The Way We Get By
Chapitre 17 : Daddy says I'm good for nothing [I] say that it's from him
3306 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 08/04/2026 17:28
Les deux ouvertures des avocats furent éprouvantes à entendre et Mickey n’a qu’une envie, fumer une clope et fuir de cet endroit.
Entendre Glaziev essayer de minimiser toutes les horreurs de son géniteur, essayer de ramener le jury à lui dû au fait que l’arrestation avait techniquement été un plan de la police et l’équipe de Seth, essayer de faire passer cet amas d’affaires et plaintes revenant à la surface due de la pression sociale et aux nombreuses personnes devant le bâtiment, c’était comme écouter un gamin essayer de lui de vendre sa première dose de coke sans que ce dernier se rende compte que c’est probablement un des membres de sa famille qui lui avait vendu en premier.
De la merde sortait de sa bouche et pourtant certains membres du jurys semblaient sympathiser avec l’argument.
Entendre Mike parler ouvertement de sa déculottée, des affaires de sa famille, des plaintes ouvertes par Seth en leurs noms et les horreurs allant avec, c’était pire. C’était comme être nu face à un quinzaine de personnes et ne pouvoir rien y faire. C’était comme retourner durant ces jours, à peine mentionnés, et les voir depuis un coin de la pièce.
Lahey-Whittemore garda un visage très neutre durant l’ensemble des deux plaidoiries d’ouvertures, mais Mickey sait lire les gens et il voit bien l’agacement dans les yeux bleus sombres. Il se demande pourquoi le juge a si vite accepté d’ouvrir son audience à toutes les autres affaires au nom du patriarche Milkovich.
Il sait, techniquement, que cela pourrait être un tremplin dans n’importe quelle carrière mais, il avait vu en regardant par dessus l’épaule de son homme qui avait cherché son nom via son portable, que le juge n’avait pas besoin de cela.
Peut-être dû à l’homophobie connue dans tout le système judiciaire de Terry, vu que le gars était marié à un des joueurs professionnels de Lacrosse de l’équipe de la ville. Même si visiblement, lui et son mari étaient également souvent vu avec une jeune femme aux cheveux roux en vue des photos des tabloïds.
Quoiqu’il en soit, le juge semblait bien plus de leur côté que de l’autre.
« Je veux bien exclure les coups et blessures de la plaidoirie de maître Ross, procureur pour l’état d’Illinois, en vu du caractère ‘’coup monté’’, pour utiliser vos mots maître Glaziev, de cette arrestation. Mais le port d’arme non enregistrée ainsi que les traces d’alcool et de drogues dans le système de l’accusé resteront en tant que preuves de conditions de liberté conditionnelle comme non respectées. »
Son paternel eu un sourire satisfait à cela, mais Mickey est presque sûr que cela ne change pas grand-chose d’avoir une seule chose enlevée de sa longue liste de crime. Même si Mike semble froncer les sourcils à cela.
« Monsieur le juge, j’aimerai tout de même appeler à la barre la personne qui fut battue durant cette arrestation, certes prémédité mais nécessaire, afin d’avoir un peu plus d’informations sur le pourquoi du comment. Mikhailo Milkovich, qui préfère être nommé Mickey. »
« Il est un des témoins, plaidant et un des hommes ayant passé un accord avec l’agent Gecko et l’agent Gorski c’est cela ? »
« Tout à fait votre honneur. »
Lahey-Whittemore donna son accord avec un acquiescement, rapidement coupé par Glaziev.
« Monsieur le juge, allons nous vraiment écouter le témoignage d’une bagarre qui est de toute manière officieuse ? »
« J’ai déclaré que les coups et blessures étaient non pris en compte, non la rencontre entre les deux hommes, le crime de haine et la tentative de meurtre par arme à feu. »
Il entendit une partie des membres de son groupe faire un ou plusieurs sons amusés, mais retenus à cela, alors qu’il peut voir Glaziev perdre en contenance.
« J’appelle donc à la barre monsieur Mikhailo Milkovich. »
Ian serre sa main une dernière fois alors qu’il se lève. Il avance et essaye vraiment de pas penser à ses dernières fois face à une cour de justice. Que ce soit pour la prison juvénile ou pour l’affaire contre Sammi ou pour balancer le cartel.
Il sait, à l’instant où il passe le petit portail qui le mène à la scène puis à la barre, qu’il est terrifié à l’idée de regarder son père.
Après la procédure habituelle, comme si mettre sa main sur une bible allait changer quoique ce soit sur le fait qu’il mente ou non, le juge fit signe à nouveau.
« Maître Ross, commencez. »
Mike acquiesce et s’avance vers lui.
« Je me permets de dire à la cour que je connais monsieur Mikhailo Milkovich devant nous un peu plus personnellement que par mes simples liens d’avocat de l’état en cette audience. En effet, mademoiselle Amanda Milkovich, la sœur de notre témoin, est une amie de longue date qui a souvent été une de nos sources, à moi et mes collaborateurs, durant nos propres audiences et procès à New York. Je suis donc venu à sa demande. »
« La neutralité dans tout cela votre honneur ? » lança Glaziev en se levant. « Si la partie adverse est subjective, je suis dans le regret de demander une annulation d’audience. »
Le sang se glace dans ses veines alors qu’il tourne son regard vers le juge qui semble, au mieux, ennuyé par la coupure.
« Ce n’est pas la première fois qu’un procureur est à la barre dû à la demande de l’un des membres des plaidants, c’est même assez régulier. Je ne vois pas le problème tant que maître Ross reste neutre dans sa plaidoirie et ses questions. Mention d’annulation rejetée. »
Wahou. Ok. C’est donc ça d’avoir la loi de son côté.
WTF.
Mike reprend son attention alors qu’il remercie Lahey-Whittemore et se remet à parler.
« Comme dit avant cette interruption, je suis venu à la base à la demande de mon amie qui demandait de l’aide pour mettre son propre paternel en prison. L’agent Gecko et moi-même avons très vite été mis en lien et, alors que je montais mon dossier en parallèle du sien, nous avons découvert énormément d’affaires et de plaintes. Dont certaines en votre nom monsieur Mikhailo Milkovich. Vous confirmez ? »
« Uh oui. Je confirme. » dit-il dans le micro face à lui, alors qu’il essayer de garder le plus possible son regard entre sa famille et Ian.
Putain qu’est-ce qu’il ferai pas pour pouvoir appuyer sur un bouton avance rapide à l’instant.
Qu’est-ce qui ferai pas non plus pour pouvoir être dans les bras de Ian, dans leur lit, plutôt qu’ici.
Il sent le regard meurtrier de Terry sur lui. Il fait tout pour ne pas se laisser influencer par la sensation.
Mike repart à sa table pour prendre un dossier qu’il dépose sur le bois à sa droite, quasiment dans les mains du juge.
« Revenons donc au jour de l’arrestation de votre père. Comment en êtes vous arrivé, vous qui êtes également en liberté conditionnelle pour évasion et port d’arme non enregistrée, à faire parti d’un plan avec l’agent spécial Gecko et la police de Chicago pouvant mener à votre mort ? »
« Objection ! Votre honneur, spéculation et suggestion. »
« Monsieur le juge, l’accusé a été attrapé avec une arme au dessus du front de notre témoin et je peux prouver que la possibilité de mourir était une réalité que ce dernier connaissait très bien. Et que nous, parti neutre et objectif, pourrions deviner après que j’ai terminé. »
Mike et le juge échangent un regard et le deuxième pousse un soupir avant de pointer l’avocat.
« Votre point a intérêt à être clair. Approuvé, veuillez reformulez. »
« Bien, je reformule. Pourquoi avoir participer à un plan avec la police de Chicago, le FBI et la DEA contre l’accusé, votre propre père ici présent, alors que vous êtes vous mêmes connu de chacune de ces forces de l’ordre ? »
Mickey prend une grande respiration, ses yeux se perdant une seconde dans le regard vert d’Ian. Il fait ça pour lui, pour Franny, Liam et Freddie, pour Mandy, Iggy et Colin, pour la fille à naître de son frère. Pour lui.
Mickey prend une grande respiration, essaye de se rappeler des mots de la psy sur le fait qu’il pouvait outre passer la terreur dans son ventre. Il pouvait compartimenter, il savait le faire, l’avait toujours fait. Il pouvait contrôler une dernière fois ses émotions pour l’aider à parler sans avoir peur de mourir sur place.
La psy, qui lui avait demandé de l’appeler Nomi durant leurs heures ensemble, lui avait dit que le fait même de compartimenter n’était pas mauvais en soi. Le mauvais été de ne jamais relâcher ce qui avait été compartimenté.
Les infirmiers, les médecins, les pompiers, les flics, bien des personnes avec des métiers menant à voir ou à vivre des choses horribles savent compartimenter pour continuer à travailler. Pour ne pas s’arrêter. Mais ils apprenaient aussi à vider, à parler des choses qu’ils voyaient et vivaient, à catégoriser les choses horribles d’une nouvelle manière.
Chose que lui n’avait jamais fait, il avait juste tout mis dans une boîte qu’il balançait au fond d’un trou noir et espérait qu’elle ne remonterai jamais.
Mais ici, ici il peut compartimenter pour se focaliser sur les questions de Mike, sur le regard de Ian, sur les visages des petits et de sa fratrie. Il peut compartimenter et oublier le visage de Terry.
Mickey prend une grande respiration et commence à parler.
« Je uh je m’excuse d’avance pour mon langage votre honneur. Je n’ai.. Pas le vocabulaire le plus adapté. »
Le juge paru amusé de cela et lui fit signe de continuer. Il acquiesce et garde son regard sur Mike.
« J’ai participé à l’arrestation de mon paternel pour la raison simple que ni moi, ni ma famille n’est en sécurité tant qu’il était dans l’quartier. »
« Suite à l’enregistrement de l’altercation entre vous et votre père, je comprend pourquoi. ‘’Pédé’’, ‘’folle’’, ‘’tarlouze’’, ‘’pédale’’ sont des mots qui sonnent très peu sécurisant. ‘’J’vais tuer le rouquin quand j’en aurai fini avec toi’’, j’imagine que cela sous-entend quelqu’un en particulier ? »
« Mon mari. Le seul grand rouquin dans l’audience. »
Certains membres du jurys ricanèrent à cela, alors que Mike stipulait le nom de son homme pour la sténographe.
« Je vois en quoi ces mots mènent à penser que votre vie et celle de votre famille n’est pas réellement en sécurité avec ça. Je spécule mais cela ne doit pas être la première fois que vous les entendez ? »
Il pouffe à cela. Amer.
« Essayez plutôt toute ma vie. Terry et ma famille sont connus pour tabasser les homos dans l’quartier. Pas non plus la première fois que je finis sous ses coups parce que uh.. parce que je suis gay. »
« J’aimerai notifier aux membres du jury et à votre honneur la plainte de monsieur Mikhailo Milkovich contre l’accusé en page deux, pour coups et blessures ainsi que crime de haine il y a quelques années dans l’Alibi, bar du SouthSide, suite au coming out de celui-ci. »
Glaziev ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais rien ne vint.
« Pouvez-vous nous parler de cette soirée ? Dans les grandes lignes. »
« Uh. J’imagine. On était là pour le baptême de mon fils, et j’ai dit à tout ma famille que uh.. je préférais les hommes. Et Terry a hurlé avant de se lancer sur moi. Ian a prit ma défense et cela s’est très vite finit en bagarre générale avant l’intervention des flics. »
« Ian, aka Ian Gallagher ici présent et votre mari aujourd’hui c’est cela ? »
Il acquiesce, avant que le juge lui demande de le dire oralement. Ce qu’il fit.
Mike retourna à sa table et revient vers le juge avec une nouvelle feuille alors qu’il annonce : « Voici le rapport de l’officier Santiago à ce propos, le passage surligné stipule que l’accusé a essayé de se défaire de son arrestation tout du long à cause des propos de son fils, qui fut relâché pour légitime défense. »
« Quels étaient les propos en question ? » demanda Lahey-Whittemore avec un sourcil haussé en le regardant.
« Uh.. J’veux pas paraître non co-opératif - »
« Les propos ont été notifié dans le rapport votre honneur si vous voulez les lire mais ce n’est pas un discours pour des oreilles innocentes, comme les enfants présents dans le banc des visiteurs. » s’amuse Mike alors que le juge se met à lire un peu plus sérieusement la feuille entre ses mains.
Avant que Mickey ne voit les épaules de ce dernier se mettre à trembler légèrement.
Bon. Il a fait rire le juge visiblement.
« Poursuivez maître Ross. » lança-t-il, encore une trace d’amusement dans la voix.
Mike acquiesce avec un sourire avant de reprendre un air bien plus sérieux.
« Donc, en vu de cette précédente altercation, comment imaginez-vous que cela se passe en rencontrant votre père, l’accusé, en suivant le plan de l’agent Gecko et de la police de Chicago ? »
« Finir comme j’ai fini ou avec une balle quelque part si j’étais chanceux, sous terre si je ne l’étais pas. »
Les membres du jurys eurent un mouvement de recule plus ou moins important et il veut leur demander pourquoi ils sont étonnés. Clairement aucun de sont du SouthSide pour ne pas connaître le nom Milkovich et ce qu’il signifie.
« Vous y êtes allé tout de même ? »
Il hausse les épaules, sachant déjà que ses prochains mots ne vont pas plaire à Ian.
« Mon plus jeune beau-frère est noir et Terry les hait pour raison débile, ma belle-sœur et ma cousine sont ensembles, ma sœur et un de mes frères sont bi, ma nièce a cinq ans et sait déjà qu’il ne faut pas rester avec des personnes se disant de ma famille et portant mon nom qu’elle ne connaît pas, mon frère va avoir un bébé et mon mari risque de mourir à chaque coin de rue du quartier parce qu’il est relié à moi. Si crever les mets en sécurité parce que ça met Terry au trou… Pas un prix très cher payé. »
Ian a des larmes remplissant ses yeux mais Mickey ne fait qu’hausser les épaules à nouveau.
« Je reprends donc mon point de départ pour simplement le mettre au clair. Vous vous doutiez, en suivant le plan de l’agent Gecko et de la police de Chicago, que vous risquiez de mourir mais vous y êtes allé en toute connaissance de cause ? »
« Objection ! Suggestion et répétition. » déclara Glaziev en se levant.
« Simplement clarification votre honneur. » défendit Mike mais le juge secoua la tête.
« Désolé maître Ross mais objection retenu. Je pense que nous avions tous compris que monsieur Mikhailo Milovich connaissait son sort en ce jour-ci. Avez vous d’autres questions pour le témoin ? »
« Pas pour le moment non. » déclare Mike.
« Maitre Glaziev ? »
« Seulement deux questions. » fit l’avocat de son paternel en se levant, sourire confiant aux lèvres. « Vous êtes vous mêmes en liberté conditionnelle c’est cela ? Pour quel motif ? »
« Évasion et port d’arme non répertoriée. » dit-il en répétant les mots déclarés plus tôt par Mike.
« Pourquoi évasion ? »
« Objection ! » se lève Mike. « Pertinence, de plus, le motif en question a été annulé par l’état après la seconde arrestation de monsieur Mikhailo Milkovich. »
« Retenue. » approuve Lahey-Whittemore avant de regarder Glaziev « Les charges annulées ou non contre le témoin n’ont aucune importance à l’instant. »
« Très bien. » accepta l’homme de la quarantaine avec un sourire faux. « Vous avez été arrêté deux fois. Vous êtes actuellement en liberté conditionnelle. Vous êtes connus des services de justices depuis, selon vos dossiers, l’âge de quinze ans minimum. »
« Objection. Votre honneur. » recoupe Mike avec un ton agacé et lasse.
« Maître Glaziev, je vous pris de respecter les dossiers scellés des criminels juvéniles et d’avoir un but dans votre questionnement ou je renvoi le témoin. »
« Vous êtes donc connus des services de justices. » reprit l’avocat. « Pourquoi devrions nous croire que cela n’est pas une arnaque pour reprendre les rênes du clan Milkorovich, connu dans Chicago, l’état d’Illinois et les états voisins ainsi qu’à l’international en mettant votre propre père en prison ? »
Mickey papillonna des yeux quelques secondes.
« Quoi ? »
« Je dis - »
« Oh non j’ai entendu. Pas besoin de répéter. » sa voix est sèche et il sait qu’il doit garder sa colère en lui mais bordel comment faire face à un clown pareil qui veut simplement son chèque et son kilo de meth à la sortie de Terry. « Je n’ai aucune putain d’intention de reprendre les rênes. Ils peuvent tous pourrir en enfer si cela leur chante. »
« Langage monsieur Milkovich. » coupa le juge avec un air sévère. Qui fit se tendre le brun un peu plus.
Il chercha le regard d’Ian mais Glaziev comprit très bien son jeu et se posa devant lui. Sa colère continue de monter à cela et il sait qu’elle risque de péter à n’importe quel moment.
« Pourtant vous avez travaillé pendant longtemps pour votre père. Il a dit lui même, sur l’enregistrement, que vous étiez son héritier. »
« Mot important est ‘’étiez’’. » fit-il entre les dents.
« Saviez-vous que le testament de l’accusé vous nomme comme seul bénéficiaire ? »
Hein ?
« Pardon ? »
« Objection ! Pertinence votre honneur et outre cela, maître Glaziev essaye clairement d’énerver le témoin pour qu’il ne revienne plus à la barre. »
« Retenue. Maître Glaziev, veuillez retourner à votre siège. Monsieur Mikhailo Milkovich, vous pouvez retourner vous asseoir. »
Ses yeux attrapèrent ceux de Mandy et ils étaient tous aussi ahuris que les siens.