Pokemon : Master and Coordinator
Chapitre IV
En route vers Jadielle
L’aube étirait lentement ses doigts pâles sur Bourg Palette lorsque Seïko quitta la maison.
L’air sentait encore la nuit. La rosée brillait comme du verre brisé sur les herbes.
Et pourtant, quelque chose en lui vibrait — une tension douce, un mélange de crainte, d’espoir et d’un courage encore timide.
Évoli marchait à sa hauteur, sautillant dans les traînées de lumière qui filtraient entre les toits. Il refusait obstinément d’entrer dans sa Pokéball, comme s’il craignait de perdre une seconde de cette nouvelle aventure. Un comportement qui, malgré lui, fit naître un sourire chez le garçon.
Le professeur Chen l’avait raccompagné jusqu’à la sortie du village.
D’un ton calme et rassurant, il lui avait expliqué que Jadielle était la meilleure destination pour commencer : une ville plus grande, plus vivante, où il pourrait apprendre, observer, et peut-être recevoir ses premières épreuves.
— Ton père avait aussi commencé par ce chemin, Seïko.
Chen avait dit cela simplement. Sans appuyer, sans forcer. Juste livrer un fait. Un fil du passé tendu vers le présent.
Ce fil vibrait encore dans la poitrine du garçon.
Six ans de plus que son père lors de son départ.
Seïko était conscient du retard, conscient d’avoir commencé tard, conscient aussi du poids immense qu’il portait. Mais suivre la même route… la même terre… les mêmes pierres foulées autrefois par Sacha…
Cela enflammait doucement quelque chose en lui, comme une braise qui recommençait enfin à brûler.
À côté de lui, Chen fouillait dans sa poche avant de lui tendre trois Pokéball.
— Je sais que tu as déjà ton premier Pokémon mais... comme avec ton père, je te propose de choisir l'un des starters que je propose toujours aux nouveaux dresseurs lors de leur périple.
— Merci professeur, dit Seïko. Mais je vais continuer avec Evoli. Il ne serait pas raisonnable que je commence l'aventure avec deux Pokémons alors que les autres commencent avec un seul.
— Tu as sûrement raison, Seïko.
Amusé par tant de maturité comme Selena, Chen le regarda avancer seul vers sa destinée.
Lorsqu’il atteignit le début du sentier menant vers Jadielle, il se retourna une dernière fois.
Et là… Son souffle se bloqua.
Pikachu.
Le Pikachu de son père.
Debout sur le rebord du palier, dans la lumière naissante. Ses joues jaunes diffusaient une chaleur douce, pas électrique, mais presque… affectueuse.
Dans ses yeux se mêlaient un âge avancé — les rides fines, la lenteur mesurée — et une tendresse insondable.
Il les avait suivis. Il n’était pas venu par hasard. Il était là pour lui dire au revoir.
Seïko sentit ses yeux picoter.
Il n’avait pas pleuré depuis des semaines, pas vraiment, mais là… Pikachu l’y força presque.
Le petit Pokémon leva la patte, lentement.
Un geste simple. Un geste lourd de sens. Un geste qui disait plus que des mots : Va. Continue. Tu n’es pas seul.
Seïko répondit en levant la main, maladroitement.
— Merci… murmura-t-il, merci Pikachu...
Sa voix trembla.
— Je te promets… je prendrai soin de lui. De la même façon que Papa a pris soin de toi !
Pikachu hocha la tête et poussa un faible « Pika… » chargé d’une tendresse presque humaine.
Évoli, ému lui aussi, esquissa un petit cri, comme pour saluer ce doyen qui avait veillé sur tant de voyages.
Puis, dans la lumière qui montait, Pikachu fit demi-tour et retourna vers la maison, ses pas lents mais dignes.
Seïko le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière la porte.
Ce vide soudain… ce petit creux dans le cœur…
Oui, Pikachu lui manquerait. Terriblement.
Mais il inspira profondément, releva la bretelle de son sac en bandoulière et tourna les talons.
— C’est parti, Évoli.
Le Pokémon bondit, fit une pirouette maladroite et se plaça juste devant lui, comme pour lui ouvrir la route.
Alors, ensemble, ils posèrent le premier pas.
Le sentier de Jadielle s’étendait devant eux, long et sinueux, encore partiellement enveloppé de brume.
Mais au fond… ce n’était pas seulement un chemin. C’était un héritage. Une renaissance. Un fil tendu entre les mondes, entre l’absence et le souvenir, entre la douleur et l’avenir.
Seïko serra doucement la Pokéball d’Évoli dans sa main — celle qu’il n’utilisait jamais.
Et en silence, il se fit la promesse qui allait guider ses pas à jamais.
Le chemin vers Jadielle serpentait entre les bosquets d’aubépine et les grandes herbes jaunies par la fin de l’été.
Le silence n’était brisé que par le bruissement des feuilles, le bourdonnement lointain des Pokémon insectes et le craquement discret des pas de Seïko sur la terre sèche.
Évoli gambadait devant lui, oreilles dressées, queue frémissante.
Il semblait sentir dans l’air quelque chose que Seïko, lui, ne percevait pas. Une excitation. Un frémissement instinctif.
Seïko, lui, avait l’estomac noué.
Pourtant il avançait, décidé… jusqu’à ce qu’un battement d’ailes déchire brusquement le silence.
Un Roucool fondit depuis une branche basse, ailes ouvertes, son cri perçant l’air avec une intensité presque agressive.
Seïko fit un pas en arrière, surpris.
Évoli, en revanche, se posta instinctivement entre son dresseur et l’oiseau sauvage, son petit corps tendu comme un arc.
— Un… un combat, murmura Seïko.
Sa gorge se serra.
C’était la première fois, son premier véritable combat !
Pas un entraînement, pas un essai : une confrontation réelle.
Son cœur s’emballa, trop vite, trop fort.
Il sentit ses mains trembler, sa respiration devenir plus courte.
Les souvenirs de métal tordu, de lumières aveuglantes, de cris et de pneus — la route, l’accident — se télescopèrent en lui.
Son corps se crispa.
“Respire… respire.”
Mais il n’y arrivait pas.
Roucool poussa un cri et fonça droit sur eux.
Évoli bondit de côté pour esquiver, regardant son dresseur comme s’il attendait un ordre qui ne venait pas.
— Je… je… Évoli, fais… quelque chose !
La voix de Seïko se brisa.
Roucool pivotait déjà pour une nouvelle attaque.
Évoli grinça légèrement, inquiet, mais se plaça tout de même en position de combat.
Pour un instant, Seïko eut honte. Honte d’être incapable de parler correctement. Honte de ne pas savoir quoi faire. Honte d’être faible là où son père avait été fort.
Puis… Il inspira. Une fois. Lentement. Il força son regard à se fixer sur Évoli, uniquement sur lui.
— Tu n’es pas seul.
Les paroles muettes de Pikachu se répercutèrent en lui comme un écho.
Seïko serra les poings.
— Évoli… Charge !
Son premier ordre. Clair. Net.
Évoli bondit en avant, ses pattes frappant la terre et soulevant un nuage de poussière.
Roucool descendit en piqué, ailes vibrantes, prêt à frapper avec Tornade.
Le choc fut brutal mais pas violent : Évoli heurta le flanc du volatile au moment même où le vent cinglant se déclenchait. Les feuilles volèrent, les herbes se couchèrent sous l’onde.
Roucool, surpris, fut repoussé, fit un battement d’aile désordonné avant de se stabiliser.
Seïko sentit une décharge courir dans son corps. Une sensation inconnue : La fierté mêlée de peur.
— Continue ! Évoli, Jet de Sable !
Évoli gratta le sol, soulevant une gerbe de poussière qu’il projeta vers l’adversaire. Les grains s’accrochèrent aux plumes du Roucool, l’aveuglant partiellement. L’oiseau battit des ailes de manière désordonnée, son vol devenant chaotique.
Le cœur de Seïko martelait. Il voyait chaque mouvement comme si le temps s’étirait.
Plus rien d’autre n’existait.
— Maintenant… Charge à nouveau !
Évoli bondit.
Cette fois, Roucool, désorienté, ne put réagir.
Le choc le fit tournoyer dans les airs avant qu’il n’atterrisse lourdement dans les herbes.
Un instant de silence.
Roucool tenta de se relever… vacilla… puis s’envola péniblement, s’éloignant en titubant dans les airs avant de disparaître derrière les arbres.
Évoli se tourna vers Seïko. Essoufflé mais fier. Ses yeux noirs brillaient.
Seïko, lui, sentit ses jambes se dérober.
Il tomba à genoux.
Pas d’épuisement. Pas de peur. Mais d’émotion.
Le combat avait réveillé quelque chose en lui — une force fragile mais réelle.
Il posa la main sur la tête d’Évoli.
— Tu… tu as été incroyable.
Évoli frotta sa joue contre sa paume dans un petit cri doux.
Et Seïko, pour la première fois depuis longtemps, laissa un vrai sourire lui échapper.
Un sourire sans masque. Sans contrainte. Un sourire sincère.
Alors que le vent reprenait doucement entre les arbres, Seïko se releva, posa les mains sur ses genoux et inspira longuement.
— D’accord, Évoli… Allons jusqu’à Jadielle.
Ensemble.
Évoli hocha la tête.
Et ils reprirent la route, continuant dans une journée qui s’étirait en une longue marche rythmée par le chant des Pokémon insectes et les bruissements des herbes hautes.
Le soleil finissait sa course, effleurant la cime des arbres d’une lumière orangée qui adoucissait les contours du monde.
Seïko sentait la fatigue, mais aussi cette étrange légèreté qui suit une victoire — même petite.
Évoli trottinait près de lui, moins bondissant qu’au matin, mais le regard toujours vif.
La route devenait plus étroite, grignotée par les herbes sauvages. Le sentier serpentait sur un flanc de talus irrégulier. Seïko, concentré sur une tâche d’ombre parmi les arbres, ne vit pas la pierre en travers du chemin.
Son pied glissa.
— Ah !
Il bascula. Le sol disparut sous lui. Il roula dans la pente, heurtant des touffes d’herbes, cherchant en vain à se raccrocher à quelque chose.
La chute ne dura que quelques secondes… mais suffisantes pour réveiller en lui les réminiscences de métal froissé et de lumière blanche.
Il atterrit lourdement dans un tapis d’herbes si hautes qu’elles lui arrivèrent à la poitrine.
Un couinement aigu répondit à son choc.
— R-Ratata !
Un petit Ratata, écrasé sous sa chute, s’extirpa tant bien que mal, les moustaches tremblantes d’indignation, puis détala vers les fourrés à une vitesse fulgurante.
Seïko tenta de se relever, mais à peine avait-il repoussé les herbes qu’un grondement d’ailes emplit l’air.
Une nuée de Piafabec surgit des branches basses et des herbes couchées. Des dizaines. Le battement de leurs ailes formait une rumeur sèche, agressive.
Évoli, tombé avec lui, se précipita à ses côtés.
— Non… murmura Seïko, blême.
Il connaissait cette scène.
Il l’avait entendue mille fois, racontée avec passion par son père car il lui demandait des aventures de son périple.
Un groupe de Piafabec…
Un dresseur en mauvaise posture…
Un partenaire qui se sacrifie…
Une histoire devenue une légende pour lui.
Et voilà qu’elle se tenait, déformée mais vivante, devant lui.
Les yeux des Piafabec brillaient de colère.
L’un d’eux plongea, bec en avant.
— Évoli, esquive !
Évoli bondit, roulant sous l’attaque.
Un second oiseau arriva par la droite. Puis un troisième. Puis quatre.
Ils étaient trop nombreux !
Les coups d’ailes fouettaient l’air, les cris stridents martelaient le silence tombé.
Le vent de leurs battements lui rappela les bourrasques de Tornade de Roucool… mais amplifiées.
Seïko tenta de reculer, mais les herbes hautes lui engloutissaient les jambes.
Il glissa une nouvelle fois, tombant sur un genou.
— Non… pas encore… pas maintenant…
La panique grondait en lui Cette sensation de n’avoir aucun contrôle, exactement comme le jour de l’accident.
Un Piafabec lui griffa la joue en passant.
Le sang perla.
Évoli poussa un petit cri furieux et se plaça entre lui et le groupe d’oiseaux.
Il tremblait mais il ne reculait pas.
— Évoli…
Seïko sentit son cœur se serrer. Il revoyait encore dans l'histoire de son père, Pikachu, blessé, déterminé, le protégeant sous la pluie.
Un écho parfait, cruel et magnifique sans qu'il ne s'en rende compte !
Un instant… un seul… le monde sembla se répéter.
Mais quelque chose changea.
Un Piafabec fondit droit sur Évoli.
Celui-ci, blessé et à bout de souffle, ferma les yeux, concentra son petit corps tremblant…
Et une lueur blanche se mit à irradier de ses pattes, de son poitrail, de sa queue.
— Évoli ?
Les poils du Pokémon se hérissèrent. Pas de peur mais de puissance.
Un crépitement éclata.
Un éclair, mince d’abord, puis déchirant, jaillit de son corps. Un véritable Tonnerre.
L’air s’emplit d’une lumière blanche aveuglante, foudroyant les Piafabec le plus proches.
La décharge explosa dans les herbes, se répandant en arcs lumineux, frappant les oiseaux qui hurlaient en battant des ailes de manière désordonnée.
Le choc repoussa même Seïko, qui sentit ses cheveux se dresser sous l’électricité ambiante.
Le silence retomba d’un coup.
Les Piafabec, désorientés et paniqués, prirent la fuite en poussant des cris rauques, disparaissant dans la forêt comme une vague qui se retire alors que les autres, foudroyer, reposait, hagard, sur le chemin sinueux.
Seïko resta interdit.
Évoli haletait, les pattes tremblantes, mais indemne. Il leva les yeux vers son dresseur, encore parcouru par quelques étincelles fines comme des fils d’argent.
Seïko le fixa, incapable de parler, débordant d’incompréhension.
— Évoli… tu… tu viens de…
Il n’arrivait pas à finir.
Un Évoli. Son simple Évoli venait de lancer Tonnerre.
Aucun livre, aucun Pokédex, aucune étude de Chen ne mentionnait ça.
Rien.
Et pourtant…
Seïko ne chercha pas à comprendre. Il tendit les bras et Évoli s’y blotti, encore tremblant et épuisé.
— On doit partir d’ici, vite !
Le soleil déclinait, peignant le ciel d’un rouge profond.
La forêt semblait retenir son souffle.
Évoli se lova contre sa poitrine, épuisé.
Seïko, serrant le Pokémon contre lui, se redressa tant bien que mal et se mit à courir dans les hautes herbes, trébuchant parfois, glissant dans la pente, mais sans s’arrêter.
— Tiens bon… On va y arriver…
Il déboucha finalement sur le chemin principal, haletant, couvert de terre, mais vivant.
Devant lui, perchée sur la plaine en contrebas, Jadielle s’étendait, ses premières lumières scintillant dans le crépuscule.
Seïko inspira profondément.
— C’est bon, Évoli… On arrive.
Le ciel était désormais un dégradé de pourpre et d’or lorsque Seïko atteignit les premiers pavés de Jadielle.
La ville, paisible et bordée d’arbres, semblait sortir doucement de la torpeur du soir. Les lampadaires commençaient à s’allumer, diffusant une lumière chaude qui faisait vibrer la poussière dorée du crépuscule.
Seïko, lui, ne voyait rien de cette beauté.
Il courait, essoufflé, Evoli serré contre lui, toujours inconscient ou simplement trop faible après l’attaque Tonnerre.
Son cœur battait à toute allure, sa respiration était hachée, mais il ne ralentit pas.
Pas tant qu’il n’aurait pas poussé les portes du lieu le plus important d’une ville pour un dresseur : Le Centre Pokémon.
Les enseignes rouges et blanches lui apparurent entre deux maisons.
Un halo de lumière rassurante. Un refuge.
Seïko accéléra encore, ignorant la douleur dans ses jambes et les brulures de ses mains griffées par les herbes.
— Tiens bon, Évoli… on y est presque…
Il traversa la petite place au centre de Jadielle, faillit heurter un homme qui promenait un Caninos, s’excusa à peine, puis grimpa les marches du Centre Pokémon deux par deux.
Les portes automatiques s’ouvrirent dans un souffle.
L’odeur familière — propre, douce, presque antiseptique — l’envahit.
La lumière blanche des néons lui piqua les yeux.
— Bonsoir, bienvenue au Cen— oh !
L’infirmière Joëlle n’eut pas le temps de terminer. Elle vit Évoli dans ses bras, pâle, tremblant, encore parcouru de minuscules résidus d’électricité statique.
— Il a combattu ? Donnez-le-moi, vite !
Seïko hocha la tête, incapable de parler.
Il tendit Évoli, et Joëlle s’éloigna immédiatement avec le Leveinard qui était arrivé avec un brancard vers l’arrière du hall, dans le couloir où vibraient les machines de soin.
Seïko resta là, debout, les bras soudain vides, encore tremblants.
Le poids d’Évoli lui manquait. Sa chaleur. Son souffle.
Il fit un pas en arrière… et heurta quelqu’un.
— Oh, pardon ! Je ne voulais pas te… Oh.
La voix était douce, jeune, mais posée.
Seïko se retourna.
Devant lui se tenait un garçon de son âge — peut-être un peu plus jeune — au visage calme, encadré par des cheveux bruns soigneusement coiffés.
Il portait une tenue impeccable : chemise claire, gilet ajusté, pantalon net. Son sac, organisé à la perfection, pendait à son épaule.
Ses yeux, d’un bleu profond, scrutaient Seïko avec une attention méthodique, presque analytique.
— Tu… tu as eu un problème ? demanda-t-il.
Sa voix n’était ni arrogante ni condescendante. Juste… sérieuse, studieuse.
— On dirait que tu as couru un marathon… et tombé dans un buisson, au moins trois fois.
Seïko voulut répondre, mais aucun mot ne sortit.
Le jeune garçon inclina légèrement la tête.
— Je m’appelle Hiro.
Seïko ravala sa salive.
— Se… Seïko.
Hiro hocha la tête, comme s’il enregistrait une donnée importante.
— Ton Pokémon… c’était un Évoli, non ? Il l’a reçu un choc ? Une attaque ? Je crois avoir vu Joëlle s’inquiéter davantage que d’habitude.
Seïko hésita. Devait-il raconter ? Ce qui s’était passé lui semblait encore irréel, presque impossible à formuler.
Finalement, il lâcha, la voix faible :
— Il… Il a utilisé Tonnerre.
Hiro cligna des yeux. Une. Deux fois.
Puis son expression changea : l’intérêt se mua en stupéfaction.
— Un Évoli… Tonnerre ?
Il se redressa brusquement, les yeux brillants d’un éclat calculateur.
— Impossible. Statistiquement et biologiquement impossible. Aucun Évoli n’a jamais...
Il s’interrompit, inspira, et répéta plus calmement :
— Tu es sûr ?
Seïko hocha la tête. Il serrait les pans de sa veste comme s’il avait froid.
— Je… je l’ai vu. Tout près. Je l’ai senti.
Hiro observa le garçon quelques secondes.
Puis, lentement, un intérêt profond — presque une curiosité scientifique — illumina son regard.
— Alors, tu dois absolument rester ici. Quand Joëlle reviendra, je veux lui poser deux ou trois questions… et peut-être examiner Évoli avec mon scanner portable.
Seïko eut l’impression, l’espace d’un instant, d’être face à un mini-professeur Chen.
Le calme, la logique, l’analyse.
Hiro posa finalement sa main sur l’épaule du garçon.
— Ne t’inquiète pas.
Sa voix s’adoucit.
— Les Centres Pokémon font des miracles. Et… pour ce que ça vaut…
Il hésita, puis ajouta :
— Tu as l’air de quelqu’un qui s’est battu vraiment dur pour protéger son partenaire.
Seïko sentit quelque chose chauffer dans sa poitrine. Une reconnaissance sincère, presque douloureuse malgré l’inquiétude qui le tiraillait à l’intérieur.
— Merci… murmura-t-il.
Les lumières du Centre Pokémon vibraient doucement.
Dans la pièce attenante, on entendait les machines de soin ronronner.
L’attente commençait.
L’inconnu aussi.
Et Hiro, silencieux à côté de lui, semblait déjà prêt à faire partie du chemin.