L'héritage de deux champions

Chapitre 1 : L'héritage de deux champions

Chapitre final

4601 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour il y a 27 jours

Rocky : L’héritage de deux champions


Cette fanfiction participe au défi d’écriture Omnibus des Frangibus (mars-avril 2025)

 

- Papy, Papy ! C’est vrai que tu étais champion du monde ?


Rocky Balboa ne peut contenir son amusement devant le visage surexcité de son petit-fils. A la télévision, des journalistes sportifs font la publicité d’un match de boxe à venir. Pour le championnat du monde poids lourds auquel participera son neveu de cœur, Adonis Johnson Creed.

« - Tu vois cet homme Logan. C’est ton tonton.

- Tonton ? Mais papa m’a dit qu’il est fils unique.

- La famille ça peut aussi être des amis très proches, qui nous ont aidés et accompagnés dans les moments les plus difficiles. Adonis est le fils de l’un de mes meilleurs amis.

- Apollo… Creed ?

- Oui. Est-ce que Robert t’en a parlé ?

- Papa m’a dit que c’était ton plus grand rival et celui que tu as battu pour devenir champion !

- C’est plus compliqué que cela. »

 

Tous deux se lèvent de leur canapé lorsqu’ils entendent Robert rentrer à la maison avec plein de sacs en main.

« - La pêche a été bonne fiston ?

- On en a assez pour un régiment. »

Père et fils rangent les achats alors que Logan fouille le meuble du salon et trouve deux vieilles cassettes vidéo titrées : Rocky vs Apollo, Rocky vs Apollo : La revanche. Avec une photo montrant les deux anciens boxeurs.

- Regardez ce que j’ai trouvé !

Robert est surpris alors que Rocky est mélancolique et se souvient de leurs confrontations comme si c’était hier.

« - Tu les as encore Robert. Je pensais que tu avais tiré un trait sur la boxe.

- Pour être franc, je pensais les avoir perdus. Et puis maman y tenait énormément. Jamais je ne m’en débarrasserai.

- Dit Papy, on peut les regarder ?

- Ces combats ne sont pas pour les enfants Logan.

- S’il-te plait papa. »

 Rocky pose sa main sur l’épaule de Robert pour lui faire comprendre qu’il va s’en occuper.

« - Logan ça te dirait de faire une petite marche dehors avec papy ? Je te raconterai notre histoire en route.

- Bonne idée, je vais en profiter pour préparer le repas de midi. »

 

Grand-père et petit-fils marchent tranquillement dans les rues de Vancouver. Rocky joue avec une balle rebondissante sous les yeux curieux de Logan.

« - C’est pas un peu dangereux de jouer et regarder la route en même temps ?

- Tu trouves ? C’est pourtant un bon exercice pour améliorer notre attention et nos réflexes. Et puis ce n’est pas l’entraînement le plus bizarre que j’ai vaincu. Mickey s’amusait à me faire attraper des poules.

- Il est bizarre…

- Non, c’était juste les méthodes d’un autre temps. Mais revenons à nos moutons. Alors, Apollo et moi… »

 

Rocky Balboa et Apollo Creed, deux légendes dans leur discipline. Un combattant de rue indiscipliné face à un expert en la matière avec un record d’invincibilité qui était encore inégalé, de 46 victoires pour 0 défaite. Dans aucun monde ses deux-là auraient dû se retrouver sur un ring et pourtant. Tout ça à cause du surnom aguicheur de Balboa qui plaisait énormément au champion. L’étalon italien face à « l’astre du désastre », « le comte de monte KO », « le danseur massacreur ». C’était un simple plan marketing. Lorsqu’il regardait dans une interview Rocky s’entrainer à l’intérieur d’une chambre froide en train de frapper de la viande avec ses poings, il en rigolait. A aucun moment il se sentait en danger. Une arrogance qui aurait pu coûter cher. Quinze rounds sans relâche, un combat qui s’est terminé par décision aux points. Une première pour Apollo qui a pris un sacré crochet dans son orgueil. Il devait se rattraper, avoir une revanche. Prouver que Balboa n’a eu que la chance. Cette fois-ci, il l’avait pris au sérieux. Mais malgré cela, il finit par perdre son titre devant la volonté de fer de Rocky.

 

« - Je ne vois pas comment vous êtes frères papy.

- Attends, attends, je ne fais que commencer. Nous n’étions peut-être pas encore proches à ce moment-là, mais nous avions tous les deux gagné quelque chose d’important.

- Quoi ?

- Un respect mutuel. Il m’a passé le flambeau. C’était mon tour maintenant.

- Cool ! Et après ? Ça devait être génial d’être un champion.

- Oh tu sais la gloire ce n’est pas aussi amusant qu’on ne le pense. Ton grand-père a fait plein de bêtises. »

 

Victoires après victoires, le goût de la célébrité a petit à petit fait perdre son côté combattif. Terminé les entraînements intensifs dans un gymnase reclus. Bonjour ceux en public où il était interrompu à chaque seconde par des fans. Son entraîneur, Mickey Goldmill, sentait ce feu ardent disparaître. Il choisit lui-même les adversaires de son poulain pour le protéger. Mais il ne pouvait que retarder l’inéluctable. Un autre guerrier de la rue, Clubber Lang, était prêt à lui arracher son titre. Ce qu’il a fait en seulement deux rounds. Sous l’incompréhension totale d’Apollo qui était invité à cette rencontre. Ce jour-là, Rocky a tout perdu. Sa volonté, son titre, sa notoriété, Mickey, dont son cœur a fini par s’arrêter peu de temps avant le combat. Son ange gardien était parti.

 

Ce souvenir, cette perte fait couler des larmes sur son visage. Inquiet, Logan lui donne un mouchoir et agrippe sa veste.

« - Papy est-ce que ça va ?

- Je vais bien ne t’inquiète pas. Mic était comme un père pour moi. Je n’ai jamais été au plus bas de toute ma vie. J’avais peur. Heureusement que j’avais ta grand-mère à mes côtés, mais j’avais aussi besoin d’une autre aide.

- Et c’est là qu’Apollo est venu à la rescousse !

- Et bien plus. »

 

En pleine nuit, Rocky parcourut le gymnase de Mickey, sans but, totalement abattu. Il était surpris d’y voir Apollo. Rocky refusait de l’écouter, pour lui sa carrière était terminée. Apollo ne voulait rien entendre. Rocky devait retrouver son esprit combatif, l’œil du tigre. Ses mots résonnent encore aujourd’hui dans le cœur de l’étalon italien :


- Ecoute, quand tu m’as battu je ne voulais plus rien savoir. De la part de personne, ni de ma femme et même de mes enfants. C’est l’enfer de tout boxeur, ça fait mal et ça nous rend malades. Tu dois corriger cet échec ou tu le regretteras. Je suis au courant pour ton manager et j’en suis désolé. Mais lors de notre combat, tu avais cette faim insatiable, cette détermination à toute épreuve et je sais qu’ensemble on peut la retrouver.


Curieux mais encore dubitatif, Rocky accepta son offre. Repartir de zéro, réapprendre les bases. Améliorer sa vitesse, son agilité. Savoir tenir la cadence. Jabs après jabs, punching balls après sacs de sables. Des journées à travailler le cardio à la plage sous le coucher du soleil. Il finit par surpasser le maître. Cette sensation de réussite et de dépassement de soi était indescriptible. Les deux hommes se câlinèrent fièrement laissant l’eau de l’océan fusionner avec la sueur de leur corps. Ils étaient prêts à récupérer leur dû. Même si Apollo a failli faire une attaque devant le comportement imprudent de Rocky face à Lang, le laissant le frapper pour l’épuiser. Sa marque de fabrique, il sait encaisser mieux que quiconque. Après trois rounds épuisants, Rocky redevint champion. Grâce à Apollo, il a pu clôturer sa carrière comme il l’avait rêvé, selon ses termes. Il était l’heure de fêter. Une nuit folle en perspective pour les vétérans. Mais tous deux avaient une dernière idée en tête. La belle, savoir qui des deux était le meilleur. Un match amical entre deux frères d’armes unis et soudé, à l’abri de tous. Pas d’arbitre, pas de spectateurs, juste deux hommes qui voulaient conclure une histoire, leur histoire. Après cela, ils continuaient de se voir régulièrement, avec des barbecues et repas entre amis dans la villa d’Apollo.

 

« - J’aimerais bien le rencontrer un jour.

- Il est en-haut dans les cieux avec Adrian, Paulie, Mickey et son entraîneur Duke. Ils doivent surement faire un gala de boxe dans les nuages.

- Oh… »

Devant la gêne de son petit-fils, il fait de son mieux pour se mettre à sa hauteur malgré son âge. Avec son index, il pointe l’emplacement du cœur.

« - Il ne faut pas être triste. Nos êtres chers ne partent jamais. Ils sont toujours là dans nos cœurs.

- Je sais. C’est ce que me dit toujours papa quand on discute de mamie.

- Adrian était le pilier de notre famille. La femme la plus merveilleuse au monde.

- Papa m’a dit aussi qu’elle te préparait tous les matins trois œufs au plat. C’est pas un peu gras ?

- Le jaune d’œuf a d’excellents lipides, vitamines et du bon cholestérol. Elles savaient les cuisiner. Avant je buvais les œufs dans un verre.

- Beurk !

- Mais non, c’était très bon. D’ailleurs en parlant de nourriture, ton père a dû finir de préparer le repas. Rentrons. »


Sur le chemin du retour, Rocky se remémore les derniers instants qu’il a vécu avec Apollo. Des moments qu’il a volontairement éclipsés dans son récit. Logan est encore trop jeune pour savoir qu’Apollo est mort sur le ring. Défié et tué par la machine russe, Ivan Drago. L’Amérique contre l’Union Soviétique. Même si depuis, il a enterré la hache de guerre avec celui-ci, il continue de se sentir responsable. Il a privé Adonis d’un père. Il aurait dû jeter l’éponge pour sonner la fin du match. Mais s’il avait fait ça, il aurait trahi son ami qui l’a fait promettre de ne pas arrêter le match sous aucune circonstance.


« - Apollo tu n’as pas besoin de ce combat. Tu n’as rien à prouver. C’est derrière nous.

- Ce n’est pas une question de prouver quelque chose étalon. On ne peut pas changer ce qu’on est. Tu peux oublier l’argent et le reste mais toi et moi on est des guerriers. Sans challenge à se mettre sous la dent alors le guerrier se portera mieux mort. S’il-te-plaît… je te le demande en tant qu’ami, en tant que frère, reste à mes côtés. Une dernière fois.

- Tu es un grand baratineur Apollo, et quand ce sera fini ?

- Ah ! Tu me connais Rock, je penserais toujours à autre chose.

- C’est ce qu’y m’effraie. Allez viens-la. »


Cette tragédie ne devait pas rester impunie. Pour la première fois, il a ressenti un sentiment amer et néfaste, celui de la vengeance. Il devait gagner pour son frère. N’hésitant pas à se battre en territoire ennemi, sur le sol soviétique. Ce combat fût le plus dangereux de toute son existence, les impacts à la tête étaient irréversibles. Des dommages au cerveau récurrent chez les boxeurs appelés Cavum Spetum Pellucidum. C’est-à-dire un trou dans la membrane verticale qui sépare les deux ventricules latéraux du cerveau. Ce qui peut amener des déficits neurologiques, convulsions, troubles visuels et autres. C’était inconcevable pour lui. Il voulait continuer de boxer, pour eux. Mais sa femme était encore une fois la voix de la raison. Personne n’aurait voulu le voir aussi périr sur un ring. Lorsque Adonis est venu le voir des années plus tard pour que Rocky devienne son entraîneur, il hésita avant de finalement accepter et honorer la mémoire d’Apollo.

 

Rocky et Logan arrivent devant le paillasson de la porte d’entrée et à peine qu’ils posent un pas, l’odeur des spaghettis bolognaises fait saliver les papilles et ils s’empressent de déjeuner.

« - C’était super bon papa !

- Tu as maîtrisé la recette de ta mère à la perfection fiston.

- Merci. J’espère que tu restes manger ici ce soir papa.

- Je ne veux pas gêner.

- Tu ne nous gênes pas.

- Alors avec plaisir. »

 

Le téléphone portable de Rocky se met à vibrer dans sa poche. Un message d’Adonis lui demande comment il va. Ce qui lui donne une idée.

« - Est-ce que ça vous dit d’organiser une soirée avec Adonis sa femme et sa mère ? Cela permettra à nos deux familles de se réunir.

- Oh trop cool ! On peut papa hein on peut ?

- Non merci. Mais vous pouvez y allez tous les deux.

- Mais pourquoi ? C’est mieux si on y va tous ensemble.

- Logan tu peux monter dans ta chambre un moment. Je dois parler avec ton grand-père. »

 

Le petit s’exécute à contre-cœur, laissant les adultes seul à seul. Robert a une expression grave face à celle attristée de son paternel.

« - Robert écoute je-

- Non papa c’est à toi de m’écouter. Tu sais que je suis parti parce que j’en avais assez de tout cela. De la boxe et tout ce qui l’entoure. Je... Je ne peux pas recommencer. Adonis est surement quelqu’un de bien mais il est champion du monde. Le monde entier parle de lui. Je n’ai pas besoin de ça.

- Tu ne peux pas continuer de te laisser abattre de la sorte. Souviens-toi de ce je t’ai toujours dit. Aussi grand et fort que tu sois, la vie te mettra à genoux et te laissera comme ça en permanence si tu la laisses faire. Ce n’est pas d’être un bon cogneur qui compte. L’important-

- C’est de se faire cogner et d’aller quand même de l’avant, je sais. J’ai juste peur.

- Robert, je ne t’oblige pas à y aller mais je suis sûr que cela te fera du bien. Mary Anne sera si contente de te revoir.

- J’avoue qu’elle me manque, elle et Apollo était comme une seconde famille. Bon très bien, je vais venir avec vous.

- Parfait, laisse-moi le dire à Logan.

- Non, c’est à moi de le faire... Merci papa.

- Je t’aime mon fils. »

 

Les deux se serrent dans les bras et ferment définitivement une plaie ouverte depuis trop longtemps. Direction Los Angeles ou la famille Creed attend leurs invités avec impatience. La matriarche les accueille chaleureusement.

« - Oh Rocky bienvenue. Toi aussi Robert. Mon dieu qu’est-ce que tu as grandi.

- Bonjour Mary, je suis ravi de te revoir.

- B-Bonjour. »

Timide, Logan se cache derrière son grand-père mais prend son courage à deux mains pour la saluer.

« - Mais quel mignon petit bonhomme. Comment t’appelles-tu ?

- L-Logan.

- C’est un joli prénom. Entrez donc voyons. Vous allez attraper froid. »

 

Mary en profite pour faire les présentations. Sa belle-fille Bianca discute avec Robert sur son métier de musicienne, malgré sa perte auditive progressive. Celui-ci tente de communiquer avec le langage des signes qu’il a essayé d’apprendre lors d’un voyage d’affaires. Sa tentative amuse grandement la jeune femme. Logan quant à lui joue avec la petite Amara. Le bébé rigole devant ses grimaces. Adonis et Rocky regardent une grande vitrine en verre remplie de trophées, appartenant à la fois à Adonis et Apollo.


« - Tu égales presque ton père. A quelques trophées près et ce sera un nouveau record.

- Merci tonton. Quelques conseils à me donner pour mes prochains matchs.

- Hmmm je sais pas. A toi de me le dire.

- Travailler mon jeu de jambes, muscler encore plus le haut de mon corps. Comme tu m’as appris, notre plus grand adversaire c’est soi-même.

- C’est bien, je suis fier de toi. »

 

Un court silence s’installe entre les deux. Il n’est pas pesant juste contemplatif.

« - Tu crois qu’il serait fier ?

- Tu me poses encore cette question ?

- Ça ne coûte rien de t’entendre le dire de temps en temps.

- Apollo serait très fier. Mais tu es ton propre homme à présent, tu n’as plus besoin de mes conseils.

- Qu’est-ce que tu racontes coach, j’aurais toujours besoin de ton avis.

- Tant que tu crois en toi, c’est l’essentiel. »

 

Adonis regarde derrière lui et observe sa famille passer du bon temps. Son regard croise celui de Robert qui lui adresse un sourire un peu gêné avant d'aller vers le balcon.

« - Il a l'air cool ton fils.

- Il est un peu timide. Il tient ça de sa mère. Tu devrais aller lui parler. Je suis sûr que vous avez plein de points en commun. »

Suivant son conseil, il rejoint Robert et l’accueille avec un check de la main.

« - Comment ça va mec ? Bien ?

- Je vais bien merci et toi.

- Tranquille, tranquille.

- ...

- ...

- Alors... heu... j'ai vu que tu discutais avec mon père.

- Ouais, On parlait du mien, de la boxe et de mes matchs.

- On a regardé ensemble ton dernier. Joli jeu de jambes

- Ah ouais ? Moi je trouve que je dois l'améliorer. Mon prochain combat à lieu dans un peu moins d'un mois. Si tu veux Rocky et toi vous pouvez venir.

- Non merci.

- OK pas de problème. Je vais pas insister. »

 

Robert hésite un moment mais souhaite expliquer à son cousin pourquoi.

- C'est juste que la boxe ne m'a apporté que des problèmes depuis que je suis tout petit. On me taquinait et intimidait à l'école et même dans mon ancien boulot. À cause de la notoriété de mon père. J'aime papa de tout mon cœur. Mais parfois j'espérais qu'il ne soit jamais boxeur.

Cette fois c'est Adonis qui réfléchit. Lui aussi a un secret à partager.

« - Moi je n'ai jamais connu mon père. Toute ma vie, je me suis demandé ce que c'était d'être le fils d'Apollo Creed. C'est uniquement lorsque j'ai commencé ma carrière que j'ai compris la pression d'être l’héritier d'une légende. D'être à la hauteur de son héritage. En vrai, je t'envie beaucoup.

- Vraiment ? Pourquoi donc ?

- Tu as été bercé dans ce business. Tu connais ces avantages et inconvénients depuis toujours. Tu as accompagné et soutenu ton père jusqu'au bout. Il me parlait souvent de toi quand on s'entraînait. Je pense que sans toi et Adrian, il aurait échoué depuis longtemps. Et puis je ne pense pas que la boxe ne t’a amené que des mauvais souvenirs.

- Non c'est vrai, je me souviens sauter sur mon canapé pendant son combat contre... Drago. Désolé.

- T'inquiète c'est du passé. J'ai réglé mes comptes avec la famille Drago en battant Viktor.

- Viktor ?

- Son fils. Au fond, c'est un bon gars.

- Je t'envie aussi. Cette abnégation et cette envie de rendre hommage à ton père.

- Alors vient au match et je vais te redonner goût à la boxe. Tu seras même à mon coin de ring pour m'aider.

- Avec plaisir.

- Je vais faire un petit jogging avant de dîner, ça te dit ? T'inquiète, j'irais doucement.

- Je suis totalement rouillé mais je suis partant. »


Pendant qu'ils continuent de discuter et que Bianca surveille Logan et Amara. Rocky et Mary sirotent un café tout en observant leur fils respectif.

« - C'est le début d'une nouvelle ère. Que l'étoile d'Apollo continue de briller sur eux.

- Pas que sur eux Mary, sur nous tous. Santé.

- Santé Rocky. »

 

Sur la table, un paquet de cartes attend d’être utilisé. Rocky mélange le tas et distribue pour entamer une partie de belote américaine. On ne distribue que cinq cartes à chacun, et on ne joue qu'avec ces cinq cartes. L'objectif n'est pas de marquer le plus de points, mais de faire le plus de plis. Le pauvre n’a jamais été chanceux aux jeux. Ce que lui fait remarquer Mary qui savoure sa main. Il surnommait elle et Apollo le couple du trèfle pour leur chance improbable. Eux nommaient Rocky le roi du cœur.


« - Je n’arrive pas croire ta chance Polo.

- C’est comme dans un match Rock, faut réfléchir. Elaborer une stratégie. Ecouter son cœur c’est bien mais faut aussi penser avec ta tête. »

 

L'heure de la prochaine confrontation d'Adonis va bientôt commencer. Face à Danny Wheeler, l'ancien champion WBC de la catégorie poids lourds.

- Bienvenue mesdames et messieurs pour notre rencontre de ce soir ! Deux adversaires qui se connaissent bien pour le titre de champion du monde poids lourds. D'autant que le champion en titre est accompagné une nouvelle fois par le héros de Philadelphie : Rocky Balboa !

Alors que la foule en délire acclame haut et fort les participants, leurs statistiques apparaissent sur les écrans au-dessus du ring :

 

Le champion :

Adonis Creed

32 ans

28-0-1 dont 25 par KO

183cm

101kg

 

Le challenger :

Danny 'Stuntman' Wheeler

34 ans

31-0-1 dont 18 par KO

183cm

95kg


L'arbitre demande ensuite aux combattants de se saluer.

« - Messieurs je demande un combat équitable et dans les règles. Saluez-vous.

- Alors on a peur. On a encore besoin d'une légende dans son coin pour gagner.

- C'est pas qu'une légende c'est ma famille, et on verra qui a peur quand je t'aurais mis au tapis. »


La sonne cloche et Adonis commence avec des jabs rapides en sautillant sur le ring comme l'aurait fait son père. Il garde l'avantage avant d'être envoyé dans le coin mais réussit à s'en échapper facilement avant de décrocher un puissant uppercut à la mâchoire. Cela ne suffit pas à faire tomber Danny qui semble être plus costaud que la dernière fois. Malgré quelques coups encaissés au bassin, le premier round s'achève en faveur d'Adonis.


« - Alors qu'est-ce que tu en dis Robert, pas mal hein ?

- Reste concentré. Il en a encore plein à revendre.

- Robert à raison et attention à ton côté gauche.

- Compris tonton. »


Le deuxième round débute de la même manière. Mais à cause de son excès de confiance, il ne voit pas à temps un crochet venant de la droite. Un genou à terre, l'arbitre ordonne à Danny de retourner dans son coin le temps du décompte. Adonis se relève de suite et le combat peut reprendre. Il opte pour une autre stratégie plus risquée mais qui a déjà fait ses preuves. Laisser son adversaire s’épuiser en encaissant ses coups. La cloche sonne à nouveau et Robert est loin d'être ravi.


« - Non mais c'est quoi ton problème !? Tu cherches à perdre ou quoi !?

- T'inquiète pas, je sais ce que je fais.

- Tu as intérêt. Tu es plus fort que lui, montre ce que tu sais faire champion. »

Pour Rocky ce dialogue est quasi similaire à celui entre lui et Apollo lors de son combat avec Clubber Lang. Souriant, il se met à imiter les gestes de son poulain lors de ce troisième round, tout en murmurant ce que lui disait Apollo.

- Droite, droite. Relève ta garde. Contre et bouge, contre et bouge.

A bout de force Danny ne peut plus continuer la cadence et est mis à terre pour un décompte de dix après un crochet en plein en visage. Retour à l'envoyeur.

- Le vainqueur et toujours champion du monde des poids lourds, Adonis Creed !!!

Soulagé et heureux pour Adonis, Robert le rejoint et célèbre avec lui.

« - Alors qu’est-ce que tu en as pensé ?

- Tu m’as fait vibrer, effrayé et énervé à la fois. Ça m’avait manqué.

- C’est le bon état d’esprit, j’espère te revoir à mes côtés cousin. »

 

Satisfait, Rocky quitte la salle avant de lancer un dernier regard d’approbation envers son élève. Il est temps pour lui de rentrer chez lui, à Philadelphie, mais avant il a une dernière chose à faire. Au sein du cimetière de Los Angeles, il dépose sur une tombe un bouquet de fleurs composé d’œillets et chrysanthèmes, avant de s’assoir sur un fauteuil à bascule. Il ne parle pas, laisse le vent caresser son corps tout en contemplant son ami qui a trouvé le repos. Il décapsule une canette de bière qu’il lève au ciel et prend une gorgée. Il se souvient de ces soirées cinéma ensemble où ils regardaient leurs matchs et s’amusaient à complimenter ou critiquer leur prestation.


« - Aie, aie, aie, tu es en train de me mettre une raclée. Regarde ça.

 - Mama mia étalon en quoi est fait ton menton ?

- J’aurais dû l’esquiver celle-là.

- Oh que oui. Franchement, pourquoi on a décroché les gants quand on voit un tel combat.

- Tu te sens vieux l’astre du désastre ?

- Oh toi mon vieux tu en redemandes hein. »


Il lui raconte ensuite les progrès de son fils. Que Robert et lui se sont réconciliés. Qu’il lui manque. Lorsque ce sera son heure, la première chose que Rocky fera au paradis sera d’embrasser sa femme et d’affronter à nouveau Apollo.

 

Une rivalité qui s'est transformée en amitié puis en fraternité. Un lien fort transmit aux générations futures avec ses valeurs : La fierté, l'entraide, et de ne jamais abandonner. L'histoire des deux frères a beau être terminée, elle continuera de perdurer au sein de leur famille.

Laisser un commentaire ?