Si nos cœurs nous en ont Dix (Défi Anniversaire FFR)

Chapitre 1 : Sacha Ketchum

3775 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 29/08/2026 23:51

Cette fanfiction participe au Défi d’écriture Anniversaire du forum Fanfictions.FR : "Si Le Cœur Vous En Dix" (juillet - août 2026).

Rendez-vous sur le sujet cité ci-dessus dans "Ateliers et défis" du Forum pour plus d'informations !


Pour célébrer les 10 ans des Défis du Forum, trois des Niveaux 2 proposés dans l'intitulé du challenge seront présents dans cette fanfiction, à commencer par le A disséminé tout au long de cette histoire : Dix lots de dix ! Dix personnages, dix couleurs, dix odeurs, dix formes, dix lieux, dix moments, dix nombres, dix mots rares, dix expressions, et dix figures de style !

Nous verrons aussi une partie de B, Pluie de N2, avec le Niveau 2 de l'ancien Défi "Réécriture d'un conte" de février 2017 (écrire à la première personne), et le début de C, Seconde Chance de 2016 avec nul autre que le Défi originel "Mots improbables" de juin 2016 !


Et comme j'adore faire n'importe quoi, nous aurons l'honneur de voir un doublon du N2 A avec dix autres lots de dix cachés ! Saurez-vous deviner de quoi il s'agit ?


En attendant, je vous souhaite à tous une excellente lecture, et joyeux dix ans des Défis du Forum Fanfiction.FR !!!


A Dix lots de dix : Sacha – rubis – brise d'été – rond – Laboratoire de Chen – début d'après-midi – un – se jeter à l'eau – zeugma.

B Pluie de N2 : Réécriture d'un conte / Écrit à la première personne.

C Seconde Chance de 2016 : Mots improbables Requin – lémurien – excellente initiative – il pleut comme une vache qui pisse – Google est ton ami – trapéziste – tertiaire – dithyrambique – propolis – sinécure – sabre – amanite tue-mouche.

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Je sais que ça fait déjà des années, et pourtant, quand je ferme les yeux, je revois encore tout comme si c'était hier… non, comme si c'était maintenant.

Mes dix ans.

Bon, en fait pas exactement mes dix ans, c'est vrai. Mais pour moi, même si c'était arrivé après, c'était tout comme mes dix ans.

Le jour où j'ai reçu Pikachu.

La remise des Pokémons pour Dresseurs débutants avait lieu quelques jours après mon dixième anniversaire, et même si j'avais attendu ça avec plus d'impatience qu'un Ronflex affamé pendant des années, je me souviens très peu du jour de mon anniversaire en lui-même.

Je me rappelle l’attente interminable, mon calendrier où je comptais désespérément les jours avant la date tant espérée, Maman qui me remettait à ma place quand je devenais trop demandeur sur mes cadeaux, moi qui épluchait les magazines sur les meilleurs conseils aux Dresseurs… Mais le jour de mon anniversaire, j’en ai très peu de souvenirs.

Je revois la table couverte de cadeaux, le gâteau que Maman avait mis tellement de temps à préparer, le goût de la chantilly, moi déchirant les paquets… mais à part ça, je ne me rappelle pas vraiment d’autre chose. Bizarrement, c'est presque un jour ordinaire chaque fois que j'y repense…

Peut-être parce que les évènements qui ont suivi ont été beaucoup plus importants pour moi, quoi que je puisse en penser.


J'arrivais à peine à dormir la veille du départ, Maman avait même dû monter me dire de me coucher à onze heures du soir. Et peut-être que j'aurai dû l'écouter en fait. Ou pas.

Je sais pas trop, ça aurait changé beaucoup ? Peut-être que oui… peut-être que je n'aurai pas rencontré Pikachu ce jour-là… ou peut-être que ça aurait rien changé… et surtout je n'aime pas me casser la tête avec ça.

Toujours est-il que, le lendemain, je me suis retrouvé en retard, à courir en pyjama jusqu'au labo du professeur Chen après avoir dormi trop longtemps sans entendre le réveil ce matin-là.

J'ai été le dernier à arriver à la distribution ; Régis était déjà là, en train de partir, à se pavaner devant une foule de supporters avec la Pokéball contenant son tout premier Pokémon. Si j'avais su qu'il avait choisi Carapuce, j'aurai été encore plus jaloux de le voir partir à l'aventure avec le Pokémon que je voulais prendre. Mais bon, de toute façon j'ai rencontré mon Carapuce quelques semaines plus tard, et je ne l'échangerais pour rien de rien au monde.

Mais ce jour-là, je ne savais pas encore que tout les Pokémons pour débutant avaient déjà été donnés aux deux autres Dresseurs du Bourg-Palette, et que étant le dernier arrivé il n'y en avait plus pour moi. Plus de Pokémon pour débutant standard, surtout.

Et au fond, je pense que ça a été la meilleure chance de ma vie

Car dès que j'ai pris cette Ball dans ma main, et qu'en un éclair de rayon aveuglant ce qu'elle contenait est apparu devant mes yeux, quelque chose tout au fond de moi a su que ça allait être le plus beau cadeau d'anniversaire de tout les temps.

Un meilleur ami.

Enfin, pas vraiment quand même, parce que même si moi j'adorai son adorable bouille toute ronde et les picotements électriques de sa fourrure une fois dans mes bras, lui n'était pas très d'accord et me l'a fait savoir tout de suite d'un bon Tonnerre droit au but. Mais le professeur Chen avait raison : c’était un véritable coup de foudre.

Un coup de foudre qui n’avait pas fini de m’en donner à moi et le peu de supporteurs qui sont venus me voir après la remise de mon premier Pokémon, et qui en plus de ça a refusé de rentrer dans sa Pokéball ; si bien que j’ai dû le traîner attaché à la corde à linge et les mains protégées par les gants en caoutchouc que m’avais donné Maman pour enfin partir à l’aventure.

Mais j’ai quand même très vite arrêté de le balader comme ça, c’était pas de cette façon que j’allais lui prouver qu’on était amis lui et moi ; mais malgré mes efforts, lui n’en montrait aucun pour faire la paix. Je sentais qu’être Dresseur allait être beaucoup plus difficile avec lui, mais j’étais quand même prêt à traverser torrents et marées pour lui prouver mon amitié.

Je n’aurai jamais pensé que c’était littéralement ça qui briserai son hostilité envers moi. Ça, et la nuée de Piafabec qui nous a pourchassés à travers toute la forêt ce jour-là.

J’essayais d’attraper un Roucool tout seul, Pikachu ayant définitivement refusé de m’écouter pour aller faire la sieste sur une branche, quand la pierre que j’avais jetée sur le Pokémon Minoiseau atterrit sur la tête d’un Piafabec… lequel n’a pas tardé à nous foncer dessus en représailles. Mon Pokémon eut vite fait de lui griller les plumes, mais avant qu’on puisse célébrer notre victoire, le Type Vol piailla en direction d’un arbre, et au moins une cinquantaine de ses congénères surgirent des branches pour fondre sur nous.

On a détalés sans demander notre reste, mais la nuée était plus rapide ; elle m’ignora pour foncer sur Pikachu et le harceler de coups de becs et de serres. Il eut beau jeter des éclairs dans tout les sens pour les disperser, le nombre eu rapidement raison de lui ; avec horreur, je le vis s’écrouler au sol, et surtout compris devant l’acharnement des Pokémons volants qui le bectaient alors qu’il était à terre qu’ils ne s’arrêteraient pas là.

Sans hésiter, je me précipitais dans la nuée et parvins (non sans mal) à m’y faufiler ; et sans plus attendre, je pris Pikachu et mes jambes à mon cou pour fuir dans la forêt.

J’ai couru à perdre haleine, espérant que la présence des arbres allait les décourager ; mais à mon désarroi, ils étaient aussi têtus que moi et continuèrent leur poursuite sans relâche. Je fini acculé au bord d’une falaise, et j’ai dû carrément me jeter à l’eau (dans tout les sens du terme) pour leur échapper.

Je ne sais combien de temps après mon saut dans la rivière, quelque chose agrippa mon col de veste et me tira sur la berge. Mais j’eus à peine le temps de reprendre mon souffle (et de comprendre que je venais d’être sauvé par une fille qui m’avait repêchée, et aussi giflé au passage sous prétexte que je n’avais pas compris qu’elle parlait à mon Pokémon et pas à moi) que je revis la nuée de Piafabec dans le lointain ; et vu leurs mouvements, eux aussi m’avaient repéré. Je n’ai pas réfléchi, j’ai emprunté le vélo de la fille après avoir déposé Pikachu dans le panier du guidon et j’ai détalé aussi vite que mes jambes pouvaient pédaler.

La pluie s’est mise à tomber à verse, si bien que j’ai pas vu un talus et j’ai dérapé du vélo dans la gadoue. J’avais mal partout, mais quand j’ai vu la silhouette inerte de mon Pikachu dans la boue du chemin, j’ai poussé de toutes mes forces sur mes bras et j’ai rampé jusqu’à lui.

Il me regarda quand je posais une main sur lui, mais ne bougea pas plus. Je me sentais coupable : c’était moi qui avait jeté ce caillou sur le Piafabec, c’était moi qui n’avait pas essayé de l’attraper quand il avait été affaibli par l’attaque électrique, c’était moi qui n’avait pas vu ce talus et qui n’avait pas pu nous rattraper à l’atterrissage.

C’était ma faute si Pikachu était dans cet état.

Derrière nous, la bande de Piafabec piaillait furieusement malgré la pluie et l’orage qui nous tombaient dessus. Je sortis la Pokéball de mon Pikachu et la lui tendis.

- S’il te plaît, entre là-dedans.

- Chu ?

Il me regarda de ses yeux noirs, avec un air de réticence et d’étonnement devant la Ball près de lui.

- Je sais que tu ne veux pas y aller, j’ai insisté, mais si tu es là-dedans je pourrai plus facilement te protéger ; après ça on verra ! S’il te plaît, fait ce que je te dis ; allez je t’en prie fais-moi confiance !

J’ai essayé de cacher le tremblement dans ma voix, alors que je le suppliai de m'écouter juste cette fois ; j’ai posé la Pokéball à ses côtés, puis je suis allé affronter les Piafabec pour lui faire gagner du temps.

Le vent grondant dans mes oreilles et la pluie battant mon visage, je fis face à la nuée de Pokémons qui n’avaient pas cessé de nous pourchasser :

- Piafabec ! Vous ne savez pas qui je suis ! Je m’appelle Sacha Ketchum, je viens du Bourg-Palette et je suis le prochain Maître Pokémon ! Alors vous me faites pas peur !

Ma réplique se reçut des jacassements furieux et moqueurs ; devant moi, la nuée de Piafabec me toisaient avec mépris, attendant probablement le meilleur moment pour me fondre dessus et me punir de les avoir défiés. Un se détacha du lot pour pousser un cri strident dans ma direction. Sans me laisser plus intimider, j’écartais les bras, leur faisant face malgré le nombre et les éclairs qui tonnaient dans le ciel :

- Laissez mon ami tranquille ! Je ne vous laisserai pas lui faire du mal, vous entendez ? Allez-vous en !

J’entendis Pikachu bouger derrière moi, mais toujours pas le bruit d’ouverture de la Pokéball me disant qu’il s’était mis à l’abri. J’insistais une nouvelle fois pour qu’il rentre se protéger, sans jamais quitter des yeux la bande de Pokémons qui commençait à s’agiter comme prêt à l’attaque. Campant sur mes positions, je regardais le meneur dans les yeux, le même Piafabec que j’avais provoqué, et prenant une grande inspiration je hurlais de toute la force de mes poumons juste avant qu’ils n’attaquent :

- ALLEZ-Y ! APPROCHEZ !

Puis tout se passa très vite. Et pourtant, je revois encore chaque détail, comme si la scène se passait au ralenti sous mes yeux.

Les Piafabec fondaient sur moi. Je restais figé, prêt à faire barrière de tout mon corps pour les arrêter. La pluie se déversait à dru sur moi. Le vent sifflait dans mes oreilles. Les éclairs déchiraient le ciel. Le tonnerre grondait encore plus fort que les rafales.

Les Piafabec se rapprochèrent encore. Mon pied recula, mais je restais ferme sur mes jambes. Mes yeux étaient rivés dans ceux du meneur. Je sentais mon cœur battre à tout rompre, presque plus que l’orage qui tonnait au dessus.

Le Piafabec était presque sur moi. Je ne bougeais pas.

Puis tout d’un coup, je sentis un poids soudain sur mon épaule. Mon regard se décala une seconde, juste le temps d’apercevoir la silhouette familière de mon Pokémon, des étincelles crépitant à ses joues rouges.

Je le vis sauter droit vers la nuée volante. Son petit corps sembla flotter dans l’air un bref instant, comme figé dans le temps.

Et puis soudain, tout les poils de mon corps se hérissèrent comme recevant une décharge d’électricité statique. Mes yeux virent la foudre s’abattre droit sur Pikachu, au même moment qu’un cri perça les cieux encore plus violemment que le Tonnerre.

- PIIIKA-CHUUUUUUUUU !

J’eus le temps de voir comme un éclair blanc aveuglant.

Puis plus rien.


Quand je revins à moi, la pluie avait cessé et le soleil brillait à nouveau. Je rouvris les yeux pour comprendre que j’avais fini par terre, non loin de Pikachu qui me regardais fatigué mais victorieux.

On avait réussi.

Je tendis les bras pour le prendre contre moi, et quelque chose attira mon regard dans le ciel. Levant la tête, je vis alors, traversant l’arc-en-ciel et semblant presque s’y fondre, un grand Pokémon oiseau voler dans un éclat d’or. Mon Pokédex tombé de ma poche ne put le reconnaître ; mais je n’oubliai jamais ces ailes brillant dans le couchant qui commençait à teinter les nuages.

Alors que je montais péniblement la colline, mon Pikachu épuisé dans mes bras, tout au fond de moi je sus en voyant ce Pokémon mystérieux disparaître dans l’arc multicolore que c’était le début de quelque chose de grand.

Le début d’une amitié.

Et tandis que j’atteignais enfin le haut du chemin qui menait à la ville de Jadielle, Pikachu me confirma ce sentiment en me léchant la joue en reconnaissance.

J’avais encore beaucoup à faire pour devenir le meilleur Dresseur. Mais à cet instant, lui et moi, nous étions juste les meilleurs amis.

Et ça n’a jamais changé.


Malgré les Arènes et les Ligues.

Malgré les disputes et les défaites.

Malgré les épreuves.

Malgré la séparation.


Malgré les dangers qui nous ont plus que frôlés.

Et celui qu’on venait tous de frôler n’avait jamais été aussi grand.

Mais notre amitié était toujours aussi forte ; bien plus, encore.


Quand je referme les yeux, je revois ce jour. Le jour où tout avait commencé pour nous deux, et bon sang que c’était un début de fou. Mais on s’en était sortis, et c’est ça qui compte.

C’est ce que je me répète. Peut-être pour essayer d’oublier un peu les derniers évènem… bouleversements, pour être honnête. À peine j’y pense que je sens mes mains trembler…

- Liiii !

Je sursaute. Sous ma main vient de se blottir une petite chaleur familière.

J’écarte mes doigts pour voir la frimousse familière d’Évoli qui s’est glissée juste en dessous, pile au bon moment. Je la caresse avec un sourire, la remerciant intérieurement ; elle a toujours su quand j’avais besoin d’un contact, quelle que soit la raison. Elle couine de plaisir, et presque aussi vite qu’elle est arrivé repart jouer avec Kaïminus et Baggiguane pas loin. Je les regardent s’amuser dans le champ devant la réserve du Prof Chen avec un léger sourire, mon autre main n’ayant pas quitté un instant l’autre chaleur électrique sur mes genoux.

Pikachu ne m’a pas quitté une seule seconde depuis notre retour. Et c’était pas comme d’habitude où il est effectivement perché sur mes épaules ; là, il me garde constamment dans sa ligne de vue ou de contact. Même endormi comme maintenant, il ne me quittait pas. Et malgré le soulagement que je sens dans son corps après notre dernière grosse épreuve, une tension reste palpable dans son échine toujours un peu hérissée. C’était comme… comme s’il se préparait à réagir à tout moment, pour me protéger.

Comme si j’allais disparaître s’il me perdait de vue.

Je fronce les sourcils : je sais bien que ce qu’on vient de faire est très loin de tout les dangers qu’on a déjà croisés dans notre aventure ; on a quand même infiltré une base géante de gens prêts à tout pour nous arrêter, c’est pas rien. Et pourtant… Quelque chose me dit que c’est pas juste ce danger qui l’a mis dans cet état.

Comme si… quelque chose de grave était arrivé.

Quelque chose de très grave pour lui.

Et dont j’étais incapable de m’en souvenir.

…Je crois que c’est ça qui me terrifie le plus.

De ne pas savoir, et d’être incapable d’aider mon meilleur ami quand il avait besoin de moi.

"Sacha ?"

Je sursaute un peu et me tourne vers Riolu ; il me regarde, comme pour voir si j’ai besoin de lui. Puis sans un mot, il vient à côté de moi et s’allonge à demi sur mes jambes, son regard rubis planté dans le mien. Je n’ai pas à me concentrer pour savoir qu’il est en train de ressentir mon Aura, d’ailleurs c’est probablement la raison qui l’a amené ici.

Lui aussi agit différemment depuis notre retour.

Nos Auras ont toujours été en lien constant dès notre rencontre, c’était pour ça qu’il avait décidé de me suivre en premier lieu ; mais dernièrement il semble tout le temps en train de lire la mienne. En général, notre lien est un peu comme une pensée persistante dans mon esprit ; sauf que là, ça devient persistant et audible.

C’est comme s’il s’assurait de ma présence. Tout comme Pikachu.

Et je ne sais toujours pas pourquoi.

Et ça me frustre plus que tout.

Évidemment, Riolu ressent ça aussi ; même si on étaient pas aussi liés, je vois bien ses antennes se redresser pour capter les émotions alentours. Je voudrais juste pas lui infliger ça, en plus de tout ce qu’on vient de traverser.

Un petit cri me fait relever les yeux vers mes trois Pokémons qui jouent ; apparemment Kaïminus a envoyé un Pistolet à O un poil trop fort sur Baggiguane qui cherche maintenant la bagarre, mais Évoli calme le jeu en les invitant à jouer en chassant sa propre queue. Le Type Eau adore cette excellente initiative et la rejoins ; le Pokémon Mue reste énervé, mais cède finalement devant le regard adorable de la petite.

Les voir s’amuser à tourner en rond me fait esquisser un sourire ; même après tout ce qu’il s’était passé, ils jouaient comme avant. Je fermais les yeux, inspirant profondément cette odeur d’été portée par la brise en ce début d'après-midi.

Le moi de nos dix ans me revint à l’esprit, en même temps qu’une vieille chanson que tout les enfants chantaient sans se lasser à l’époque.

Un jour je serai le meilleur Dresseur,

Je me battrai sans répit

Je ferai tout pour être vainqueur,

Et gagner les défis

À l’époque, je pensais qu’être le meilleur était de ne jamais perdre, ne jamais reculer devant les défis, ne jamais abandonner. Aujourd’hui, j’ai compris qu’une de ces choses était réellement vraie.

Je suis tombé, j’ai hésité, parfois même j’ai eu peur de me relever. Mais tout au fond, je n’ai jamais laissé tomber.

Et ce qu’on venait de traverser n’avait fait que le prouver.

On venait d’affronter probablement la pire chose de notre vie, et on en était tous sortis vivants. Pas tout à fait indemnes, mais on était tous là.

Pikachu frémit sur mes genoux, puis ouvrit ses yeux ensommeillés. L’espace d’un instant, il sembla s’affoler, mais se calma aussi vite en me voyant. Je lui caressais la tête tout en faisant de même avec Riolu, un sourire serein aux lèvres. Mon regard se reporta sur mes Pokémons dispersés dans le champ devant moi, jouant dans le pré, se chamaillant pour une tape involontaire, partageant une Baie Pêcha entre eux, faisant le fanfaron avec leurs attaques de cristal ou tout simplement se reposant les uns contre les autres à l’ombre des arbres de la réserve.

On en avait vu des belles et des moins belles, y’avait pas à dire. Mais on était tous là en un seul morceau.

Et si le vent qui vint m’ébouriffer les cheveux était bien de ce que je pensais, alors on n’a rien à craindre. Comme dit Maman, on est tenaces dans la famille.

Et j’ai hâte de voir où l’aventure va nous emmener la prochaine fois.

Pokémon !

C’est notre histoire,

Ensemble pour la victoire !

Rien ne nous arrêtera,

Notre amitié triomphera !

Même à notre âge,

Un voyage d’apprentissage,

Ça demande du courage

POKÉMON !

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