Le tombeau des Jedi

Chapitre 12 : Partie 3 - Le tombeau des Jedi

3634 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/06/2026 09:42

Le tombeau des Jedi

Il était une fois dans une galaxie lointaine, très lointaine…

La Résistance possède désormais une réserve de coaxium suffisante pour se défendre et traquer les Chevaliers dans toute la galaxie. Après de longues recherches dans les livres de Luke, Beaumont et Kiera ont finalement découvert ce que cherchait Rey : un objet disparu sur la planète Malachor. Cet objet serait la deuxième clé pour ouvrir le tombeau.

Kiera n’avait pas parlé à son grand-père depuis qu’ils étaient revenus de Malastare. Elle avait honte d’avoir échoué face aux Chevaliers de Ren après tout ce qu’on lui avait enseigné et la confiance dont Obi-Wan avait fait preuve à son égard. Il avait fait d’elle un padawan, lui avait permis de créer son propre sabre et il avait été fier d’elle. Elle l’avait vu dans son regard. Mais elle s’était fait battre et ça lui serrait l’estomac d’y penser. Elle savait pourtant que si elle n’affrontait pas cet échec, elle ne pourrait pas avancer. Elle avait fui dans l’entraînement avec Finn et les recherches avec Beaumont. Ce qui la gênait, c’était de ne pas comprendre pourquoi ça s’était mal passé. Kiera s’était finalement confiée à Finn, qui l’avait encouragé à appeler son grand-père. Elle avait pris une grande inspiration et s’était enfoncée dans la forêt. Elle s’assit et se concentra.

Le fantôme ne mit pas longtemps à apparaître. Il avait dû attendre patiemment qu’elle fasse le premier pas.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé, Obi-Wan ? demanda Kiera, très affectée par son échec.

— Tu n’as pas su utiliser la Force dans ce combat.

— Pourquoi ? Je l’ai utilisée pendant toute la course et dans cette attaque ridicule dans la ruelle.

— L’émotion, Kiera. L’émotion. Ces ennemis sont liés à ton passé et l’émotion t’a envahie, troublant la Force.

— Comment je peux les affronter, alors ? fit-elle en se détournant et en s’asseyant.

— Kiera ?

La jeune femme releva la tête quand Obi-Wan lui fit face.

— Est-ce que tu as pleuré ta sœur ?

Non. Lors de l’attaque des Chevaliers, elle avait pleuré, à l’enterrement de son père, elle avait pleuré, mais pour sa sœur… jamais. Elle voulait répondre à son grand-père, mais les mots ne sortaient pas. Elle sentit sa gorge se serrer, mais elle ne voulait pas. Sa poitrine lui fit mal, mais elle ne voulait pas. Elle sentit les larmes couler, mais elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas pleurer sa sœur. C’était admettre le deuil, admettre que c’était fini, qu’elle ne retrouverait que son squelette quelque part et plus jamais son sourire.

Obi-Wan mit un genou à terre et prit sa petit-fille en larmes dans ses bras :

— Je sais. Crois-moi, je sais.

Accepter la mort de sa sœur lui parut tellement douloureux qu’elle pensa que le déni valait mieux. « Le déni vaut mieux pour fuir, mais fuir, c’est arrêter de vivre, pensa la jeune femme, et moi, je veux vivre ».

Elle s’écarta de son grand-père et se leva. Ses yeux étaient encore humides, comme ceux d’Obi-Wan.

— Maintenant, tu peux avancer, dit-il.

— Je sais d’ailleurs où aller. La deuxième clé se trouve sur Malachor. Je pense que Rey est là-bas.

— Tu en es sûre ?

— C’est la piste qu’elle a suivie. Mais comment a-t-elle su ? Elle a pris pas mal de notes sur la planète, mais ne semblait pas savoir où elle était. Beaumont a dû traduire des livres auxquels elle n’avait pas touché pour trouver les informations qu’il nous manquait.

— J’ignore comme elle a su. Il y a une profonde et violente perturbation de la Force autour de Rey. Comme une bataille dont les explosions nous aveugleraient.

— Si elle ne sait pas sur quelle planète est le tombeau et qu’elle n’a pas le sabre, elle est probablement toujours là-bas. Est-ce que je dois lui dire ? Est-ce qu’elle peut venir avec moi si nous la retrouvons ?

— Je ne sais pas. J’aimerais comprendre ce qu’il lui arrive avant de prendre une telle décision. On ne sait pas encore ce qui se cache derrière tout ça.

— Vous devez surveiller le tombeau, je suppose.

— En effet. Si une présence inhabituelle s’y trouvait, nous le saurions. Je me souviens de Malachor. Il y avait un temple Sith là-bas, mais il a été détruit. La surface de la planète couvre de nombreuses cavernes et le temple se trouvait sous terre. Je vais demander des informations et voir comment t’aider, mais j’ai peur de ne pouvoir intervenir, car c’est une planète entourée par le côté obscur de la Force. Tu vas devoir faire très attention.

— Et y emmener Beaumont.

— C’est trop risqué de donner des informations sur la clé.

— C’est lui qui m’a aidé à trouver la clé et Rey le connaît. Je ne suis pas obligé de lui donner toutes les données du problème. Je lui dis juste que ça peut servir à ramener Ben. Il connaît par cœur l’histoire des Jedi et des Sith et il pourra aider Rey, j’ai besoin de lui sur ce coup-là.

— Je suppose qu’on n’a pas vraiment le choix. Attends... c’est quoi cette histoire avec Ben ?

Kiera hésita un instant.

— Le sabre… il communique avec Ben. J’ai pu le voir.

— Quoi ?! Pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt, Kiera ? s’offusqua le maître Jedi.

— Je ne sais pas. Peut-être à cause de ce qu’il a fait, répliqua Kiera. Peut-être parce que je voulais régler mes comptes avec lui sans l’intervention moralisatrice des fantômes de la Force.

— Tu le tiens pour responsable de ce qui est arrivé à Seren ?

— Je le tiens pour responsable de ses actes.

— Tu sais bien qu’il avait l’obscurité en lui et que Palpatine en a profité.

— Je t’en pris ! fit Kiera, agacée. Tu sais bien que l’obscurité n’est pas une excuse. Luke a été tenté par le côté obscur, mais jamais il n’a cédé. Et je te ferais remarquer que tu es le mieux placé pour savoir qu’Anakin n’était pas né avec l’obscurité en lui.

— Tu as raison pour Anakin. Il y avait bien plus de chance de le ramener que je ne le croyais à l’époque. J’ai toujours eu l’impression que le choix que j’avais fait était le pire de tous. Que si je l’avais tué, je lui aurai épargné tellement de souffrance et que si je l’avais emmené avec moi... j’aurais pu le sauver. Quelque part, j’ai été égoïste et cruel ce jour-là. Anakin comptait tellement pour moi. Le chevalier Jedi que j’étais l’a littéralement mis en pièce, mais quand je l’ai vu sur le sol, le frère et l’ami ont pris le dessus et j’ai été incapable de l’achever. Pour être honnête, je croyais vraiment que ses blessures finiraient le travail que je n’avais pas eu le courage d’achever.

Kiera n’osait pas parler, mais elle voulait vraiment lui poser la question :

— Grand-père… tu lui as pardonné ?

— Oui.

— Comment ?

— Lorsque j’ai commencé à croire Luke quand il disait qu’il pouvait ramener son père dans la lumière.

— J’ai parlé à Ben, mais je ne suis pas plus avancée.

— C’est parce que tu pleures encore ta sœur. Sais-tu où est Ben ?

— Non, je me laisse guider par le sabre.

— Leia pensait avoir échoué à le sauver. Elle n’est jamais parvenue à le contacter, alors elle a cru qu’il était mort.

— Peut-être qu’il est trop occupé à chercher Rey.

— C’est possible, en effet, qu’il n’ait pas été assez réceptif pour l’entendre malgré ses efforts.

— Pourquoi est-ce qu’elle n’a pas voyagé dans les dimensions ?

— Parce que ça demande une maîtrise de la Force que même maître Yoda ne possède pas. Je vais aller en parler avec les autres et voir comment il convient de faire. Il faudra choisir la bonne personne pour l’aborder. Leia, peut-être ou Luke...

— Pourquoi se donner tant de mal ?

— Il vient de revenir vers la lumière. Il ressent peut-être une grande honte au sujet de ses actes.

Kiera préféra se taire.

— Je te laisse sans plus attendre, déclara Obi-Wan avant de disparaître.

Kiera resta un moment seule avec ses pensées avant de décider de rejoindre le camp.

— Alors, comment ça s’est passé ? demanda Finn en venant à sa rencontre.

— Eh bien… je pense que ça va mieux maintenant. On va pouvoir avancer.

— C’est ça que je voulais entendre. On est sur la bonne voie.

La jeune femme sourit :

— Oui, on est sur la bonne voie.

Kiera dormit mal les nuits suivant sa conversation avec son grand-père. Elle se sentait un peu perdue entre ce qu’elle ressentait, son devoir de padawan, les Chevaliers de Ren, le sauvetage de Rey, la recherche de la deuxième clé et la protection du tombeau. Ça faisait beaucoup de choses à gérer. Heureusement, elle avait du soutient dans tous les domaines grâce à Finn, Poe, Beaumont, Chewie, Lando, son grand-père, les autres membres de la Résistance et Blue, fidèle compagnon.

Une réunion avait lieu ce matin pour passer à l’action.

— Bonjour à tous, merci d’être présent, commença Poe. Notre plan d’action commence à se préciser. Plusieurs d’entre nous ont discuté longuement avec des personnes hautes placées pour obtenir leur appui pour reprendre la chasse aux Chevaliers. Il y en a encore pour croire que la moindre trace du Premier Ordre doit être éliminée. Ils partiront demain à leur rencontre pour les dernières négociations. Une mission de renfort va être mise en place pour aider Rey, que nous avons localisée il y a quelques jours grâce à Beaumont et Kiera. Nous avons des raisons de penser qu’elle est en danger. Le général Finn et moi-même, ainsi qu’une escouade, allons attaquer le destroyer en construction qui a finalement été repéré par des sympathisants dans la bordure extérieure, près des astéroïdes Silken. Vous savez ce que vous avez à faire. Est-ce qu’il y a des questions ?

Pendant que tout le monde faisait signe que non, Kiera réalisa une chose importante :

— Attendez… Le destroyer stellaire…

— Quoi ?

— Le destroyer stellaire ! On a pensé qu’il était en construction… alors qu’il était en réparation.

— En réparation ? répéta Lando sans comprendre.

— Ce n’était pas un nouveau vaisseau, c’était une épave. Une épave d’Exegol. C’est pour ça qu’Obi-Wan ne pouvait pas nous aider. Par ailleurs, si les destroyers n’ont pas quitté la planète… aucun n’a consommé ses réserves de coaxium.

— Attends…, dit Poe en réfléchissant, tu proposes qu’on utilise notre carburant pour retourner sur Exegol et récupérer le coaxium dans les destroyers qu’on a détruit ?

— Vous avez idée de ce que ça représente comme quantité ? dit Beaumont, atterré.

Chewbacca émit un cri enthousiaste.

— Ouais, des tonnes et des tonnes de coaxium…, répondit Finn.

— Si avec ça, on ne parvient pas à faire la course avec les Chevaliers…

— Je crois que nos plans viennent de changer, reprit Finn. Mais si un destroyer est reparti d’Exegol, c’est que notre ennemi est déjà sur place. C’est là-bas qu’il se cache.

— Il faut qu’on repère les lieux et qu’on sache à quoi on a affaire, dit Lando.

— Une infiltration serait idéale, acquiesça Poe. Il faut qu’on envoie plusieurs personnes sur place pour nous donner des informations sur le nombre de soldats, les armes, les défenses, les vaisseaux actifs, tout ce qui peut nous être utile pour les attaquer.

— Je suis volontaire, dit Rose en faisant un pas en avant.

— Il faut quelqu’un qui connaisse le Premier Ordre et saurait influencer un soldat, commença Finn, je crois que c’est une mission pour moi aussi.

— Le terrain me manque, fit Lando.

— Je viens aussi, dit la lieutenante Connix. Je commence à apprécier le terrain.

— Moi aussi, ajouta Junn Gobint, un Mythrol imposant. Le carburant, c’est mon domaine.

— Parfait. Si on se sépare en deux équipes, on parviendra plus facilement à récupérer les informations dans les banques de données du quartier général qu’ils ont dû installer, expliqua Finn avant de se tourner vers Kiera et Beaumont. Je vous laisse vous occuper de Rey, ramenez-la-nous en vie.

— Vous pouvez compter sur nous, général, répondit le jeune homme.

Kiera hocha la tête en signe d’accord.

Même si leur nouveau plan impliquait beaucoup plus de danger, la plupart des membres de la Résistance étaient excités à l’idée de trouver autant de coaxium. Il s’agissait d’une des ressources les plus rares et les plus chères de la galaxie. Un trésor énorme les attendait sur Exegol.

Il avait été décidé d’attaquer le destroyer et de s’emparer des vaisseaux du hangar ainsi que des communications pour se faire passer pour des stormtroopers et venir sur Exegol sans attirer l’attention.

Ils affrétèrent presque tous les vaisseaux de guerre disponibles pour une attaque éclair. Après la fuite de Kiera et Finn, leurs ennemis devaient être sur le pied de guerre. Avec un vaisseau en chantier. Cependant, ils devaient faire vite avant que le vaisseau n’aille trouver refuge sur Exegol.

Dans le même temps, Beaumont et Kiera préparaient leur expédition. Ils n’iraient que tous les deux, en mission discrète. L’historien avait replongé le nez dans tous les livres et bases de données qui comportaient une mention sur les temples sith et sur Malachor. Il continuait également à traduire les textes dans lesquels il avait trouvé les informations pour découvrir le porteur de la clé. Kiera lui avait dit qu’elle donnait accès à un temple où se trouvait le moyen de ramener Ben sans plus de détails.

La jeune femme décida de se retirer un instant. Elle alla près du ravin sur le terrain d’entraînement et contempla le vide. Elle savait que lorsqu’elle montrait dans le vaisseau, cela serait le début d’une longue et dangereuse aventure. Il faudrait aller sur Malachor, récupérer la clé, faire face à une Rey qui pouvait être aux mains du côté obscur, partir pour Tenmaera et affronter qui sait combien de défis sur la route.

Kiera resta pensive, les mains dans les poches.

Soudain, elle sentit une présence derrière elle. Elle savait qu’il s’agissait d’un fantôme de la Force. Plus elle y réfléchissait, plus elle était sûre de son identité. Elle resta figée. Il lui avait sauvé la vie, mais quand même. Elle restait choquée et un peu en colère. Le fantôme savait ce qu’elle ressentait. Il se déplaça lentement sur sa gauche et vint lui faire face. Kiera leva les yeux vers lui :

— Vous êtes Darth Vador.

Anakin baissa les yeux, puis la regarda. Conscient de ses actes passés.

Kiera avait su que c’était Anakin parce que le côté obscur de la Force laissait une trace sur tout ceux qui l’avaient approché. Elle connaissait cette marque, cette sensation étrange pour avoir côtoyé Ben Solo. C’était comme une cicatrice, comme une marque de brûlure.

— Pourquoi vous êtes là ?

— Je vais retrouver mon petit-fils… M’excuser... pour tout le tort que je lui ai causé, même mort. Pour le mal, la noirceur et la souffrance que j’ai répandue dans ce monde et qui n’a pas fini de s’éteindre. Je le vois. J’ai atteint le cœur de personnes qui n’étaient même pas encore nées. Il faudra encore un peu de temps pour que disparaisse l’ombre de celui que j’ai été.

— Il a participé à la mort de ma sœur.

— Crois-moi, j’en suis désolé.

Kiera était embrouillée dans ses émotions. Elle ne pouvait s’empêcher de voir Darth Vader devant elle, mais elle avait fait la morale à son grand-père sur la naissance du mal en quelqu’un et le fait que son padawan était né dans la lumière. Elle faisait encore face au courage que ça demandait de pardonner à celui qui a changé. Darth Vador ou Anakin Skywalker, Kylo Ren ou Ben solo. Qui avait elle en face, qui étaient-ils ? Pourquoi leur pardonner ? Pour eux ou pour elle ?

Elle avait tellement de questions à lui poser : pensait-il qu’il était responsable de la mort de Padmé ? Lorsqu’il était dans le côté obscur, voulait-il vraiment que ses enfants le rejoignent ? A-t-il regretté de ne pas les avoir vus grandir ? Avait-il des éclairs de lucidité sur ses actes ? A-t-il déjà essayé de lutter ? Aujourd’hui, est-ce qu’il considère le Sith comme mort ? Tellement de questions…

— Est-ce qu’il vous arrive encore d’être tenté par l’obscurité ?

Anakin fronça les sourcils, réfléchissant à la réponse.

— La tentation est tapie dans l’ombre de chaque personne de ce monde. Mais si nous sommes entourés de suffisamment de lumière, jamais elle ne pourra s’emparer de notre âme.

— Donc, si vous étiez éloigné des fantômes, vous pourriez céder à nouveau.

— Quel homme, loin de sa famille, de ses amis, ne serait pas tenté d’atténuer la souffrance de la solitude par l’absence de sentiment ?

— Très peu. C’est comme ça que Palpatine a fait, n’est-ce pas ? Il vous a isolé ?

— Entre autres, oui.

— Vous avez pardonné à Obi-Wan de vous avoir abandonné sur Mustafar ?

— Bien sûr. Ne pas avoir eu le courage de m’abattre a été sa plus grande preuve d’amour à mon égard. Bien entendu, à l’époque, je pensai différemment. Sur le moment, ça ne m’a pas sauvé.

— Alors, l’amour est faible ?

— Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.

— Pourtant, il ne vous a pas empêché de sombrer.

— C’est pire encore. C’est parce que mon amour était puissant que j’ai chuté. Imprégnés de douleur et de peur, mes sentiments ont été abusés, répondit Anakin avec émotion. Mon amour était juste, mais mon esprit a été manipulé, orienté vers les mauvais choix. Je ne parvenais plus à réfléchir, c’était comme si l’on avait mis les pensées d’un autre dans ma tête. Comme si ma conscience avait été endormie et que je n’avais plus que la force de suivre ce qu’on me disait. Lorsque je me suis réveillé dans cette armature de métal, mon esprit était plus brisé que mon corps. Je ne me sentais plus humain, mon monde s’était écroulé et il n’y avait pas une chance que j’y retourne. Alors, pour quoi, pour qui se battre ? Personne. J’ignorai que mes enfants avaient survécu et Padmé était morte. Dans cette armure, j’avais l’impression d’une nouvelle naissance, dans l’obscurité. Je ne ressentais physiquement plus rien et mon esprit était anéanti. Il ne me restait plus qu’à me lever et suivre le seul lien qui me rattachait à un semblant d’existence. Les seuls sentiments qui s’éveillèrent ensuite furent colère et dégoût pour ce monde, pour moi. Pas une once de lumière.

— Jusqu’à ce que Luke arrive.

— Je croyais que laisser mon fils en vie était un jeu ou une manipulation de la part de Palpatine. Mais il s’est toujours assuré que je ne l’approche pas trop près. La vérité, c’est que si je l’avais vu, les souvenirs que je laissais pourrir au fond de mon esprit remontraient à la surface irrémédiablement et une lumière aura commencé à briller. J’aurai vu Padmé dans ses yeux. J’avais été un homme bon. Il faut croire que ça laisse aussi une marque. Et Luke l’a perçue.

— Je ne comprends pas qu’il ait pu vous pardonner en sachant votre passé. Quoiqu’il arrive, vous avez été Darth Vador et vous avez commis plus de crimes que toute la galaxie réunie. Il le savait. Je ne comprends pas.

Anakin la regarda avec tristesse :

— C’est parce que tu penses que pardonner demande des raisons, alors qu’il s’agit de compréhension et de compassion.

Kiera ne savait pas quoi répondre.

— Je dois aller parler à Ben, soupira le fantôme en s’avançant.

— Merci… de m’avoir sauvée sur Malastare, dit Kiera.

— Les Kenobi et les Skywalker ne peuvent se passer les uns des autres, dit Anakin avec un sourire.

Kiera sortie le sabre originel et lui tendit. Le fantôme prit la poignée de métal sans cesser de regarder Kiera et disparut.

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