Les Chroniques d'un Jedi - Tome 4 : La Dissidence

Chapitre 12 : Le temps des fractures

2244 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 22/08/2026 20:12

Chapitre 12 — Le temps des fractures


Un soir, les lumières de Coruscant s’étendaient à perte de vue, une mer d’étoiles artificielles vibrant sous la nuit infinie.

Le speeder glissait paisiblement entre les voies aériennes, loin du tumulte des niveaux inférieurs.

Alyna observait l’horizon, apaisée.

—  Pour une fois… tu ne cours après personne.

Vyze esquissa un léger sourire, les mains posées tranquillement sur les commandes.

—  Pour une fois.

Le silence entre eux n’était pas vide. Il était doux.

Puis, soudain, Vyze se figea, son regard changea.

—  Vyze ? Demanda Alyna, attentive.

Il pencha légèrement la tête, comme s’il écoutait quelque chose d’invisible.

—  Quelqu’un fuit, dit-il doucement. Et il ne doit pas s’échapper.

Sans attendre, il poussa les commandes. Le speeder accéléra brutalement, plongeant entre les couloirs de circulation.

—  Vyze ! Qu’est-ce que tu fais ?

—  La Force m’appelle, accroche-toi !

Devant eux, un speeder sombre fendait le trafic, dangereux, incontrôlé.

—  Je sens une aura obscure autour de lui… Il vient de tuer… Il faut l’arrêter !

La poursuite commença : Virages serrés, plongées vertigineuses, alarmes stridentes, Coruscant devint un labyrinthe de lumière et de métal.

Alyna restait crispée sur son siège, poussant des cris à chaque sursaut.

Puis Vyze aperçut une faille étroite entre deux structures, un passage presque invisible.

—  On va prendre un raccourci, dit-il calmement.

Alyna se redressa d’un coup.

—  Vyze… ça ne passe pas.

—  Mais si.

Le passage se rapprochait.

—  Vyze… ça ne passe vraiment pas.

—  Fais-moi confiance.

Le métal semblait déjà trop proche.

—  Vyze…Vyze… VYYYZEEEE !!!!

Le speeder s’engouffra dans la fissure : SCRRRAAAAPE !!

Hurlement du métal. Étincelles. Vibrations violentes, un morceau se détacha à l’arrière du speeder, puis, enfin, la sortie.

Le speeder jaillit dans l’espace libre, juste devant leur cible.


Quelques secondes plus tard, le criminel était bloqué, encerclé, capturé par les droïdes de sécurité de Coruscant.

Le silence retomba, les moteurs ralentirent. Coruscant brillait autour d’eux, indifférente.

Vyze se tourna vers Alyna, un léger sourire aux lèvres.

—  Tu vois… ça passait !

Mais Alyna ne répondit pas, elle le regardait autrement.

—  Tu as senti… avant même de voir, murmura-t-elle. Tu n’as jamais douté.

Vyze haussa légèrement les épaules.

—  Pas quand tu es avec moi.

Un souffle, un instant suspendu, Alyna posa doucement sa main sur la sienne.

—  J’ai eu peur… pas de tomber… pas de mourir…

Sa voix trembla légèrement.

—  Mais de ne jamais pouvoir te le dire.

Vyze la regarda, surpris, vulnérable.

—  Je t’aime, Vyze.

Le monde sembla s’arrêter… Ses doigts se refermèrent doucement sur ceux d’Alyna.

—  Moi aussi… Depuis bien plus longtemps que je ne voulais l’admettre… J’ai cru… que tu avais choisi une autre vie.

—  Sombre idiot, cela fait des années que j’ai refusé ce mariage arrangé !

Vyze restait sans voix, leurs regards ne se quittèrent plus, puis, lentement, naturellement, Alyna s’approcha et ils s’embrassèrent, pas comme deux héros, pas comme deux survivants, mais comme deux âmes qui, au milieu du chaos de la galaxie… venaient enfin de se trouver.

—    Cette fois… je fais un choix, murmura Alyna

Alors qu'ils se détachaient doucement, Vyze regarda les lumières de la ville. Pour la première fois, il ne voyait pas des cibles ou des menaces. Il voyait un avenir qu'il voulait désespérément protéger.

—  Jaden va se moquer de moi pendant des années, murmura-t-il.

Alyna eut un petit rire étouffé.

—  S'il survit à ta conduite, oui. Probablement.

Le speeder dérivait doucement dans la lumière infinie de Coruscant et pour la première fois depuis longtemps… Vyze n’écoutait plus la Force mais seulement son cœur.


Dans le silence des chantiers orbitaux du Kuat, le dernier rivet fut posé.

Le Delphinus était achevé : 3 kilomètres de long pour 1,5 kilomètre de large et 700 mètres de hauts remplis de duracier et de promesses contenues, peint de couleur faite de nuances de gris anthracite, comme une ombre dans l’espace.

Ce fabuleux et gigantesque croiseur possédait une forme reconnaissable : Une coque triangulaire, comme un fer de lance, il avait deux grandes portes dorsales longitudinales qui s’ouvrent sur toute la longueur du vaisseau pour lancer des escadrons entiers depuis un immense hangar central traversant, deux hangars de chaque côté et une baie d’amarrage sous son ventre, tous communiquaient ensemble via de large et haut couloirs, permettant d’y faire passer des navettes Thêta.

Il possédait également une superstructure de commandement massive, soutenue par deux pylônes en V inversé larges et anguleux, donnant une impression de puissance structurelle.

Une verrière panoramique élargie, permettant une vision tactique quasi-totale et à son sommet une vigie offrant une vision à trois-cent-soixante degrés.

La passerelle ressemblait moins à une tour qu’à une citadelle suspendue au-dessus de la coque.

Une propulsion massive avec six moteurs principaux bleutés et des moteurs secondaires.


Son armement se composait comme suit :

16 turbolasers lourds DBY-827 : 8 dorsaux entourant la tour de commandement et 8 ventraux protégeant le dôme du réacteur principal expérimental.

4 turbolasers moyens.

Canons anti-capitaux latéraux.

Défense rapprochée.

120 canons laser point-défense.

10 tubes à missiles à concussion et torpilles à photons.

Rayons tracteurs.

Malgré sa taille, il restait capable de déplacements stratégiques rapides, mais privilégiait la puissance et la stabilité plutôt que la maniabilité, grâce à un cœur de réacteur expérimental, dont Vyze avait vu ses capacités lors de sa première mission sur Kuat.

Un croiseur comme la galaxie n’en avait plus vu depuis des siècles.


En son cœur, profondément enfoui, reposait le dernier fragment du cristal kyber noir, intact, muet, Mais vivant.

Vyze le sentait, même à distance.

Il n’était pas encore une arme, pas encore, mais plutôt une clé.

Une énergie capable de traverser les boucliers, de plier l’espace, de rappeler à la galaxie que certaines puissances ne naissent pas pour dominer… mais pour dissuader.

Un symbole, autant qu’un avertissement.

Dans l’espace, le Delphinus n’apparaîtrait pas comme un simple vaisseau… mais comme une forteresse vivante.

Sa passerelle suspendue entre deux pylônes en V, sa coque immense et ses batteries jumelles lui donnaient une silhouette unique, immédiatement reconnaissable : un symbole de puissance stratégique, d’autorité et de domination militaire.


Vyze entra sur la passerelle pour l’inspecter : Entrer dans la passerelle du Delphinus n’était pas simplement pénétrer dans un centre de commandement… c’était entrer dans le vide cosmique lui-même : On accédait à la passerelle par un petit sas discret, presque humble comparé à ce qui se trouvait au-delà. Mais dès que la porte s’ouvrait, toute notion d’espace changeait.

La verrière panoramique gigantesque s’élevait du sol jusqu’au plafond, engloutissant le regard dans l’infini étoilé. Il n’y avait plus de murs visibles, seulement le vide, les étoiles, et la sensation vertigineuse de flotter au cœur de l’espace.

On ne marchait pas vers la passerelle… On y était aspiré !


Depuis l’entrée, un pont suspendu étroit s’avançait dans le vide de la salle, menant vers le centre stratégique.

De chaque côté, deux escaliers symétriques en miroir descendaient vers le niveau opérationnel inférieur, donnant immédiatement une impression d’équilibre et d’ordre militaire.

Sous les pas, le métal est sombre, silencieux. Devant, la lumière froide des étoiles inondait la pièce.


En bas, à droite et à gauche, s’étendaient deux tranchées opérationnelles parallèles, légèrement en contrebas : Remplies de consoles tactiques et de stations de contrôle, occupées par les officiers, navigateurs, artilleurs et analystes, une lumière holographique bleutée pulsant doucement dans la pénombre.

Ces tranchées donnaient à la passerelle un aspect à la fois naval et militaire, comme le pont inférieur d’un cuirassé ancien… mais suspendu dans l’espace.


Au bout de la tranchée droite se trouvait un élément unique : La barre.

Inspirée des antiques navires pirates, elle n’était pas une simple commande, c’était un symbole. Une roue de pilotage mécanique adaptée aux systèmes modernes, permettant un contrôle manuel direct du vaisseau.

Un rappel que, malgré la technologie… le Delphinus restait un navire.


Au centre parfait de la passerelle, légèrement en hauteur, se trouvait un terre-plein surélevé.

Et dessus : Le fauteuil de Vyze, positionné exactement entre les deux tranchées, il dominait la passerelle sans l’écraser.

Depuis ce point : Vue totale sur l’équipage, vision directe sur l’espace infini, contrôle symbolique et réel du vaisseau.

C’était le point d’équilibre entre commandement, stratégie et destin.


Un chemin périphérique permettait de faire entièrement le tour de la verrière à pied, parsemé de consoles tactique.

Marcher ici donnait l’impression de flotter dans l’espace, sans séparation entre le vaisseau et l’univers. Certains disaient que rester trop longtemps face à ce vide donne le vertige… ou des visions.

Sur le côté droit de la passerelle se trouvait une grande table stratégique holographique : Projection de cartes stellaires, visualisation tactique en temps réel, commandement de flotte, simulation de bataille.

C’était ici que se décideraient les guerres… avant qu’elles ne commencent.


Sous le pont central, deux escaliers symétriques descendaient vers un niveau plus silencieux, plus intime : Le Bureau de Vyze.

Situé directement sous son fauteuil de commandement, le bureau possédait : Une verrière panoramique personnelle et une atmosphère calme, presque sacrée avec un accès direct aux systèmes stratégiques du vaisseau.

C’était le lieu du commandement réfléchi, loin du tumulte de la passerelle.


Au bout d’un couloir droit, face au bureau : La chambre de méditation.

Un espace épuré, silencieux, isolé du bruit du vaisseau. Ici, Vyze ne commanderait plus un navire… il écouterait, réfléchirait, et verrait plus loin que la guerre.

Toujours sous le pont suspendu, au même niveau que le centre opérationnel, un autre couloir menait vers : Plusieurs salles ouvertes remplies de consoles et d’opérateurs, centres d’analyse, de communication et de surveillance et un ascenseur vertical.


Cet ascenseur menait à un point unique : La Vigie, une chambre d’observation élevée, avec vue à trois-cent-soixante degrés sur l’espace… C’était l’œil du Delphinus.

Depuis ici, on ne voyait pas seulement les étoiles… on voyait la bataille, le mouvement, le destin en marche.

La passerelle du Delphinus n’était pas seulement un centre de commandement : C’était un lieu vivant, un sanctuaire militaire, un pont entre l’homme, la guerre… et l’infini.

Silencieuse. Monumentale. Intemporelle. Telle que Vyze l’avait vu dans sa vision il y a fort longtemps, ici même à Kuat.


Le jour du lancement de ce mastodonte approchait… Et avec lui, le vote crucial.

Au Sénat, les mots devenaient plus durs.

Les peurs plus bruyantes.

On parlait de pleins pouvoirs, de mesures exceptionnelles, de sécurité à tout prix.

Vyze se tenait à la baie vitrée de la passerelle du Delphinus, immense, offrant une large baie d’observation, regardant la planète en contrebas.

—  Tout est prêt, dit le directeur Voss en s’approchant. Il ne manque plus qu’un ordre.

Vyze resta silencieux. Un bourdonnement parcourut la Force, comme un écho lointain.

Le cristal kyber semblait l’appeler… ou lui murmurer quelque chose.

—  Je dois avouer que même si je ne suis pas d’accord… je le trouve impressionnant, dit Alyna en observant l’immense structure.

Elle marqua une pause.

—  Tu as raison, Vyze. On se sent vraiment en sécurité ici. Mais… il y a aussi quelque chose qui me donne un léger frisson. Comme une caresse invisible.

Vyze posa doucement une main contre la paroi métallique.

—  C’est mon cristal kyber. Il vibre à chaque fois que je monte à bord.

—  Ce n’est pas seulement de la sécurité que je ressens… murmura-t-elle. C’est comme si ce vaisseau attendait quelque chose.

—  Quand il partira, reprit le directeur Voss, il ne pourra plus être ignoré. Ni par le Conseil. Ni par le Sénat.

—  Mais il te faudra un équipage, ajouta Alyna. Comment comptes-tu faire ?

Vyze ferma les yeux un instant.

Dans la Force, quelque chose se contractait.

—  Alors qu’il attende encore un peu, répondit-il enfin. Jusqu’au moment où la galaxie n’aura plus le luxe d’hésiter.

Il rouvrit les yeux.

—  Et alors… j’aurai mon équipage.

Au loin, Coruscant brillait, nerveuse.

Le Delphinus demeurait immobile.

Mais pour la première fois, il était prêt.




Note de l'auteur : Une fiche technique complète du Delphinus, avec dessins, est disponible ici : https://forum.fanfictions.fr/t/star-wars-fan-fictions-saga-polaekys-le-jedi-gris/7904/10

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