Périple à Johto

Chapitre 5 : Mauville, la ville forêt

5290 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 11/02/2021 19:09

 Mauville, la ville forêt

 

Le dimanche matin, je me réveille à côté de Spark et Dhuki après une bonne grasse matinée. Après le petit-déjeuner, je propose à mes compagnons de partir à la découverte de la ville. Mauville est une ville de petite taille où les maisons sont réparties entre les arbres. A quelques minutes à pied du Centre Pokémon, situé à l’entrée de la route 31, je trouve l’office du tourisme. L’agent en poste, Stéphane, m’accueille chaleureusement. Il m’explique que Mauville est une ville très calme qui attire surtout les jeunes dresseurs venus prendre des cours à l’Académie Pokémon et des Sages qui se recueillent à la Tour Chetiflor. Je pose quelques questions sur l’Académie et Stéphane se fait une joie de me décrire les droits d’inscription, les différents cours et les anciens élèves ayant marqués l’histoire de l’école. Lorsqu’il comprend que je poursuis un voyage itinérant et que je ne compte pas rester pendant toute une année scolaire, il m’informe que l’Académie propose des stages de quelques jours pour les dresseurs de passage. Il me tend un programme reprenant tous les stages proposés ce printemps. Je le range dans mon sac et remercie Stéphane. Nous parlons ensuite de la Tour Chetiflor. Il me conseille fortement d’aller la visiter et me dit que si je souhaite affronter Albert, le champion de l’arène Pokémon de Mauville, je serai forcée d’y aller. Albert n’accepte de combattre que les dresseurs qui ont remporté le tournoi des Sages de la Tour Pokémon. Les Sages tiennent un tournoi tous les vendredis à la Tour Pokémon. Les dresseurs doivent vaincre les Pokémons des différents sages jusqu’à pouvoir affronter l’Ancien. Stéphane me parle ensuite de la ville, son cadre paisible et sa vie en harmonie avec les Pokémons sauvages. Mauville étant au centre de la forêt, les Pokémons sauvages la traversent régulièrement et se sont habitués à la présence des hommes. De plus, la Tour Chetiflor est construite de l’autre côté du grand lac Cheti qui regorge de Pokémons marins et où les Pokémons de la forêt viennent s’abreuver. Je remercie Stéphane pour toutes ces informations et quitte le bâtiment. Je passe à l’épicerie pour acheter de quoi pique-niquer ce midi.


Pour finir la matinée, j’ai bien envie de voir le lac. Je me dirige donc avec Dhuki et Spark vers le Nord de la ville. Au bout de vingt minutes, les arbres s’ouvrent sur un magnifique lac. Les rayons du soleil viennent faire étinceler les petites vaguelettes à sa surface. Tout autour du lac, la forêt. J’entends le chant des Pokémons oiseaux, une brise fraiche vient faire voleter mes cheveux. La Tour Chetiflor me fait face de l’autre côté du lac. Elle s’élève sur trois étages marqués par des toits en pagode. Un immense pont enjambe le lac pour nous y conduire. Le pont est formé de deux arcs arrondis qui viennent se rejoindre sur un ilot naturel au centre du lac. Les rambardes sont en bois et peintes de rouges et d’or. Je me tourne vers mes Pokémons qui, comme moi, semblent émerveillés par la magnificence du lieu. On se sent tout petit ! Je m’avance avec eux sur le pont. Au sommet de l’arc, je m’arrête et m’approche du bord. Je regarde l’eau claire et les quelques nénuphars et roseaux qui s’y épanouissent. Parfois, une vaguelette trahit la présence de quelques mystérieux Pokémons aquatiques. Je regarde encore quelques instants, le regard perdu dans le bleu de l’eau et reprend ma route. Nous arrivons au pied de la tour Chetiflor. De grandes portes de bois massif recouvertes de fines dorures s’ouvrent sur un hall. J’hésite à entrer. Un homme vêtu d’un habit traditionnel de tissu bleu clair et au crâne rasé de près, s’approche de moi.


-         « Vous pouvez entrer, Mademoiselle. Le rez-de-chaussée du temple est ouvert aux visiteurs le dimanche et le mercredi. »

-         « Bonjour. Je vous remercie. Dhuki, Spark, restez bien à côté de moi et ne touchez à rien. »


Nous entrons dans le vaste hall. Sur les murs de grandes tentures sont étendues et mettent en scène de multiples Pokémons. Bien entendu, il y a beaucoup de représentations de Chétiflors bravant les éléments, se ployant sous le vent sans céder, ou dansant sous la pluie. Au centre de la pièce, un immense pilier semble soutenir toute la structure. Il tremble légèrement, ce qui ne me rassure guère. Le sage qui m’a accueilli s’approche à nouveau :


-         « Comme le Chétiflor, l’apparente fragilité de ce pilier n’est qu’illusion. C’est par sa capacité à se déformer que ce pilier soutient chaque étage du temple. Il révèle l’intensité des combats que mènent les moines et sages à ce jour. »

-         « Des combats ? » je demande.

-         « Bien sûr. Chacun a un combat à mener, à l’intérieur tout comme à l’extérieur… Le votre n’est qu’à son commencement mais la flamme qui brûle en vous et vos compagnons éclairera votre chemin. » dit-il avant de repartir dans la pénombre du temple.


Ces paroles m’interrogent et je ne suis pas certaine d’en comprendre le sens ni la portée. Je flâne encore un peu dans le temple. J’entends l’estomac de Dhuki gargouillé signant la fin de notre visite. Nous sortons à l’air libre, retraversons le pont et nous trouvons un espace dégagé pour déjeuner face au lac. Un ptitard vient gambader à côté de nous et Spark lui offre quelques baies. Après le repas, Dhuki s’allonge sur le sol et entame une sieste. Il est bientôt rejoint par Spark qui va se rouler en boule sur son ventre rebondi pour s’endormir. Ils sont mignons tous les deux. De mon côté, je profite du calme ambiant, écoutant les bruits alentours… Le vent dans les feuilles des arbres, le clapotis de l’eau, le froissement des herbes aux passages d’un Pokémon… Je m’assoupis un peu. Lorsque je reprends mes esprits, je sors le programme que Stéphane m’a confié. Une formation intitulée « Connaissances des Pokémon standards et rares + Capture – Base » attire mon attention. Il s’agit d’une formation sur trois jours qui commence mardi. Ça pourrait être une bonne occasion pour rencontrer d’autres dresseurs, s’entrainer avec des professeurs et surement découvrir quelques Pokémons de la région. J’espère qu’il restera de la place lorsque j’irai m’inscrire demain. Je repère aussi une courte formation de trois jours à la « Capture Pokémon - Approfondissement », celle-ci n’a lieu que la semaine prochaine. J’ai donc un peu de temps pour y réfléchir. Lorsque Dhuki et Spark s’éveillent, je range mon prospectus. Nous finissons l’après-midi à jouer au bord du lac et à nous promener dans la ville. Je discute un moment avec une petite mamie assise sur un banc à l’ombre. La petite dame s’appelle Emilie, mais tout le monde l’appelle Mamie Lie à Mauville. Elle fait des confitures à longueur de journée et les vend au marché du Jeudi matin. Elle me parle de son enfance et de sa carrière de dresseuse. L’après-midi passe à une vitesse folle. Le soir, je mange au Centre Pokémon et passe un coup de fils à mes parents. Comme d’habitude, nous n’échangeons que quelques mots avec mon père. On s’aime tous les deux très forts, mais nous ne savons jamais quoi nous dire. Nous échangeons quelques banalités, assez maladroitement. Je m’assure que tout le monde va bien. J’appelle ensuite ma maman. Elle me pose pas mal de questions sur mon avancée, mes Pokémons. Elle me donne plein de conseils et me dit à plusieurs reprises de faire attention. Quand elle commence comme ça, j’acquiesce mais très vite je sens mon esprit divaguer et je n’écoute plus que d’une oreille. Je l’informe que je vais sûrement rester plusieurs jours à Mauville et que je vais essayer de m’inscrire à certaines formations de l’Académie. Lorsque je raccroche, je ressens tout de même une petite pointe de mal du pays… Heureusement, Spark vient se lover contre moi et je suis contente que mes compagnons soient avec moi.

 

Le lundi matin, je vais à l’Académie Pokémon avec Spark. Aujourd’hui aussi, il fait très beau. Nous arrivons devant un grand bâtiment. Il s’agit d’une ancienne demeure de pierre l’élevant sur deux étages. Elle est entourée d’une haute clôture et on entre par un portail en fer forgé donnant sur une allée bordée par de hauts chênes. J’ai de la chance, il reste une place pour la formation de demain. Elle s’étend sur trois jours. Le matin est consacré aux cours théoriques, l’après-midi à de la pratique. En sortant de l’Académie, je ne sais pas trop quoi faire jusqu’à demain… Je retourne vers le Centre Pokémon quand je remarque un petit garçon assis par terre et se tenant le genou en pleurant. Je m’approche de lui.


-         « Bonjour ? qu’est-ce tu as ? » je demande, hésitante. Je ne suis jamais à l’aise lorsque je parle avec des personnes que je ne connais pas.

-         « Jeeeee suis toooombé… » dit-il en reniflant.

-         « Laisse-moi regarder ? » je demande en m’agenouillant près de lui.


Le petit garçon soulève sa main recouvrant son genou. C’est une vilaine égratignure mais rien de grave. J’appelle Dhuki. Ensemble, nous aidons le petit garçon à se relever et le soutenons pour marcher jusqu’au Centre Pokémon. Une fois au Centre, une infirmière nous accueille. Je lui explique la situation et elle me dit qu’elle va prendre le relais. Le garçon continue de serrer ma main, très fort. L’infirmière se tourne vers moi.


-         « Aujourd’hui, il y a beaucoup de Pokémons et de dresseurs. Est-ce que ça te dirait de me donner un coup de main ? »

-         « Oui avec plaisir. » j’acquiesce avec enthousiasme. Je suis curieuse de découvrir l’envers du décor.


J’accompagne l’infirmière et le petit garçon. Nous pansons sa plaie et bien vite, il est remis sur pied. Avant de partir, le petit garçon se tourne vers moi, fouille dans une de ses poches et me tend une défense +. Il insiste pour que je la prenne. Je finis par l’accepter et le remercie poliment. Je reste de la matinée passe très vite, j’aide l’infirmière du mieux que je peux. Je me sens submergée par les informations et finalement, je m’occupe surtout de nettoyer les tables entre les Pokémons à soigner et les maintenir immobile tant bien que mal pendant que l’infirmière effectue les soins. Après un rapide repas le midi, nous poursuivons notre tâche une bonne partie de l’après-midi. Le flot de patients s’atténue vers cinq heures de l’après-midi et l’infirmière me remercie pour mon aide. Je m’empourpre un peu, bafouille que je n’ai pas servi à grand-chose et que je suis désolée de lui avoir fait perdre du temps. Elle me rassure et insiste même pour me payer pour mon travail de la journée. Je reçois 20 pokédollards que je range dans mon porte-monnaie.


Pour finir la journée, je propose à mes Pokémons de faire une session d’entrainement ce qu’ils acceptent avec enthousiasme. Après quelques étirements et avoir repassé en revu leurs différentes attaques, nous organisons un entrainement en opposant Salamèche à Scarhino. Dhuki est proche de maitriser l’attaque Ruse et il doit donc essayer de toucher Spark en feintant à gauche ou à droite. Face à lui, Spark doit produire du brouillard pour se dissimuler dedans. Ils sont tous les deux hypers motivés. Apparemment, la journée de repos d’hier leurs fait le plus grand bien et ils se donnent à fond. Au bout d’une heure, mon Salamèche produit un brouillard épais et tout à fait utilisable en combat tandis que Dhuki maitrise maintenant à la perfection son attaque Ruse. Je les félicite bien fort et nous finissons la journée par quelques jeux et un moment de détente. Je me couche tôt. Demain, les bancs de l’école nous attendent pour quelques jours.

 

Je me réveille tôt le mardi matin et arrive bien en avance devant l’Académie. J’ai toujours été bonne élève et une de mes plus grandes hantises est d’arriver en retard le premier jour. J’attends avec Salamèche l’arrivée des autres élèves. Dhuki ne tenant pas en place, je l’ai fait regagner sa Pokéball. Les minutes passent et je commence à m’inquiéter de ne pas trouver ma classe… Les élèves sont de plus en plus nombreux et s’avance dans l’allée pour rejoindre le bâtiment principal. Je les suis. Une fois dans le grand hall, je regarde autour de moi. Les élèves semblent savoir parfaitement où ils vont et s’orientent tout de suite soit vers l’escalier soit dans l’un des couloirs latéraux. Je repère deux ou trois personnes qui ont l’air plus indécis. Peut-être des personnes de ma formation ? J’hésite à aller me présenter et à leur demander mon chemin… Mais, quelque chose me retient. Je suis très timide et j’évite toujours autant que possible de parler aux personnes que je ne connais pas. Ce type de comportement ne va pas m’aider dans mon voyage… Alors que je continue de chercher le courage d’aller vers les autres, mes yeux se posent sur une affichette au pied de l’escalier. Une flèche vers le haut indique la Formation « Connaissances des Pokémons standards et rares + Capture Pokémon - Base». Je monte l’escalier, Spark sur mes talons. En suivant les affichettes, je finis par trouver ma classe. Je m’installe à une table au deuxième rang près de la fenêtre. Lorsque la cloche sonne, nous sommes une petite dizaine d’élèves. Le professeur fait son entrée et nous salue.


-         « Bonjour à tous. Je suis le Professeur Cerizon. Bienvenue à notre formation de Connaissances et Capture Pokémon qui va se dérouler sur trois jours. Le matin, nous verrons la théorique et vous acquerrez les connaissances de bases sur le pistage Pokémon. L’après-midi, nous nous rendons dans le gymnase pour de la pratique. Vous vous exercerez à l’approche Pokémon et à la phase de Capture en tant que tel. »


Je sors de mon sac le carnet que j’avais pris soins d’emmener avec moi en quittant la maison. J’ai toujours eu l’habitude de prendre en note mes cours. Je n’ai jamais trop aimé la pratique et le programme de l’après-midi m’inquiète un peu, j’ai peur de ne pas être à la hauteur… Le professeur commence son cours et je me reconcentre. Spark s’est installé à côté de moi et se montre lui aussi bien studieux. Je suis rassurée par sa présence et son implication. Les autres élèves ont eux aussi laissés l’un de leurs Pokémons hors de sa Pokéball. Ça n’a pas l’air de gêné le Professeur, je suis même persuadée que c’était ce qu’il attendait de nous. A plusieurs moments, j’ai presque l’impression que certaines de ces paroles sont plus à destination de nos Pokémons plutôt que de nous-même. Ce matin, nous étudions les rudiments du pistage. Le Professeur se sert de diaporama et nous devons identifier les indices de passages de Pokémons communs dans les paysages présentés. Je trouve la méthode très ludique et prend pas mal de notes. Je ne lève quasiment pas la main pour répondre, je préfère rester discrète. A midi, la formation nous offre le repas à la cantine de l’Académie. Je suis mes camarades de classe, toujours discrètement, dans le groupe sans en être vraiment. Je ne me sens pas très à l’aise et je me rassure en regardant Spark marcher à côté de moi. Je me retrouve assise à table à côté d’une jeune fille de mon âge. Elle est accompagnée d’un Pikachu et s’appelle Julie. Elle engage la conversation avec moi. C’est une fille naturelle et spontanée. En classe, elle est cependant restée en retrait et je les vus prendre des notes à toute vitesse. Nous discutons pendant le repas. Assez rapidement, j’oublie la présence des autres et me laisse absorber par la conversation. Elle est originaire d’Oliville à l’Ouest de Johto et a commencé son voyage quasiment en même temps que moi. Ses parents sont dentistes Pokémons. Elle est, elle-même, très intéressée par tout ce qui touche aux soins des Pokémons. C’est quelqu’un de studieux et elle allie avec son calme, un air malicieux qui me fait rire. Je m’entends tout de suite bien avec elle. Lorsque nous reprenons les cours l’après-midi, Julie s’installe dans le stade près de moi et Spark. Le Professeur nous propose de nous entrainer aux lancées de Pokéball en capturant notre propre Pokémon. L’objectif est de se concentrer sur notre position, la force de lancer et la visée. Spark se prête volontiers au jeu. Au début, nous nous entrainons alors qu’il reste statique puis il initie quelques esquives. J’ai vraiment une mauvaise coordination et je suis plusieurs fois obligée d’aller récupérer ma ball sur le terrain d’un autre binôme. Je désespère un peu et Julie doit s’en être aperçu parce qu’elle m’apostrophe.


-         « Oh la la ! Ce n’est vraiment pas facile. Je suis assez maladroite et je n’y arrive pas bien… » me dit-elle.

-         « Moi non plus, j’ai du mal. »

-         « On s’entraine ensemble ? Si on se regarde faire l’une l’autre, on pourra se corriger mutuellement quand le professeur est occupé avec un autre groupe. »

-         « C’est une bonne idée ! Commence, je te regarde. »


La suite de l’après-midi est beaucoup plus agréable. Julie est de bon conseil malgré qu’elle soit aussi maladroite que moi. Toutes les deux, je crois que nous sommes meilleures en théorie qu’en pratique. Lorsque les cours se terminent, Julie me propose un combat entre son Pikachu et Salamèche. Spark est motivé et j’accepte. Nous nous installons dans un terrain dégagé après avoir quitté l’Académie. Julie appelle sa Pikachu.

 

Les deux Pokémons se jaugent et rugissent puissamment. Pendant quelques instants, ils semblent tout deux sur la défensive et n’osent pas attaquer. Pikachu se ressaisit plus vite que Spark et lance éclair. Spark encaisse et fait Combo-griffe. Pikachu est rapide et l’esquive sans mal. Il riposte avec vive-attaque. Spark est un peu déstabilisé. Il fait flammèche et une nouvelle fois Pikachu saute sur le coté en faissant éclair. La flamme de Spark grossit, je le vois gonfler ses poumons. Le talent Brasier est activé. Spark lance une belle attaque Flammèche mais Pikachu bondit en l’air et lance un éclair dévastateur. Spark est envoyé KO. Je le rappelle et suis désolée. Nous avons perdu sans même avoir réussi à toucher une fois notre adversaire… Julie et Pikachu ont complètement mené le jeu…

 

Julie n’en fait pas toute une histoire et me propose que nous mangions ensemble au Centre Pokémon ce soir. J’apprécie sa simplicité. Je passe la soirée avec elle. Lorsque Spark a repris du poil de la bête, il va voir Pikachu. Je vois qu’il souhaite prendre sa revanche mais n’en veut pas au petit Pokémon électrique. Le soir, je me couche, Spark est roulé en boule contre mon ventre.

-         « Demain, on prendra notre revanche. » je lui chuchote.

-         « Salaaa. » me répond-il avec sérieux.

 

Le lendemain matin, je retourne à l’Académie et m’installe à la même place que la veille. Je suis rapidement rejointe par Julie qui demande à un garçon qui était assis à la table voisine s’il accepte d’échanger sa place. Par chance, ça ne lui pose pas de soucis, et je me retrouve proche de ma nouvelle amie. Spark salue sa Pikachu avec sérieux. Le Professeur Cerizon fait son entrée et le cours reprend. Ce matin, nous axons surtout la réflexion sur les méthodes pour attirer des Pokémons vers soi. Certains utilisent des appâts, d’autres choisissent des endroits propices aux passages des Pokémons pour rester embusqué. Je me rends compte qu’il y a vraiment divers moyens de rencontrer des Pokémons et que certains les choisissent très spécifiquement. Cet exercice nécessite des recherches afin de connaitre les habitudes de chaque espèce de Pokémon. N’étant pas très stratège, je me sens vite larguée par toutes ces notions qui me semblent très calculées. Je crois que pour le moment, je préfère me laisser porter, et puis je suis bien avec seulement Spark et Dhuki. Je prends tout de même mes notes consciencieusement, sait-on jamais que j’en ai besoin ultérieurement. A midi, je mange avec Julie. J’ai laissé sortir Dhuki cette fois et sa présence déclenche une certaine agitation parmi les autres élèves de la formation. Nous sommes tous débutants dans notre initiation et visiblement avoir un Pokémon de cette stature si tôt n’est pas fréquent… Dhuki, pour sa part, n’a que faire de sa popularité hormis pour se faire offrir quelques baies supplémentaires. Quel gourmand ! Soudain, deux Piafabecs fondent sur nous et tentent de nous voler nos baies. Dhuki est effrayé et se roule en boule sous les picpics des Pokémon Vol.

-         « Dhuki revient ! Spark, on va leur montrer de quel bois on se chauffe ! »

-         « On va t’aider ! En avant Pikachu ! » me dit Julie en venant se placer à côté de moi.

 

-         « Pikachu mimi-queue ! »

Le Pikachu de Julie se place devant l’un des Piafabec et lance son attaque. Le piafabec dévie de sa trajectoire et semble déstabilisé. Le second Pokémon oiseau essaye d’en profiter pour attaquer Spark.

-         « Spark! Derrière toi, esquive et Flammèche ! »

Spark pivote au dernier moment sur ses pattes et lance une première attaque Flammèche qui manque sa cible. Le piafabec la dépasser et sans lui laisser le temps de se retourner, Spark enchaine avec une seconde attaque mieux ajustée. Le Piafabec se secoue, il semble en colère et pousse un profond rugissement. Spark trésaille. Pikachu arrive à la rescousse et lance une belle attaque Boule Elek sur le Piafabec qui tombe KO.

-         « Spark, flammèche. »

Mon Pokémon se détourne vers le second Piafabec et ses flammèches envoient le volatile au sol. Les deux Piafabecs se secouent, paillent de colère puis déploient leurs ailes et s’enfuient.  

 

-         « Merci Julie ! »

-         « De rien, ça nous a fait un bien fou, hein Pikachu ! »

-         « Pikaaa ! » s’exclame sa Pikachu en lui sautant sur l’épaule pour aller frotter sa joue contre celle de sa dresseuse.

-         « Vient Dhuki. Tout va bien maintenant. Prends quelques baies. »

-         « Scaaarhi ! » s’exclame mon Pokémon en émergeant de sa Pokéball et en se jetant sur les baies que je lui tends.

-         « Espèce de goinfre ! » je dis, affectueusement.

De leurs côtés, Spark et Pikachu semblent avoir apprécier d’être alliés. Pikachu croise sa queue avec celle de Spark comme des humains pourraient se serrer la main en signe de reconnaissance. Bientôt, nous rejoignons le stade et cette fois-ci, le professeur nous enseigne des techniques d’approches de Pokémon. Comment se placer par rapport au vent, comment marcher en faisant le moins de bruit possible, quelle attitude adopter pour ne pas sembler menaçant… C’est super compliqué ! Mais tellement intéressant ! Par rapport à hier, je me rends d’autant plus compte que je suis maladroite. Impossible pour moi de m’avancer discrètement, j’en tombe même à la renverse devant toute la classe. Je suis morte de honte… Rouge comme une pivoine, j’essaye de ne pas croiser le regard de deux garçons que j’entends ricaner à mon passage. Julie en allant se positionner pour l’exercice, leur adresse un regard acerbe qui leur cloue le bec. J’apprécie son geste. Cette journée n’a pas été fameuse pour moi… J’espère que je m’en sortirai mieux pour le dernier jour demain.

 

Nous sommes jeudi, en allant à l’Académie, je passe devant le marché. Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir m’y arrêter… Je pense que j’essaierai d’y aller la semaine prochaine. Pour ce dernier jour de cours, je me concentre à fond ! Nous reprenons les notions des deux derniers jours et les approfondissons. La répétition m’est bénéfique, j’ai l’impression que tout se met en place. A la fin de la matinée, le Professeur nous fait passer un test pour évaluer ce que nous avons retenu. Nous en faisons la correction immédiatement après et je suis surprise de me rendre compte que je n’ai fait aucune erreur ! Je ressens un sentiment de fierté qui fait du bien après la journée d’hier où j’avais l’impression d’être complètement à côté de la plaque. L’après-midi, le Professeur a ramené des Rattatas semi-sauvages. Nous nous entrainons à les approcher et à les capturer. Je suis moins performante, comme toujours en travaux pratiques. Je finis tout de même en fin d’après-midi à capturer un des Rattatas et à le remettre au Professeur. Je suis l’avant-dernière mais ça ne me perturbe pas trop. Je n’ai pas prévu d’attraper tous les Pokémons que je croise !

Le Professeur nous remet à chacun un certificat attestant de notre participation à la formation. Elle nous informe aussi que la bibliothèque de la ville est ouverte au public et qu’on peut y trouver toute une section dédiée au thème de la capture et de la rencontre Pokémon. Il y a de multiples informations complémentaires qui pourraient nous aider à compléter notre formation. De la même façon, il propose des sessions d’exercice à la Capture en milieu sauvage tous les samedis. Je quitte l’école avec Julie.

-         « Julie, est-ce que ça te dirait un combat contre Dhuki ? »

-         « Pikachu, c’est parti ! » Répond-elle, toujours aussi dynamique.

 

Comme lors de notre combat de la veille, Pikachu commence par mimi-queue, Dhuki est un peu déstabilisé et ajuste mal son attaque Tranch’nuit. De plus, Pikachu fait un magnifique salto et enchaine une attaque Eclair et une attaque Boule Elek que Dhuki réussit à esquiver toutes les deux in extremis. Mon Pokémon et Pikachu lance tous les deux leur prochaine attaque en même temps. Elles se rencontrent avec force et la Boule Elek de Pikachu est repoussé sur elle. Elle accuse le coup mais se prépare déjà à contre-attaquer. Dhuki ne lui en laisse pas le temps et lui assène une attaque Tranch’nuit dévastatrice. Pikachu ne peut résister à ce coup critique et tombe KO.

-         « Whoaa ! Il a vraiment une sacrée force ton Scarhino ! »

-         « Merci, ta pikachu est pas mal non plus. » j’acquiesce.

 

Je passe la soirée avec Julie. Nous discutons de nos projets et nous rendons vite compte que nous souhaitons toutes les deux aller défier l’arène de Mauville. Pour se faire, nous devons vaincre le Tournoi des anciens. Comme le moine de la Tour Chetiflor me l’avait dit, il a lieu tous les vendredis. Demain, nous irons donc toutes les deux !


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