The Way We Get By
Chapitre 20 : It just takes some time - Everything will be alright [or hell]
2626 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 13/06/2026 16:28
« Bonjour à tous. » commence le juge Lahey-Whittemore avec un sourire solaire, leur faisant signe de s’asseoir comme le jour précédent, et les trois jours avant ça, avant d’en faire de même. « Nous nous avions terminés les vieilles affaires concernant l’accusé où les plaidants ont participé de près ou de loin. Nous allons passer aux différentes plaintes. Maître Ross, pouvez-vous nous donner la liste ? »
Mike se lève, tenant un dossier dans ses mains.
« Votre honneur, avant de lire la liste des plaintes, j’aimerai prévenir notre jury et notre audience que certaines d’entre elles sont très dures à entendre, ainsi que les témoignages qui en suivront. Je me permets de demander à la cour de permettre à certains membres de l’audience, les plus jeunes notamment, de pouvoir mettre un casque ou de sortir de la salle pour ces moments en question. »
Mickey entend sa sœur pousser une longue respiration alors que lui est probablement entrain de broyer la main de Ian, qui ne fait que caresser, avec grande peine, cette main destructrice avec son pouce.
Il ne veut pas l’entendre, il ne veut pas l’entendre, il ne veut pas -
« - et blessures, viol par proxy sur mineur sous menace armée et viol incestueux. »
Certains membres du jurys hurlent d’horreur, certains semblent avoir un haut-le-coeur. Il entend les Gallagher, Kev’ et V’ être dans un état similaire de stupeur. Il entend ses propres dents grincer alors qu’il serre celles-ci un peu plus.
« Du calme dans la salle ! » demande le juge en tapant sur son marteau, les différents gardes ramenant à l’ordre les jurys qui s’étaient levés dans la surprise.
Il lance un regard vers son père, qui semble ne pas bouger d’un pouce à cela comme si ce n’était rien. Comme si ce n’était pas important. Comme si ce n’était pas des choses qui avaient brisé Mandy et lui des milliers de fois depuis que cela été arrivé.
Sa peau picote et il se force à ne pas lâcher la main de Ian même s’il veut absolument être à l’autre bout de la pièce, à l'autre bout de la ville, sans personne ne le touchant.
« Votre honneur. » commence Glaziev avec un air supérieur. « Je veux bien que notre système ne soit pas parfait mais vous pensez vraiment que les services sociaux auraient accepté redonner la garde à mon client de ses enfants si ces plaintes étaient dans le système ? Vous pensez vraiment que notre police ne fait rien face à ce genre de plainte ? »
« Affaire Argent, début de l’année 2005. » rétorque Mike au tac-au-tac. « Après plainte de la victime, dont le nom est encore sous scellé dû à sa minorité à l’époque, il n’eut aucune poursuite judiciaire de la part de la police malgré la demande répétée de la famille et les moyens de celle-ci. Au final, l’oncle de la victime a préféré tuer l’accusée que d’attendre la justice. »
Le juge rejoignit ses deux mains ensemble à cela et se posa dessus pour regarder Glaziev avec un visage signifiant ‘’Alors ? J’attends le contre-argument. Vas-y balance.’’.
« De plus, » continue Mike en voyant que son adversaire ne disait rien. « Monsieur Terry Milkovich n’était déjà plus dans la boucle à propos de la fratrie Milkovich car les deux plus jeunes étaient depuis la majorité de l’aîné sous sa garde, Ignatus Milkovich de son nom pour le rappeler à nôtre cour. »
Mickey se tourne vers son frère aîné avec un regard ahuri, voyant clairement Mandy avec la même tronche que lui. Il ne fit qu’hausser les épaules à cela.
« Cela date de quelle année ? » questionne le juge en fouillant dans ses papiers.
« 2009 votre honneur, les documents sont à la page quatorze du dossier de la famille. »
Lahey-Whittemore a une exclamation en retrouvant le document en question et acquiesce tout en lisant.
« C’est en effet en ordre. J’ai un doute sur la véracité légale du document mais comme il n’est techniquement plus en usage j’imagine que cela ne me concerne pas. »
Iggy se mit à rire à cela, se cachant derrière sa main pour cacher le bruit, alors que Glaziev interpelle le juge avec incrédulité.
Bien entendu son frère avait payé pour un faux. Putain il est timbré.
« J’t’avais dis qu’Arcangelo était bon. » lance son aîné à Colin un rang derrière, ils s’étaient tous sensiblement installé de la même manière que le jour précédent.
« - mais votre honneur ! » essaye encore Glaziev.
Ce à quoi Lahey-Whittemore ne fit que lever les yeux au ciel avant de partager un regard avec sa sténographe, qui fit une moue et haussa les épaules en réponse, et de reposer son regard sur l’avocat.
« Ma cour, mes règles maître Glaziev. J’aimerai arrêter de vous reprendre sur cela. »
Le susnommé parut se prendre une baffe à cela et s’assit sans histoire. Ce qui étonne Mickey quand bien même il se doute que cela doit être normal.
Enfin normal. Il est à peu près sûr qu’un avocat n’est pas censé se faire remonter les bretelles autant de fois que Glaziev en vingt minutes de procès mais bon.
Il regarde son paternel avancer vers son avocat avec humeur, cette même humeur colérique que Terry avait toujours eu quand quelque chose n’allait pas dans son sens et qu’il le sentait arriver.
Cheh.
« Quelle fut la première plainte en question ? » demanda le juge à Mike en ouvrant un dossier.
« Celle des services sociaux monsieur le juge. » ce qui fit lever un sourcil à ce dernier qui lance un nouveau regard à Glaziev comme pour lui dire ‘’bah alors ? Tu disais quoi des services sociaux ?’’ « Abus physiques et moraux, manque de soin et mise en danger de l’enfant. Toutes deux émises par Caroline Mikaelson. »
« Madame Mikaelson est-elle dans la salle aujourd’hui ? »
Une femme d’une cinquantaine d’années se lève de l’autre côté des bancs avec un sourire solaire aux lèvres.
Mickey papillonna des yeux en la regardant parce qu’il n’avait aucune idée de qui elle est.
Sous la demande du juge, la blonde se présenta à la barre, sourire toujours aux lèvres à part au moment son regard se tourna vers Terry. Son sourire disparu sous un visage rempli de colère, qui de nouveau disparu quand Mike lui demanda de se présenter.
« Je suis Caroline Mikaelson, anciennement Forbes. J’ai été assistante sociale pendant une dizaine d’années avant d’arrêter pour me concentrer sur les œuvres caritatives de mon mari. La fratrie Milkovich a été l’un de mes premiers dossiers. »
« Vous souvenez vous de quelle année se fut ? »
« Très facilement oui. J’ai reçu le dossier le jour de mon retour au travail après mes vacances de noël, le 3 janvier 2000. »
Mickey se tourne en entendant son frère aîné émettre un juron.
« C’est la meuf qui nous a foutu chez sa propre belle-sœur le temps que maman soit assez sobre pour nous récupérer. »
Information qui ne lui rappela rien mais vu la tronche de Colin, à lui oui. Après, il avait six ans l’époque et Mandy cinq donc bon.
« Que pouvez-vous me dire du dossier en question ? »
« Terry Milkovich venait de se faire arrêter pour possession de stupéfiant avec intention de revente. Laura Milkovich, sa femme, pour ébriété sur voies publiques et consommation de drogues. Les enfants, l’aîné ayant dix ans et la plus jeune tout juste quatre, étaient avec eux et furent amenés au bureau en attendant de trouver un placement. »
« Un joyeux nouvel an pour des enfants je dois dire. » L’ancienne assistante sociale eu un rire jaune à la remarque de Mike. « Comment avez-vous géré le dossier ? »
« J’ai toujours été contre l’idée de séparer les fratries, surtout avec certains étant aussi jeunes que le furent les deux cadets, j’ai donc décidé de les placer dans une famille de confiance dès le premier soir. »
« Rebecca Mikaelson c’est bien cela ? » demande Mike en relisant son document. « Votre belle-sœur. »
« C’est cela oui. » répond-elle avec aplomb. « Je savais bien que ce n’était pas très objectif mais je n’avais pas d’autres familles prête à accueillir autant d’enfants en si peu de temps. Une fois que j’ai eu l’accord de Rebecca, j’ai procédé aux habituelles questions. »
« Nous avons le questionnaire sur l’écran pour les membres de l’audience et pour les membres du jury non familier avec ce dernier, que vous aviez rempli. Vous confirmez que cela est votre écriture ? »
« Je confirme oui. »
« Pouvez-vous lire la question 5 et nous en dire plus sur votre réponse ? »
« ‘’Question 5 : Prénom, singulier ou pluriel, présente-t-il ou présentent-ils des bleus pouvant indiquer une maltraitance ?’’ Ce à quoi j’ai répondu par ‘’Bleus d’étranges formes sur les deux plus vieux enfants, Ignatus et Zoryn, ainsi que des cicatrices. Bleus, entre parenthèse doigts point d’interrogation, sur les plus jeunes, Mikhailo et Amanda.’’ Je vous avoue ne pas me souvenir réellement des bleus sur Ignatus et Zoryn, outre qu’Ignatus en avait un très long, oui long, qui semblait partir de sa main à son épaule. Pour les plus jeunes, je me souviens des traces entourant leurs biceps. »
« Avez-vous une idée de la provenance de ces bleus ? » demande le juge, coupant totalement Mike qui allait poser probablement une question similaire.
La blonde se tourna vers son interlocuteur avec une grimace.
« Pour Ignatus, non je n’ai jamais revu ce genre de bleu après lui. Mais pour les plus jeunes, cela est très probablement dû à quelqu’un voulant les forcer à avancer ou voulant les secouer ou encore les tenir en place. »
Quelque chose de sombre passa dans les yeux du juge, Mickey le vit très bien.
Pendant un instant, il a l’impression que ses frères, sa sœur et lui ne sont pas les seuls à connaître ce sentiment.
« Poursuivez maître Ross. »
Mike acquiesce et reprend : « Vous avez donc émis la plainte en utilisant la voie de votre travail. »
« Tout à fait. » Caroline Mikaelson acquiesce. « J’ai appelé un ami, l’agent de police Lozenzo St-John, avec qui je travaillais très régulièrement à l’époque et la plainte fut déposée dès le lendemain, soit le 4 janvier. »
« Je n’ai plus de question votre honneur. »
Le juge acquiesce avant d’appeler Glaziev qui se leva pour questionner l’ancienne assistante sociale.
« Madame, pourquoi avoir porté plainte pour ‘’abus moraux’’ ? »
« Après quelques heures avec les quatre enfants dans mon bureau, j’ai très vite remarqué que certains mots faisaient se crisper les deux aînés. C’est un exercice de routine que ma formatrice m’avait enseigné afin d’avoir plus de force dans le dossier contre les parents si on en venait à cela. »
« Avez-vous la liste en tête ? »
« Oh non. Je vous avoue ne plus avoir l’entièreté mais certains étaient de simples phrases. Je m’excuse d’avance à la cour pour le langage mais pour en citer une ou deux, il y avait par exemple : ‘’Qu’est-ce que tu as fais ?’’ ou encore ‘’Qu’est-ce que j’ai fais pour mérité quelqu’un comme toi ?’’. »
Il eu un silence dans la salle, que Glaziev détruit en se grattant la gorge.
« Des phrases fortes mais anodines c’est cela ? »
« C’est cela. » confirma la blonde. « J’en avais parlé avec mon collègue de bureau et nous avions mis au point une discussion qui nous permettez d’utiliser le plus d’expressions et de mots possibles pouvant amener à une réaction tout en restant dans un contexte joueur et amical. Je disais souvent la deuxième phrase parce qu’il m’amenait un café ou une sucrerie par exemple. »
« Une perte pour les services sociaux que vous soyez parti. » déclara le juge.
« Je suis toujours consultante pour mon ancien employeur et le dialogue que nous avons créé avec mon collègue est enseigné à chaque nouvelle recrue afin que toute l’équipe puisse l’utiliser à n’importe quel moment. Bien entendu, c’est une technique qui marche surtout sur les plus jeunes, mêmes si certains, comme Ignatus par exemple, savent déjà très bien cacher leurs réactions pour ne pas engendrer la colère de leurs parents. »
Si Glaziev voulait coincer la blonde sur la plainte des abus moraux, cela était raté mais alors en beauté. Sa méthode était maintenant reconnue et son frère s’était fait avoir. Bon sang. Certains essayaient vraiment de les aider en fait.
« Pourquoi avoir ajouté la plainte ‘’manque de soin et mise en danger de l’enfant’’ ? »
« Outre l’évidence du fait que les deux parents furent arrêtés devant eux en plein milieu de Lincoln Park ? Et bien parce que les enfants sont arrivés dans nos bureaux frigorifiés, dans des tenus clairement offertes par les autorités et qu’ils ont dévorés le plat de la cafétéria comme s’ils n’avaient pas mangé depuis quelques jours. Sans compter que, je n’aime pas dire cela, mais les enfants sentaient fortement, clairement pas lavés en vu des traces sur leurs visages et leurs mains. »
« A la question 7, ‘’Type de placement requis’’, vous avez pourtant coché ‘’famille d’accueil jusqu’à libération des parents’’. Pourquoi cela ? »
La main de Ian fut celle qui serra la sienne cette fois. Il peut sentir la colère irradier doucement du corps de son mari alors que l’ancienne assistante sociale pousse un soupir défaitiste et prend un visage désolé. Elle se tourne vers lui, vers eux, et s’adresse directement à eux.
« Comme je n’aime pas défaire les fratries, je n’aime pas défaire les familles. » Elle se retourne vers l’avocat de Terry. « La mère des enfants a appelé le bureau une dizaine de fois, je ne sais comment par ailleurs vu qu’elle n’était censé n’avoir qu’un appel autorisé, afin de savoir comment les enfants allaient. J’ai donc pensé que, tant que le père était en prison, ils auraient une meilleure chance avec elle que d’être en famille d’accueil. J’ai, très visiblement, eu tord. »
« A aucun moment vous vous êtes dit que certains de ces abus physiques et moraux auraient pu être de la part de leur mère ? » demande Glaziev avec un air faussement étonné.
Il se rappelle de sa mère hurlant, de sa mère griffant le visage d’Iggy parce qu’il ne voulait pas lui laisser la meth que leur père voulait qu’il vende. Il se rappelle des crises et des pleurs, des excuses et des baffes.
La témoin poussa un autre soupir.
« Non. Erreur de jugement. »
« Vous avez relâché ces enfants à une mère prise de crise de paranoïa, qui battait son mari et ses enfants. Erreur de jugement n’est pas le terme que j’utiliserai. » conclu Glaziev avec un air confiant, faisant grimacer la blonde et grincer le banc où se tenait l’homme qui avait été assit à ses côtés avant qu’elle ne monte à la barre. « J’en ai terminé votre honneur. »