Le tombeau des Jedi
Chapitre 2
Kiera s’aventura finalement dans le marché bondé et se dirigea directement vers le stand où l’attendait la livraison.
— Ça a pas été facile de les trouver, lui dit l’Abednedo en gonflant ses narines. Avec la fin du Premier Ordre, la Nouvelle Fédération du Commerce se réorganise et c’est le bazar.
— La dernière Fédération du Commerce s’était violemment opposée à la République Galactique, étonnant qu’ils donnent une nouvelle chance à ce genre d’assemblée.
— La République de la Concorde a accepté avec des conditions très strictes, de nouvelles lois vont être votées.
— Certaines pour interdire l’esclavagisme jusqu’à la bordure extérieure ?
— Ah, je ne pense pas, désolé.
— Je n’avais pas trop d’espoir de retrouver ma liberté perdue, sourit Kiera. Après la prochaine guerre entre des gens qui ne veulent pas se laisser tyranniser et ceux qui essaient quand même, qui sait ?
— Tiens, voilà le reste de la commande, dit l’Abednedo en lui tendant un gros sac en tissus robuste.
Kiera le prit sur son épaule et commença à se frayer un chemin. Elle avait presque atteint l’entrée du marché quand un vrombissement fit paniquer la foule. Un énorme croiseur d’une soixantaine de mètres se stationna au-dessus d’eux, propageant son ombre sur la place et faisant fuir les gens dans un nuage de poussière.
Le vaisseau était vieux et ressemblait à un engin de patrouille bien équipé pour se défendre. Il s’approcha lentement du sol et la rampe d’accès s’abaissa. Une dizaine d’hommes habillés en noirs et casqués sautèrent au milieu du marché. On aurait dit des stormtroopers repeints : des shadowtroopers. Deux d’entre eux se distinguaient par leurs apparences, leurs armes et surtout, leur masque. Kiera les reconnut immédiatement. Elle les avait vus il y a des années lorsqu’ils cherchaient des enfants à recruter pour rejoindre leurs rangs. Les Chevaliers de Ren. À l’époque, ils étaient venus chercher des enfants sensibles à la Force. Kiera ne savait pas si elle leur avait échappé parce que sa sensibilité s’était développée plus tard ou parce qu’ils avaient trouvé la perle rare et s’en étaient contentés.
« Le Premier Ordre a chuté, que viennent-ils faire ici alors que la République de la Concorde cherche ses derniers partisans ? se demanda Kiera. Le sabre. »
C’était la seule raison qui pouvait les pousser à s’exposer après avoir été presque décimés par Kylo Ren. L’avantage avec les grands marchés galactiques, c’est qu’on sait tout ce qui se passe au-delà de sa planète. Sauf l’heure à laquelle vos ennemis arrivent.
Les chevaliers et leurs hommes s’étaient dispersés pendant que la foule fuyait le marché dans un formidable chaos de marchandises. L’un d’eux se tourna vers Kiera. Il avait perçu la Force. La jeune femme savait se battre avec un sabre de bois, mais un véritable combat, c’était une autre histoire. Elle lâcha le sac et courut au milieu des gens, retrouvant rapidement son véhicule.
Speeder contre croiseur léger. Elle avait peut-être une chance. Si elle rejoignait le canyon d’Evere avant qu’ils ne la repèrent, ils ne sauraient pas dans quel sens partir. Le temps qu’ils la retrouvent, son speeder à fond, elle arriverait peut-être avant eux. Kiera savait où son maître cachait des armes. C’est tout ce qu’elle aurait pour se défendre.
La jeune femme dévia à gauche et rejoignit le labyrinthe de roche. Au bout de vingt minutes elle ressortit sans avoir rencontré de Luggabeasts, effrayés par le bruit des moteurs poussés à leur maximum. Elle avait eu peur qu’un troupeau ne lui barre la route et l’oblige à faire demi-tour. Heureusement pour elle, car le croiseur la rattrapait. Il avait beau être plus lourd, son moteur puissant l’avantageait.
Elle atteignit finalement le garage de son maître et sauta du speeder pendant que le vaisseau ennemi se positionnait pour atterrir. Kiera se dirigea vers le fond où étaient entreposées des caisses. Des caisses qui n’avaient jamais bougé, la plupart étant vides. La jeune femme le savait parce qu’elle les avait toutes ouvertes un jour d’orage, rongée par la curiosité. Dans deux d’entre elles, il y avait des armes.
Blasters, fusils, grenades en tout genre, récupérés des stormtroopers, il y avait le choix. Kiera choisit un modèle DC-15s et s’approcha de l’entrée pour observer. Kamma sortit dehors et héla les Chevaliers et leurs soldats qui commencèrent à se disperser.
— Mais qu’est ce que c’est que tout ce bazar ?
— Où est la fille avec le sabre ? demanda l’un des Chevaliers avec une voix terrifiante déformée par son masque.
— Quelle fille ? Y a plein de filles ici et pas de sabre !
Kiera se répétait qu’elle avait commis une erreur en les amenant au village, mais savait qu’elle n’avait pas eu d’autre choix. Si elle s’était juste cachée dans les montagnes, ils auraient ratissé la planète pour la retrouver et c’est toute la population qui aurait subi. Peut-être qu’elle aurait dû se rendre, tout simplement. Mais l’instinct de survie était trop fort.
— Dis-moi l’amie, tu n’aurais pas besoin d’un transport pour... t’éloigner de cette... situation ?
La jeune femme se retourna et trouva le contrebandier tapi dans l’ombre.
— Vous m’avez suivi ??
— Disons que je sais repérer les bons clients.
— Les opportunités, oui. Je suis une esclave, je ne peux pas partir si facilement.
Soudain plusieurs cris rappelèrent Kiera. Elle aperçut son maître à terre, l’un de Chevaliers avait une hache à la main, couverte de sang...
— Je suppose que je suis libre maintenant. Qu’est-ce que vous voulez en échange ?
— Ton ancien maître n’a plus besoin de ses armes, non ?
— En effet, répondit Kiera en jetant un coup d’œil au cadavre du Toydarien.
— Alors, aide-moi à en porter un maximum et je t’offre le voyage comme condoléances.
Kiera hocha la tête.
Sortir fut plus difficile, les shadowtroopers avaient commencé à tirer, effrayant les autres esclaves. Les Chevaliers entraient dans tous les bâtiments. Kiera était surprise que la Force ne les guide pas vers elle. L’imperfection du sabre devait brouiller les pistes. Pourtant, il l’avait traquée jusqu’ici.
— Dites, ça serait pas vous qu’ils ont suivi ?
— Je croyais être derrière eux quand ils ont débarqué sur ma gauche et mon pris en chasse.
— Ils revenaient du canyon et ont suivi leur intuition, fit Kiera en les observant. Le quartier des esclaves ! Laissez-moi aller chercher quelques affaires !
— Pas le temps.
— Si vous prenez le temps, je vous fournis en charges soniques.
— Ah ! Ça, c’est de la négociation ! D’accord, on a un marché.
La jeune femme partie aussi vite qu’elle put.
Kiera se dirigea immédiatement vers sa chambre en disant à toute personne qu’elle croisait de fuir le plus loin possible. Elle se jeta sur son sac, y mit la nourriture qu’elle gardait, de l’eau, le sabre et se saisit du manteau de son grand-père que sa mère avait soigneusement gardé. Elle prit son communicateur et appela cette dernière.
— Ma chérie, que se passe-t-il ?!
— Maman ! Reste à l’usine. Écoutes… les Chevaliers de Ren sont revenus.
— … Tu crois qu’ils viennent pour toi ?! Ne bouge pas, j’arrive immédiatement. Où est-ce que tu es ?
— Maman, reste à l’abri, insista Kiera. Ils ne sont pas vraiment là pour moi, mais il va falloir que je m’éloigne.
— … Tu veux dire que tu dois quitter la planète ?
— Maman, tu peux venir avec moi. Kamma est mort, on est de nouveau libres, maman !
— C’est magnifique, ma chérie, mais je ne vais pas partir d’ici.
— Quoi !? Pourquoi ?
— Tu crois que je ne savais pas que tu finirais par t’en aller. Tu es une âme libre, ma chérie, alors vis librement. La majorité ma vie s’est écoulée, il n’y a rien pour moi au-delà de cette planète. Je reste ici. Je vais aider ceux que je peux et organiser les esclaves de Kamma. Pars mon enfant et si, sur ta route, tu croises ton grand-père, dis-lui que je lui pardonne son sacrifice.
— Comment pourrais-je rencontrer grand-père ?
— Peu importe, pars et ne vis pas avec son ombre au-dessus de toi. Tu n’es pas lui.
— Je reviendrai, je te le promets.
— Je l’espère bien.
Sur le retour, Kiera fit un léger détour vers un bâtiment séparé.
— Salut Blue, dit-elle en s’adressant au magnifique renard de cristal enfermé dans une cage. Toi et moi, on retrouve notre liberté aujourd’hui.
Elle sortit le sabre et l’activa. Sa couleur vira légèrement au doré alors qu’elle appliquait la lame sur le cadenas pour le faire voler en éclat. Le Vulptex sortit tout excité et suivit la jeune femme qui avait l’habitude de s’occuper de lui. Elle utilisa le sabre pour faire éclater un autre cadenas sur une petite caisse en bois. Elle hissa délicatement les charges soniques sur un chariot et repartit vers le contrebandier. Il fallait se dépêcher de le retrouver avant qui ne décolle sans elle.
— C’est le vieux chasseur de Verdi’al ?!
— J’ai fait affaire avec lui, dit le contrebandier en souriant. Dès que j’aurai mis les moteurs en route, ils vont nous repérer. Heureusement, nous serons déjà loin.
Les propulseurs firent un bruit énorme et le vaisseau décolla. Ils prirent à peine le temps de sortir de l’atmosphère qu’ils passèrent dans l’hyperespace.
— On ne s’est toujours pas présenté quel est ton nom ?
— Kiera Seren, et vous ?
— Peu importe. Alors, l’amie, où est-ce que je vous dépose, toi et ton animal de valeur ?
Blue recula derrière Kiera, plein de suspicion à l’égard du contrebandier.
— Euh, je n’y ai pas réfléchi…
— J’ai un camarade qui était dans la Résistance et qui traque les Chevaliers de Ren. Il est tout indiqué pour t’aider.
— Va pour l’ami qui traque les Chevaliers.