironique. Il a failli tuer Dooku pour avoir menacer Alyna. Et toi tu as participé à sa capture…
— Je sais, répondit Kaelen en levant la tête très haut pour voir Jaden. Vyze peut se montrer parfois impulsif… Mais au fond de lui, c’est un homme d’honneur.
— Ils vont se marier, je ne sais pas si tu seras invité.
— Je ne le mérite certainement pas… Que va-t-il faire de moi ?
— Je ne peux pas le prévoir, mais je crois que tu vas servir comme agent de liaison avec le sénat.
— Bien, alors je ferai de mon mieux.
Il baissa légèrement les yeux.
— C’est tout ce qu’il me reste.
Sur ces mots, Jaden s’en alla, laissant Kaelen avec ses remords…